Décembre 2014


b185 Orgasmes des françaises.

Une femme sur trois n'a pas eu d'orgasme lors de son dernier rapport sexuel selon un sondage IFOP pour le site CAM4. La faute à une sexualité encore trop « phallocentrée » selon l'Ifop.
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Faut-il s'étonner qu'une femme sur trois n'ait pas eu d'orgasme lors de son dernier rapport sexuel? Sans doute pas au regard des pratiques sexuelles de la plupart des femmes de plus de 18 ans interrogées en novembre dernier par l'Ifop pour le site CAM4, à l'aide d'un questionnaire auto-administré par internet. En effet la sexualité de couple accorde toujours une place importante à la pénétration vaginale, retrouvée dans 98 % des rapports sexuels comme le montrait la dernière grande enquête Inserm/Ined/ANRS française en 2006 (La Découverte 2008). Or, s'il s'agit là d'un moyen très efficace pour l'homme d'avoir un orgasme (9 sur 10), c'est nettement moins vrai pour nombre de femmes. «Les résultats de cette enquête nous montrent aussi que la sexualité de couple n'intègre pas encore suffisamment les techniques leur permettant le plus facilement de jouir», remarque l'Ifop.

Le triomphe du clitoris

Une enquête nationale australienne réalisée il y a une dizaine d'année montrait que seule une femme sur deux parvenait à avoir un orgasme avec une pénétration vaginale isolée alors qu'elles étaient sept sur dix lorsque s'y associait une stimulation manuelle ou orale du clitoris. A noter que c'est lorsque ces deux types de stimulation survenaient au cours du même rapport sans pénétration (!) que les femmes étaient les plus nombreuses à jouir (90 %). L'enquête Ifop/CAM4 confirme d'ailleurs que les femmes interrogées ont «très facilement» des orgasmes lorsque la pénétration est associée à une simulation manuelle du clitoris par le partenaire (38 %) mais aussi par l'autostimulation (35 %) ou le cunnilingus (30 %). Toutefois, si ce sondage souligne la place centrale du clitoris dans le plaisir féminin , le fait que 70 % des femmes interrogées par l'Ifop aient facilement un orgasme avec la pénétration devrait rassurer les hommes. De plus, deux femmes sur trois disaient avoir un orgasme plus satisfaisant si le rapport avait inclus une pénétration, dans une enquête suédoise réalisée en 2006. Il n'en reste pas moins que l'on estime qu'une femme sur quatre seulement est capable d'avoir régulièrement un orgasme par la seule pénétration.

L'orgasme n'est pas tout

Bien sûr, un rapport sexuel peut être jugé satisfaisant même en l'absence d'orgasme, ne serait-ce qu'en raison du plaisir pris chemin faisant, de l'intimité partagée, voire du plaisir de l'autre, qui n'est pas sans incidence sur la satisfaction sexuelle globale. Il serait également simpliste de penser que l'accès au plaisir n'est qu'une question de technique. Être disponible pour le plaisir et pouvoir se laisser-aller implique d'abord une connexion avec le ou la partenaire qui tient autant du consentement à l'acte, de la confiance, voire pour certains des sentiments amoureux que de telle pratique ou de telle position. Comme en cuisine, le résultat dépend autant des ingrédients que de la recette et un zeste de créativité ne nuit pas.

Problème d'orgasme ou manque d'excitation?

L'enquête française menée en 2006 sous la direction des sociologues Nathalie Bajos et Michel Bozon précisait la fréquence des problèmes d'orgasme au cours des 12 derniers mois: 35% des femmes n'avaient jamais de difficultés, 29% rarement, 29% parfois (mais dans ce cas cela ne représentait un problème que pour un quart d'entre elles) et 7% souvent (et ça n'était pas un problème pour une femme sur trois). Les sexologues remarquent en outre que la quasi totalité des femmes qui souffrent d'anorgasmie (absence d'orgasme) lors du rapport sexuel n'ont en revanche aucune difficulté à en avoir en solo par la masturbation. En pratique la première cause d'anorgasmie est liée à un manque d'excitation, ce qui implique de rechercher avec les partenaires comment fluctue celle-ci lors du rapport et avant. Le manque de lubrification est la deuxième cause et elle n'est pas toujours due à un manque d'excitation.

Idées reçues

Croire que la lubrification féminine ou l'érection masculine sont automatiquement liés à l'excitation est une idée fausse assez répandue. L'un pouvant exister sans l'autre et réciproquement. Enfin l'étude Ifop/CAM4 liste l'efficacité orgasmique relative des différentes positions amoureuses mais en réalité les préférences individuelles sont plus importantes car l'excitation psychique attribuée à telle ou telle position est une notion très personnelle. De plus que la possibilité ou non pour la femme de modifier l'inclinaison de son petit bassin pour intensifier des sensations varie selon le comportement du partenaire amoureux.

Source: lefigaro.fr.

b184 Les effets de la crise sur les couples.

De l’autre côté des Alpes, la crise n’est pas seulement économique, elle est aussi sous la couette !
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Italie : la crise touche aussi les couples, les recours au sexologue augmentent

À l’origine de ce malaise, qui se traduit souvent par un divorce, une chute verticale du désir chez les messieurs, des questions de vaginisme chez les dames et plus fréquemment, l’angoisse et le pessimisme liés aux difficultés de la vie qui se traduisent par un renoncement aux plaisirs du sexe.

Jusqu’à présent, les Italiens frappés de plein fouet par la crise du sexe refusaient d’en parler et surtout, de prendre le taureau par les cornes en consultant un spécialiste. Pour ces Latins qui passent pour des grands lovers, cela aurait été gênant, voir carrément honteux. Les femmes en revanche affrontaient la situation. Mais seules. Du coup, les soucis sous les draps restaient sans solution. Or, depuis quelque temps, les Italiens ont changé d’attitude.

Augmentation de 15 %

Partant du principe qu’un traitement médical coûte moins cher qu’un divorce et pas seulement en termes financiers, les voilà qui consultent. Durant les cinq dernières années, les visites chez les sexologues ont augmenté de 15 %. Les thérapies durent en moyenne six mois à raison de deux contrôles hebdomadaires. Comme dans le domaine de la psychanalyse, les médecins ont aussi mis au point des traitements ciblés avec les « semaines du bien-être sexuel ». L’objectif est de trouver rapidement le problème, donc la solution. « Notre fédération veut conjuguer l’aspect biologique avec le côté psychologique. Au fil des ans, les hommes ont compris que le Viagra résout une partie du problème - le coté technique - mais pas la baisse du désir. Nous aidons les couples à cerner le problème », explique Roberta Rossi de l’institut italien de sexologie clinique.

Face à l’augmentation du nombre de patients frappés de plein fouet par la crise du sexe, les spécialistes s’organisent. À Milan, les urgences du sexe ont été inaugurées dans le département d’urologie de l’hôpital Niguarda. En payant le ticket modérateur dont le montant ne dépasse pas les vingt euros, les couples peuvent tenter de trouver une solution avec un spécialiste.

Deux autres structures identiques ont été ouvertes toujours en milieu hospitalier, à Naples et à Bari, dans le sud de la péninsule. À Rome, des projets identiques sont à l’étude. Enfin, des centres d’écoute ont aussi été ouverts par des spécialistes du secteur privé dans certaines grandes villes.

Des cours pour les médecins

En attendant que la sexologie soit inscrite dans les matières enseignées aux étudiants en médecine, quelques professeurs universitaires organisent des cours.

C’est le cas d’Emanuele Jannini, président de la Société italienne d’andrologie et médecine de la sexualité qui inaugurera en janvier prochain, la première Secs Cathedra auprès de l’université de Tor Vergata, le troisième pôle universitaire romain. Une sorte de séminaire dédié aux problèmes des couples durant lequel, les étudiants, les professeurs, et les assistants, pourront envisager des solutions thérapeutiques en se basant sur les témoignages de patients.

Source: lequotidiendumedecin.fr.

b183 Peine de coeur et RCV.

augmente le risque CV, surtout chez les femmes". Mariages malheureux, cœurs malades – tel pourrait être le nouvel adage, si l’on en croit une grande étude américaine portant sur 1 200 hommes et femmes mariés depuis 40 ou 50 ans
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Le mariage, promoteur de santé ? Pas sûr

Mieux vaut, pour la santé de son cœur, vivre en couple que vivre seul. La notion est connue. Une vaste étude prospective dont nous nous faisions l’écho en avril l’avait confirmé une fois de plus en montrant qu’être marié réduit de 5% le risque cardiovasculaire par rapport au fait de vivre seul. Plus spécifiquement, les risques d’anévrismes de l’aorte abdominale, d'AOMI et de maladies cérébrovasculaires sont abaissés de respectivement 8%, 9% et 19%. Les auteurs notaient toutefois que « l’association entre le mariage et l’abaissement du risque de maladies vasculaires est plus importante chez les jeunes », un fait qu’ils reconnaissaient ne pas avoir anticipé.

Ayant marqué qu’un nombre grandissant d’observations montrent que la qualité des relations sociales, notamment au sein du couple, au cours de la vie, peut influencer l’état de santé et qu’il n’en va pas de même pour les hommes et pour les femmes, deux sociologues américaines se sont intéressées à l’impact de la relation dans le couple sur la pathologie cardiovasculaire (CV) chez des seniors. Résultat : vivre en couple ne suffit pas pour préserver ses artères, encore faut-il être heureux en amour, surtout quand la relation prend de l’âge !

A quelle fréquence votre partenaire vous tape-t-il sur les nerfs ?

Pour arriver à cette conclusion, les deux auteurs ont utilisé les données d’une cohorte longitudinale, la National Social Life, Health and Aging Project (NSHAP) en s’intéressant à des individus âgés de 57 à 85 ans. Une première vague de la NSHAP a inclus 3005 sujets interviewés en 2005 -2006. La deuxième vague a consisté à ré-interviewer 2422 des participants de la première vague et a les ré-interroger en 2010-2011. Puis l’analyse a été restreinte à 1198 individus (459 femmes et 739 hommes) toujours mariés. La mesure du risque cardiovasculaire a porté sur 4 paramètres : la pression artérielle, le rythme cardiaque, la protéine C-réactive et les événements cardiovasculaires (infarctus, insuffisance cardiaque, AVC). La qualité de la relation maritale a, quant à elle, été évaluée sur la base d’une échelle comportant 9 items (le fait d’être heureux, de se confier, de partager des moments ensemble,…). A noter que la neuvième question a été ajoutée dans la deuxième vague d’interrogatoires et était un peu plus directe que les autres puisqu’elle consistait à demander à l’un et l’autre des partenaires : « A quelle fréquence votre époux (se) vous tape-t-il sur les nerfs ? ». Des données socio-démographiques (âge, origine ethnique, revenus..), des indicateurs de santé (IMC, tabagisme, consommation d’alcool, traitements contre l’hypertension) et l’état psychologique (dépression) ont aussi été investigués.

Les femmes beaucoup plus impactées que les hommes

Il ressort de l’étude des sociologues Hui Liu et Linda Waite que :
- L’impact négatif d’une relation tumultueuse ou peu harmonieuse sur la santé cardiovasculaire est plus important que l’impact d’une relation positive. Autrement dit, « les effets délétères d’une relation conflictuelle seraient plus importants que les effets bénéfiques d’un mariage serein », commentent les auteurs.

Les effets délétères d’une relation conflictuelle seraient plus importants que les effets bénéfiques d’un mariage serein -- les auteurs.

- L’effet de la qualité de la relation sur le risque cardiovasculaire est d’autant plus grand que l’on va vers des âges élevés. « On peut imaginer que les effets stressants d’une relation conflictuelle sur le cœur soient cumulatifs et prennent du temps à se faire sentir sur le plan symptomatique. Quand on sait que s’y ajoutent le déclin du système immunitaire et une vulnérabilité croissante, on comprend mieux que les couples âgés soient plus sensibles à une relation de mauvaise qualité ».

- Autre aspect, l’impact négatif d’un mariage malheureux est beaucoup prégnant sur la santé CV des femmes que sur celle des hommes, un résultat en accord avec ce que l’on sait déjà. Des études ont en effet déjà montré que le mariage est plus favorable à la santé des hommes que celle des femmes. « Cela peut s’expliquer par le fait que les femmes internalisent davantage leurs sentiments et leurs émotions et sont donc plus susceptibles d’être déprimées » explique le Dr Liu.

- Enfin, les auteurs notent que, chez les femmes, une hypertension non contrôlée et une CRP élevée impactent la qualité de la relation ; une observation qui appuie le fait que les hommes sont moins susceptibles de prendre soin de leur épouse malade que l’inverse.

Intérêt des études multidisciplinaires

Bien sûr, l’étude n’est pas sans certaines limites et une troisième vague d’entretiens devraient permettre de dépasser certaines d’entre elles. « Ainsi, l’étude ne tient compte que des personnes encore en vie et toujours mariés, ce qui sélectionne une population de gens âgés en bonne santé et en couple. Par ailleurs, la pathologie CV ayant une origine multifactorielle, les auteurs envisagent d’investiguer plus de paramètres de risques que les quatre sélectionnés dans l’étude.

Ce type de projet souligne par ailleurs l’intérêt d’études pluridisciplinaires prenant en compte les aspects sociaux aussi bien que médicaux capables d’affecter les processus biologiques, comme ceux conduisant à la pathologie CV.

Le mariage influe sur l’épaisseur des artères carotidiennes

Le sujet est décidemment à la mode puisque qu’une étude parue fin juin a montré que la qualité de la relation de couple influe sur l’épaisseur des artères carotidiennes et le risque cardiovasculaire [3]. Le professeur de psychologie Thomas Kamarck, de l’Université de Pittsburgh, et son équipe ont demandé à 281 adultes âgés en moyenne de 42 ans d’évaluer la qualité des interactions qu’ils avaient avec leur partenaire. Ils ont ensuite estimé l’épaisseur de leurs artères carotidiennes au moyen d’une méthode d’imagerie par ultrasons. La compilation des mesures a montré que les individus qui avaient décrit leurs interactions maritales comme étant très négatives avaient des artères carotides plus épaisses et de ce fait couraient un risque plus élevé de souffrir de maladies cardiovasculaires que ceux qui avaient rapporté des échanges franchement plus positifs au sein de leur couple. « Ces résultats renforcent l’idée que des relations maritales jouent un rôle significatif dans la santé en général. Et que l’interaction globale entre les processus biologiques, psychologiques et sociaux détermine la santé physique d’un individu », avait alors conclu Nataria Joseph dans un communiqué [4].

L’étude a été financée par le National Institute of Aging, une branche du National Institutes of Health (NIH).

Références :

  1. 1. Liu H, Waite L. Bad Marriage, Broken Heart? Age and Gender Differences in the Link between Marital Quality and Cardiovascular Risks among Older Adults . Journal of Health and Social Behavior December 2014 vol. 55 no. 4 403-423.
  2. Bad marriage, broken heart? Michigan State University, 19 novembre 2014.
  3. Joseph NT, Kamarck TW, Muldoon MF et al. Daily marital interaction quality and carotid artery intima-medial thickness in healthy middle-aged adults. Psychosom Med 2014 Jun;76(5):347-54.
  4. University of Pittsburgh. Marriage and Healthy Hearts, 25/06/14.


Source: medscape.fr.

b182 Tour de taille et orgasme: relation?

Plus les femmes sont en surpoids moins elles ont d’orgasmes vaginaux. La largeur du tour de taille étant en outre corrélée à l’âge, mais aussi à la fréquence de la masturbation.
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Cent vingt femmes portugaises en âge de procréer ont participé à une enquête sur leur vie sexuelle : fréquence des rapports, avec ou sans pénétration, des orgasmes vaginaux et clitoridiens, de la masturbation…Et les auteurs ont mis en corrélation les résultats en fonction de leur âge mais aussi de leur tour de taille, autrement dit de leur corpulence ou plus précisément de leur masse grasse. Ils ont ainsi établi que plus elles étaient en surpoids moins elles avaient d’orgasmes vaginaux. La largeur du tour de taille étant en outre corrélée à l’âge, mais aussi à la fréquence de la masturbation. En revanche, le surpoids, apprécié par le tour de taille, n’est pas apparu comme un facteur prédictif de la fréquence des rapports sexuels, ni des orgasmes clitoridiens.

Cette étude a été réalisée, par un questionnaire confidentiel et anonyme, auprès d’étudiantes âgées de 22 ans en moyenne, dont la majorité avaient une relation amoureuse, dans 87 % des cas hétérosexuelle. Seulement 10 % d’entre elles cohabitaient avec leur compagnon. Elles ont déclaré avoir eu des relations sexuelles avec pénétration 5 fois en moyenne au cours du mois précédent.

Dr Marine Joras

Référence
Costa RM, Brody S. Orgasm and women's waist circumference. Eur J Obstet Gynecol Reprod Biol., 2014 ; 182C:118-122. doi: 10.1016/j.ejogrb.2014.09.007.

Source: jim.fr.

b181 Sexualité à la ménopause.

à la ménopause : le moral joue plus que les hormones". Chez les femmes de 40-50 ans, il y a bien un impact du taux d’hormones, notamment de testostérone, sur la libido. Mais une étude américaine publiée dans le Journal of Clinical Endocrinology and Metabolism montre ...
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...que les facteurs psychosociaux tels que l’humeur ou la situation amoureuse sont en fait bien plus importants que les taux hormonaux.

« C’est la première fois qu’est établie, de manière si évidente, une association entre le taux d’hormones, en particulier la testostérone, et la fonction sexuelle » a indiqué l’un des auteurs de l’étude, le Dr John Randolph (University of Michigan School of Public Health, Ann Arbor, Etats-Unis), à Medscape. Mais, selon lui, l’effet des hormones est finalement « assez modeste ».

La masturbation prise en compte

Les troubles de la fonction sexuelle apparaissant chez la femme après la ménopause sont souvent attribués à une chute du niveau d’hormones stéroïdiennes. Pourtant, peu de données permettent d’attester clairement cette relation, soulignent les auteurs.

Pour évaluer l’impact des hormones sur la vie sexuelle, mais aussi celui des facteurs psychosociaux, l’équipe dirigée par le Dr Sioban Harlow, a repris les données de l’étude américaine SWAN (Study of Women’s health Around the Nation), qui a inclus 3300 femmes après leur ménopause et les a suivies pendant dix ans.

Lors de l’inclusion, ces femmes étaient âgées de 42 à 52 ans. Elles présentaient un utérus intact, au moins un ovaire et n’avaient pas recours à un traitement hormonal substitutif ou tout autre traitement affectant la fonction ovarienne.

Leur sexualité a été évaluée par auto-questionnaire lors de la première visite, puis une fois par an pendant dix ans. A chaque consultation, une prise de sang était effectuée pour un dosage de la testostérone sérique, de l’estradiol, de l’hormone folliculo-stimulante (FSH), de la déhydroépiandrostérone (DHEA), ainsi que des globulines se fixant aux hormones sexuelles (SHBG).

Pour évaluer la fonction sexuelle, les participantes ont été interrogées sur le désir ressenti au cours des six derniers mois, le degré d’excitation pendant le rapport sexuel, la capacité à obtenir un orgasme ou la présence de douleurs pendant la pénétration. Originalité de l’étude: elles ont également été interrogées sur la pratique de la masturbation.

La FSH meilleur marqueur que l’estradiol

Au cours de ces dix années de suivi, le désir a été le critère qui a le plus décliné, rapporte l’étude. La part des femmes ressentant un désir sexuel au moins une fois par semaine est ainsi passée de 58,4%, lors de l’inclusion, à 35% à la fin de l’étude.

Les variations concernant la fréquence des masturbations, le degré d’excitation et la capacité à avoir un orgasme étaient en revanche moins marquées. Si la moitié des femmes (49,4%) déclaraient en début d’étude s’adonner au plaisir solitaire, elles étaient encore 43,8% au bout de dix ans. De même, près de deux femmes sur trois (61,1%) rapportaient une excitation pendant un rapport sexuel.

Il existe une corrélation avec les taux d’hormones, essentiellement avec la testostérone. Ainsi, un niveau plus élevé de cette hormone augmente la fréquence des masturbations, le désir sexuel et l’excitation. Un résultat qui confirme le statut de la testostérone, considérée comme l’hormone du désir féminin.

A l’inverse, la FSH limite la pratique de la masturbation, l’excitation sexuelle et l’orgasme. Aucune corrélation n’a été observée avec l’estradiol. Un résultat qui amène les chercheurs à suggérer la FSH plutôt que l’estradiol pour évaluer la répercussion hormonale sur la vie sexuelle en post-ménopause.

En ce qui concerne la testostérone, les chercheurs se montrent réservés sur son intérêt en post-ménopause. Les niveaux de cette hormone étant très faibles chez les femmes, il est difficile d’obtenir des valeurs précises et fiables, sans compter qu’il existe une grande variabilité d’une femme à une autre, rappelle le Dr Randolph.

Mises en garde sur la testostérone

Certaines études ont suggéré les bénéfices d’un traitement par testostérone pour améliorer la fonction sexuelle, en stimulant la libido chez les femmes ayant eu une ablation des ovaires, mais ses effets à long terme sur la santé sont encore méconnus.

« Lorsqu’une femme consulte pour évoquer des difficultés dans sa vie sexuelle, il faut d’abord évaluer son moral et vérifier si sa relation amoureuse est satisfaisante » -- Dr John Randolph

Dans son guide des bonnes pratiques, la Société américaine d’endocrinologie met en garde sur la prescription de testostérone chez les femmes en bonne santé. De plus amples recherches sont, selon elle, nécessaires pour s’assurer que son utilisation est sûre.

Pour le Dr John Randolph, vérifier l’implication des hormones en cas de troubles de la fonction sexuelle n’est pas la priorité. « Lorsqu’une femme consulte pour évoquer des difficultés dans sa vie sexuelle, il faut d’abord évaluer son moral et vérifier si sa relation amoureuse est satisfaisante », conseille le médecin.

Il convient également, selon lui, de tenir compte des traitements en cours. « Avant d’aborder la question de la testostérone, il est nécessaire de vérifier si la patiente n’est pas sous antidépresseurs, ce qui peut être à l’origine d’une dégradation de la vie sexuelle ».

Le sujet de la masturbation peut aussi aider à mieux cerner les causes d’une sexualité insatisfaisante, puisqu’elle écarte la dimension conjugale. « La question doit pouvoir être abordée sans appréhension par les médecins », les femmes étant déjà dans une démarche pour parler de leur sexualité, estime le Dr Randolph.

« Toute femme qui rencontre des difficultés dans sa vie sexuelle devrait tout d’abord se focaliser sur d’autres facteurs [que les hormones], sa situation amoureuse étant le facteur numéro un lorsqu’il s’agit d’évaluer la fonction sexuelle », conclut le chercheur.

REFERENCE :

  1. Randolph J, Zheng H, Avis N, Masturbation frequency and sexual function domains are associated with serum reproductive hormone levels across the menopausal transition, Journal of Clinical Endocrinology and Metabolism, publication en ligne du 20 novembre 2014.


Source: medscape.fr.

b180 Serment d'abstinence.

jusqu'à ma nuit de noces pour perdre ma virginité et je le regrette". La virginité avant le mariage est une valeur encore défendue par des courants de l’islam, du judaïsme et de la chrétienté.
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Samantha Pugsley, appartenait à l’église protestante baptiste. À l’âge de dix ans, elle avait prêté le serment de ne pas avoir de rapport sexuel avant le mariage. Maintenant adulte, elle analyse ce "choix". Son témoignage a été initialement publié sur le site XoJane.

"Persuadée que le véritable amour sait attendre, je fais le serment devant Dieu, moi-même, ma famille, mes amis, mon futur compagnon et mes futurs enfants de demeurer sexuellement abstinente à partir de ce jour, jusqu’au jour où j’entrerai dans une relation matrimoniale au sens biblique. Et de m’abstenir de toute pensée sexuelle, caresses sexuelles, pornographie, et autres actions qui pourraient mener à un éveil sexuel."

À 10 ans, j’ai prêté le serment dans mon église avec un groupe d’autres filles de rester vierge jusqu’à mon mariage. Oui, vous avez bien lu : à l’âge de 10 ans.

Regardons un instant qui j’étais à 10 ans : j’étais en CM1. Je jouais avec des Barbies et je jouais à la dînette avec des amis imaginaires. Je m’imaginais en sirène à chaque fois que je prenais un bain. Je pensais encore que les garçons étaient dégueus et je ne savais absolument pas que j’aimais aussi les filles. J’avais encore quatre ans à attendre avant d’avoir mes règles. Et surtout, je n’avais aucune idée de ce que pouvait être le sexe.

L’église m’a enseignée que le sexe était pour les personnes mariées. Les relations extra-conjugales étaient immorales et sales et j’irais en Enfer si j’en avais. J’ai appris que, en tant que fille, j’avais la responsabilité envers mon futur mari de rester pure. Il était tout à fait possible que lui ne le soit pas, parce qu’il n’avait pas la même responsabilité, selon la Bible. Et bien sûr, parce que j’étais chrétienne, je lui pardonnerais ses transgressions passées et me donnerais tout entière à lui, corps et âme.

Une fois mariée, ce serait mon devoir de satisfaire les besoins sexuels de mon mari. Il m’a été répété, tant de fois que je ne saurais dire combien, que si je restais pure, mon mariage serait béni de Dieu. Sinon, mon mariage s’effondrerait et finirait en divorce tragique.

J’ai porté ma virginité comme une médaille

J’y croyais. Pourquoi n’y aurais-je pas cru ? J’étais jeune et j’avais confiance en ces gens. Tout le monde savait que j’avais fait vœu de chasteté avant le mariage bien sûr. Le commérage est la sève de l’église baptiste [branche du protestantisme, ndlr]. Avoir pris une telle décision spirituelle rendait mes parents tellement fiers de moi. La communauté des fidèles m’applaudissait pour ma vertu.

Durant plus d’une décennie, j’ai porté ma virginité comme une médaille. Mon église m’encourageait à me comporter ainsi en disant que mon témoignage inspirerait d’autres jeunes filles à faire de même. Si le sujet était abordé dans une conversation, j’étais heureuse de faire savoir aux gens que j’avais prêté ce serment.

Il devint toute mon identité avant que je n’atteigne mes 13 ans. Lorsque j’ai rencontré mon copain d’alors – à présent mon mari –, je lui ai dit immédiatement que je me préservais pour le mariage et il n’y voyait pas de problème parce que c’était mon corps, mon choix, et qu’il m’aimait.

Où était la limite à ne pas franchir ?

Nous sommes restés ensemble durant six ans avant de nous marier. Chaque fois que nous faisions quelque chose de plus ou moins sexuel, la culpabilité me submergeait. Je me demandais où était la limite car j’avais très peur de la franchir. Était-il autorisé à me toucher les seins ? Pouvions-nous nous voir nu ? Je ne savais pas ce qui était considéré comme suffisamment sexuel pour condamner mon futur mariage et m’envoyer tout droit en Enfer.

Un mélange malsain de fierté, peur et culpabilité m’a aidée à respecter mon serment jusqu’à notre mariage. Dans les semaines qui précédèrent la cérémonie, j’ai souvent été félicitée d’avoir conservé ma virginité aussi longtemps. Les commentaires allaient du plus curieux ("Mais comment est-ce que tu as pu bien faire ?"), au plus dégoûtant ("Je parie que tu vas avoir une nuit de noces très chargée !"). Je les laissais me mettre sur un piédestal comme leur mascotte virginale de fille chrétienne parfaite.

J’ai perdu ma virginité lors de ma nuit de noces, avec mon mari, juste comme je l’avais promis quand j’avais dix ans. Je suis restée dans la salle de bain de la chambre d’hôtel un peu avant, vêtue de ma lingerie blanche, en pensant : "J’y suis arrivée. Je suis une bonne chrétienne". Il n’y eu pas de chœur d’anges, ni de lumière céleste. C’était juste moi et mon mari dans une chambre sombre, maladroits avec un préservatif et une bouteille de lubrifiant pour la première fois.

Le sexe me donnait l’impression d’être sale et immorale

Le sexe fait mal. Je savais que ça serait le cas. Tout le monde m’a dit que la première fois était assez douloureuse. Ce qu’ils ne m’ont pas dit, c’est que je serai de retour dans la salle de bain après, en train de pleurer silencieusement pour des raisons que je n’arrivais pas à comprendre. Ils ne m’ont pas dit que je serai, durant ma lune de miel, encore en train de pleurer, car le sexe me donnait l’impression d’être sale et immorale même si j’étais mariée et que ça n’était plus censé poser de problème.

Quand je suis rentrée chez moi, je ne pouvais regarder personne dans les yeux. Tout le monde savait que j’avais perdu ma virginité. Mes parents, mon église, mes amis, mes collègues. Ils savaient tous que j’étais souillée. Je n’avais plus rien de spécial. Ma virginité était devenue une part de ma personnalité si essentielle que je ne savais plus qui j’étais sans elle.

Ça ne s’est pas arrangé. J’évitais de me déshabiller en face de mon mari. J’essayais de ne pas l’embrasser trop souvent ou avec trop de tendresse pour ne pas l’inviter à plus. Je redoutais l’heure d’aller au lit. Peut-être qu’il aurait eu envie de sexe.

Quand c’était le cas, je m’exécutais. Je ne souhaitais rien de plus que de le rendre heureux parce que je l’aimais tellement et parce qu’il m’avait été enseigné qu’il était de mon devoir de satisfaire ses besoins. Mais je détestais le sexe. Parfois, je m’endormais en pleurant parce que voulais aimer ça, parce que c’était injuste. J’avais tout fait comme il fallait. J’avais prêté serment et ne l’avais pas trahi. Où était le mariage béni qui m’avait été promis ?

J’ai laissé la situation continuer comme ça pendant au moins deux ans avant de m’effondrer. Je ne pouvais simplement plus faire comme si de rien n’était. J’ai tout dit à mon mari. Mon mari féministe qui était horrifié que j’ai pu le laisser me toucher quand je ne le voulais pas. Il m’a fait promettre de ne plus jamais faire ce dont je n’avais pas envie. Nous avons cessé toute relation sexuelle. Il m’a encouragée à voir un psychologue et j’ai suivi son conseil. Ce fut le premier pas d’un long voyage vers la guérison.

J’ai choisi le sexe

Les filles de dix ans veulent croire aux contes de fées. Prêtez serment et Dieu vous aimera beaucoup et sera très fier de vous, m’ont-ils dit. Si vous attendez jusqu’au mariage pour avoir des relations sexuelles, Dieu vous apportera un merveilleux époux chrétien, vous vous marierez et vivrez heureux jusqu’à la fin des temps. Attendre ne m’a pas rendue heureuse jusqu’à la fin des temps. À la place, cela a contrôlé mon identité durant plus d’une décennie, m’a envoyée en psychothérapie, et m’a laissé un étranger dans mon propre corps. J’étais tellement honteuse de mon corps et de ma sexualité que cela a donné aux relations sexuelles de l’amertume.

Je ne vais plus à l’église, et je ne suis plus croyante. Quand j’ai commencé à guérir, je me suis aperçue que je ne savais pas comment être croyante et avoir des relations sexuelles en même temps. J’ai choisi le sexe. Chaque jour est une bataille pour me souvenir que mon corps n’appartient qu’à moi et pas à l’église de mon enfance. Je dois me rappeler en permanence qu’un serment que j’ai pris quand j’avais dix ans ne doit pas me définir aujourd’hui. Lorsque j’ai des rapports sexuels avec mon mari, je m’assure que c’est en raison de mes besoins sexuels et non parce que je me sens obligée d’assouvir ses désirs.

Je suis maintenant entièrement convaincue que le concept de virginité dans sa totalité est utilisé pour contrôler la sexualité féminine. Si je pouvais revenir en arrière, je n’attendrais pas. J’aurais des relations sexuelles avec mon copain d’alors – à présent mon mari – et je n’irais pas en Enfer pour cela. Nous nous serions mariés à un âge plus raisonnable et j’aurais gardé ma sexualité pour moi-même.

Malheureusement, je ne peux pas revenir en arrière mais je peux vous transmettre ce message comme le résultat de mon expérience : si vous voulez attendre le mariage avant d’avoir des rapports sexuels, soyez bien sûr que c’est parce que vous le voulez. C’est votre corps ; il vous appartient, pas à votre église. Votre sexualité n’est l’affaire de personne, sauf de vous.

Traduit de l’anglais par Rémy Demichelis

Source: leplus.nouvelobs.com.

b179 Santé sexuelle des jeunes.

Le site onsexprime.fr réunit depuis 2009 une communauté active d’internautes de 12 à 18 ans.

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Si en 2013, le succès de la websérie Puceaux avait permis d’augmenter notablement l’audience du site et de le positionner sur les réseaux sociaux, 2014 a été une année placée sous le signe de l’enrichissement : nouvelles illustrations, nouveaux contenus. Deux objectifs : asseoir le ton Onsexprime et installer le site dans le paysage digital des adolescents.

Afin d’accompagner les adolescents au moment particulier de leur entrée dans la sexualité, l’Inpes a élaboré en 2009 le site onsexprime.fr. En privilégiant une approche globale de la santé sexuelle, le site aborde les principales questions relatives à la prévention des IST, la contraception, mais également à la vie affective, les relations amoureuses, le corps, l'orientation sexuelle, les violences, etc. Elaborés en collaboration avec des professionnels de santé et des membres d’associations, les contenus du site exploitent les possibilités de partage et de participation offertes par Internet et les nouvelles technologies. Ainsi, outre les désormais classiques outils de commentaires, témoignages, recherche, Onsexprime développe à l’année des contenus interactifs (vidéos, jeux, etc.), dont l’objectif est d’impliquer les adolescents dans l’appréhension des messages de prévention. Ludique et jamais moralisateur, le site donne les moyens aux adolescents d’être bien informés et d’entrer positivement dans la sexualité alors même qu’il peut être délicat pour eux d’aborder ces questions avec les adultes ou de faire la part des choses dans les multiples informations peu fiables qui pullulent sur Internet dans ce domaine. Présent également sur les réseaux sociaux, onsexprime.fr compte aujourd’hui 65 817 abonnés sur sa page Facebook et 15 420 abonnés sur sa chaîne Youtube.

2014 : une année riche en nouveautés

Après 2013, marquée par la diffusion et le succès de la websérie Puceaux, l’année 2014 a vu naître de nombreux contenus innovants sur onsexprime.fr.

  • « Découvre les changements du corps ». Avec ce module : choix d’un avatar, sélection d’un sujet (hormones, sexe, poils, silhouette, érection, etc.) et en route pour visualiser la manière dont le corps peut se transformer au moment de la puberté.
  • « Carte de visite des infections sexuellement transmissibles » (IST). Elle passe en revue les six principales IST et informe sur leurs symptômes, le dépistage, les traitements, ainsi que la manière de s’en protéger. La présentation de chaque IST se déroule comme une carte de visite avec ses différentes fiches : définition, symptomes et dépistage, traitement, se protéger.
  • « Ma recette du plaisir ». Sur le principe des aimants (« magnets » qui font le bonheur des réfrigérateurs), cet outil permet de « composer » sa propre recette en choisissant des mots parmi trois catégories : quoi ? (ex : mordiller, lécher, caresser, masser, frotter, chatouiller, tripoter, etc.) ; où ? (ex : gland, dos, clitoris, pénis, paupières, pieds, oreilles, cuisses, etc.) ; comment ? (ex : doucement, en jouant, délicatement, passionnément, etc.). L’internaute peut entrer jusqu’à cinq combinaisons qu’il peut télécharger. Au moment de l’affichage de sa recette du plaisir, un rappel sur l’importance de la contraception et du préservatif apparaît via des pictogrammes et un court texte.
  • « Papertoys ». Ces « jouets en papier », sorte d'origamis modernes, consistent en la création de petites créatures en 3D que chacun peut réaliser en imprimant, découpant et collant des figures. Elles sont prétextes à rappeler les règles essentielles de prévention selon les pratiques sexuelles.
  • « Fantastic et Wonder Capote ». Les modes d’emploi interactifs des préservatifs masculin et féminin montrent aux jeunes internautes comment poser et retirer les préservatifs masculins et féminins. Pour renforcer l’aspect pédagogique, l’interaction est indispensable : c’est l’internaute qui simule le geste avec sa souris pour passer à l’étape suivante. Pour faire connaître cet outil et rappeler aux adolescents pourquoi l’utilisation du préservatif reste primordiale, le mini-film d’animation humouristique Fantastic Capote et Wonder Capote, qui met en scène et en chanson deux super-héros, a été créé. Il a généré plus d’un million de vues sur Youtube.
  • De nouvelles illustrations. Elles renforcent le ton Onsexprime : ludique et didactique.
Afin de continuer à enrichir le site, de nouveaux contenus seront mis en ligne au cours du mois de décembre :
  • un nouveau module sur l’anatomie des sexes féminin et masculin ;
  • 17 mini-vidéos concernant « les 12 pires excuses pour ne pas utiliser de préservatif », ainsi que des conseils pour que « la première fois » se passe au mieux.
Pour en savoir plus Source: inpes.sante.fr.

b178 Amélioration de la survie après cancer.

Cet investissement, tant humain que financier a abouti à ce que l’on nomme en France les « Plans Cancer ».

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Ces mesures se concentrent sur l’organisation et la mise en place de services de prévention, de diagnostic et de traitement. La recherche a fourni les éléments de preuves pour structurer ces politiques de santé et permet d’évaluer régulièrement leur efficacité. Il est en effet essentiel de s’assurer que les mesures mises en place ont un réel impact. L’analyse des tendances des courbes de survie de la population atteinte de cancer permet de se faire une idée assez précise de l’efficacité globale des systèmes de soins.

Plus de 7 millions d’adultes victimes d’un cancer entre 1971 et 2011

C’est à cet exercice que s’est prêtée une équipe du Royaume-Uni, en examinant les variations de la survie après un cancer au cours des 40 dernières années. La population étudiée est constituée de 7,2 millions d’adultes chez qui a été diagnostiqué pour la première fois un cancer invasif primitif entre 1971 et 2011, avec un suivi jusqu’en décembre 2012. Les auteurs ont utilisé 2 mesures : un indice de survie nette (1) pour tous les cancers combinés et un indice de survie par type de cancer, ajusté pour l’âge et le sexe. Le premier livre une mesure de la survie nette qui peut être utilisée pour juger globalement des progrès au cours des années, de l’efficacité du système de soins. Le second permet de distinguer les types de cancers pour lesquels les progrès ont été les plus importants et ceux qui restent de mauvais pronostic et nécessitent encore plus d’attention.

Nul doute que les efforts consentis ont porté leurs fruits, puisque l’indice de survie nette augmente de manière très sensible entre 1971 et 2011. Pour les patients diagnostiqués il y a 40 ans, il était en effet de 50 % un an après le diagnostic. Quarante ans après, il est encore de 50 %...mais dix ans après le diagnostic ! Les femmes ont en la matière plus de chances que les hommes car leur survie nette est en moyenne supérieure de 10 % sur toute la période examinée.

Une augmentation très sensible de la survie pour de nombreux cancers

En revanche, et cela ne surprendra pas, la survie varie considérablement selon le type de cancer, avec la plus récente estimation de survie nette à 10 ans de seulement 1,1 % pour le cancer du pancréas à 98,2 % pour le cancer du testicule. Pour certains cancers de mauvais pronostic (œsophage, estomac, pancréas, cerveau), la survie à 1 an s’est bien sensiblement améliorée, mais sans que le pronostic à long terme ait progressé. En revanche, l’indice de survie à 5 ans après un cancer du sein est passé de 53 % au début des années 70 à 87 % pour les patientes dépistées en 2010-11 et celui à 10 ans de 40 % à 78 %. Notons que le cancer du sein compte pour presque un tiers des cancers de la femme, ce qui peut expliquer la survie nette tous cancers confondus supérieure de la femme. Pour le cancer de la prostate, l’indice de survie s’améliore aussi, passant de 37 % et 25 % à 5 et 10 ans respectivement il y a 40 ans à une estimation de 85 % et 84 % pour les cancers découverts en 2010-11. Ajoutons que l’indice de survie est généralement inférieur pour les patients les plus âgés, même en tenant compte des autres causes de mortalité.

Des effets variables du dépistage

Quant à l’effet du dépistage de masse sur la survie, il varie en fonction de la localisation et donc du type de dépistage. Pour le cancer du col de l’utérus par exemple, un dépistage efficace est réellement préventif et se traduit par une diminution de l’incidence, mais il n’y a pas forcément une amélioration de la survie quand un cancer invasif est retrouvé. Pour le cancer du sein en revanche, le dépistage ne prévient pas la tumeur mais la dépiste à un stade précoce et les auteurs estiment que le dépistage précoce a permis, avec les progrès réalisés dans les traitements, d’améliorer la survie, cette conclusion faisant encore, on le sait, l’objet de débats. Quant au dépistage du cancer colorectal, la mise en place plus récente de son organisation ne permet pas encore d’en évaluer l’efficacité sur la survie à long terme.

Les auteurs précisent que l’indice de survie nette doit toutefois être interprété avec beaucoup de précautions. Par exemple, la valeur présumée de 50 % pour l’indice de survie à 10 ans pour tous les cancers confondus diagnostiqués en 2010-11, ne signifie pas que la moitié des patients sera guérie, ainsi que l’ont rapporté certains medias. L’indice est un indicateur de santé publique qui résume la tendance de la survie dans une population entière. Il s’agit d’un outil pour l’évaluation de l’efficacité globale des politiques de santé en ce qui concerne le diagnostic et le traitement. Il ne reflète aucunement les chances de survie pour un patient particulier.

(1) Définition de l’Institut de Veille Sanitaire (InVS) : « La survie nette est la survie que l’on observerait si la seule cause de décès des patients atteints de cancer était le cancer, contrairement à la survie globale (ou brute) pour laquelle toutes les causes de décès sont prises en compte. Cet indicateur de santé publique constitue un indicateur épidémiologique important. Il permet, des comparaisons entre pays et entre différentes périodes à l’échelle d’une population, car il ne dépend pas de la mortalité liée aux autres causes de décès (mortalité pouvant être différente d’un pays à l’autre ou d’une période à l’autre). »

Dr Roseline Peluchon

Référence
Quaresma M et coll. : 40-year trends in an index of survival for all cancers combined and survival adjusted for age and sex for each cancer in England and Wales, 1971–2011: a population-based study. Lancet 2014; publication avancée en ligne le 3 décembre. doi:10.1016/S0140-6736(14)61396-9

Source: jim.fr.

b177 L'observance contraceptive.

"20 à 30 % des jeunes femmes ne suivent pas une contraception régulière". A partir d’une enquête nationale menée de 2006 à 2010, des chercheurs américains ont évalué la fréquence du suivi d’une contraception régulière par les femmes en âge de procréer en fonction de leur âge.
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Ils ont ainsi montré que 80 % des jeunes filles de 15 à 19 ans utilisent une méthode contraceptive stable, pourcentage qui diminue à 74 % chez les 20-24 ans, à 70 % entre 25 et 34 ans et 71 % entre 35 et 44 ans. Cinq pour cent des plus jeunes n’ont recours à aucun moyen contraceptif, taux qui passe à 9 % dans la tranche d’âge supérieure et à 20 % chez les plus âgées.

Dix pour cent des 35-44 ans déclarent utiliser une contraception de façon occasionnelle, contre 16 à 17 % chez les femmes plus jeunes. Ces dernières sont plus nombreuses à avoir arrêté leur contraception en raison d’effets indésirables ou parce qu’elles n’étaient pas satisfaites par la méthode choisie. Chez les femmes plus âgées, c’est le souhait d’une grossesse qui motive le plus souvent l’arrêt de la contraception.

Des résultats qui montrent bien les spécificités de la contraception en fonction de l’âge et qui incitent les auteurs à préconiser une attention toute particulière aux jeunes filles pour qu’elles trouvent une méthode contraceptive adaptée et bien tolérée afin d’éviter les arrêts.

Dr Marine Joras

Référence
Pazol K, Whiteman MK, Folger SG, et coll. Sporadic Contraceptive Use and Non-Use: Age-Specific Prevalence and Associated Factors. Am J ObstetGynecol., 2014 ; publication avancée en ligne le 8 octobre. doi: 10.1016/j.ajog.2014.10.004

Source: jim.fr.

b176 Rapports parents-ado.

"Inutile de crier, votre ado (ou plutôt son cerveau) ne vous entend". Selon une étude de chercheurs en neurosciences américains, citée par L'Obs le cerveau des ados ne prend pas en compte le point de vue de leur mère lorsqu’ils entendent des reproches.
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Un groupe de scientifiques des universités de Pittsburgh, Berkeley et Harvard, ont examiné 32 adolescents et pré-adolescents à la moyenne d’âge de 14 ans et leur ont fait passer un scanner du cerveau. Pendant l’expérience, repérée par "Wired", les ados ont écouté des clips de 30 secondes de leur propre mère en train de les critiquer sur leurs chaussures qui traînent par exemple.

L'étude démontre qu'en cas de critiques de la part de leur mère, le cerveau des ados montre plus d’activité dans les zones associées aux émotions négatives, mais aussi une activité réduite dans les zones impliquées dans la régulation des émotions et la compréhension du point de vue des autres.

Ainsi les chercheurs considèrent que "les jeunes arrêtent de faire fonctionner leur processus de sociabilité et la compréhension de l'état d'esprit de leurs parents", estimant que "la diminution de l’activité cérébrale dans les régions impliquées dans la prise de perspective pourrait aider à expliquer la fréquence élevée de conflits non résolus entre les parents et les ados".

Une étude à prendre néanmoins avec des pincettes…



Source: nouvelobs.com.

b175 VIH et + de 50 ans.

"Plus de 50 ans, la « nouvelle » population à risque de VIH". Un chiffre publié voici quelques mois dans le Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire n’a peut-être pas suffisamment retenu l’attention : il s’agit de la proportion de seniors parmi les personnes séropositives au VIH en 2012, 18%.
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Ce chiffre, en soi étonnamment élevé, est en outre en augmentation depuis 2003 (13%). La proportion de moins de 25 ans, 12%, est, elle, restée stable sur cette période.

On doit au laboratoire Janssen d’avoir exhumé ce chiffre : lors d’une conférence de presse organisée peu avant le 1er décembre, le laboratoire a annoncé son intention d’en faire un pivot de sa communication VIH/sida en 2015. On pensera ce qu’on veut du marketing. Mais cette campagne aura le mérite d’attirer l’attention sur la triple problématique d’une prévention, d’un dépistage et d’une prise en charge qui, chez les seniors, doivent être pensés spécifiquement.

La population concernée n’est pas marginale : le chiffre de 18% vaut pour la France entière, mais le Pr Gilles Pialoux (Hôpital Tenon, Paris), s’exprimant lors de la conférence de presse Janssen, a indiqué que pour les trois hôpitaux parisiens Tenon, Saint-Antoine et Pitié-Salpêtrière, les plus de 60 ans représentent 20% du recrutement, tandis que 43% des hommes et 51% des femmes ont plus de 50 ans [2].

Le risque est là, mais pas la conscience du risque

Les campagnes de prévention du VIH ont largement montré qu’elles savaient s’adresser à des populations spécifiques. Pourquoi pas les seniors ? L’attitude est bien sûr d’autant plus étonnante que ces campagnes, et grosso modo l’expertise en matière de VIH/sida, relèvent aujourd’hui d’une génération qui a elle-même atteint la cinquantaine.

« La télévision américaine diffuse des campagnes très fortes en direction des seniors », a indiqué le Pr Pialoux. Or, en France, « il existe des centres de prévention/dépistage pour les gays, mais aucun centre pour les très jeunes ou pour les seniors, alors que Roseline Bachelot en avait souligné la nécessité ».

Résultat : « les jeunes pensent que c’est une maladie de vieux, et les vieux, une maladie de jeunes ».

Pour illustrer ce que peuvent être les problématiques spécifiques des seniors, le Pr Pialoux a mentionné les problèmes d’érection associés à la mise en place du préservatif. « Faut-il des kits-seniors associant un comprimé de Viagra à un préservatif ? »

Une enquête réalisée pour Janssen par Opinion Way confirme en effet que les 50-70 ans continuent d’associer le risque au triptyque toxicomane/homosexuel/jeune, alors qu’ils sont eux-mêmes dans la prise de risque : parmi ceux qui déclarent plusieurs partenaires ces 5 dernières années, 37% n’ont jamais utilisé de préservatif, et 26% de temps en temps (respectivement 12% et 45% chez les 18-49 ans).

Clairement, le VIH n’entre pas dans les préoccupations des seniors, ni dans celles des médecins. Un autre chiffre est parlant : le diagnostic tardif (stade sida ou CD4 <200/mm3) est nettement plus fréquent passé 50 ans, où il concerne 42% des cas (25% entre 25 et 49 ans, 14% entre 15 et 24 ans).

Or, outre la perte de chances pour l’intéressé(e), qui dit diagnostic tardif dit charge virale élevée, donc risque important de transmission à l’intérieur de la classe des seniors. Et d’autant plus que « l’âge est lui-même un facteur de risque de transmissibilité », rappelle le Pr Pialoux. « Cette notion est connue depuis le début des années 1990 ».

Une prise en charge spécifique

Dernier aspect, la prise en charge des patients seniors. « A partir de 60 ans, l’âge impacte la prise en charge », souligne le Pr Pialoux.

L’âge est lui-même un facteur de risque de transmissibilité.

Les antiviraux susceptibles de provoquer ou d’aggraver des dyslipidémies sont naturellement à éviter, à un âge où l’existence d’un diabète et d’un risque cardiovasculaire n’est pas rare.

D’autres facteurs de risque prennent également de l’importance avec l’âge : le Pr Pialoux cite notamment le cancer du col ou le cancer du poumon.

Enfin, la déminéralisation osseuse accélérée chez les sujets VIH+, implique une attention particulière à l’ostéoporose chez les seniors. De même pour les troubles neurocognitifs.

Pour le moment « le suivi très particulier » des patients seniors est assuré par des spécialistes du VIH – à condition que ces patients soient dépistés, toutefois. Mais la part que représente cette catégorie de patients parmi les personnes VIH+ va aller en augmentant.

« Il est logique qu’avec le vieillissement à la fois de la population générale et de la population VIH+, les contaminations surviennent plus tard », résume le Pr Pialoux.

Or, « peu de gériatres s’intéressent à cette problématique », relève de son côté Fabien Sordet (Janssen).

Et avant même de penser aux gériatres et au suivi des patients dépistés, c’est à la prévention qu’il faudrait s’intéresser, et au dépistage, qui devraient l’un et l’autre être proposé à la population des séniors en gardant à l’esprit qu’il s’agit d’une population à risque comme les autres, et d’autant plus qu’elle s’ignore comme telle.

Vincent Bargoin

Références:

  1. Cazein F, Lot F, Josiane Pillonel et coll.Découvertes de séropositivité VIH et sida – France, 2003-2012. BEH 9-10, 1 er avril 2014.
  2. Conférence de presse du laboratoire Janssen.
Source: medscape.fr.

b174 AUTO Tests VIH pour l'été.

Sans ordonnance et pour une vingtaine d'euros, il sera bientôt possible d'effectuer soi-même un dépistage du virus du sida. Selon la ministre de la Santé, les autotests VIH devraient être disponibles en pharmacie à partir de juillet 2015.
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Les autotests qui permettent à toute personne de savoir en quelques minutes si elle est porteuse du virus du sida, seront disponibles en pharmacie dès le 1er juillet 2015. Une nouvelle annoncée par la ministre de la Santé, à l'occasion de la Journée mondiale de lutte contre le sida le 1er décembre. Cet outil de dépistage devait initialement être commercialisé en 2014 en France.

Grâce à ce kit de dépistage, une simple goutte de sang ou de salive suffit pour savoir, en quelques minutes, si on est porteur ou non du VIH. Sans ordonnance et pour une vingtaine d'euros, l'autotest s'adresse aux personnes qui ne veulent pas se rendre dans des structures spécialisées (centres de dépistage, associations, ...). Il sera également mis à disposition des associations de lutte contre le sida, pour faciliter le dépistage auprès des populations les plus isolées.

La ministre de la Santé souhaite aussi généraliser l'utilisation des tests rapides d'orientation diagnostique (Trod), un outil proche des autotests mais qui ne peut être réalisé que par un professionnel médical ou associatif. Les Trod donnent une réponse sur la séropositivité en moins d'une demi-heure, contre un délai de plusieurs jours pour le test classique d'analyse sanguine. Attention néanmoins : l'autotest et le Trod ne renseignent que trois mois après le rapport à risque, contre quinze jours pour la prise de sang.

En 2013, près de 7.000 Français ont découvert leur séropositivité. Selon l'Institut national de Veille sanitaire (InVs), la France est un des pays européens où se pratique le plus des tests de dépistage.

Source: allodocteurs.fr.

b173 Infarctus et sexualité.

Après une attaque cardiaque, les médecins délivrent trop peu de conseils sur la reprise d’une activité sexuelle, selon une étude. Pourtant, les patients sont en demande.
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Même en médecine, le corps a ses tabous. Selon une étude parue dans la revue Circulation, les médecins ne prodiguent pas de conseils sur la vie sexuelle des patients victimes d’une crise cardiaque. Et pourtant, ces derniers se posent des tas de questions. Car de fait, les troubles cardiaques peuvent peser sur la vie sexuelle des couples.

Des restrictions « conservatrices »

Les chercheurs ont interrogé 3501 patients âgés de 48 ans en moyenne, hospitalisés pour une crise cardiaque dans 127 hôpitaux aux Etats-Unis et en Espagne. Or, il apparaît que seules 12% des femmes et 19% des hommes ont reçu des conseils médicaux sur leur sexualité, alors que la plupart avaient une vie sexuelle active dans l’année précédant leur attaque cardiaque.

Et lorsque les médecins soulèvent la question, ils ne rassurent pas forcément les patients. Les auteurs de l’étude ont constaté une tendance à ne fournir que des conseils restrictifs et « conservateurs », au lieu de véritables recommandations médicales. Ainsi, 35% des médecins qui abordent la question suggèrent de limiter l’activité sexuelle. 26% conseillent de prendre un rôle plus passif.

Mais les conseils médicaux s’arrêtent ici. Or, selon les scientifiques, il y existe une demande forte de la part des patients. « Les patients valorisent leur vie sexuelle, même lorsqu’ils sont atteints d’une pathologie grave. Et ils estiment qu’il est approprié pour un médecin d’aborder la question du retour à l’activité sexuelle », écrit la gynéco obstétricienne Stacy Tessler Lindau, qui a mené l’étude.

« Le sexe n’est pas si exigeant pour le cœur »

D’ailleurs, un coup d’œil aux forums et réseaux sociaux permet de prendre la mesure de ces interrogations. Baisse de la libido, peur d’une nouvelle attaque cardiaque, peur du conjoint d’en provoquer une… Les questions sont nombreuses.

Sur son site Internet, la Fondation des Maladies du Cœur et de l’AVC rappelle qu’il est très rare que l’activité sexuelle déclenche une nouvelle crise cardiaque. « L’activité sexuelle n’est pas aussi exigeante pour le cœur que vous le croyez. Si vous pouvez grimper sans effort deux volées d’escaliers ou faire de la marche rapide, votre cœur peut supporter l’activité sexuelle. La plupart des gens reprennent habituellement l’activité sexuelle moins de deux à trois semaines après leur congé de l’hôpital. Certains médicaments, par contre, peuvent réduire votre désir sexuel. Certains hommes trouvent que les médicaments les empêchent d’avoir ou de conserver une érection ».

Face au silence des médecins, les auteurs de l’étude préconisent aux patients de leur poser directement la question. « Demandez-leur : puis-je retrouver ma vie sexuelle ? Quand ? Dois-je être attentif à quoique ce soit ? ». Bref, faites-leur parler de sexe.

Source: pourquoidocteur.fr.

b172 Les implants péniens.

En dépit d’un certain nombre d’idées reçues, l’implant pénien peut constituer une alternative intéressante au traitement de la dysfonction érectile. Ce dispositif reste très mal connu du corps médical.
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Un dispositif invasif mais qui permet une érection quasi naturelle

Diabète, pathologies cardio-vasculaires, traumatisme ou opération de la prostate, de la vessie, du côlon, du rectum, lésions de la moelle épinière, la prise de médicaments sont autant de causes possibles de dysfonction érectile (DE). Il existe des solutions thérapeutiques pour y remédier, les inhibiteurs de la phosphodiestérase-5 en tête. « Mais quand ils ne fonctionnement pas, les médecins sont souvent très démunis » constate le Dr Pierre Desvaux (andrologue-sexologue, service d’urologie, hôpital Cochin, Paris). Le cas échéant, il est possible de proposer l’utilisation de pompes à vide, l’alprostadil en intra-urétral ou encore les injections intracaverneuses. « Il arrive cependant que ces options ne conviennent pas ou plus, l’implant pénien constitue alors une alternative possible » considère le sexologue.

Ce dispositif est bien sûr plus invasif que les autres car il nécessite une intervention chirurgicale mais il offre la possibilité d’une érection quasi naturelle aux hommes dont les corps caverneux de la verge sont définitivement endommagés ou ne répondent (plus) à aucun traitement. Les seniors sont majoritairement concernés mais aussi des hommes plus jeunes, atteints de drépanocytose, par exemple.

Dispositif et fonctionnement L’implant consiste à implanter 1) une paire de cylindre dans le pénis (après ablation des corps caverneux), 2) une pompe dans le scrotum 3) un réservoir rempli de liquide physiologique dans la partie inférieure de l’abdomen. Pour obtenir une érection, on appuie sur la pompe ce qui créé un afflux de liquide permettant l’érection. Le dispositif se dégonfle en appuyant sur le bouton de désactivation situé sur la pompe. L’implant pénien n’empêche ni l’éjaculation, ni l’orgasme et il est conçu pour que les sensations pendant l’acte sexuel restent naturels.

Satisfaction

L’implant pénien permet l’acte sexuel, satisfait les patients. Une étude parue en 2007 dans Progrès en urologie rapporte un taux de satisfaction de 86,7% sur une série de 282 implantations [2]. Deux autres études font état d’aussi bons résultats [3,4].

Un système simple et fiable

Les avantages sont multiples : le système est entièrement caché dans le corps, il permet une érection semblable à une érection naturelle (si ce n’est l’absence de tumescence du gland), et la durée de l’érection est contrôlable.

« C’est un système hyper simple et hyper fiable car entièrement mécanique » précise le Pr Pr François Haab (urologue, Hôpital des Diaconesses, Paris).

L’intervention pour la pose dure environ 1 heure, et devrait à l’avenir pouvoir se faire en ambulatoire. Le risque inhérent à toute chirurgie est celui d’infections (évalué à 1 à 2 % chez les populations à bas risque, et à 2 à 3% chez les patients à risque, essentiellement les diabétiques). Ces derniers peuvent désormais bénéficier d’une prothèse avec un revêtement antibiotique.

Par ailleurs, « l’opération est aujourd’hui totalement protocolisée et ne laisse aucune place à l’improvisation, rassure le Pr Haab. Le principe est entièrement maîtrisé. En outre, les chirurgiens qui utilisent ces implants doivent avoir suivi une formation. »

Erection permanente, acteur du X…Stop aux idées reçues !

Contrairement aux pays anglo-saxons, l’implant pénien reste tabou en France et est souvent présenté comme une solution contraignante.

« Il véhicule encore des images fausses comme celle d’entrainer une érection permanente, regrette le sexologue, ce qui n’est plus du tout le cas des nouveaux modèles ». Il est donc du ressort du médecin de s’informer sur cette solution afin de pouvoir à son tour compléter l’information de ses patients sur les différents dispositifs.

« Chose primordiale, la décision de poser un implant pénien ne se prend jamais seul mais s’inscrit dans un parcours de soin. Elle résulte d’une concertation pluriprofessionnelle (médecin traitant, urologue, sexologue, chirurgien…), insiste l’urologue. Deuxièmement, il ne s’agit en aucun cas d’une chirurgie de la performance. Le pénis ne sera pas plus grand, et le patient ne se transforme pas en acteur porno. Il s’agit véritablement d’une prise en charge médico-chirurgicale d’une pathologie irréversible du corps caverneux ». D’ailleurs, le dispositif est entièrement remboursé par l’Assurance Maladie dans cette indication.

Stéphanie Lavaud

Le Pr François Haab est consultant pour AMS, Coloplast, Lilly et Pfizer.

Références:

  1. L’implant pénien, conférence de presse du laboratoire AMS, 6 novembre 2014.
  2. Menard J, Tremeaux JC, Faix A, Staerman F. Prothèses péniennes: évaluation multicentrique des pratiques : résultats d’une série de 282 implantations. Progrès en urologie. Doi : 10.1016/S1166-7087(07)92269-1
  3. Montorsi F, Rigatti P, Carmigani G et al. AMS three-piece inflatable implants for erectile dysfunction: a long-term multi-institutional study in 200 consecutive patients. Eur Urol. 2000 Jan;37(1):50-5.
  4. Obadia F, Mouracade P, Terrier JE et al. Implants péniens hydrauliques : enquête de satisfaction, résultats et complications. Étude rétrospective portant sur 50 patients consécutifs primo implantés au CHU de Nice entre 2000 et 2009. Progrès en Urologie 01/2013; 23(16):1419–1427.
Source: medscape.fr.


Novembre 2014


b171 Un gène de l'adultère?

Celui-ci produirait l'hormone arginine-vasopressine, qui expliquerait à elle seule que l'infidélité de 63% des hommes et de 40% des femmes.

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"Nos recherches montrent clairement que les gènes influencent le comportement sexuel des gens", confie au Telegraph le Docteur Brendan Zietsch, chercheur dans le département psychologie de l'université australienne.

S'il concède que sa théorie nécessite encore des recherches approfondies, le scientifique s'appuie sur l'étude des séquences génétiques de quelque 7 300 jumeaux de 18 à 49 ans, tous engagés dans des relations de plusieurs années, et dont 9,8% des hommes et 6,4% des femmes auraient reconnu avoir eu au moins deux partenaires sexuels au cours des 12 mois ayant précédé l'enquête.

C'est après avoir comparé le patrimoine génétique des vrais et des faux jumeaux que les chercheurs ont pu identifier l'AVPRIA comme responsable des infidélités conjugales.

Source: 20minutes.fr.

b170 Traitement préventif du VIH.

Les professionnels favorables à l’autorisation d’un traitement préventif de l’infection à VIH".

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La prophylaxie pré exposition (PrEP) au VIH a gagné significativement du terrain dans le monde ces deux dernières années.
Après l’extension aux Etats-Unis de l’indication de Truvada (Ténofovir + FTC) afin qu’il puisse être prescrit à titre préventif et la publication de nouveaux travaux confirmant l’efficacité de cette stratégie sur la diminution du nombre de contaminations, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a, cet été, officiellement recommandé « aux hommes qui ont des relations sexuelles avec des hommes de considérer la prise des antirétroviraux comme une méthode supplémentaire de prévention face au VIH ». Une telle stratégie permettrait d’éviter « un million de nouvelles infections au sein de ce groupe en 10 ans » assure l’OMS qui a inclus dans ces nouvelles préconisations les transsexuels, les prisonniers, les consommateurs de drogues injectables et les prostitué(e)s. Parallèlement à cette annonce, les CDC plaidaient en faveur d’une utilisation élargie de Truvada dans un cadre préventif.

Une courte majorité désormais en faveur d’un traitement préventif du VIH

En France, la PrEP n’est toujours pas une réalité. L’essai Ipergay destiné à mesurer l’efficacité de cette stratégie vient seulement de s’achever (avec des conclusions semblables à tous les essais similaires conduits sur le sujet), tandis que la recommandation temporaire d’utilisation (RTU) de Truvada à titre préventif n’a toujours pas été entérinée. Si plusieurs instances, dont le Conseil national contre le Sida, se sont prononcées en faveur de l’inscription de la PrEP parmi les méthodes de prévention du VIH, les positions évoluent lentement sur le sujet. Il y a deux ans, nous avions ainsi interrogé les professionnels de santé : ils étaient très partagés sur l’autorisation d’un traitement préventif de l’infection à VIH, 47 % s’y déclarant opposés et la même proportion s’y déclarant favorables. Deux ans plus tard, se dessine désormais une courte majorité en faveur d’une telle autorisation : 50 % des professionnels de santé interrogés sur notre site du 3 au 18 novembre paraissent souhaiter une telle évolution. Ils ne sont par ailleurs plus que 40 % à se montrer hostiles à une telle idée ; tandis que la proportion de praticiens perplexes face à la complexité du dossier a progressé, passant de 7 à 10 %.

Pourquoi faire compliqué alors que l’on peut faire simple ?

Ainsi, les recommandations de l’OMS, celles du CDC ou encore les résultats positifs des derniers essais n’ont pas réussi à venir à bout des importantes réticences que suscite la PrEP. Cette opposition est d’abord pragmatique : beaucoup considèrent qu’il n’est pas opportun de promouvoir un système de prévention coûteux, complexe, pouvant entraîner des complications et dont l’efficacité à 100 % n’est pas avérée, alors que le dispositif actuel (le préservatif) est peu cher, simple à utiliser, sans aucun risque de complication et dans la très grande majorité des cas efficace. Plus largement, beaucoup (notamment au sein des associations de lutte contre le Sida) redoutent que le développement de la PrEP n’entraîne un recul de l’utilisation du préservatif. Le risque de développement de résistance en cas d’une utilisation plus large des trithérapies est également évoqué par certains, même si les spécialistes se montrent rassurants sur ce point.

L'ombre du remboursement

Il est également possible que l’adhésion à la PrEP soit freinée par le refus d’envisager qu’une fois autorisé un traitement préventif du VIH puisse être éligible au remboursement par la Sécurité sociale. Une telle demande semble inévitable (et certaines organisations l’ont déjà évoquée), en raison du coût du traitement, de la gravité du risque à prévenir et de la volonté des associations de défense des homosexuels de garantir l’égalité de ces derniers face à la prévention du Sida. Cependant, pour beaucoup ces arguments ne sont pas recevables eu égard au fait d’une part que le préventif est aujourd’hui quasiment totalement exclu du champ du remboursable et d’autre part qu’existent d’autres stratégies de prévention nous l’avons dit, moins coûteuses et tout aussi efficaces. Protection invisible pour les invisibles ?

Néanmoins, si l’adhésion à la PrEP progresse chez les professionnels de santé, c’est d’une part parce que cette stratégie semble prometteuse en terme de santé publique et probablement également en raison des signaux de plus en plus nombreux mettant en évidence l’échec des stratégies classiques et des discours habituels concernant la prévention du Sida, notamment en direction des sujets à plus haut risque. C’est ce constat qui a par exemple poussé les CDC à se déclarer en faveur de l’élargissement de l’utilisation de Truvada : aux Etats-Unis, le nombre de nouvelles contaminations reste stable depuis plusieurs années (autour de 50 000/an) et l’utilisation du préservatif est en recul, en particulier dans les groupes à risque. La France n’est pas épargnée par ce phénomène. L’association HF Prévention, qui intervient auprès des homosexuels « invisibles » qui ne fréquentent pas les milieux gays et qui multiplient les rencontres hasardeuses dans les parcs ou les parkings, estime qu’au sein de cette population, la prévalence du VIH est passée de 3 à plus de 5 % en cinq ans. Une confirmation de la diminution de l’utilisation du préservatif et de la nécessité de développer d’autres stratégies, permettant peut-être, à ceux qui le souhaitent, d’assurer leur protection de façon moins visible.

Aurélie Haroche

Source: jim.fr.

b169 Fertilité féminine et cancer.

La préservation de la fertilité féminine prend une place prépondérante dans les préoccupations des oncologues et des spécialistes de la fertilité.
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La préservation de la fertilité féminine prend une place prépondérante dans les préoccupations des oncologues et des spécialistes de la fertilité. Depuis les années 1980, le risque d’insuffisance ovarienne profonde après une chimiothérapie est étudié, mais nous ne disposions alors que de peu de moyens technologiques pour le prévenir.

Aujourd’hui, nous assistons à la naissance d’une toute nouvelle discipline. Elle justifie tout l’intérêt qu’on lui porte en raison de 2 avancées médicales fondamentales : d’une part, les progrès dans le traitement des cancers de la femme jeune, qui aboutissent à une augmentation de l’espérance de vie ; d’autre part, les nouvelles techniques de vitrification ovocytaire et embryonnaire, grâce auxquelles le potentiel reproductif des cellules est presque équivalent après décongélation. Ainsi, l’oncofertilité doit sa réussite à l’intervention multidisciplinaire et coordonnée des cancérologues ainsi que des médecins et biologistes de la reproduction.

Ce dossier de La Lettre du Cancérologue a pour objectif de faire le point sur les techniques à notre disposition et sur les voies de recherche à explorer dans les prochaines années.

Le premier article met en valeur la coopération essentielle entre les 2 disciplines − oncologie et fertilité −, qui permet le succès de la prise en charge des patientes. Après une revue rapide des différentes techniques à notre disposition, avec un chapitre particulier portant sur les cancers pelviens, nous évoquons la difficulté de prévoir et d’évaluer la fonction ovarienne après une chimiothérapie. Nous nous penchons également sur les enjeux de la grossesse après un cancer : quand et comment peut-on l’envisager ? Enfin, un cas clinique nous permet d’évoquer la prise en charge des très jeunes patientes.

Les enjeux des prochaines années seront de permettre l’accès de toutes les patientes à une information concernant les risques d’infertilité liés aux traitements des cancers et de développer des plateformes clinicobiologiques performantes et expérimentées tout en poursuivant une recherche à grande échelle dans cette discipline.

E. Adda-Herzog1, A. Benachi1, N. Achour- Frydman2, R. Fanchin1

  1. Service de gynécologie-obstétrique et médecine de la reproduction, hôpital Antoine-Béclère, Clamart
  2. Service de biologie de la reproduction, hôpital Antoine-Béclère, Clamart


Source: La Lettre du Cancérologue.

b168 Testostérone et RCV.

Une Coordination  vient d’entériner la position du Pharmacovigilance Risk Assessment Committee (PRAC) sur la testostérone.
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Coordination Group for Mutual Recognition and Decentralised Procedures – Human (CMDh) de l’ European Medical Agency (EMA)

L’augmentation du risque cardiovasculaire suspectée chez les hommes supplémentés en testostérone n’est pas confirmée, et le traitement pourra continuer d’être utilisé dans les indications autorisées.

Conformément à la demande du PRAC, les mentions légales devraient toutefois être renforcées, et la testostérone, maintenue sous surveillance.

Suspicion de risque cardiovasculaire

Le dossier de la testostérone avait été rouvert par l’EMA en mars dernier, à la demande de l’Estonie, sur la base d’une suspicion d’effets secondaires cardiovasculaires, et notamment d’infarctus du myocarde. La FDA avait d’ailleurs initié la même démarche peu avant.

De part et d’autre de l’Atlantique, l’inquiétude des agences était motivée par la publication de 3 études qui toutes, montraient un risque CV de la testostérone [3-5]. Selon l’une de ces trois études, menée chez des anciens combattants américains, le risque de décès, infarctus du myocarde et AVC ischémique pourrait être augmenté de 30%.

Après analyse, le PRAC a toutefois conclut à l’existence de bais dans ces études, alors que d’autres travaux, ne présentant pas ces limitations, ne suggèrent pas, eux, de sur-risque [6,7].

Le PRAC note au passage que le déficit en testostérone lui-même pourrait accroitre le risque CV.

Dans ces conditions, les experts de l’EMA concluent que les données disponibles ne comportent pas de « de preuves substantielles montrant que l’utilisation de testostérone chez les hommes atteints d’hypogonadisme accroit le risque de problèmes cardiaques », et que « les bénéfices de la testostérone continuent de surpasser les risques ».

Pas de problème avéré, mais…

Pour autant, le PRAC recommande de n’utiliser une supplémentation que si « un déficit en testostérone a été confirmé par les symptômes et les tests de laboratoire ».

Cette réserve devrait être insérée dans les mentions légales, estiment les experts, ainsi qu’un avertissement déconseillant la supplémentation en testostérone chez les hommes souffrant de problèmes cardiaque, hépatiques ou rénaux.

Par ailleurs, « le caractère limité des données sur la sécurité et l’efficacité chez les patients de plus de 65 ans, le fait que le taux de testostérone diminue avec l’âge, et qu’il n’existe pas de valeurs de référence en fonction de l’âge, devraient être soulignés dans les informations produit ».

Le communiqué de l’EMA rappelle à ce propos que la testostérone est autorisée dans l’UE chez les hommes atteints d’hypogonadisme, mais non chez les hommes âgés en bonne santé.

Enfin, ces conclusions sont basées sur les données actuelles, et la surveillance de la testostérone doit être maintenue. « En particulier, un certain nombre d’études sont en cours, et leurs résultats devront être pris en considération dans les évaluations futures du rapport bénéfice/risque ».

REFERENCES:

  1. No consistent evidence of an increased risk of heart problems with testosterone medicines . Communiqué de presse de l’EMA du 21 novembre 2014.
  2. PRAC review does not confirm increase in heart problems with testosterone medicines . Communiqué de presse de l’EMA du 10 octobre 2014.
  3. Xu L, Freeman G, Cowling BJ, Schooling CM. Testosterone therapy and cardiovascular events among men: a systematic review and meta-analysis of placebo-controlled randomized trials. BMC Med. 2013;11:108.
  4. Vigen et coll. Association of testosterone therapy with mortality, myocardial infarction, and stroke in men with low testosterone levels. JAMA. 2013 Nov 6;310 (17):1829-1836.
  5. Finkle et coll. Increased risk of non-fatal myocardial infarction following testosterone therapy prescription in men.” PLoS One. 2014 Jan 29;9(1):e85805.
  6. Baillargeon J, Urban RJ, Kuo Y-F, et coll. Risk of myocardial infarction in older men receiving testosterone therapy. Ann Pharmacother 2014; 48(9):1138-1144.
  7. Corona G, Maseroli E, Rastrelli G, et coll. Cardiovascular risk associated with testosterone boosting medications: a systematic review and metaanalysis. Exp Opin Drug Safety 2014 (mis en ligne le 19 août 2014) ; doi:10.1517/14740338.2014.950653.
Source: medscape.fr.

b167 L'attraction des talons.

Des tests réalisés dans différentes situations montrent que les hommes socialisent plus rapidement avec les femmes lorsqu'elles sont juchées sur des talons..
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Dans l'arsenal des armes de séduction féminine, les hauts talons figurent en bonne place. Curieusement, l'impact sur le comportement masculin de ce signal sexuel n'avait pas encore été étudié par les scientifiques. Un chercheur français vient de corriger cette lacune.

Nicolas Guéguen, professeur en sciences du comportement à l'Université de Bretagne-Sud à Vannes, est l'auteur de nombreux travaux et de plusieurs livres sur la science de la séduction. Dans les Archives of Sexual Behavior, il dévoile une série d'expériences montrant les différences de comportement chez les hommes en fonction de la hauteur des talons d'une femme. «Une femme est jugée plus belle et plus attirante avec des talons. Or des milliers d'études montrent que c'est un facteur suffisant pour accroître l'aide des hommes envers elle», explique-t-il au Figaro.

Un effet croissant

Devinez, par exemple, quel est le pourcentage de réussite d'une jeune femme de 19 ans portant des talons plats lorsqu'elle demande à un homme seul (âgé de 25 à 50 ans environ), croisé dans la rue, s'il est d'accord pour répondre à quelques questions sur l'égalité hommes-femmes? Presque 50 % (14 accords sur 30 contacts). Faites-lui maintenant porter des talons (noirs) de 5 cm de haut: le taux de participation à l'étude grimpent à 63 % (19 sur 30). Poussez jusqu'à 9 cm, et vous obtenez l'accord de 25 hommes sur 30 (83 %).

Les femmes insensibles à «l'effet hauts talons»

Plus étonnant encore, le Pr Guéguen a demandé à quatre femmes de morphologie identique (environ 1,67 m pour 55 kg) et vêtues de la même façon de mener la même expérience en interpellant cette fois 45 hommes et 45 femmes. Pas de surprise pour les hommes, de nouveau plus disposés à collaborer avec les plus hauts talons (81 %) qu'avec les chaussures plates (41 %). En revanche, «l'effet hauts talons» ne s'observe pas auprès des passantes. Leur collaboration reste autour de 30 %, quelle que soit la hauteur des talons portés par l'enquêtrice.

Lors d'une troisième expérience, une jeune femme faisait tomber un gant de son sac à main au moment où elle croisait un passant. Résultat: 93 % des hommes réagissaient dans les 10 secondes pour signaler la perte à une femme à hauts talons, contre 61 % avec des talons plats. Chez les femmes croisées, là aussi, pas d'influence des talons, l'aide dans les dix secondes avoisinant les 50 %. La démarche des femmes en fonction de la hauteur de leurs talons a déjà été étudiée grâce à des capteurs lumineux réparties sur leur corps. «Des hommes âgés en moyenne de 24 à 28 ans devaient regarder ces séquences de points lumineux et évaluer les degrés de féminité et d'attrait de l'allure, explique le Pr Guéguen. Ils devaient également estimer l'âge de la personne. Les résultats montreront que les talons ont conduit à juger la déambulation de points lumineux comme plus féminine, plus attrayante et plus jeune».

Hauts talons, vêtement rouge et tatouage…

Car c'est bien de séduction qu'il s'agit. «Une recherche récente (non encore publiée) a montré que la photo de profil allant des épaules aux genoux d'une même femme prise alors qu'elle avait ou pas des talons hauts suffit pour que des hommes la trouve plus jolie, plus attrayante, plus sexy, ayant une plus jolie poitrine et augmente le désir des hommes pour un rendez-vous avec elle», explique le chercheur français. Mais il souligne aussi que l'utilisation de son capital érotique peut être à double tranchant pour une femme, en raison du «risque de harcèlement de certains hommes qui se méprennent sur ses intentions». Sans en avoir conscience une femme qui porte un vêtement rouge ou un tatouage est par exemple jugée plus disponible sexuellement! Des pierres de plus dans le champ des signaux sexuels mal interprétés par certains hommes à qui la notion de consentement échappe.

Même assise, une femme à hauts talons attire d'avantage

Dans une dernière expérience, Nicolas Guéguen et son équipe notaient méticuleusement le temps qu'il fallait à des hommes présents dans un bar de Vannes (trois bars en l'occurrence) pour s'adresser à une femme qui venait d'entrer, un vendredi ou un samedi soir, entre 20h30 et minuit. Les 36 femmes de l'étude avaient entre 20 et 28 ans, étaient vêtues de la même façon à l'exception de leurs chaussures. Elles avaient pour seule instruction de croiser leurs jambes de façon à ce que celles-ci soient visibles. Un bon moyen de faciliter le contact, semble-t-il, puisque qu'en portant des hauts talons, les femmes étaient abordées en moyenne moins de 8 minutes après leur entrée, alors qu'elles devaient attendre près du double (14 minutes) sans talons. Et 12 minutes avec des talons de 5 cm. Le diable est décidément dans le détail.

Source: sante.lefigaro.fr.

b166 Référent pour violences sexuelles.

Le gouvernement a annoncé la mise en place d'un référent en matière de violences sexuelles dans chaque service d'urgence.
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Le but : faciliter l'écoute et les soins pour les 200.000 femmes, qui chaque année, subissent des violences sexuelles. Marisol Tourraine, ministre de la Santé, a déclaré le 25 novembre vouloir équiper d'un référent en matière de violences sexuelles tous les services hospitaliers d'urgence. Avec ce nouveau dispositif, les femmes pourront directement s'adresser à un spécialiste, chargé par ailleurs de sensibiliser les autres professionnels de santé à ce type d'agressions. Un protocole expérimental sera prochainement appliqué dans deux régions (Alsace et Aquitaine), afin d'assurer un parcours continu pour les victimes entre les différents acteurs de leurs prise en charge : médecin, police, justice, associations,...

Une simplification pour encourager le dépôt de plainte

"L'objectif est que la situation d'une femme puisse ne pas différer en fonction du lieu où elle va se rendre en premier après une violence, à savoir le commissariat ou l'hôpital", a expliqué Marisol Touraine, ministre des Affaires sociales, de la Santé et des Droits des femmes. Alors que certaines femmes se tournent plus volontiers vers un professionnel de santé que vers un policier, la procédure hospitalière sera simplifiée. Les examens réalisés sur la victime à son arrivée à l'hôpital pourront servir en cas de procédure pénale, "de façon à ce que les preuves de l'acte violent ne soient pas perdues", a indiqué Marisol Touraine.

Une mesure qui devrait faciliter le dépôt de plainte. "La plainte doit devenir un principe, et la main courante l'exception" indique la ministre. En France, seulement 10% des femmes portent plainte après une agression sexuelle.

Tous les numéros utiles en cas de violences : ici

Source: allodocteurs.fr.

b165 Serment d'abstinence.

La virginité avant le mariage est une valeur encore défendue par des courants de l’islam, du judaïsme et de la chrétienté.
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Samantha Pugsley, appartenait à l’église protestante baptiste. À l’âge de dix ans, elle avait prêté le serment de ne pas avoir de rapport sexuel avant le mariage. Maintenant adulte, elle analyse ce "choix". Son témoignage a été initialement publié sur le site XoJane.

"Persuadée que le véritable amour sait attendre, je fais le serment devant Dieu, moi-même, ma famille, mes amis, mon futur compagnon et mes futurs enfants de demeurer sexuellement abstinente à partir de ce jour, jusqu’au jour où j’entrerai dans une relation matrimoniale au sens biblique. Et de m’abstenir de toute pensée sexuelle, caresses sexuelles, pornographie, et autres actions qui pourraient mener à un éveil sexuel."

À 10 ans, j’ai prêté le serment dans mon église avec un groupe d’autres filles de rester vierge jusqu’à mon mariage. Oui, vous avez bien lu : à l’âge de 10 ans.

Regardons un instant qui j’étais à 10 ans : j’étais en CM1. Je jouais avec des Barbies et je jouais à la dînette avec des amis imaginaires. Je m’imaginais en sirène à chaque fois que je prenais un bain. Je pensais encore que les garçons étaient dégueus et je ne savais absolument pas que j’aimais aussi les filles. J’avais encore quatre ans à attendre avant d’avoir mes règles. Et surtout, je n’avais aucune idée de ce que pouvait être le sexe.

L’église m’a enseignée que le sexe était pour les personnes mariées. Les relations extra-conjugales étaient immorales et sales et j’irais en Enfer si j’en avais. J’ai appris que, en tant que fille, j’avais la responsabilité envers mon futur mari de rester pure. Il était tout à fait possible que lui ne le soit pas, parce qu’il n’avait pas la même responsabilité, selon la Bible. Et bien sûr, parce que j’étais chrétienne, je lui pardonnerais ses transgressions passées et me donnerais tout entière à lui, corps et âme.

Une fois mariée, ce serait mon devoir de satisfaire les besoins sexuels de mon mari. Il m’a été répété, tant de fois que je ne saurais dire combien, que si je restais pure, mon mariage serait béni de Dieu. Sinon, mon mariage s’effondrerait et finirait en divorce tragique.

J’ai porté ma virginité comme une médaille

J’y croyais. Pourquoi n’y aurais-je pas cru ? J’étais jeune et j’avais confiance en ces gens. Tout le monde savait que j’avais fait vœu de chasteté avant le mariage bien sûr. Le commérage est la sève de l’église baptiste [branche du protestantisme, ndlr]. Avoir pris une telle décision spirituelle rendait mes parents tellement fiers de moi. La communauté des fidèles m’applaudissait pour ma vertu.

Durant plus d’une décennie, j’ai porté ma virginité comme une médaille. Mon église m’encourageait à me comporter ainsi en disant que mon témoignage inspirerait d’autres jeunes filles à faire de même. Si le sujet était abordé dans une conversation, j’étais heureuse de faire savoir aux gens que j’avais prêté ce serment.

Il devint toute mon identité avant que je n’atteigne mes 13 ans. Lorsque j’ai rencontré mon copain d’alors – à présent mon mari –, je lui ai dit immédiatement que je me préservais pour le mariage et il n’y voyait pas de problème parce que c’était mon corps, mon choix, et qu’il m’aimait.

Où était la limite à ne pas franchir ?

Nous sommes restés ensemble durant six ans avant de nous marier. Chaque fois que nous faisions quelque chose de plus ou moins sexuel, la culpabilité me submergeait. Je me demandais où était la limite car j’avais très peur de la franchir. Était-il autorisé à me toucher les seins ? Pouvions-nous nous voir nu ? Je ne savais pas ce qui était considéré comme suffisamment sexuel pour condamner mon futur mariage et m’envoyer tout droit en Enfer.

Un mélange malsain de fierté, peur et culpabilité m’a aidée à respecter mon serment jusqu’à notre mariage. Dans les semaines qui précédèrent la cérémonie, j’ai souvent été félicitée d’avoir conservé ma virginité aussi longtemps. Les commentaires allaient du plus curieux ("Mais comment est-ce que tu as pu bien faire ?"), au plus dégoûtant ("Je parie que tu vas avoir une nuit de noces très chargée !"). Je les laissais me mettre sur un piédestal comme leur mascotte virginale de fille chrétienne parfaite.

J’ai perdu ma virginité lors de ma nuit de noces, avec mon mari, juste comme je l’avais promis quand j’avais dix ans. Je suis restée dans la salle de bain de la chambre d’hôtel un peu avant, vêtue de ma lingerie blanche, en pensant : "J’y suis arrivée. Je suis une bonne chrétienne". Il n’y eu pas de chœur d’anges, ni de lumière céleste. C’était juste moi et mon mari dans une chambre sombre, maladroits avec un préservatif et une bouteille de lubrifiant pour la première fois.

Le sexe me donnait l’impression d’être sale et immorale

Le sexe fait mal. Je savais que ça serait le cas. Tout le monde m’a dit que la première fois était assez douloureuse. Ce qu’ils ne m’ont pas dit, c’est que je serai de retour dans la salle de bain après, en train de pleurer silencieusement pour des raisons que je n’arrivais pas à comprendre. Ils ne m’ont pas dit que je serai, durant ma lune de miel, encore en train de pleurer, car le sexe me donnait l’impression d’être sale et immorale même si j’étais mariée et que ça n’était plus censé poser de problème.

Quand je suis rentrée chez moi, je ne pouvais regarder personne dans les yeux. Tout le monde savait que j’avais perdu ma virginité. Mes parents, mon église, mes amis, mes collègues. Ils savaient tous que j’étais souillée. Je n’avais plus rien de spécial. Ma virginité était devenue une part de ma personnalité si essentielle que je ne savais plus qui j’étais sans elle.

Ça ne s’est pas arrangé. J’évitais de me déshabiller en face de mon mari. J’essayais de ne pas l’embrasser trop souvent ou avec trop de tendresse pour ne pas l’inviter à plus. Je redoutais l’heure d’aller au lit. Peut-être qu’il aurait eu envie de sexe.

Quand c’était le cas, je m’exécutais. Je ne souhaitais rien de plus que de le rendre heureux parce que je l’aimais tellement et parce qu’il m’avait été enseigné qu’il était de mon devoir de satisfaire ses besoins. Mais je détestais le sexe. Parfois, je m’endormais en pleurant parce que voulais aimer ça, parce que c’était injuste. J’avais tout fait comme il fallait. J’avais prêté serment et ne l’avais pas trahi. Où était le mariage béni qui m’avait été promis ?

J’ai laissé la situation continuer comme ça pendant au moins deux ans avant de m’effondrer. Je ne pouvais simplement plus faire comme si de rien n’était. J’ai tout dit à mon mari. Mon mari féministe qui était horrifié que j’ai pu le laisser me toucher quand je ne le voulais pas. Il m’a fait promettre de ne plus jamais faire ce dont je n’avais pas envie. Nous avons cessé toute relation sexuelle. Il m’a encouragée à voir un psychologue et j’ai suivi son conseil. Ce fut le premier pas d’un long voyage vers la guérison.

J’ai choisi le sexe

Les filles de dix ans veulent croire aux contes de fées. Prêtez serment et Dieu vous aimera beaucoup et sera très fier de vous, m’ont-ils dit. Si vous attendez jusqu’au mariage pour avoir des relations sexuelles, Dieu vous apportera un merveilleux époux chrétien, vous vous marierez et vivrez heureux jusqu’à la fin des temps. Attendre ne m’a pas rendue heureuse jusqu’à la fin des temps. À la place, cela a contrôlé mon identité durant plus d’une décennie, m’a envoyée en psychothérapie, et m’a laissé un étranger dans mon propre corps. J’étais tellement honteuse de mon corps et de ma sexualité que cela a donné aux relations sexuelles de l’amertume.

Je ne vais plus à l’église, et je ne suis plus croyante. Quand j’ai commencé à guérir, je me suis aperçue que je ne savais pas comment être croyante et avoir des relations sexuelles en même temps. J’ai choisi le sexe. Chaque jour est une bataille pour me souvenir que mon corps n’appartient qu’à moi et pas à l’église de mon enfance. Je dois me rappeler en permanence qu’un serment que j’ai pris quand j’avais dix ans ne doit pas me définir aujourd’hui. Lorsque j’ai des rapports sexuels avec mon mari, je m’assure que c’est en raison de mes besoins sexuels et non parce que je me sens obligée d’assouvir ses désirs.

Je suis maintenant entièrement convaincue que le concept de virginité dans sa totalité est utilisé pour contrôler la sexualité féminine. Si je pouvais revenir en arrière, je n’attendrais pas. J’aurais des relations sexuelles avec mon copain d’alors – à présent mon mari – et je n’irais pas en Enfer pour cela. Nous nous serions mariés à un âge plus raisonnable et j’aurais gardé ma sexualité pour moi-même.

Malheureusement, je ne peux pas revenir en arrière mais je peux vous transmettre ce message comme le résultat de mon expérience : si vous voulez attendre le mariage avant d’avoir des rapports sexuels, soyez bien sûr que c’est parce que vous le voulez. C’est votre corps ; il vous appartient, pas à votre église. Votre sexualité n’est l’affaire de personne, sauf de vous.

Traduit de l’anglais par Rémy Demichelis

Source: leplus.nouvelobs.com.

b164 Maltraitance faite aux enfants.

La Haute Autorité de Santé (HAS) publie des recommandations sur le repérage et le signalement de la maltraitance des enfants.
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En effet actuellement, on estime que 10% d’enfants seraient victimes de maltraitance dans les pays à haut revenus. Mais ce phénomène serait largement sous-estimé par la population et serait également sous déclarée par les médecins en France, avec à peine 5 % des signalements provenant du secteur médical.

Pourtant les professionnels de santé sont en première ligne pour détecter des cas de maltraitance car ils voient régulièrement des enfants. Les signes évocateurs sont multiples : au-delà de brûlures, des fractures ou d’ecchymoses caractéristiques, il peut s’agir d’une modification du comportement de l’enfant ou de certaines attitudes des parents, qui vont parler à la place de l’enfant ou au contraire l’ignorer.

Pour tenter d’améliorer cette situation, la HAS publie une fiche mémo transversale et didactique qui doit devenir l’outil de référence pour les professionnels de santé. Sa diffusion est accompagnée d’un outil interactif qui regroupe l’ensemble des informations utiles aux professionnels (liens vers le modèle de lettre de signalement, contact des tribunaux de grande instance et des CRIP etc.)

"Qu’il suspecte un risque de maltraitance ou qu’il soit face à un enfant en danger immédiat, le professionnel de santé doit réagir, sans être certain de la maltraitance et sans chercher à en apporter la preuve, détaille la HAS. Comme n’importe quel citoyen, il a l’obligation de porter assistance à une personne en danger. Cet impératif de protection est rendu possible par la levée du secret médical qui le met à l'abri de toute poursuite pénale pour violation du secret médical".

Les modalités de réaction dépendent du risque pour l’enfant (alerte auprès du procureur de la République, information préoccupante, …). Elles sont expliquées dans les nouveaux outils proposés par la HAS.

Source: egora.fr.     has-sante.fr

b163 Les auto-tests VIH.

Des ADVIH (autotests de dépistage du VIH) seront disponibles en France cet hiver.
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Déjà utilisés aux USA, ou dans certains pays notamment africains, autorisés depuis peu en Australie, ils permettent la détection des Ac anti-VIH 1 et 2 par la personne elle-même à partir de sang ou de liquide créviculaire (fluide gingival), avec résultat en moins de 30 minutes (à confirmer si positif).

7 000 à 8 000 nouvelles contaminations par an en France, 30 000 personnes qui ignorent leur séropositivité (soit 20 % du total des personnes VIH+), un traitement d’autant plus efficace que le diagnostic est précoce ; tout ceci avait amené en 2009 la HAS à préconiser le dépistage en population générale (de 15 à 70 ans voire plus). Parmi les moyens de ce dépistage, les TROD (tests rapides d’orientation diagnostique, dont la positivité reste à confirmer biologiquement) sont déjà disponibles au plus près des personnes à risque (médecins ou associations comme AIDES).

Encore beaucoup de questions

Dans un contexte général de « normalisation » de la pathologie VIH, dont la prise en charge et le dépistage rejoignent celle de toute maladie infectieuse, la possibilité pour chaque personne de faire un test apparait comme un outil supplémentaire de lutte contre le retard au diagnostic.

L’arrivée de ce test, dont aucune donnée actuelle n’indique l’utilité clinique et l’impact « en vie réelle », soulève de nombreuses questions notamment éthiques et d’organisation : prix (pas pour toutes les bourses), prise en charge des personnes en cas de résultat positifs, élimination des déchets à domicile etc. Mais l’espoir d’améliorer le pronostic grâce au diagnostic précoce et d’un fort impact en santé publique par réduction de la transmission fait pencher la balance faveur de son utilisation, même si toutes les parties prenantes notent que cet outil doit faire ses preuves et être considéré comme un complément aux moyens existants (médecine libérale, CDAG-CIDDIST, TROD) afin d’atteindre les populations à risque isolées de ces modalités de dépistage.

Pas d’achat en ligne

Devant l’imminence de cette arrivée, la DGS a demandé l’élaboration rapide d’un document pour les professionnels de santé (médecins, pharmaciens, sages-femmes, infirmières) mais aussi les travailleurs sociaux et les associations susceptibles d’être impliqués dans les questions de prévention en rapport avec le VIH. Un premier document synthétique « Questions & Réponses » doit arriver début 2015, complété ensuite d’un argumentaire disponible sur internet. L’INPES va mentionner l’ADVIH sur sa brochure grand public « L’essentiel sur le VIH » et devra élaborer un document spécifique aux autotests en 2015. Quant à l’indispensable service d’écoute et d’accompagnement 7j/7 24h/24, il pourra être confié à Sida Info Service.

Des documents sont également prévus pour les pharmacies, ainsi qu’une formation, car l’ANSM déconseille les achats internet (produits non validés) : la vente d’ADVIH conformes à la réglementation CE sera un monopole pharmaceutique : une bonne nouvelle pour les pharmaciens dans le contexte actuel.

Dr Blandine Esquerre

Source: jim.fr.

b162 Aimer jusqu'à la cécité.

Voilà un jeune homme qui va se souvenir longtemps de ce qui lui est arrivé après avoir vécu une étreinte des plus torrides.
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Et pour cause : il constate le lendemain, en faisant quelques pas au saut du lit, qu’il ne voit rien avec son œil gauche au centre du champ visuel. Le cauchemar total après l’orgasme absolu !

Lorsqu’il se présente au service d’ophtalmologie de l’hôpital universitaire de Southampton (Grande-Bretagne), cet homme de 29 ans présente effectivement à l’œil gauche une lacune du champ visuel située dans une région proche du centre, ce que les spécialistes appellent un « scotome paracentral ». Le fond d’œil révèle une hémorragie en avant de la rétine. Le bilan sanguin est normal, notamment la glycémie (ce qui exclut une rétinopathie diabétique) et les paramètres de la coagulation. L'angiographie rétinienne ne montre pas la présence d'anomalies des vaisseaux du fond d'oeil.

La question est donc de savoir comment un vaisseau rétinien a-t-il bien pu éclater spontanément au point de provoquer une telle hémorragie ? A-t-il pu se rompre lors d’un effort ? Le patient indique pourtant ne pas avoir vomi, toussé, éternué et ne pas être constipé.

Tout porte à croire que cet homme présente une « rétinopathie de Valsalva » qui se caractérise par la présence d’une ou plusieurs hémorragies d’apparition brutale siégeant à proximité immédiate de la rétine. Cette pathologie entraîne le plus souvent une baisse d’acuité visuelle d’autant plus handicapante qu’elle touche préférentiellement des sujets jeunes. Elle correspond à une rupture de vaisseaux rétiniens au cours d’un effort physique effectué à glotte fermée. Il se produit alors une augmentation de la pression intrathoracique qui a pour conséquence de diminuer le retour du sang veineux vers le cœur. Il en résulte une augmentation généralisée de la pression veineuse, notamment dans les petits vaisseaux de l’œil lorsque la glotte, orifice situé en arrière de la gorge au niveau des cordes vocales, est maintenue volontairement fermée. Comme par exemple lorsque l’homme veut retarder son éjaculation en plein ébat sexuel. Nous y voilà ! Pourtant, le médecin qui examine le patient n’ose pas poser de questions sur un sujet aussi intime et lui propose de le revoir trois jours plus tard.

Lors de sa seconde visite à l’hôpital, le jeune homme est reçu par un autre ophtalmologiste. Celui-ci ne s’embarrasse pas de pareils tabous et demande ce qu’il faisait sur le plan sexuel dans les heures qui ont précédé l’apparition des symptômes oculaires au matin. C’est alors que le patient déclare avoir eu un rapport sexuel « vigoureux » la veille au soir. Le diagnostic, qui était jusqu’à lors incertain, est désormais établi : ce patient présente une rétinopathie de Valsalva post-coïtale.

Tout s’éclaire, si j’ose dire. Mais pas de quoi s’affoler dans la mesure où le pronostic fonctionnel spontané, en l’absence de traitement spécifique, est favorable dans la grande majorité des cas. De fait, l’hémorragie intraoculaire s’est résorbée spontanément et la défaillance visuelle a complètement régressé, précisent les Drs Philip Alexander, Naing Latt Tint et Luke Michaels dans la revue en ligne BMJ Case Reports.

La rétinopathie de Valsalva a été décrite pour la première fois en 1972 par Thomas Duane, un ophtalmologiste de Philadelphie (Etats-Unis). En 1995, un spécialiste américain rapporte une série de six cas. Il remarque alors qu’aucun des patients n’a spontanément mentionné les circonstances dans lesquelles le trouble visuel est survenu, avant qu’un médecin ne daigne leur poser des questions directes, sans aucun tabou.

Quel est le mécanisme à l’origine de la rupture de capillaires rétiniens lors de l’activité sexuelle ? Les ophtalmologistes britanniques émettent l’hypothèse qu’en phase pré-éjaculatoire (du fait de l’activation du système nerveux parasympathique), les vaisseaux rétiniens se dilatent du fait d’un accroissement du flux sanguin. Au moment de l’orgasme, il se produit (cette fois sous l’action du système nerveux sympathique) une brusque élévation de la pression vasculaire rétinienne. Lorsque celle-ci intervient au moment d’une tentative d’expiration à glotte fermée, qui accentue cette pression veineuse, il peut se produire une rupture des capillaires rétiniens avec survenue d’une hémorragie.

Voilà pour ce qui est de la version médicale de cette histoire. Cela dit, on ignore toujours si la personne avec laquelle ce jeune homme a passé sa folle nuit d'amour, et qui lui a tapé dans l’œil, a encore des vues sur lui.

Marc Gozlan, journaliste à Sciences et Avenir

Source: biomedicales.blogs.sciencesetavenir.fr.

b161 Violence faite aux femmes.

Trois professionnels de santé proposent un protocole pour mieux prendre en charge les victimes.
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En France, aujourd’hui, plus de la moitié des femmes victimes de viols ou de violences ne font aucune démarche : ni rendez-vous chez le médecin ni au commissariat, rien. Et beaucoup de celles qui font soigner leurs blessures n’en indiquent pas la cause. Au final, seules 20% environ portent plainte.

Partant de ce constat, l’urgentiste Patrick Pelloux, la directrice générale adjointe de l’Agence régionale de santé d’Alsace, Marie Fontanel, et la directrice de l’Unité médico-judiciaire de Créteil, Annie Soussy, ont travaillé à la «définition d’un protocole national pour l’amélioration de la prévention et de la prise en charge des femmes victimes de violences». Il fait l’objet d’un rapport remis mercredi à la ministre des Affaires sociales, de la Santé et des Droits des femmes, Marisol Touraine. Ce document, que Libération a consulté, rappelle «les lourdes conséquences sanitaires, psychologiques, économiques et sociales» des violences aux femmes : «Evaluation des coûts économiques à 2,5 milliards d’euros, cinq fois plus de tentatives de suicides et de consommation de psychotropes, perte d’une à quatre années d’espérance de vie.»

Les pistes envisagées concernent essentiellement une meilleure formation et concertation des acteurs de la prise en charge. Que les soignants notamment, qu’il s’agisse du Samu ou du médecin généraliste, soient formés sur «les signes permettant de détecter des violences» et «les démarches à mettre en place (présentation des ressources, rôle de chacun, constats médico-légaux…)». Un «questionnement systématique sur les violences dans les premiers entretiens avec une nouvelle patiente d’un médecin traitant, gynécologue, psychologue, sage-femme» est envisagé. Le rapport préconise aussi une simplification du «parcours» avec, si possible, un «lieu unique de prise en charge» (déplacement des ressources policières dans les lieux de soins), une «facilitation des constats qui pourront servir de preuves judiciaires» (photos, prélèvements) et un meilleur suivi psychologique et psychiatrique, remboursé à 100%.

«La police et la justice craignent d’être débordés si la majorité des femmes victimes se mettent à porter plainte, observe Patrick Pelloux. C’est comme l’alcoolisme au volant dans les années 60, on disait : c’est tellement répandu que si on commence à s’y attaquer, on ne va jamais s’en sortir… Et finalement, le chemin parcouru est gigantesque.»

Ondine MILLOT

Source: liberation.fr.

b160 Les lois des fantasmes.

Une nouvelle étude parue dans le Journal of Sexual Medicine s’est intéressée à nos fantasmes sexuels, en demandant leur avis à 1 500 personnes.
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Votre plus grand fantasme est de faire l’amour avec plusieurs partenaires ? Ou alors vous rêveriez de le faire dans un endroit public ? Une étude publiée aujourd’hui dans le Journal of Sexual Medicines’est intéressée à la nature de nos fantasmes.

Les fantasmes sexuels pathologiques sont cliniquement définis : ils impliquent « des partenaires non consentants, […] une souffrance ou encore [ils sont] absolument nécessaires pour obtenir satisfaction », comme l’indiquent les chercheurs de l'étude.

Ce n’est pas le cas pour les fantasmes « anormaux » ou « atypiques ». Alors, pour en savoir un peu plus, des chercheurs de l'Institut Philippe-Pinel de Montréal ont demandé leur avis à 1 517 adultes (799 hommes et 718 femmes ; âge moyen de 30 ans) québécois. Ces derniers ont dû répondre à un questionnaire décrivant leurs propres fantasmes sexuels, en plus de décrire en détail leur fantasme favori.

Triolisme et soumission

Certains résultats sont convenus : la présence du partenaire amoureux est ainsi significativement plus grande au sein des fantasmes féminins que masculins. De façon générale, les hommes en couple fantasment beaucoup plus sur des relations extraconjugales que les femmes en couple. Cette étude confirme que les hommes ont plus de fantasmes, en particulier avoir des rapports sexuels avec deux femmes. Et ils en parlent avec une plus grande intensité que les femmes. Côté femmes, 30 à 60 % d'entre elles évoquent des thèmes associés à la soumission.

Plus étonnant, la nature des fantasmes sexuels est variée parmi la population générale. Très peu peuvent être considérés comme statistiquement rares ou inhabituels ou typiques. Une seconde étude a été lancée pour analyser avec davantage de finesse ces résultats, et comprendre un peu mieux la nature de nos fantasmes les plus intimes.

Source: pourquoidocteur.fr.


Sexual Fantasies: What's 'Pathologic’? 'Uncommon' Sexual Fantasies More Common Than Realized


Liam Davenport November 06, 2014

Very few sexual fantasies are uncommon, with both men and women expressing a wide range of fantasies, a finding that calls into question current definitions of pathologic behaviors.

Results of a large survey conducted by investigators at the Université du Québec à Trois-Rivières and the Philippe-Pinel Institute of Montreal, Canada, indicate that both men and women fantasize about domination and submission, and that both themes are commonly reported by the same individual. However, there were differences between the sexes, with women less likely to want to act on their fantasies.

"It is clear that one should be careful before labeling a sexual fantasy, as the majority of the 55 on the questionnaire were not found to be either rare or unusual," the investigators, led by Christian C. Joyal, PhD, write.

The study was published online October 30 in the Journal of Sexual Medicine.
Fantasies Differ for Men and Women

The researchers recruited participants via advertisements in public places, interviews with the authors on a local radio show and in local daily newspapers and magazines, presentations to groups of elderly people, word of mouth, a Facebook page, and university mailing lists.

Of the 1516 participants, 799 (52.7%) were women, which is close to the female-to-male ratio of Quebec's general adult population. On other measures, the sample was not representative of the general population. The majority of respondents (85.1%) described themselves as heterosexual; 3.6% described themselves as homosexual, and the remainder as bisexual.

The team administered a modified version of the Wilson Sex Fantasy Questionnaire, bringing it into line with current cultural and social trends. The resulting 55-item questionnaire asked participants to rate fantasies in terms of intensity of interest from 1 (not at all) to 7 (very strong). A final, open question allowed additional fantasies to be gathered.

Sexual fantasies were defined as rare if they were shared by fewer than 2.3% of participants or were 2 standard deviations (SD) below the mean, as unusual if shared by fewer than 15.9% of participants or were 1 SD below the mean, as common if they were shared by more than 50% of participants, and as typical if shared by more than 84.1% of participants or were 1 SD above the mean.
There were two rare fantasies: sex with a child younger than 12 years; and sex with an animal.

Unusual fantasies for women were of urinating on a partner, being urinated on, cross-dressing, being forced to have sex, abusing an intoxicated person, having sex with a prostitute, and having sex with a small-breasted woman.

For men, unusual fantasies were of urinating on a partner, being urinated on, having sex with two other men, and having sex with more than three men.

What's Pathologic?

Interestingly, only five sexual fantasies were typical: fantasies of feeling romantic emotions during a sexual relationship; fantasies in which atmosphere and location are important; fantasies involving a romantic location; of receiving oral sex; and, for men, of having sex with two women.

Of the remaining fantasies, 23 were common in men, and 11 were common in women.

Significant proportions of women (28.9% to 64.6%) reported fantasies about being sexually dominated, and similar proportions were observed in men.

The fantasy of being dominated was significantly correlated with both submission and domination fantasies. Fantasizing about being dominated was also a significant predictor of total fantasy score, accounting for 16% of the variance in both men and women.

Overall, men had higher sexual fantasy scores than women (153.7 ± 56 vs 114.9 ± 57; P < .0001), and there were significant differences between the two groups, including fantasies of experiencing romantic emotions during sex, of receiving oral sex, of having sex outside a relationship, and of having anal sex.

Approximately one third of women fantasized about homosexual activities, despite the fact that only 19% considered themselves bisexual or homosexual. For men, approximately one quarter had homosexual fantasies, although 89.5% considered themselves heterosexual.

Finally, women were less likely than men to want to live out their fantasy, with approximately half of women who had submissive fantasies saying that they would not want them to be realized.

Limitations

Although praising the study as offering a larger sample and broader questionnaire than previous investigations, Richard Krueger, MD, associate clinical professor of psychiatry, Columbia University College of Physicians and Surgeons, in New York City, observed that it has several limitations.

"This is a self-select population [and] that these are not representative of the general population," he said.

"The other thing is that these are just fantasies. It doesn't really go to whether they cause distress, dysfunction, or result in action on a nonconsenting individual. So this doesn't really describe 'disorder' or 'pathology' ― it's just a flat description of fantasies," Dr Krueger added.

An interesting aspect of the study, however, is that it reveals the commonness of many fantasies.

"Many fantasies that one might suspect would be unusual are, in fact, endorsed by a significant portion of individuals. Yet this doesn't mean that these are pathological at all, it just means that people have them," said Dr Krueger.

"The only way that it becomes pathological is if [it involves] distress, dysfunction, or action on a nonconsenting person."

This would imply that there remains a gap in the body of knowledge on sexual fantasies.

"What's needed are studies involving epidemiological assessment of fantasies in the general population," said Dr Krueger.

Lack of Clarity

Noting a shift in the landscape of sexual fantasies, he added that "there are an increasing number of sexually atypical patterns of interest, fantasy, and behavior. These are, again, not pathological but variants."

"It's clear that the Internet is allowing for the development and expression of patterns of atypical sexual behavior. People that otherwise might have fantasies about...who knows...having sex with clowns or other strange things can all of a sudden hook up and connect with groups which present this and which express it," he added.

"I think that the Internet is really having a quite profound influence upon atypical patterns of sexual interest, particularly of atypical sexual interest...but it's entirely unknown if these are pathological or not."

This lack of clarity over current sexual mores and their relationship with pathologic behaviors forms part of a wider debate on the terms used in, and the role of, the Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders (DSM-5) and the International Classification of Diseases (ICD-10).

Dr Joyal believes that in some ways, the definition of pathologic fantasies used in DSM-5 represents a backward step compared with previous versions.

"A sexual fantasy associated with distress or suffering or nonconsenting partners should definitely be considered as problematic (a disorder). However, contrarily to the ICD-10, the term paraphilia (para, outside the norms; philia, liking) is used in the DSM."

"The ICD term of sexual preference disorder is much better in my opinion because it implies that any preference could be problematic, not just the eight specified in the DSM.... Thus, if a gay man is distressed by his thoughts about an adult consenting women, he still has a problem, whatever the commonality of his fantasies. So why restrain the definition to so-called paraphilic themes?"

Divergent Opinions

Furthermore, the lack of knowledge over the commonness of sexual fantasies has hampered understanding of what constitutes pathologic behavior under the DSM-5.

"Again contrarily to the ICD-10, sexual fantasies, without any urge or behaviors, are sufficient to meet the criteria of paraphilia in the DSM, as long as they are intense and recurrent," Dr Joyal said. "But the ground on which it was decided that themes such as fetishism (high heels) and bondage (tying up a partner on the bed) were 'anomalous' (DSM-5) or 'uncommon' (DSM-IV) are never given in the text."

"According to the website of the next version of the ICD (ICD-11), the authors are seriously considering following the DSM-5 on many aspects of the new paraphilia chapter. I would suggest doing the exact opposite," he added.

However, Dr Krueger takes a different view. "I think that the ICD-10 manual, and I have been involved in drafting new definitions for ICD-11, pathologizes any sexual behavior which is preferential."

"There's been a lot of complaint and criticism of the ICD-10 because anything that's preferential is considered pathological, so to speak, whereas in the DSM, sexual fantasies have to be distressing, severely distressing, or causing impairment in function, or have to result in activity involving a nonconsenting person or entity."

"I think that a lot of people generally feel...stigmatized by these diagnostic manuals. I think that the DSM tends to be less stigmatizing, and the ICD-11 will be likewise less stigmatizing," he added.

This study was sponsored in part by a team grant to the Groupe de Recherche sur les Agresseurs Sexuels (GRAS, Jean Proulx, director) from the Fonds de Recherche Québécois sur la Société et la Culture (FRQSC). Dr Joyal and Dr Kreuger report no relevant financial relationships.

J Sex Med. Published online October 30, 2014. Abstract

b159 L'épopée du préservatif.

Vers 1900, les préservatifs de luxe portent presque tous des chapeaux : képi, casquette, canotier, béret, chapeau pointu de clown ou mortier de juge.
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C’est une des révélations de l’ouvrage «Plaisirs et Débauches» consacré aux pratiques interdites qui vient de sortir en édition limitée. Rare et bizarre.

Dans «Plaisirs et Débauches», un ouvrage richement illustré d’aquarelles inédites, documents curieux et précieux (gravures, photos, dessins), Nicole Canet – éditrice et antiquaire spécialisée en curiosa – dresse le portrait d’une époque oubliée de la débauche française : entre les années 1780 et 1940, Paris devient le lieu de rendez-vous d’une faune mêlant princes étrangers chargés de valises de cocaïne et majordomes spécialisés dans le recrutement de mignons… Les infections vénériennes circulent autant que les billets doux dans ce monde de bobos (bordels-boudoirs).

On appelle les MST des «coups de pied de Venus». Ces maladies sont dites «honteuses», c’est à dire qu’elles restent cachées… autant que les outils censés les combattre. Nicole Canet raconte : «Les témoignages, en dehors des études traitant de santé publique, sont très rares à quelques exceptions près, ce qui les rend d’autant plus précieux (1). Celui que l’on trouve dans une des “Lettres d’un inverti allemand“ datée d’avril 1905 est d’une candeur désarmante: “Cette blennorragie m’a été transmise par un soldat, un dragon qui m’a sodomisé dans les toilettes de la gare de Chambéry. C’était pourtant un homme gentil et poli qui avait insisté plusieurs fois pour obtenir de moi cette faveur“».

Cela fait déjà un siècle environ que le préservatif existe. Dans «La Philosophie dans le boudoir», le Marquis de Sade raconte que certaines femmes bien avisées «obligent leurs fouteurs de se servir d’un petit sac de peau de vessie, vulgairement nommé condom, dans lequel la semence coule sans risque d’atteindre son but.»

«Durant la seconde moitié du XVIIIe siècle et durant le XIXe siècle, Londres fut le grand centre où s’approvisionnait l’Europe entière en préservatifs, d’où son nom populaire de redingote, puis de capote anglaise, le terme ancien de condom étant progressivement abandonné. A Paris, il restait l’apanage d’un groupe très restreint, celui de la galanterie où se rencontraient nombre de personnages de la haute société. La commercialisation était assurée par la maison Gros Millan, fondée en 1780 près du Palais Royal. On pouvait entrer par le 22 rue de Beaujolais et sortir par le 17 rue des Petits Champs. Les envois pour la province se faisaient par expédition discrète comme le précisaient les encarts publicitaires.»

Dans l'ouvrage «Plaisirs et Débauches», les publicités en question (datées de 1900), reproduites en pleine page, affirment que «Depuis mille ans, le BOYAU MILLAN préserve de l’AVARIE et de la NEISSE-ROSE, les deux plus grands fléaux de l’humanité». L’avarie ?

Les boyaux en question – appelés «baudruches» – sont des boyaux de mouton vendus environ un francs pièce, somme énorme pour l’époque. Les clients ont le choix entre les boyaux «qualité forte, extra», comme la moutarde ou «fine bordée de soie rose», voire «fine extra-extra, bordée de soie rose» comme un bas de femme…

«Pour les colonies et les pays chauds nous recommandons de préférence les boyaux», stipulent les publicités qui en garantissent «la dureté» (aie) «pour au moins une année» (ouille) «même dans les pays tropicaux» (?). Les préservatifs ne sont pas jetables. Ce sont des chaussettes à pénis, conçues pour résister longtemps. Vers 1900, une nouvelle technologie apparaît : celle du caoutchouc, qui donne naissance aux imperméables (1823), aux bottes et semelles de chaussure (1853), aux chambres à air (1887) et aux préservatifs (1870).

Des marques comme "La veuve allègre" ou "la veuve joyeuse" apparaissent et les publicités en vantent les capacités de résistance à grands renforts d'explications techniques :

«Au début du XXe siècle, les progrès réalisés dans le traitement du latex révolutionnent la fabrication des préservatifs, explique Nicole Canet. Le caoutchouc est substitué aux boyaux de mouton et aux vessies de poisson. Les plus grands producteurs sont les Etats-Unis d’Amérique, l’Angleterre et surtout l’Allemagne.» (2) Les prix baissent : entre 5 et 10 francs la douzaine (Les préservatifs sont d’abord vendus comme les œufs). Les textures se diversifient. «Des modèles de fantaisie sont proposés dont l’extrémité figure un personnage de la vie courante : chanteclerc (tête de coq), juge, professeur, clown, soldat, jockey, automobiliste, étudiant. La tête de chacun, constituant le réservoir, est ornée de sa coiffure distinctive. Patientons encore quelques années et les catalogues suivants ne manqueront pas de faire apparaître l’aviateur, le tankiste…».

«Il y a aussi des produits beaucoup plus élaborés, avec adjonctions de becs, de bagues, de picots, de plaques, d’épines, de dentures plus ou moins souples, le tout pouvant imiter le cuir du crocodile. Le sommet du plaisir proposée est alors atteint par les “doigtiers à chatouillement“ avec crêtes dentelées en spirale couvrant toute leur surface, le tout pouvant être coiffé d’un chapeau tyrolien avec plumet.»

Les préservatifs 1900 étaient des merveilles d'inventivité. En un siècle, il semble que nous n'ayons pas inventé de formes nouvelles. Il semble même que nous ayons renoncé à la fantaisie. Où sont passées les plumes sur les préservatifs en France ?

Plaisirs et Débauches au masculin - 1780-1940, aux éditions Nicole Canet. Textes d'Étienne Cance et de Nicole Canet. Edition limitée à 950 exemplaires numérotés à la main. Relié. 275 illustrations en couleur. 336 pages.

Le livre sera en vente dès le 31 octobre à la galerie Au Bonheur du jour et sur internet.

  1. «Le préservatif est presque totalement absent de la littérature, même libertine. Au XVIIIème siècle, on ne le signale que dans Les Mémoires de Casanova, dans celles de Bachaumont et dans le troisième dialogue de “La Philosophe dans le boudoir“ du Marquis de Sade. Au XIXème siècle, le préservatif ne se trouve que dans une poésie de Théophile Gautier publiée clandestinement. On le trouve aussi dans le journal des Goncourt sous la forme d’un propos prêté à Léon Daudet : “A l’ouverture de la maison de Hugo, les armoires étaient bondées de capotes anglaises d’un format gigantesque“.» (Source : Plaisirs et Débauches au masculin - 1780-1940).
  2. En Allemagne, les préservatifs sont surnommés “Pariser“. Dans les catalogues, les préservatifs en «caoutchouc dilaté» sont surnommés «Bout américain».

Source: sexes.blogs.liberation.fr.

b158 Le sexisme jusque dans les études cliniques.

Hommes et femmes ne sont pas égaux... face à la maladie. C'est prouvé, on ne réagit pas de la même façon aux maladies suivant notre sexe.
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Pourtant, aujourd'hui encore, les études prennent le sexe masculin comme un standard, niant ainsi ces différences.Une politique qui a de lourdes conséquences sur la santé des femmes. Explications de Peggy Sastre, auteure de "Le sexe des maladies ".

C'est l'histoire d'une femme qui va chez le médecin et ce n'est pas vraiment une histoire drôle. Depuis quelques semaines, elle est rapidement essoufflée, elle se sent faible, elle a des nausées et des vertiges, des efforts qui lui semblaient auparavant anodins, comme presser le pas pour attraper son bus ou grimper des escaliers, lui paraissent désormais insurmontables.

Elle parle de tous ces symptômes avec son médecin en qui elle a particulièrement confiance : c'est un ami personnel de son mari, médecin lui aussi. Et puis la consultation se termine. Après l'avoir auscultée, le praticien lui dit de ne pas s'inquiéter, que c'est sûrement l'effet du stress, du surmenage, d'ailleurs, tiens, il va appeler son mari pour qu'il l'emmène en week-end, et tout ira bien.

Tout n'est pas allé bien : la semaine suivante, cette femme d'à peine 40 ans allait faire son premier infarctus et rester handicapée à vie par une insuffisance cardiaque sévère, c'est-à-dire avec un cœur fonctionnant à moins de 30% de ses capacités normales.

Les troubles cardiovasculaires féminins trop peu connus

L'histoire de cette femme est tristement commune : les troubles cardiovasculaires sont, aujourd'hui, les maladies à la fois parmi les plus dangereuses pour les femmes, mais aussi les moins bien étudiées et les moins bien soignées. Sur cette question, l'un des tous premiers signaux d'alarme a été tiré en 1987 par une étude qui observait que les cardiologues avaient, comparé à leurs patients masculins, deux fois plus de risque d'ignorer les symptômes de leurs patientes et de les considérer comme purement psychosomatiques.

Pire encore, les femmes dont la scintigraphie montrait des signes de fonctionnement cardiaque anormal avaient dix fois moins de chances que les hommes de se voir prescrire un des test de dépistage des maladies coronariennes. En 1991, c'est au tour de la cardiologue américaine Bernadine Healy de dénoncer ce qu'elle nomme le "Syndrome de Yentl". Healy s'inspire du film de Barbra Streisand, lui-même tiré d'une nouvelle d'Isaac Bashevis Singer et qui raconte l'histoire d'une jeune femme qui se fait passer pour un homme afin d'étudier comme bon lui semble.

Pour sa part, Healy déplore le fait qu'une femme doive avoir un cœur fonctionnant comme celui d'un homme pour être convenablement soignée. Le problème, c'est que le cœur et les vaisseaux sanguins des femmes ne sont pas identiques à ceux des hommes.

Ils ne sont pas formés, ne fonctionnent pas, ni ne tombent malades de la même manière, ni pour les mêmes raisons, et ne peuvent donc pas être traités de façon standardisée, ie. selon des procédures de soins élaborées à partir d'observations et d'expérimentations exclusivement masculines. Une standardisation abusive qui fait qu'en 1993, une grande étude portant sur des données cliniques remontant au début des années 1980 observait que 70% des personnes souffrant de graves troubles cardiaques induits par des médicaments étaient des femmes.

Rien ne change, bien au contraire

À l'échelle de l'histoire de la médecine et des progrès extraordinaires qu'elle aura réalisés en quelques années, 1991 peut paraître lointain, vous pourriez vous dire que les choses ont changé depuis.

Sauf que non : en 2011, soit vingt ans après la naissance du "syndrome de Yentl", une autre cardiologue, le Dr. Bairey Merz, estime avec une sombre ironie qu'il est "en pleine forme", au vu notamment des résultats de deux grandes études montrant que les problèmes cardiaques des femmes accusent toujours un important retard dans leur considération et leur prise en charge médicales, comparés à ceux des hommes.

De fait, les maladies cardiovasculaires chez les femmes font partie des maladies qui ont vu leur taux de mortalité augmenter ces deux dernières décennies – soit l’exact inverse des tendances sanitaires générales et mondiales – et, à l'heure actuelle, les maladies cardiovasculaires tuent davantage de femmes que d'hommes.

Et pourtant, à qui s'adressent en priorité les campagnes de sensibilisation ? Aux hommes d'un certain âge, comme on dit, trop fumeurs, trop mangeurs, pas assez actifs.

De même, je suis quasi certaine que si je faisais un sondage parmi vous, mes chers lecteurs, et que je vous demandais de me décrire les symptômes d'un infarctus, vous me diriez quelque chose du genre "douleur intense et irradiante dans la poitrine et remontant dans le bras gauche", et vous auriez raison... à condition de parler d'un homme.

Car, chez une femme, les signaux d’alerte sont bien plus souvent des nausées, des douleurs dans le bas du ventre, un sentiment de fatigue diffus. Autant de symptômes qui, très souvent, sont pris pour autre chose – troubles digestifs, crises de panique – et considérés comme "atypiques" par une grande majorité de spécialistes. Sauf que ce ne sont des symptômes "atypiques" uniquement si l'on considère comme "typiques" les symptômes de l'infarctus masculin.

Les femmes, bien moins étudiées que les hommes

Et le souci est loin de concerner uniquement les maladies cardiovasculaires.
Dans quasiment tous les domaines de la médecine, le corps des femmes est moins bien compris et moins bien soigné que ceux des hommes. En effet, sauf s’ils ont affaire à un trouble touchant les fonctions reproductives, les médecins traitent le plus souvent leurs patients sans distinction de sexe ou, plus précisément, ils le font comme si ces patients appartenaient tous à un seul et même sexe : le masculin.

Pourquoi ? Parce que la grande majorité des informations dont ils disposent proviennent de recherches menées quasi exclusivement sur des spécimens masculins. Ainsi, seuls 20 % des expérimentations animales se font aujourd’hui sur des cobayes femelles. Une étude parue en 2011 montrait que, sur près de 2.000 études animales publiées en 2009, on notait un biais en faveur des spécimens masculins dans 8 disciplines sur 10.

Par exemple, en neurosciences, on se sert de 5,5 fois plus de mâles que de femelles, 5 fois plus en pharmacologie et 3,7 fois plus en physiologie. Idem dans les essais cliniques : selon une étude de 2006, les femmes représentent moins du quart des patients enrôlés dans 46 essais cliniques analysés.

Le Sida féminin est (aussi) moins bien dépisté

Ce qui se passe avec le VIH et le SIDA est particulièrement emblématique : aujourd'hui, la moitié des personnes infectées sont des femmes, et même plus de la moitié dans certaines régions du monde, mais les études, les traitements et les protocoles de soin sont encore trop largement fondés sur des cohortes exclusivement masculines.

Par conséquent, si le taux de mortalité diminue chaque année chez les hommes, il augmente chez les femmes, notamment parce que les femmes sont dépistées plus tard. Ensuite, l'une des différence les plus marquantes, c'est qu'une femme est infectée par le VIH avec une charge virale 50% inférieure à celle des hommes : si les hommes et les femmes étaient infectés par la même quantité de virus, les femmes seraient 1,6 fois plus séropositives que les hommes !

Pourtant, les recommandations médicales conseillant une prise en charge médicamenteuse du VIH à partir de 10.000 copies/ml de sang proviennent d'études menées exclusivement sur des hommes... En outre, les femmes ont plus de risques de contracter le virus : au cours d'un coït vaginal hétérosexuel, la femme a entre deux et quatre fois plus de risque de contracter le virus que son partenaire masculin.

Enfin, l'hétérogénéité et la diversité virale des femmes est supérieure à celle des hommes : les hommes atteints par le VIH ont souvent un seul type de virus, tandis que les femmes en ont plusieurs, une diversité qui n'est ni liée au nombre de partenaires, ni au nombre de mutations.

La médecine différenciée née il y a plus de 20 ans

Avec l’évolution des mœurs et l’émancipation féminine, on a vu se multiplier les femmes médecins, mais aussi se libérer la parole de patientes, ce qui fait que de tels problèmes passent de moins en moins inaperçus. Et c'est aussi seulement depuis le début des années 1990 que des recherches ont commencé à faire état de différences physiologiques conséquentes entre hommes et femmes. Selon ces données, favorisées par le développement de biotechnologies de plus en plus fines, non seulement les hommes et les femmes différent dans leur fonctionnement normal, mais aussi et surtout dans leurs manières de tomber malades.

Ces connaissances sur les différences hommes/femmes et tous ces biais de la recherche en faveur d’un "standard" masculin ont donné naissance à un nouveau paradigme scientifique : la médecine différenciée selon le sexe.

Né voici un peu moins de vingt ans, ce paradigme part du principe qu’hommes et femmes ne tombent pas malades et ne peuvent être soignés de la même façon, non seulement parce que les corps féminins et masculins sont différents, dans leur fonctionnement normal comme pathologique, mais aussi parce que certains préjugés et stéréotypes jouent sur la mise en œuvre et l’efficacité des soins.

Le poids de la parité

D'un point de vue technique, cette nouvelle dimension de la médecine va demander de conséquents investissements dans la recherche, bien malvenus en temps de crise, mais aussi une réorganisation complète des études de médecine et des politiques de santé publique.

Mais il faut aussi noter que le concept même de médecine différenciée selon les sexes se heurte à un handicap de taille : au nom de parité et du combat légitime contre les discriminations sexuelles, ce champ disciplinaire est ignoré, quand il n'est pas conspué comme le faux-nez d'idéologies sexistes.

Il y a quelques années, par exemple, le laboratoire commercialisant le Stilnox, un célèbre somnifère, avait modifié l'ordonnance du médicament pour l'adapter à plusieurs recherches montrant qu'une demie-dose suffisait aux femmes pour obtenir les même effets que les hommes. À l'inverse, si les femmes prenaient une dose "normale", elles risquaient davantage d'effets secondaires, et notamment une diminution de leur vigilance, accroissant en particulier le risque d'accidents de la route.

Plusieurs associations féministes étaient alors montées au créneau , arguant que la modification de l'ordonnance était sexiste, que c'était de la discrimination, que c'était scandaleux. Le souci, c'est qu'il n'y a rien de plus "sexiste" qu'une médecine qui croit que le masculin peut être un standard, confond standardisation et généralisation abusive et met la santé des femmes en danger.

Dès lors, comprendre comment différents signes cliniques, différentes procédures diagnostiques et différents besoins thérapeutiques s'appliquent différemment selon le sexe des malades ne peut qu'accompagner la marche de nos sociétés vers l'égalité entre hommes et femmes. Une égalité qui ne peut s'accomplir sans admettre et prendre en charge leurs besoins sanitaires spécifiques.

En toute logique, la médecine différenciée selon le sexe est donc la première marche vers une médecine personnalisée, mais avant que les chercheurs et les médecins puissent concevoir et proposer des traitements "sur mesure" aux malades, avant que le degré ultime de compréhension de nos organismes et des façons si nombreuses qu'ils ont de se détraquer se situe au niveau de l'individu, ignorer que le sexe est l'un des facteurs principaux de diversité entre les personnes, ignorer que l'humanité se sépare, a minima en deux est la meilleure façon, non seulement de ne jamais y arriver, mais d’accroître autant d'inégalités délétères à nos aspirations contemporaines si légitimes, qu'elles soient scientifiques, médicales ou encore politiques et sociétales.

Source: leplus.nouvelobs.com.

b157 Aide à l'orgasme.

Un implant qui vous aide à atteindre l'orgasme. Le progrès, ça a parfois du bon !
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Des scientifiques viennent de faire breveter aux Etats-Unis une machine révolutionnaire pour la sexualité des femmes. Son concept : déclencher l'orgasme à un instant voulu, juste en poussant un bouton. "Je mettais des électrodes à une patiente et tout à coup elle a commencé à s'exprimer vigoureusement. Je lui ai demandé ce qu'il se passait et elle m'a répondu : "Vous allez devoir apprendre à mon mari à faire ça"" raconte le Dr Stuart Meloy, chirurgien en Caroline du Nord, à l'origine de la découverte de la "machine à orgasme".

Un implant sous la peau des fesses

Le concept du médecin se compose d'un implant doté d'électrodes qui doit être posé lors d'une intervention chirurgicale, sous la peau des fesses d'une patiente par exemple. Relié à une télécommande, l'implant peut déclencher un orgasme à la simple pression d'un bouton. Dans une version plus avancée, il pourrait disposer d'un programmateur et entraîner un orgasme plusieurs fois par jour ou par semaine.

Désireux d'aider les femmes souffrant de dysfonction orgasmique, le médecin devrait commencer les essais cliniques de sa machine dans l'année avec la société Medtronic, basée à Minneapolis. Il envisage aussi de tester son concept sur les hommes. A suivre. Source : Newscientist.com
Source: medisite.fr.


Octobre 2014


b155 L'essai IPERGAY.

Un antirétroviral testé comme traitement préventif a fait la preuve de son efficacité lorsqu'il est pris au moment des rapports sexuels.
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L'étude Ipergay a démontré "une efficacité très élevée" de la prévention médicamenteuse dite "à la demande", "de l'ordre de 80% de réduction du risque" , a indiqué à l'AFP son coordinateur, le Pr Jean-Michel Molina (Hôpital Saint-Louis, Paris). Du coup l'antirétroviral, le Truvada, va être mis à disposition de tous les participants de l'essai lancé en février 2012 par l'Agence nationale de recherche sur le sida (ANRS), soit un peu plus de 400 personnes, annoncé l'agence mercredi.

Les résultats complets de l'essai devraient être disponibles début 2015.

Ce médicament du laboratoire américain Gilead, combinaison de deux produits (Ténofovir + FTC), a été autorisé en juillet 2012 aux États-Unis comme premier traitement préventif. Mais ce n'est pas encore le cas en Europe.

Ipergay étant un essai comparatif, les volontaires ont été répartis en deux groupes par tirage au sort, l'un recevant effectivement le médicament, l'autre recevant à la place un placebo, sans principe actif. Ni les participants, ni les médecins ne connaissaient le traitement reçu.

Mais une autre équipe est venue semer le trouble. Les responsables de l'étude PROUD, menée au Royaume-Uni cette fois, viennent de décider de donner Truvada à tous les participants à leur essai. Des résultats intermédiaires ont en effet montré que la prévention médicamenteuse -les spécialistes parlent de prophylaxie pré-exposition, ou PrEP- se révélait "hautement protectrice contre le VIH"

. Au vu de cette décision, l'équipe française a décidé de "lever l'aveugle" de l'essai Ipergay avant son terme, c'est-à-dire de prendre connaissance des données sur le nombre de cas d'infection par le VIH dans les deux groupes (celui recevant Truvada et celui recevant le placebo). La différence entre les deux groupes est telle que l'ANRS a décidé de permettre à tous les participants de bénéficier du traitement par Truvada.

L'essai va se poursuivre "pendant au moins un an" , a précisé l'ANRS, afin désormais de vérifier le maintien du bénéfice du traitement préventif "à la demande" sur le long terme ainsi que sa tolérance.

"C'est une avancée majeure dans la lutte contre le VIH. Les résultats d'Ipergay devraient faire évoluer les recommandations nationales et internationales en matière de prévention contre le VIH", a déclaré le Pr Jean-François Delfraissy, directeur de l'ANRS. L'association de lutte contre le sida Aides, associée à l'essai Ipergay, a salué la décision de l'ANRS. Elle a aussi demandé à la ministre de la Santé Marisol Touraine d'accélérer le processus d'examen de sa demande d'autorisation temporaire du Truvada comme traitement préventif chez les personnes à risques.

Source: egora.fr.

b154 Les nouveaux hommes.

Ces derniers jours deux types d'hommes bien distincts ont fait l'actualité. Le premier est le spornosexuel. Le second est le danseur à talons haut.
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D'un coté il y a Lucas Lucco, le chanteur Brésilien, stéréotype du spornosexuel. De l'autre le chorégraphe Français Yanis Marshall et ses danseurs.

Des hommes virils au sommet de leur féminité, c'est possible. Yanis Marshall, Arnaud et Medhi forment effectivement le groupe de danseurs qui est arrivé en finale de Britain's got talent (la version anglaise de "La France a un incroyable talent") le 7 juin dernier. Depuis, la chaîne Youtube du chorégraphe voit son nombre de vidéos vues se multiplier.

Lorsqu'on demande à Yanis Marshall "Pourquoi dansez-vous en talons?" Il répond avec culot "Pourquoi pas?". Faut-il que les hommes ne dansent pas en talons parce que ce ne sont pas des femmes? Il faut savoir que les talons ont été portés par les plus grands dirigeants à partir de 1599, jusqu'au XIXè siècle, grâce à Shah de Perse Abbas. Cet empereur Perse avait envoyé en mission diplomatique ses émissaires en Europe, en Russie, en Allemagne et en Espagne. C'est ainsi que les talons hauts ont fait leurs apparitions comme étant des attributs virils et masculins, jusqu'à être à la mode auprès des cours européenne.

Depuis quelques années, les talons hauts reviennent à la mode. Même l'icône de la pop, Madonna, a succombé. Pour son clip "Girl Gone Wild" sortit en 2012, elle a fait appel au groupe de danseurs et chanteurs Kazaky. La vidéo a été vue presque 30 millions de fois uniquement sur Youtube.

Des hommes, des vrais, des spornosexuels

Au cours de cette semaine chargée en actualité masculine originale, le spornosexuel a également remplacé le métrosexuel. Le terme "métrosexuel" avait été inventé par le journaliste britannique Mark Simpson en 1994. Une invention qui a depuis fait son entrée dans le Larousse. "Il est un jeune homme disposant de solides revenus, travaillant ou vivant en ville. Il est un produit fétichiste: un collectionneur de fantasmes qui lui sont apportés via la publicité". Selon Mark Simpson, le métrosexuel était personnifié par David Beckham, un homme beau, qui entretient son look et qui le montre.

Depuis, vingt années ont passé et le voilà de retour avec un nouveau terme: le spornosexuel. C'est la contraction de "sport", "porno" et "sexuel". Mark Simpson explique ce nouveau terme dans un article du Telegraph dans lequel il est même possible de faire un test, pour savoir si oui ou non vous êtes un sponorsexuel.

Le culte du corps poussé à son maximum

Avec le spornosexuel, le culte du corps est à son paroxysme comme l'explique le journaliste: "Avec leurs corps laborieusement travaillés et sculptés, leurs tatouages destinés à faire ressortir leurs muscles, leurs barbes adorables et leurs décolletés plongeants, ça crève les yeux : le métrosexuel de la deuxième génération est moins branché fringues que ses aînés. Mais il est frénétique dans sa volonté de faire de lui-même un objet. Son propre corps est devenu l’accessoire ultime, qu’il façonne à la gym afin d’en faire un produit à la mode – un produit que l’on partage et compare sur le grand marché d’Internet. Pour la génération actuelle, les réseaux sociaux, les selfies et la pornographie sont les principaux vecteurs de la volonté des mâles de se faire désirer. Ils veulent l’être pour leur corps, non pour leur garde-robe. Et certainement pas pour leur esprit."

Il est hypersexualisé. Une illustration assez juste de ce nouveau modèle d'hommes serait le personnage joué par Joseph Gordon-Levitt dans Don Jon. Un homme beau, qui pense au sexe, aux femmes et surtout à son corps. Mais selon Mark Simpson l'illustration optimum du spornosexuel est Lucas Lucco, le chanteur brésilien.

Le spornosexuel est devenu l'esclave des réseaux sociaux. Entre Instagram, Facebook, Twitter, la course est lancée. Qui sera le plus beau, le plus musclé, le mieux tatoué? Il y a 20 ans, le métrosexuel était un homme qui avait soif d'indépendance. Le besoin d'être lui même sans avoir à expliquer pourquoi il reste aussi longtemps que Madame dans la salle de bains était grandissant.

Aujourd'hui, au cœur de la dictature du selfie, le spornosexuel n'est pas si libre qu'il le croit. L'Hommes des temps modernes est multiple. Peut-être ont-ils tous en communs ce besoin exacerbé de s'assumer, d'être le plus beau, le plus performant et de le montrer. A cette vitesse, quel sera néologisme de demain?

Source: huffingtonpost.fr.

b153 Antidépresseurs et sexualité.

L’utilisation à long terme des antidépresseurs est associée à un « émoussement émotionnel » qui s’exprime différemment chez l’homme et chez la femme......
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........selon une nouvelle étude présentée lors du 27ème congrès de l’ European College of Neuropsychopharmacology (ECNP) [1]

Un effet délétère sur les sentiments plus marqué chez les hommes que les femmes

Dans ce nouveau travail, le Pr Donatella Marazziti (Université de Pise, Italie) et coll. ont enrôlé près de 200 adultes souffrant de dépression légère à modérée qui recevaient des antidépresseurs. Ils les ont soumis à un nouveau questionnaire : le Sex-Attachment-Love Test (SALT) en trois parties : sur la sexualité, l’attachement et les sentiments amoureux. Il fallait approximativement un quart d’heure pour répondre aux 40 questions.

Les résultats montrent que les antidépresseurs ont un effet délétère différent sur la sexualité (p=0,007) et les sentiments amoureux (p=0,037) en fonction du sexe féminin ou masculin. Le score total pour les questions relatives au sexe était significativement supérieur (donc plus de dysfonctionnement) chez les femmes qui prenaient des antidépresseurs tricycliques que chez les hommes (35,7 vs 32,06, p=0,019). En outre, le score total pour les questions relatives aux sentiments amoureux était supérieur (plus d’atténuation des sentiments) chez les hommes qui recevaient des inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS) que chez les femmes (25,71 vs 23,13, respectivement, p=0,036).

La donnée la plus surprenante de notre travail est que les hommes sont plus affectés que les femmes sur le plan émotionnel -- Pr Marazziti « Les ISRS semblent provoquer plus de troubles émotionnels que les antidépresseurs tricycliques chez les hommes. Les femmes sous antidépresseurs semblent, elles, « préservées » de cet effet secondaire », notent les auteurs. « La donnée la plus surprenante de notre travail est que les hommes sont plus affectés que les femmes sur le plan émotionnel », insiste le Pr Marazziti. Selon la psychiatre, cette différence pourrait s’expliquer par le fait que « souvent, les femmes ressentent les choses plus profondément. Les médicaments pourraient donc être mieux tolérés chez les femmes. Mais, il ne s’agit là que de spéculations. »

Des différences entre les ISRS et les antidépresseurs tricycliques

Lors de l’analyse des questionnaires, les investigateurs ont observé que, globalement, les patients qui recevaient des ISRS avaient plus de réponses « moins qu’avant » dans la section sur l’attachement et sur les sentiments amoureux que ceux qui prenaient des antidépresseurs tricycliques. « En général, les patients se sentaient moins engagés vis-à-vis de leur partenaire et plus détachés qu’avant le début du traitement », expliquent les chercheurs.

Les hommes qui recevaient des ISRS avaient plus de réponse « moins qu’avant » que les femmes dans la partie sur l’attachement. Par exemple : « Je sollicite mon partenaire pour un conseil ou un soutien (37,5% vs 15,8%, p=0,006) et dans la partie sur les sentiments amoureux « Je tiens à mon partenaire (39,7% vs 16,7%, p=0,001). Les femmes qui recevaient des antidépresseurs tricycliques avaient plus de réponses « moins qu’avant » que les hommes pour la plupart des items relatifs à l’activité sexuelle. Par exemple : « Je suis sexuellement attirée par mon partenaire (42,5% versus 19,4%) et « Je cherche à avoir des rapports sexuels avec mon partenaire » (57,6% versus 27,8%, p=0,012).

La baisse de la libido chez les hommes recevant des ISRS n’est pas retrouvée dans cette étude alors qu’elle est bien documentée. Pour le Pr Marazziti et coll, l’effet délétère des ISRS n’est pas retrouvé probablement en raison du petit échantillon de l’étude ou pour des raisons culturelles, les italiens ayant des difficultés à parler de leurs problèmes sexuels.

Lors d’une session sur les effets secondaires sexuels des psychotropes qui a eu lieu le même jour, le Pr David Baldwin (Université de Southampton, Royaume-Uni) a rappelé que 40 à 50 % des patients sous antidépresseurs recevaient une prise en charge suite à la survenue de dysfonctions sexuelles [2]. Il a confirmé qu’«actuellement, il y avait peu de différence entre les antidépresseurs de première et de seconde génération sur l’apparition de problèmes sexuels. »

Globalement, « nos résultats semblent indiquer que les ISRS sont plus souvent associés à des effets secondaires émotionnels », concluent les auteurs, qui se demandent dans quelle mesure ont doit réellement remplacer les antidépresseurs tricycliques par les ISRS.

Commentant ces résultats, Hans-Ulrich Wittchen (psychologie clinique et psychothérapie, Université technique de Dresde, Allemagne) a salué le fait que l’étude s’intéresse à des complications qui n’avaient jusqu’ici jamais été étudiées [attachement, sentiment amoureux] et qui ont un impact important sur la qualité de vie des patients. « Il s’agit des premières observations d’un effet différent entre les ISRS et les antidépresseurs tricycliques dans les deux sexes », remarquent les auteurs. En revanche, il indique qu’il est difficile de tirer réellement des conclusions de ce travail en raison de la petite taille de l’échantillon étudié.

Caractéristiques des participants

Les 192 patients italiens sélectionnés pour participer à l'étude (64% de femmes, âge moyen 41,2 ans) prenaient un antidépresseur depuis au moins 6 mois, et étaient impliqués dans une relation amoureuse depuis en moyenne 150 mois avant de débuter leur traitement. En tout, 76 femmes et 33 hommes recevaient un ISRS. Le plus utilisé était la paroxetine, suivi par l'escitalopram, le citalopram et la sertraline. En parallèle, 48 femmes et 35 hommes recevaient un antidépresseur tricyclique. Le plus prescrit était la clomipramine suivi par l'imipramine, l'amitriptyline et la trimipramine.

Globalement, 60 % des participants étaient mariés, 24% vivaient en concubinage et 15% vivaient seul. 93% étaient hétérosexuels et 7 % homosexuels.

REFERENCES :

  1. Dr Marazziti. Abstract P.2.e.001. 27ème European College of Neuropsychopharmacology (ECNP) Congress. Dimanche 19 Octobre 2014
  2. Baldwin D. The sexual side effets of psychotropic drugs. Dimanche 19 octobre 2014
Source: medscape.fr.

b152 Le 3e sexe.

« 3e genre », « 3e sexe »… Ces expressions font régulièrement irruption dans nos journaux et magazines.
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Et pour cause : le sujet monte en puissance, et la législation d’une poignée de pays à travers le monde a récemment évolué pour prendre en compte les droits des personnes dont l’identité ne rentre pas dans le traditionnel schéma homme-femme. Première à faire bouger les lignes, en mars 2012, l’Argentine permet désormais à tout individu qui le désire de modifier le sexe et le nom sous lequel il a été enregistré indépendamment d’une opération chirurgicale de changement de sexe ou d’un traitement hormonal. Seul « le vécu interne et individuel du genre » est pris en compte. L’Australie et l’Inde autorisent, quant à elles, depuis avril 2014, les personnes ne se sentant ni de genre masculin ni de genre féminin à être enregistrées sous un genre neutre.

Les législations mondiales en pleine évolution

Plus près de nous, l’Allemagne est le premier pays européen à offrir, depuis novembre 2013, la possibilité d’inscrire un sexe indéterminé aux nourrissons intersexuels sur leur certificat de naissance. Ces hermaphrodites nés avec des organes génitaux masculins et féminins représentent une naissance sur 5 000 en moyenne. Ils pourront à tout moment de leur vie modifier leur identité sexuelle sur leur certificat de naissance s’ils le souhaitent. Objectif : éviter aux parents de choisir trop précocement l’un ou l’autre sexe.

« Ces législations vont dans le bon sens, estime Pascale Molinier, chercheuse en psychologie sociale à Paris-XIII et directrice adjointe de l’Institut du genre1. Pourtant, même lorsqu’elle se saisit du sujet, la loi peine à décrire une réalité multiforme. » Entre les transexuels ayant subi une chirurgie de changement de sexe, les transgenres se revendiquant de l’autre sexe sans sauter le pas de l’opération, les personnes ne se sentant ni homme ni femme, les hermaphrodites ayant été (ou pas) opérés…, le vocabulaire semble en effet réducteur. « Les termes de 3e genre ou de 3e sexe doivent s’entendre comme “autre”, “différent”, et non pas comme une troisième possibilité finie », précise l’anthropologue Niko Besnier, de l’université d’Amsterdam, qui a étudié les phénomènes transgenres dans la zone Pacifique2.

Participantes du concours transgenre Miss Galaxy aux îles Tonga.

Si l’Occident peine encore à nommer et à intégrer ces personnes à cheval entre deux genres, entre deux sexes, d’autres sociétés plus traditionnelles les acceptent sans que cela fasse débat. En Polynésie, les concours de beauté transgenre déplacent les foules. Perchées sur de hauts talons, moulées dans des robes fourreaux colorées, les élégantes de Miss Galaxy, aux îles Tonga, défilent même devant les membres de la famille royale. Ces leitis, des groupes d’hommes ayant adopté tous les codes de la féminité, sont présents également dans les îles françaises de Tahiti ou de Bora Bora sous le nom de mahus, et étaient déjà mentionnés par les voyageurs qui exploraient le Pacifique aux XVIIIe et XIXe siècles. Vêtus comme des femmes, ils occupent des emplois traditionnellement considérés comme féminins : couture, coiffure, mode… « En Polynésie, avant d’être un individu, on est un membre de la communauté, explique Niko Besnier. Comme tout le monde dans ces sociétés, on est d’abord jugé sur sa parenté et sa contribution au système de parenté. En prenant soin de leurs vieux parents, en s’occupant de balayer et de fleurir l’église le matin…, et en remplissant plus généralement le rôle de lien social dévolu aux femmes, ces personnes trouvent naturellement leur place. »

Chez les Amérindiens, les two-spirit people sont des hommes- femmes auxquels on attribue des pouvoirs chamaniques.

En Inde et au Pakistan, les hijras, ces « presque femmes » douées de talents artistiques reconnus qui leur valent d’être invitées à chanter et danser dans les mariages, notamment, sont considérées avec respect et une certaine méfiance. Elles seraient plus d’un million dans le sous-continent. Chez les Indiens d’Amérique du Nord, les berdaches – aujourd’hui appelés two-spirit people – sont des hommes-femmes auxquels on attribue des pouvoirs chamaniques et qui assurent des fonctions rituelles spécialisées : ils s’occupent des cadavres et jouent un rôle dans la danse des scalps notamment. « Leur transformation de genre leur permet de faire le pont entre les deux mondes, le monde physique et le monde des esprits, explique Olivier Allard, anthropologue et post-doctorant à l’EHESS, qui rapporte également l’existence de phénomènes transgenres chez les Indiens Warao du Venezuela. Dans cette société de pêcheurs-cultivateurs, les tida-wena s’occupent de la cueillette et de la cuisine, qu’ils effectuent avec les femmes. Jusqu’à récemment, ils étaient également les épouses secondaires d’hommes polygames. »

Hijras de New Delhi, en Inde. La Cour suprême indienne a récemment accordé le droit à cette minorité sexuelle de s’enregistrer sous un genre neutre afin de faciliter son accès aux aides sociales et à l’éducation.

L’Occident focalisé sur le sexe biologique

« Dans ces sociétés, l’orientation des désirs sexuels est vue comme la conséquence d’un genre – c’est pourquoi des hommes « normatifs » peuvent avoir des relations sexuelles avec des hommes-femmes sans que cela soit considéré comme de l’homosexualité », indique Niko Besnier. À l’inverse, nos sociétés occidentales sont focalisées sur le sexe biologique : on naît homme ou femme et, sur ce substrat donné par la nature, on développe une identité de genre masculine ou féminine. D’où une certaine incompréhension, voire un rejet, des phénomènes transgenres. « En Occident, la logique binaire homme-femme masculin-féminin va très loin, puisqu’on demande aux personnes trans de faire coïncider leur sexe anatomique avec le genre dont elles se réclament », insiste Pascale Molinier.

C’est le cas en France, où une intervention chirurgicale de changement de sexe, attestant du « caractère irréversible de la transition », est nécessaire pour que l’état civil reconnaisse officiellement le changement de genre d’une personne3. « S’ils satisfont certains transsexuels désireux d’opérer leur transformation jusqu’au bout, ces actes de chirurgie extrêmement délicats, qui entraînent de facto la stérilité du patient, ne correspondent pas au souhait profond de toutes les personnes transgenre et peuvent provoquer de graves souffrances psychologiques », indique Pascale Molinier. La même problématique se pose pour les intersexes, sommés de choisir l’un des deux sexes, masculin ou féminin, alors que certains revendiquent le droit de pouvoir vivre comme ils sont nés… Le 3e genre n’a pas fini de faire parler de lui.

Source: lejournal.cnrs.fr.

b151 Ovocytes vitrifiés.

Autorisée depuis 2011 en France dans des cas précis, de cancer par exemple, la vitrification des ovocytes présente d'indéniables atouts, mais aussi des contraintes.
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Qu'est-ce que la vitrification?

C'est une technique de conservation qui consiste à plonger brutalement les cellules dans de l'azote liquide à -196 °C, avec des produits appelés cryoprotecteurs. Cela permet d'éviter la formation de cristaux de glace dans l'ovocyte (composé à plus de 90 % d'eau) qui pourraient le déformer et réduire sa capacité à former un embryon.

Quels avantages présente-t-elle?

Cette méthode améliore fortement les chances de grossesse à un âge où une femme ne peut plus, ou difficilement, tomber enceinte naturellement ou par fécondation in vitro (au-delà de 40 ans en moyenne). Mais à une condition essentielle: les ovocytes doivent être prélevés avant que la femme n'atteigne 35 ans, l'âge moyen au-delà duquel ils diminuent en quantité et perdent en qualité. Le prélèvement d'ovocytes ne réduit pas le stock total disponible pendant la vie reproductive ; autrement dit, il n'avance pas la ménopause. En ponctionnant des ovocytes à 30 ans, une femme ne réduit donc pas ses chances d'être enceinte naturellement à 34 ans si elle en fait le projet.

Quelles limites?

Ce n'est pas la garantie d'un bébé. La probabilité pour une femme de plus de 40 ans de tomber enceinte dans ces conditions reste quand même inférieure à celle d'une femme de 30 ans qui essaierait de tomber enceinte physiologiquement. Ça n'écarte pas certains risques. L'âge de l'utérus, c'est-à-dire celui de la mère, compte aussi. Avoir plus de 40 ans peut favoriser l'hypertension artérielle pendant la grossesse (éclampsie) et les naissances prématurées.

Ce n'est pas agréable. Les études montrent qu'il faut disposer d'un stock de 20 à 25 ovocytes pour maximiser les chances de naissance. Or une ponction réussie donne accès à une douzaine d'ovules. Cela implique que la femme se prête à deux ponctions, chacune requérant des prises de sang et des échographies régulières sur 12 jours, période pendant laquelle la patiente s'auto-injecte aussi des hormones. Ce traitement, qui peut entraîner des effets secondaires désagréables, est suivi de la ponction des ovaires par voie vaginale, qui comporte un très léger risque infectieux ou hémorragique (1 sur 1.000). Il faut compter environ deux semaines entre le début des examens et la disparition des effets secondaires. Le coût. L'autoconservation d'ovocytes coûterait environ 3.000 euros par ponction, selon les Centres d'étude et de conservation des œufs et du sperme ( Cecos ). À cela s'ajouteraient, en cas de FIV, la mise en fécondation et le transfert de l'embryon. Les centres européens qui proposent déjà ce service facturent le tout entre 5.000 et 6.000 euros.

L'avis des médecins?

Le Collège national des gynécologues et obstétriciens français s'est prononcé fin 2012 en faveur d'une autorisation de la vitrification pour raisons personnelles. La société savante salue un «progrès médical», la «seule méthode de traitement de l'infertilité réellement efficace à 40 ans et plus». La Fédération des Cecos est en revanche plus réticente, redoutant que cela n'encourage les grossesses tardives et une médicalisation excessive de la procréation. Elle recommande de poursuivre les recherches permettant d'anticiper la baisse de la réserve ovarienne des femmes. Problème: la médecine est encore loin de pouvoir discerner avec fiabilité les femmes qui verront leur fertilité baisser tôt, de celles chez qui elle sera encore bonne à 40 ans.

Remerciements au Dr Perrine Massart (Centre hospitalier de La Roche-sur-Yon), au Pr Dominique Le Lannou (Cecos, Rennes) et au Pr Samir Hamamah (CHU Montpellier).

Source: sante.lefigaro.fr.

b150 Le plaisir féminin

Entre le XVIIIe siècle et nos jours, une curieuse morale vint affirmer qu’une femme normale ne jouit pas ou peu.
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Adam et Eve, premier couple humain, sont chassés du paradis : ce grand mythe biblique, conçu pour rendre compte de l’universalité du mal, allait surtout coûter cher au sexe féminin. Eve, en effet, non contente de n’être qu’un sous-produit de son conjoint, est désignée comme la première responsable de la chute, et dut désormais endosser le péché de luxure. Cette image de la femme faible, incapable de résister à la tentation des sens, existait avant même que le christianisme s’impose, et généra une longue tradition de commentaires sur la nécessaire sujétion de la femme à la volonté masculine. On la soupçonnera donc d’entretenir, sous des dehors réservés, une secrète ardeur sexuelle, difficile à éteindre une fois échauffée, et capable de faire d’elle une nymphomane déchaînée.

Le christianisme des premiers siècles, hanté par l’idéal de chasteté, dut, pour cesser de n’être qu’une secte, composer avec la nature charnelle de l’espèce humaine. L’Eglise romaine opta donc d’un côté pour le célibat des clercs et, de l’autre, pour le mariage monogame des fidèles, dont elle s’employa, au cours des siècles, à réglementer l’activité sexuelle sur la base d’un principe simple : tout ce qui ne concourt pas à la reproduction dans le cadre du mariage est péché. A peu de chose près, cette doctrine est toujours en vigueur au XXIe siècle. Toute intention autre, cela va sans dire, s’en trouva condamnée : adultère, sexe vénal, masturbation solitaire ou, pire encore, homosexualité (que l’on appelait sodomie) purent, à certaines époques, valoir fort cher en pénitence, sinon en punition physique. Mais l’imposition de telles restrictions ne pouvait faire l’économie d’une réflexion sur les conditions mêmes d’exercice d’une sexualité conjugale licite. Les discussions menées par des théologiens catholiques entre les XIe et XIIIe siècles, bien résumées par Claude Thomasset (1), en donnent un exemple. Faute de sources spécifiquement chrétiennes, les clercs s’inspirent à cette époque des philosophes et des médecins antiques. En ce qui concerne l’homme – dont la nature est considérée comme chaude et impétueuse –, tous conviennent que son plaisir est un mal incontournable, car l’émission de sperme exige l’orgasme. Dans certaines limites, toutefois : depuis saint Augustin, une sentence s’est imposée : « Celui qui aime sa femme d’un trop violent désir est un adultère. » Le mari devra donc savoir se modérer, observer des jours d’abstinence religieuse, et toujours garder en tête l’objectif reproducteur de son acte, ce qui en limite beaucoup les occasions licites. Ce sont en vérité des règles difficiles à sanctionner, mais elles expriment un idéal : celui d’un homme qui sait maîtriser ses pulsions viriles.

Pourquoi l’orgasme ?

Quant à la femme, son désir et son plaisir posent de vrais problèmes. A quoi sont-ils utiles ? Toutes les spéculations existent, mais deux auteurs dominent la scène : Aristote et Galien, médecin grec du iie siècle. Leurs avis divergent au moins sur un point : l’intervention d’une « semence féminine » émise au moment de l’accouplement et impliquée dans la conception de l’embryon. Aristote pense qu’elle est négligeable et que, par conséquent, l’orgasme féminin est superflu, sauf peut-être parce qu’il rend le coït désirable. Mais la médecine galénique affirme le contraire : la femme qui jouit émet une « semence » favorable sinon indispensable à la conception d’un embryon. Du point de vue de l’Eglise, il est logique de lui accorder cette satisfaction. Le galénisme l’emportera : des autorités comme Albert Le Grand et de savants médecins se pencheront aux XIIIe et XIVe siècles sur les méthodes appropriées, caresses et autres mignardises, non seulement pour amener l’épouse à l’état souhaité d’excitation, mais pour synchroniser les émissions. Certes, le concile de Trente (1545-1563) et, de manière plus large, le mouvement dit de la « contre-réforme » seront très sévères pour les plaisirs de la chair, réaffirmant la volonté de l’Eglise d’imposer aux couples mariés une stricte discipline reproductive. Le mouvement gagne les autorités civiles qui répriment avec une sévérité accrue tout ce qui contrevient à la pudeur et à la chasteté. Il prend, selon Robert Muchembled (2), la forme d’une « peur croissante des enfers du bas du corps ». Les femmes en font les frais car, selon la doctrine ancienne, elles passent pour peu capables de contrôler seules leur lubricité. La culture dominante stigmatise la propension à la luxure des « filles d’Eve ». L’image angoissante de la sorcière se répand, et l’on inaugure les bûchers où finissent des dizaines de ces pécheresses supposées. En contrepoint, on célèbre la femme vertueuse, fidèle et féconde, sans toutefois contester que son plaisir soit, dans les strictes limites de l’amour conjugal, utile à la propagation de l’espèce. Et, bien qu’erronée sur le fond, la théorie séminale connut diverses formulations : au XVIIe siècle, le théologien Francisco Suárez jugeait ainsi que les beaux orgasmes donnant de plus beaux enfants, cela seul suffisait à en justifier la poursuite.

L’harmonie des plaisirs

Cette sexologie avant la lettre infirme donc l’idée que l’« orgasme simultané » soit une géniale invention du XXe siècle. Elle montre également que l’Eglise n’a pas uniformément méprisé la jouissance sexuelle féminine tout au long de son histoire. Bien que la doctrine des « deux semences » ait été plus d’une fois contestée, elle reçut un appui autorisé au moins jusqu’à la fin du XVIIIe siècle, époque à laquelle les médecins et moralistes manifestent un intérêt poussé pour ce qu’Alain Corbin (3) nomme « l’harmonie des plaisirs ».

Ce souci ancien des autorités religieuses et savantes pour le « bon coït conjugal » rend d’autant plus intrigante la survenue, au XIXe siècle, alors que l’Eglise perd de son influence, et après qu’en France la Révolution a permis une période d’assez grand libertinage, d’une morale sexuelle sensiblement différente. Celle-ci, que l’on appelle parfois victorienne, soutient qu’une femme « honnête » n’a pas de plaisir : elle ne fait qu’accomplir un devoir conjugal et ne porte aucun intérêt à la jouissance. Cette évolution moderne, selon Yvonne Knibiehler (4), est attribuable à de nombreux facteurs esthétiques, sociaux, religieux, politiques et hygiéniques. L’antimodernisme, le romantisme, la pudibonderie bourgeoise sont souvent cités. On notera aussi, à la suite de R. Muchembled, que l’époque est marquée par deux évolutions doctrinales, l’une religieuse, l’autre médicale. C’est, pour la première, l’extraordinaire résurgence du culte marial et la célébration de la virginité, qui impose aux jeunes filles une ignorance totale des choses du sexe. La médecine, quant à elle, abandonne vers 1840 la théorie des « deux semences », de sorte que la jouissance féminine se voit dépouillée de toute nécessité, hormis peut-être, pour certains psychiatres, de porter remède à l’hystérie.

Frigidité et maternité

Mais de tels avis sont rares : les choses sexuelles sont, de manière croissante au XIXe siècle, investies par une médecine alarmiste, qui pourfend la masturbation, agite le spectre des maladies vénériennes et traite l’orgasme essentiellement comme une regrettable dépense d’énergie. Le résultat est que la relative égalité des plaisirs se rompt. La femme « en bonne santé », présumée frigide, limite au minimum conjugal son activité sexuelle, car sa véritable joie est la maternité. L’homme, conviennent les médecins, ne saurait s’en tenir là : sa lascivité est jugée bien plus impérieuse. Le déséquilibre se creusera donc entre les attentes des deux sexes : la femme est bombardée gardienne des vertus familiales, l’homme en rut permanent est globalement excusé de vagabonder sexuellement. C’est la grande époque de l’adultère vénal. La prostitution prospère dans les villes, d’autant plus voyante que l’hygiénisme croissant favorise sa réglementation plutôt que son interdiction. Lorsque les médecins se penchent sur les besoins de l’homme, ils conseillent cependant un acte bref et sans fioritures : économie d’énergie oblige. La frigidité féminine se trouve ainsi entretenue de toutes parts.

Paradoxalement, certains mouvements abolitionnistes de l’époque y trouveront le levier d’un équilibre à rétablir : au nom des moindres exigences sexuelles des femmes, le mouvement Social Purity réclamait vers 1880 que les hommes se soumettent, en matière de coït conjugal, au calendrier plus clairsemé des épouses. Curieuse époque, en vérité, formatrice de la modernité sexuelle, où, avec l’appui des autorités savantes, le genre féminin « normal » cessa d’incarner la luxure, et se trouva à la pointe d’une modération des plaisirs conjugaux conforme aux vœux d’une partie au moins des militantes féministes comme Josephine Butler.

Ne nous y trompons pas toutefois : de l’Eve faillible qu’elle était encore au XVIIe siècle à la gardienne de la pudeur qu’elle était devenue au seuil du XXe siècle, la femme ne cessa d’être l’objet d’un regard masculin scrutateur et plutôt désobligeant : quel usage, quelle nécessité pouvait-on attribuer à son plaisir ? Il faudra attendre la seconde moitié du XXe siècle pour que sa qualité intrinsèque, indépendante de tout besoin génésique ou thérapeutique, soit franchement reconnue, et revendiquée comme un droit.

NOTES :

  1. C. Thomasset, « De la nature féminine », in G. Duby et M. Perrot, Histoire des femmes en Occident, Perrin, 2002.
  2. R. Muchembled, L’Orgasme et l’Occident. Une histoire du plaisir du XVIe siècle à nos jours, Seuil, 2005.
  3. A. Corbin, L’Harmonie des plaisirs. Les manières de jouir du siècle des Lumières à l’avènement de la sexologie, Perrin, 2008.
  4. Y. Knibiehler, « Corps ou cœurs ? » in G. Duby et M. Perrot,op. cit.
Source: scienceshumaines.com.

b149 L'expo sur le zizi.

L'association SOS Education a lancé une pétition en ligne, qui a rassemblé près de 40.000 signataires, pour dénoncer la façon dont la sexualité est présentée aux enfants.
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Les militants anti-genre repartent en guerre. Après le débat sur l'ABCD de l'égalité à l'école , ils se sont trouvés une nouvelle marotte : l’exposition "Zizi sexuel" qui vient de faire son grand retour à la Cité des Sciences à Paris.

L'association SOS Education, qui se présente comme "un groupement de citoyens qui œuvrent pour exiger de l'école qu'elle remonte ses standards", vient de lancer une pétition en ligne pour demander que les parents d'élèves soient informés "des contenus sexuellement explicites de cette exposition". Elle avait rassemblé mardi soir près de 40.000 signataires, selon le compte Twitter de l'association. On défend la nécessité d'une éducation à la sexualité, mais la limiter à une exposition comme celle-là, on trouve ça réducteur", explique Aurélie Testenière, porte-parole de SOS éducation.

Comme le rappelle "Le Monde" , cette organisation, qui a milité contre les ABCD de l'égalité, est bien connue pour tenir des positions pour le moins conservatrices sur les questions d'éducation à la sexualité, la contraception ou encore l'IVG.

"Une forme de raidissement"


Pourquoi les anti-genre se réveillent-t-il aujourd'hui ? Car l'exposition n'est pas nouvelle : elle avait déjà connu un franc succès en 2007, attirant 340.000 visiteurs à Paris. Si elle reste rigoureusement la même qu'il y a sept ans, le contexte a quelque peu changé (émergence des réseaux sociaux, adoption de la loi ouvrant le mariage aux couples homosexuels, débat sur la théorie du genre).

Cette exposition a été présentée en 2007, représentée depuis, [...] et à l'époque ça n'a posé aucun problème. Il se trouve qu'entre-temps il y a eu ce débat sur le genre", avance la ministre de la Culture, Fleur Pellerin, sur BFMTV. "Je note qu'il y a une forme de raidissement qui est peut-être lié à des événements qui se sont produits l'année dernière, le débat sur l''ABCD de l'égalité' [au coeur de la polémique sur la théorie du genre, NDRL] qui ont sans doute un peu crispé certaines personnes", ajoute Fleur Pellerin.

"On n'oblige personne à venir voir cette exposition"

"La science n'a aucun tabou", fait valoir auprès de l'AFP, la commissaire de l'exposition, qui estime que "la Cité des Sciences n'a pas à se défendre, parce qu'elle a une légitimité en matière d'expositions, pour lesquelles elle s'appuie sur un comité scientifique".

"On n'oblige personne à venir voir cette exposition", poursuit-elle, rappelant que, "lors d'une sortie scolaire, les parents signent une autorisation". Nadia et Titeuf, les deux personnages du "Guide du Zizi sexuel" de Zep et Hélène Bruller, animent cette exposition décomplexée qui vise à répondre aux questions des 9-14 ans sur l'amour et la sexualité.

L'exposition est ouverte au public jusqu'au 2 août. Après une tournée en France et en Europe en 2007, elle avait été vue par un demi-million de personnes au total.

G.S. - Le Nouvel Observateur

Source: tempsreel.nouvelobs.com.

b148 Les inventeurs de la sexualité.

Doté d'un petit bras, le mâle "Microbrachius dicki" pouvait transférer son sperme à l'intérieur de la femelle.
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L'espèce "Microbrachius dicki", dotée de petits bras, s'accouplaient solidement avec les femelles, selon une étude publiée dimanche 19 octobre dans la revue britannique Nature. (FLINDERS UNIVERSITY / YOUTUBE)

Aujourd'hui, les mâles dispersent le sperme dans l'eau afin de féconder les femelles. Mais il y a 385 millions d'années, Microbrachius dicki, une espèce de poisson dotée de petits bras et désormais éteinte, procédait tout à fait autrement : ils s'accouplaient solidement avec les femelles, rapporte une étude publiée dimanche 19 octobre dans la revue britannique Nature. A ce jour, cela en fait l'espèce la plus ancienne à avoir utilisé la fertilisation interne, plus efficace, pour se reproduire, selon les chercheurs.

Une forme ancestrale de pénis

Le mâle de cette espèce, qui mesurait 8 cm de long, était doté d'un appendice osseux en forme de L. Il lui permettait de transférer son sperme à l'intérieur de la femelle. Celle-ci était pourvue d'une paire de petites plaques permettant de maintenir l'organe sexuel masculin en place pendant l'accouplement. En outre, le couple de Microbrachius dicki se tenait par les "bras" pendant la copulation, selon les chercheurs de l'université australienne Flinders. Si les conclusions des scientifiques sont exactes, l'appendice sexuel du Microbrachius serait donc d'une certaine façon l'ancêtre du pénis.

"'Microbrachius' signifie 'petits bras' mais pendant des siècles, les scientifiques se sont demandés à quoi pouvaient bien leur servir cette paire de bras osseux", a expliqué le professeur de paléontologie John Long, membre de l'équipe à l'origine de cette découverte. "Nous avons résolu ce mystère : ils servent à l'accouplement et permettent au mâle de positionner son appendice dans la région génitale de la femelle."

De lointains parents de l'homme ?

Pour tirer ces conclusions, les chercheurs ont étudié des fossiles appartenant à l'ordre des Antiarchi, soit les plus anciens de la classe des placodermes, poissons au corps recouvert de plaques. Dotés d'une mâchoire, ils sont considérés par les scientifiques comme les premiers vertébrés ancêtres des humains. Les placodermes ont peuplé les mers, les rivières et les lacs pendant quelque 70 millions d'années avant de disparaître il y a environ 360 millions d'années de façon mystérieuse.

Source: francetvinfo.fr.

b147 La virginité.

La pucelle, comme le puceau, est une personne qui n’a encore jamais fait l’expérience d’une relation sexuelle. La vierge, en revanche, n’a pas d’équivalent masculin. Pourquoi ?
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Pourquoi ? Parce que – pour ne plus être vierge – il faut non seulement avoir fait l’expérience d’une pénétration mais celle du plaisir, puis de la maternité.

«Jadis et naguère, pour cesser d’être vierge, une fille devait, selon les représentations masculines, franchir trois étapes : la défloration, la découverte d’Éros, l’engendrement.» Dans un ouvrage consacré à La Virginité féminine*, publié chez Odile Jacob, l’historienne Yvonne Knibiehler se penche sur l’évolution du concept de virginité. Actuellement, nous vivons dans une société qui y accorde peu d’importance. Au début des années 1960, environ 30% des filles sont déflorées avant leur mariage ; à la fin des années 60, la proportion passe à 60 %. Le pucelage n’est plus considéré comme la condition sine qua non du mariage, la garantie d’une pureté morale. Et pourtant… l’idée de «perdre sa virginité» occupe les filles, les effraie, les travaille. Elles croient pouvoir s’en débarrasser en sautant le pas avec un garçon quelconque et s’en trouvent souvent déçues, oubliant un peu trop vite qu’il ne faut pas tout confondre : d’un côté il y a le pucelage ; de l’autre, la virginité. Ce n’est pas la même chose.

Le pucelage est un détail d’ordre technique. On peut le perdre en jouant à la balançoire, en faisant du cheval-d’arçons ou en se masturbant. Beaucoup de femmes ont perdu leur pucelage depuis belle lurette lorsqu’elles croient «offrir» le sanctuaire inviolé de leur petit vagin à un homme dont elles espèrent qu’il leur sera éternellement reconnaissant de ce «sacrifice»… La belle affaire, en vérité. Il suffit de regarder à quoi ressemble un hymen pour comprendre l’imposture : l’hymen est un morceau résiduel de membrane qui s’effiloche (lire Le mythe de l’hymen expliqué aux jeunes filles, aux jeunes gens et à tout le monde). Il part en morceaux si facilement qu’on pourrait presque l’appeler «fantôme», comme ces choses évanescentes drapées dans leur guenille. Pour peu qu’elle ait fait joujou avec son minou, la femme ne possède donc plus que les reliquats d’un hymen : ces reliquats se présentent sous la forme de «caroncules myrtiformes», un très joli nom pour désigner des rhizomes de chair. Pour résumer : le pucelage serait un peu l’équivalent des dents de lait, qui tombent toutes seules.

La virginité, elle, est une notion complexe car elle relève d’une sorte de «révélation». On perd probablement sa virginité quand on découvre le plaisir avec un autre corps, au contact physique d’une autre personne. Mais ce moment de bascule est parfois difficile à déterminer. Est-on encore vierge alors qu’on sait tout des plaisirs sexuels, tout en ayant gardé intact son précieux petit hymen? Non, bien sûr. Est-on «affranchie» parce qu’on s’est fait pénétrer, mais que cela ne vous a procuré aucun plaisir ni aucune émotion ? Non plus. Est-on encore vierge alors qu’on se masturbe seule pendant 10-15 ans sur des scénarios pervers tout en n’ayant jamais fait l’expérience d’une relation sexuelle à deux ? Oui. Est-on vierge quand on est une lesbienne sexuellement active ? Non. Est-on vierge quand on tombe enceinte parce que du sperme a coulé près de l’entrée du vagin, mais qu’on n’a jamais été pénétrée ? Ça dépend. Réduire la virginité à sa seule dimension anatomique (la «défloration») est en tout cas une erreur. Cette erreur date de la fin du XVIIIe siècle, lorsque les médecins se mettent à comprendre le fonctionnement des organes

Jusqu’à cette époque, en Occident, la majorité des médecins et des théologiens défendent l’idée selon laquelle une femme ne peut pas avoir d’enfant si elle ne jouit pas. Raison pour laquelle, à leurs yeux, une femme frigide ou stérile reste vierge, car la vierge est celle qui ne «sait» pas : son cerveau ne s’est pas éveillé à la lumière de l’orgasme. Cette conception de la virginité présente un avantage : elle encourage les hommes à procurer du plaisir à la femme. Mais elle les encourage surtout à vouloir s’approprier l’exclusivité d’un corps qu’il s’agit de marquer sur tous les plans : il faut non seulement le déflorer, mais l’initier à l’orgasme et le féconder. Raison pour laquelle les femmes affirment leur indépendance en restant vierge. Plus que vierges : pucelles. C’est sous cette forme particulière que l’émancipation féminine se développe. «La première raison d’exiger la virginité des filles, c’est la filiation. Mais la seconde raison, c’est la volonté de dominer, explique Yvonne Knibiehler (1). Un homme qui épouse une fille vierge espère lui révéler le plaisir de la chair ; ainsi il la rendra amoureuse et elle lui sera fidèle… Du moins, c’est ce qu’il espère…» En réaction à cette domination masculine, des femmes s’emparent de la virginité comme d’un moyen d’entrer en résistance.

Cela peut paraître paradoxal, mais dans le cadre de la culture chrétienne naissante, dès le IIe siècle après J.-C., la seule manière pour les femmes de se «libérer» consiste à faire ceinture… définitivement. Manière de dire qu’elles n’ont pas besoin de mâle. Elles veulent être les seules à posséder leur corps. L’image de la pucelle – dopée par la légende de «la Vierge Marie» – est associée à celle du guerrier. Elle véhicule des valeurs viriles et c’est pourquoi la virginité fait l’objet d’un si fort engouement chez celles qui ne veulent pas subir le sort commun (mariage, grossesses à répétition, décès lors d’un accouchement). Les sages-femmes qui détiennent le monopole du savoir sur le corps de la femme affirment être capables de «voir» si une femme est intacte ou pas, ce qui leur donne un pouvoir dans la société : elles contribuent à créer et protéger une armée de vierges… parfois assimilées à des sorcières. Qui sont ces filles qui se refusent et défient l’ordre ? Les premiers médecins hommes contestent donc le savoir des sages-femmes et certains affirment que l’hymen – un mot qui entre vraiment en usage au XVe siècle (2) – est une charlatanerie. Ont-ils si tort ?

Ambroise Paré fait partie des premiers à monter au front contre l’ingérence de sages-femmes dans l’anatomie intime (3) et par là même dans l’ordre social. Il affirme n’avoir jamais vu d’hymen sur les cadavres qu’il a disséqué : il «proteste l’avoir cherchée à plusieurs filles mortes à l’Hôtel-Dieu de Paris, âgées de 3, 4, 5 et jusques à 12 ans, et jamais je ne l’ay pu apercevoir.» Yvonne Knibiehler note : «Une vive controverse se développera sur ce sujet, au cours du XVIe. Le Flamand André Vésale, désigné comme "le plus grand anatomiste de tous les temps", affirme, contre Galien, la présence de l’hymen chez les vierges, alors qu’Ambroise Paré, assurément le plus illustre chirurgien de son siècle, nie l’existence d’aucune membrane. […] Les sages-femmes qu’il interroge ne sont même pas d’accord sur l’emplacement de ladite "taye" [taie]. Paré condamne le faux savoir des matrones et, plus encore, les juges qui leur font confiance en cas de procès pour viol. Il est l’un des premiers auteurs à traiter de gynécologie en langue vulgaire : son savoir est accessible aux gens peu cultivés, et ses confrères le lui reprochent. Notons qu’il est huguenot, qu’il ne vénère pas la Vierge Marie. La polémique opposant Vésale et Paré se poursuivra jusqu’aux Lumières».

Dès le milieu du XVIIIe siècle, alors même que l’on découvre les ovaires et qu’il n’est dès lors plus besoin de faire jouir les femmes pour qu’elles engendrent, la notion de virginité est remise sur le tapis dans un contexte très défavorable au «sexe faible». Désormais, il n’est plus nécessaire d’initier les jeunes filles au plaisir. Il importe seulement de vérifier qu’elles sont bien pucelles le soir de la nuit de noce, afin que les enfants soient «du bon sang». La virginité, petit à petit, est ramenée à la portion congrue : l’hymen. La littérature bourgeoise fait son apparition, caractérisée par des histoires de jeunes filles «pures» qui se refusent à leur séduisant persécuteur : elles ne cèdent que s’il les épouse. L’hymen, que les médecins comparent à la barrière protectrice de la pudeur, devient l’enjeu principal des stratégies matrimoniales. Chaque fille apprend que son honneur dépend de ce bout de membrane. Des érudits affirment que l’hymen a été «inventé par la Providence» pour empêcher les femmes de céder aux appels de leur volupté. C’est «un obstacle souvent difficile à vaincre», affirme Jacques Louis Moreau de la Sarthe qui sous-entend par là que la femme doit endurer un tel «déchirement» et souffrir de telles «douleurs» pour obtenir «un éclair de plaisir» que cela calme un peu ses ardeurs.

Désormais, la femme doit avoir mal. Elle doit se faire déflorer puis accoucher dans le sang. C’est dans ce contexte de répression que s’élèvent quelques voix dissidentes. Dans le texte «De la Puberté», publié au tome II de l’Histoire naturelle, Buffon explique que l’hymen est une fiction. C’est une vertu qui «ne consiste que dans la pureté du cœur» et dont on a fait à tort un objet physique en l’incorporant, ainsi que l’explique Thierry Hoquet sur le site qui présente les textes. L’hymen est pour Buffon «une idole», une idée fausse «qui fait plaisir à croire», et sur laquelle est bâtie tout un ordre social : «Les hommes jaloux des primautés en tout genre, ont toujours fait grand cas de tout ce qu’ils ont cru pouvoir posséder exclusivement et les premiers ; c’est cette espèce de folie qui a fait un être réel de la virginité des filles. La virginité qui est un être moral, une vertu qui ne consiste que dans la pureté du cœur, est devenue un objet physique dont tous les hommes se sont occupés ; ils ont établi sur cela des opinions, des usages, des cérémonies, des superstitions, et même des jugements et des peines ; les abus les plus illicites, les coutumes les plus déshonnêtes, ont été autorisés ; on a soumis à l’examen de matrones ignorantes, et exposé aux yeux de médecins prévenus, les parties les plus secrètes de la Nature, sans songer qu’une pareille indécence est un attentat contre la virginité… » (cf. tome II, p. 492).

Bien qu’il ait été publié en 1749 ce texte est d’une criante actualité car ce que Buffon dénonce – par le biais de l’hymen – c’est la tendance générale dans notre société (qui se croit toujours si libérée) à confondre le physique et le moral. La sexualité n’est pas une simple affaire d’organes génitaux. La virginité qui relève du spirituel ne peut être ramenée à quelque chose d’aussi anecdotique que l’intégrité de l’hymen. Vouloir, sans cesse, trouver un fondement anatomique ou génétique pour justifier nos systèmes de valeur et nos croyances : quelle absurdité.

*La Virginité féminine de Yvonne Knibiehler, Odile Jacob, 2012.

«J’enviais la félicité des bêtes, — les chenilles, qui représentent l’innocence des limbes, les taupes, le sommeil de la virginité !» (Rimbaud, «Alchimie du verbe», dans le recueil de poèmes : Une saison en enfer)

  1. Cette citation est extraite d’une interview publiée dans le magazine Causette actuellement en kiosque : Causette octobre 2014. Dossier»Je ne suis pucelle que vous croyez».
  2. Le mot «hymen«entrera vraiment en usage au cours du XVe siècle, sous la plume de Michel Savonarole, pour qui «le col est voilé par une membrane subtile dite hymen, qui se trouve rompue lors de la défloration et ainsi le sang sort». (La Virginité féminine d’Yvonne Knibiehler)
  3. Antonio Fischetti affirme dans son ouvrage L’angoisse du morpion avant le coït que lorsqu’on présente des pucelles aux gynécologues, ils ne parviennent à authentifier que 60% d’entre elles. Rien de plus difficile à déterminer que le pucelage. L’hymen est un tissu qu’un rien désagrège et les petites filles se le rompent souvent sans même s’en apercevoir, toutes intéressées qu’elles sont par se toucher le berlingot. Il y a des femmes qui n’ont pas d’hymen. D’autres dont l’hymen est si fragile qu’il cède à «la plus légère atteinte». D’autres encore dont l’hymen est au contraire si élastique qu’il ne rompt jamais et qu’elles gardent «l’apparence chaste» en dépit de tous les assauts. Bref. Fonder sur un ressort aussi ténu, fragile et trompeur «l’honneur» ou la «pureté» d’une femme… c’est s’exposer soi-même au ridicule.
Source: sexes.blogs.liberation.fr.

b146 La sexualité à la cinquantaine.

L’enquête internationale "Taking Control" réalisée par Lilly en mai 2013 auprès de 1 513 hommes et femmes de 8 pays avait pour but d’étudier les désagréments occasionnés par les troubles urinaires liés à l'HBP ou la DE.
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Zoom sur différents résultats extraits de cette enquête. La période la plus heureuse de la vie : oui mais…

La cinquantaine aujourd’hui ouvre une période de nouvelle jeunesse avec un rebond du sentiment de bien-être qui culmine vers 70 ans.

C'est cependant parfois aussi l'âge des premiers dysfonctionnements physiques, par exemple les troubles urinaires liés à l’HBP ou la DE. Rappelons que la DE est l’incapacité à obtenir ou à maintenir une érection suffisante pour permettre une activité sexuelle satisfaisante. Elle peut survenir épisodiquement, de façon plus régulière, voire devenir permanente. Elle peut avoir diverses origines telles que l’âge, des comorbidités (diabète, maladies cardiovasculaires et neuropathies) ou des facteurs psychologiques (anxiété de la performance, peur de laisser apparaître sa fragilité ou des troubles de l’identité). Près d’un homme sur 3 après 40 ans connait de temps à autre des problèmes d’érection et près d’un homme sur 2 après 60 ans. Pour leur part, les troubles urinaires liés à une HBP touchent plus d’un homme sur 2 après 50 ans.

L’activité sexuelle pâtit fortement de la survenue des troubles urinaires ou de l’érection avec un impact non négligeable sur la vie du couple. La sexualité fait en effet partie du Top 5 des moments que les couples aiment partager à deux, aux côtés des voyages, des dîners en tête à tête, de la détente à la maison, et des sorties…(1). Ces difficultés sur le plan sexuel retentissent sur la relation et la qualité de vie: les hommes «prennent un coup de vieux» (70 %) et les femmes se sentent moins épanouies dans leur vie sexuelle (72 %) (1).

Un sujet difficile à aborder

Malgré cela, les hommes apparaissent peu enclins à consulter un professionnel de santé: 23 % de ceux qui souffrent de DE et 25 % de ceux qui présentent une HBP ont attendu plus d’un an avant d’initier une prise en charge, alors que 69 % des hommes et 80 % des femmes pensent que des solutions existent (1).

Le rôle clé de la partenaire

Une grande majorité d’hommes (58 %) soulignent leur besoin de soutien de la part de leur partenaire face à ces troubles (1). En particulier, cette dernière va jouer un rôle important dans la recherche d’information sur ces pathologies et motiver l’homme dans la décision de chercher une solution. Elle a également souvent un rôle apaisant et dédramatisant.

Dr Catherine Azoulay

Références
Communiqué de presse Lilly – 2 octobre 2014 : « Plaisirs et déplaisir de la vie de couple à la cinquantaine ». Résultats de l’enquête Taking Control réalisée par Lilly.
(1) Etude Taking Control : an international survey examining how erectile dysfunction and HBP symptoms are affecting the lives of couples Lilly Juin 2013.

Source: jim.fr.

b145 Alerte sur le poppers.

Dans un point d’information, l’ANSM souhaite attirer l’attention des professionnels de santé sur les signes d’intoxication liés à la consommation de poppers.
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Ces préparations liquides très volatiles, contiennent des nitrites d'alkyles dont des nitrites de butyle et des nitrites de pentyle, conditionnés en fioles de 8 à 30 ml et destinés à être inhalé. Leur utilisation, d’abord limitée au milieu homosexuel, s’est étendue à une population plus jeune dans un contexte collectif. Après avoir été interdits entre 2007 et 2011, le poppers est à nouveau en vente libre en France depuis 2013. L’action du poppers est liée à la libération de monoxyde d’azote dans l’organisme entraînant une relaxation des muscles lisses, une vasodilatation importante mais aussi une euphorie d’apparition rapide (15 secondes) et durant 5 à 10 minutes, note l’ASNM.

Une augmentation de la consommation, en particulier chez les jeunes

La consommation de poppers a fortement augmenté chez les jeunes, « dans un contexte d’usage collectif et récréatif », insiste l’ANSM. De nouveaux cas graves d’intoxication et de décès ont été signalés aux différents réseaux de vigilance ainsi que des cas d’abus et de pharmacodépendance -- indique l’ANSM. En France, en 2011, 7,2 % des 15-16 ans déclaraient en avoir consommé au cours des 30 derniers jours (données Enquête sur la Santé et les Consommations lors de l'Appel de Préparation À la Défense ESCAPAD 2011 ; Observatoire français des drogues et des toxicomanies). L’initiation se fait habituellement à l’âge de 16 ans, et ce comportement est plus fréquent parmi les garçons. D’après le Baromètre de la santé 2010, en France, 5,3% des 18-64 ans en avaient consommé au cours de leur vie alors qu’ils n’étaient que 3,9 % en 2005.

146 cas graves dont 6 décès en 12 ans

D’après l’ASNM, entre 1999 et mars 2011, 940 cas d’exposition au poppers dont 817 symptomatiques ont été collectés en France, principalement par les réseaux de toxicovigilance (CAPTV) et d’addictovigilance (CEIP). Parmi ces cas symptomatiques, 146 étaient graves (méthémoglobinémie élevée, cyanose, troubles respiratoires et cardiaques, coma) et 6 ont conduit au décès. Et depuis 2011, « de nouveaux cas graves d’intoxication et de décès ont été signalés aux différents réseaux de vigilance ainsi que des cas d’abus et de pharmacodépendance », indique l’agence.

Y penser en cas d’atteintes oculaires chez les jeunes

Sur 883 cas d’exposition recueillis par le réseau de toxicovigilance sur la période 1999-2010, 34 cas d’atteintes oculaires se traduisant principalement par une baisse d’acuité visuelle ont été enregistrés. Dans un article publié dans le New England Journal of Medecine en 2010, le Dr Catherine Vignal-Clermont (Fondation Ophtalmologique Adolphe de Rothschild, Paris) et des médecins de l’hôpital des quinze-vingts ont rapporté plusieurs cas de dommages rétiniens pouvant entraîner une perte visuelle prolongée. L’ANSM précise que la diminution de l’acuité visuelle est le plus souvent partiellement ou totalement régressive.

Autres risques liés à la consommation de poppers :urgentistes, ophtalmologues

Dans le contexte de la remise en vente libre et compte tenu du fait que les effets du poppers sont souvent méconnus et sous-notifiés, l’ANSM a également souhaité attirer l’attention des professionnels de santé sur les risques cardiovasculaires, neurologiques, sanguins et psychiques associés. Les risques liés à la consommation de poppers identifiés par les réseaux existants sont les suivants :

  • troubles cardiovasculaires : tachycardie, hypotension artérielle, malaise voire collapsus cardiovasculaire ;
  • nausées, vomissements, flush transitoire, irritations cutanées du nez et des lèvres, céphalées, une hypertension intracrânienne peut également survenir ;
  • troubles sanguins : hémolyse aiguë provoquant une insuffisance rénale aiguë et une acidose métabolique, hémolyse chronique en cas d’utilisation continue, ou méthémoglobinémie à l’origine d’une cyanose. A partir de taux plus élevés sont également retrouvés des signes d’hypoxie tissulaire pouvant entraîner dyspnée, douleur angineuse, convulsions, voire un coma ;
  • troubles psychiques : intrépidité, impulsivité, anxiété, épisodes dépressifs voire suicides, troubles cognitifs de l’apprentissage, de la mémoire et de l’attention, troubles obsessionnels et compulsifs ;
  • abus et pharmacodépendance.
  • L’ANSM rappelle également que tout cas d’abus ou de dépendance détecté devra être notifié au CEIP et que toute intoxication devra être signalée au CAPTV (coordonnées sur le site Internet de l’Ansm ou dans le dictionnaire Vidal).
Alors qu’en Allemagne, en Belgique ou aux Etats-Unis, entre autres, la commercialisation du « poppers » est prohibée depuis plusieurs années, au cours des 25 dernières années, en France, les tentatives d’interdiction à la vente ont été retoquées plusieurs fois par le Conseil d’Etat.

1990 : décret d’interdiction de la vente et de la distribution gratuite au public des produits dits « poppers » contenant des nitrites de butyle ou de pentyle ou leurs isomères.

2007 : décret d’interdiction de la fabrication, l’importation, l’offre, la détention en vue de la vente ou de la distribution à titre gratuit, la mise en vente, la vente ou la distribution à titre gratuit des produits contenant des nitrites d’alkyle aliphatiques, cycliques ou hétérocycliques et leurs isomères destinés au consommateur et ne bénéficiant pas d’une autorisation de mise sur le marché.

2009 : décision du Conseil d’Etat annulant le décret de 2007.

2011 : arrêté d’interdiction de la vente et la cession au public de tous les poppers.

2013 : annulation de l’arrêté de 2011 par le Conseil d’Etat à la demande du SNEG, New Millenium Production et Men's Club. Le Conseil d'État a motivé sa décision principalement sur deux points: la faible toxicité du produit aux doses habituelles de consommation et l'absence de pharmacodépendance et d'abus.

Source: medscape.fr.

b144Grossesse et traitements anticancéreux.

L’exposition in utero à la chimiothérapie ou la radiothérapie n’exposerait pas à plus de problèmes cardiaques ou mentaux, d’après deux petites études présentées au congrès de l’ESMO 2014 [1,2].
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« Nos résultats apportent plus d’informations aux médecins et aux patients et les aideront à prendre des décisions dans des situations complexes », soulignent les auteurs, le Pr Frédéric Amant (Institut du cancer de Louvain, Belgique) et coll.

Une étude sur l’exposition à la chimiothérapie administrée pendant la grossesse

Dans la première étude cas-contrôles internationale, l’équipe du Dr Amant a évalué le développement mental et cardiaque de 38 enfants exposés à la chimiothérapie pendant la grossesse. Lorsque la chimiothérapie est administrée après le premier trimestre de grossesse, nous n’observons aucun problème chez les enfants -- Pr Frédéric Amant Les enfants ont été enrôlés à partir du registre International Network for Cancer, Infertility and Pregnancy (INCIP) et comparés à des sujets contrôles non-exposés à la chimiothérapie pendant la grossesse. Les mères étaient principalement atteintes de cancers du sein (61%) et d’hémopathies malignes (22%). Elles avaient reçu des anthracyclines pour 61% d’entre elles. Quatre cycles, en moyenne, avaient été administrés (de 1 à 7).

A un âge moyen de 2 ans (18 à 42 mois), les capacités mentales mesurées par l’indice de développement mental étaient normales dans les deux groupes, sans différence statistiquement significative. L’anatomie et les fonctions cardiaques, mesurées par échographies cardiaques et électrocardiogrammes, n’étaient pas, non plus, altérées. Aucune corrélation n’a été observée entre le nombre de cycles de chimiothérapie et l’indice de développement mental. En revanche, il existait une association entre l’âge gestationnel (lié à une éventuelle prématurité) et l’indice de développement mental pour tous les enfants. L’indice de développement mental augmentait de 2,65 points pour chaque semaine de grossesse de gagnée.

D’autres travaux sont en cours pour évaluer l’impact des différents types de chimiothérapie en détail et l’effet de la chimiothérapie sur un plus long terme. En parallèle, des études sur un plus grand nombre d’enfants sont également nécessaires pour confirmer ces données, notent les auteurs. « Lorsque la chimiothérapie est administrée après le premier trimestre de grossesse, nous n’observons aucun problème chez les enfants. La crainte des risques associés à la chimiothérapie ne devrait pas être une raison pour interrompre la grossesse, retarder le traitement de la mère ou programmer un accouchement prématuré », a commenté le Pr Amant.

Une étude sur l’impact de la radiothérapie administrée pendant la grossesse

Dans la seconde étude, Le Pr Amant et coll. ont enrôlé 16 enfants (âge moyen 6 ans ; de 1,5 à 9,6 ans) et 10 adultes (âge moyen 33 ans ; de 22 à 49 ans) qui ont été exposés à la radiothérapie in utero (registre International Network on Cancer, Infertility and Pregnancy/INCIP).

Les enfants ont été examinés à 1,5, 3, 6 ou 9 ans. Ils ont bénéficié d’échocardiographies, d’un examen neurologique clinique, de tests cognitifs et de questionnaires sur leur état de santé et sur leur comportement. Les adultes ont eu des échocardiographies, et des questionnaires sur leur état de santé et sur leur comportement. Les données échocardiographiques ont été comparées à celles de sujets contrôles appariés pour l’âge et le sexe. Les niveaux moyens d’irradiations maternelles et fœtales estimés étaient respectivement de 48 Gy (12 à 70) et de 91 mGy (0 à 1690).

Jusqu’ici, la grossesse, en particulier à un stade avancé, était traditionnellement considérée comme une contre-indication à la radiothérapie -- Dr Fedro Alessandro Peccatori Il s’agit de la première étude de ce type sur le long terme et elle montre que les fonctions cardiaques sont normales et que le développement neuropsychosocial et comportemental et l’état de santé général sont dans les normes.

Seul un des enfants avait un retard cognitif important mais il avait reçu des doses relativement peu importantes (34 mGy) et d’autres complications obstétricales pouvaient expliquer ce retard. La mère était atteinte d’un lymphome primitif du système nerveux central agressif et son état général était altéré (somnolence maternelle, hémiplégie et alimentation parentérale). L’enfant est né prématurément. Globalement, aucune relation linéaire entre les doses d’irradiation fœtales et le développement cognitif n’a été observée. Cependant, là encore, des études de plus grandes tailles seront nécessaires pour confirmer ces données.

« Jusqu’ici, la grossesse, en particulier à un stade avancé, était traditionnellement considérée comme une contre-indication à la radiothérapie. Les nouvelles techniques de radiothérapie et les simulations plus sophistiquées de la dose fœtale reçue pourraient changer ce scénario. Cependant, il faut rester prudent, en particulier au troisième trimestre de grossesse », a commenté le Dr Fedro Alessandro Peccatori (Service de gynécologie oncologie à l’Institut Européen d’Oncologie), non impliqué dans l’étude.

Les auteurs n’ont pas de liens d’intérêt en rapport avec le sujet.

REFERENCES :

  1. Amant F. Et coll. Cancer during pregnancy: a case-control analysis of mental development and cardiac functioning of 38 children prenatally exposed to chimiotherapy. 267PD_PR. Esmo 2014
  2. Amant F. Et coll. Long-term neuropsychological and cardiac follow-up of children and adults who were antenatal exposed to radiotherapy. 49LBA_PR. Esmo 2014.
Source: medscape.fr.


b143Une vasectomie imparfaite.

Plus d'un an après la vasectomie de son mari, Cathy est tombée enceinte de son septième enfant.
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Le couple attaque son chirurgien pour manquement au suivi post-opératoire, défaut d'information et pour le préjudice physique et moral subi par la patiente et sa famille.

En 2007, après la naissance de leur sixième bébé, Cathy et son époux, originaires de Thouars (Deux-Sèvres) décident d'avoir recours à une vasectomie, rapporte la Nouvelle République . Plus d'un an après l'opération Cathy doit être opérée pour une éventration due à trois césariennes. Alors qu'elle ressent des symptômes de grossesse, son chirurgien de l'hôpital de Thouars, le même qui a opéré son mari, ignore ces signes et mène l'intervention, suivie d'une autre opération à cause de complications. Quelques jours plus tard, Cathy effectue un test : elle est enceinte d'un mois et demi.

Depuis, un test ADN a prouvé que le mari de Cathy est bien le père de l'enfant, qui est né sans séquelles, d'une césarienne.

Le couple porte alors l'affaire en justice, soutenant que le chirurgien a manqué à son obligation de suivi post-opératoire en ne réalisant pas de tests pour vérifier la stérilité du mari de Cathy, ni la grossesse de celle-ci. Le couple demandera à être indemnisé devant le tribunal de grande instance de Niort, dans quelques semaines, à la fois pour le préjudice physique d'une grossesse difficile subie par Cathy, et pour les "sept ans de galère" de la famille, confrontée à des soupçons d'infidélité et des frictions avec leur entourage.

Cette affaire sans précédent remet en cause les données scientifiquement admises quant à l'efficacité de la vasectomie. Les possibilités de fertilité "résiduelle" ne durent en principe que 24 semaines au maximum.

Source: lanouvellerepublique.fr.

b142 Le cancer du sein chez l'homme.

En ce mois d'Octobre rose, on parle beaucoup de la lutte contre les cancers du sein chez les femmes. Mais 1% de ces derniers concernent également les hommes.
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Kader S. a appris qu'il faisait partie de ces rares cas il y a un an et demi. Une annonce difficile à encaisser. Il raconte.
En décembre 2012, je me suis rendu compte que j’avais une petite boule, de la taille d’un petit poids, au sein droit. Je pensais que c’était un simple kyste, je n’en ai pas parlé tout de suite à mon médecin.

Je m'attendais à un cancer du poumon, pas du sein
Étant diabétique et hypertendu, je dois faire une visite médicale tous les trois mois. En mars 2013, voyant que la boule grossissait, j’en ai parlé à mon généraliste, qui m’a prescrit des examens. J’ai fait une échographie, une mammographie, puis une biopsie une semaine plus tard.

Environ huit jours se sont écoulés avant que mon médecin traitant reçoive les résultats. Il m’a appelé pour me dire qu’il avait une mauvaise nouvelle et qu’il fallait que l’on se voie rapidement. Le diagnostic a été terrible : "Tu as un cancer du sein." Ça m’a fait un choc énorme. Je m’attendais à un cancer du poumon, de la gorge. À tout, sauf à ça. Je ne savais même pas, à l’époque, qu’un homme pouvait avoir un cancer du sein. Mes proches ne m’ont pas cru. Ma famille non plus. Mon grand frère m’a répondu "mais ça va pas ? Tu ne moques de moi ?". Ce n’est qu’une fois l’opération passée qu’ils ont vraiment commencé à réaliser.

J'étais le seul patient masculin à l'hôpital
En juin 2013, j’ai reçu une lettre de l’hôpital me disant que j’allais pouvoir passer sur le billard. Ils m’ont enlevé les ganglions sentinelles, puis j’ai suivi 20 séances de radiothérapie et 70 séances de kiné. Dans le service de l’hôpital, il n’y avait que des femmes. Moins de 1% des cancers du sein affectent les hommes, il a fallu que ça tombe sur moi… Mon cas est si rare que, lorsque la femme de ménage a frappé à la porte de ma chambre le premier jour, elle a lancé un "bonjour madame". En 22 années de ménage dans l’établissement, elle n’a connu que 6 ou 7 cas d’hommes ayant le cancer du sein.

Le pire ? Les séances de radiothérapie
Le deuxième choc, après l’annonce, a été le moment où j’ai enlevé le pansement après l’opération. Je me suis regardé dans la glace, j’avais un creux sur le côté droit. Aujourd’hui, j’ai encore mal, mais je suis bien suivi. Je dois faire des analyses tous les trois mois, prendre un médicament – le Tamoxifen – pendant cinq ans, et je dois bientôt faire une nouvelle mammographie pour vérifier le sein gauche. Je fais 40 km tous les jours en bus et en métro pour me rendre à mes séances de kinésithérapie, c’est épuisant.

Ce sont les séances de radiothérapie qui m’ont fait le plus souffrir, j’avais l’impression que la moitié de ma poitrine était toute brûlée, je ne supportais plus les pyjamas, les chemises, ni aucun vêtement sur ma peau.

Je me palpe les seins tous les soirs
Cette maladie a été un vrai choc dans la mesure où je n’avais jusqu’alors aucun antécédent génétique. Personne, dans ma famille, n’a eu de cancer, ni de diabète ou d’hypertension, d’ailleurs. Mon père, lui, a vécu jusqu’à 92 ans.

Chaque soir, je me palpe les seins pour vérifier qu’il n’y a pas de boule. Cet acte n’a rien d’honteux, au contraire, il est indispensable. Tous les hommes devraient, comme moi, se toucher la poitrine, et consulter un médecin au moindre doute. Il faut que tout le monde en prenne conscience : les hommes ne sont pas à l’abri du cancer du sein.

Source: leplus.nouvelobs.com.

b141 Les réactions cérébrale face à la séduction.(EN)

research may reveal what happens in female brains during courtship, mating". What are the complex processes in the brain involved with choosing a mate, and are these processes different in females versus males?
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It's difficult to study such questions in people, but researchers are finding clues in fruit flies that might be relevant to humans and other animals. This image illustrates the circuit controlling sexual receptivity, as we now understand it. The sketch shows a transparent fly with the female reproductive system and nervous system. In dark orange are the neurons that we now know to be central for controlling sexual receptivity -- as you can see they connect the uterus to the brain.

What are the complex processes in the brain involved with choosing a mate, and are these processes different in females versus males? It's difficult to study such questions in people, but researchers are finding clues in fruit flies that might be relevant to humans and other animals. Three different studies on the topic are being published in the Cell Press journals Neuron and Current Biology.

Work over the past 100 years has largely focused on the overt courtship behaviors that male flies direct toward females. However, the female ultimately decides whether to reject the male or copulate with him. How does the female make this decision? In one Neuron paper, researchers report that they have identified two small groups of neurons in the female brain that function to modulate whether she will mate or not with a male based on his distinct pheromones and courtship song. In this paper, a team led by Dr. Bruce Baker of the Howard Hughes Medical Institute's Janelia Farm Research Campus in Virginia also reports that these neurons are genetically distinct from the previously identified neurons that function to drive the elaborate courtship ritual with which a male woos a female. "An understanding of the neural mechanisms underlying how sensory information elicits appropriate sexual behaviors can be used as a point of comparison for how similar sexual behavior circuits are structured and function in other species," says Dr. Baker.

In the Current Biology study, Dr. Leslie Vosshall of The Rockefeller University in New York City and her team found that a small group of neurons in the abdominal nerve cord and reproductive tract -- called Abdominal-B neurons -- is necessary for the female to pause her movement and interact with a courting male. When the neurons are inactivated, the female ignores the male and keeps moving, but when the neurons are activated, the female spontaneously pauses. "Sexual courtship is a duet -- the male and female send signals back and forth until they reach the point that copulation proceeds," says Dr. Jennifer Bussell, the lead author of the study. "Pausing to interact with a male, rather than avoiding him, is a crucial step in any female's behavior leading to copulation. Tying a group of neurons to this particular response to males will allow us to dissect in detail how female mating circuitry functions."

In another Neuron paper, researchers studied the effects of a small protein called sex peptide that is transferred along with sperm from males to females and is detected by sensory neurons in the uterus. Sex peptide changes the female's behavior so that she is reluctant to mate again for about10 days. The investigators traced the neuronal pathway that is modulated when the uterus's sensory neurons detect sex peptide. "Thanks to our work, we think the sex peptide signal goes to a region of the fly's brain that is the homolog of the hypothalamus, which has been know for many years to be central in controlling sexual receptivity in vertebrates," explains co-lead author Dr. Mark Palfreyman of the Research Institute of Molecular Pathology in Vienna, Austria. This region of the brain links the nervous system to the endocrine, or hormonal, system. "Of course, these models will still need to be tested and our work only provides an initial glimpse, but our study opens the possibility that analogous neuroendocrine systems control sexual receptivity from flies to vertebrates," adds senior author Dr. Barry Dickson, who was also a co-author on the Current Biology paper published by Dr. Vosshall.

Story Source: The above story is based on materials provided by Cell Press. Note: Materials may be edited for content and length.

Journal References:

  1. Kai Feng, Mark T. Palfreyman, Martin Häsemeyer, Aaron Talsma, Barry J. Dickson. Ascending SAG Neurons Control Sexual Receptivity of Drosophila Females. Neuron, 2014; 83 (1): 135 DOI: 10.1016/j.neuron.2014.05.017
  2. Chuan Zhou, Yufeng Pan, Carmen C. Robinett, Geoffrey W. Meissner, Bruce S. Baker. Central Brain Neurons Expressing doublesex Regulate Female Receptivity in Drosophila. Neuron, 2014; 83 (1): 149 DOI: 10.1016/j.neuron.2014.05.038
  3. Bussell et al. Abdominal-B Neurons Control Drosophila Virgin Female Receptivity. Current Biology, July 2014

b140 Pas plus de rupture chez les couples gays.(EN)

When gays and lesbians have access to government-sanctioned marriage, or engage in highly committed "marriage-like" unions, their rates of break-up are the same as those of heterosexuals, a new study finds.
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The study was released Monday, coinciding with an announcement from the U.S. Supreme Court that it would refuse to hear cases from five states seeking to maintain bans on same-sex marriage. Experts believe that this decision raises the odds that same-sex marriages will be recognized in those states.

The data used in the study covers 2009 through 2012, before the Supreme Court decision overturning the Defense of Marriage Act (DOMA). That decision helped encourage many more states to support same-sex marriage. However, even the earlier data used in the current study suggests that "same-sex couples and heterosexual couples have statistically indistinguishable rates of [marriage] breakup," according to the study's author, Michael Rosenfeld, associate professor of sociology at Stanford University.

The study appears in the October issue of the Journal of Marriage and Family . Rosenfeld noted that prior research suggested that same-sex relationships might not be as stable over the long term as straight couples. However, none of those studies had access to the nationally representative data of his new report. In the new study, information was collected through successive surveys about How Couples Meet and Stay Together. Beginning in 2009, these polls tracked the relationships of about 3,000 American couples and followed them year by year through 2012.

Nearly 500 of the pairings in the surveys were same-sex couples. Of course, between 2009 and 2012 many states did not sanction same-sex marriages. For that reason, Rosenfeld also included "marriage-like" unions such as domestic partnerships, civil unions, and other arrangements "that include a strong interpersonal commitment" from each partner, he said.

He found that -- for couples in either a marriage or a marriage-like union -- the annual break-up rate for either straight or gay couples was below 3 percent. Additionally, there wasn't a significant difference in the annual break-up rate for gay male couples or lesbian couples. The ability of same-sex couples to legally marry within their state seemed to raise the longevity of relationships, Rosenfeld added. Based on the study data, "married couples [either straight or gay] are dramatically more likely to stay together than unmarried couples at all levels of relationship quality and at all relationship durations," Rosenfeld wrote.

And, legislation did seem to encourage marriage or marriage-like unions among gay or lesbian couples, he added. For example, in the survey conducted in 2009, "the percentage of same-sex couples who were married was 42 percent in states that recognized same-sex couples (in any way) compared to a 28 percent rate of marriage for same-sex couples who lived in states that did not recognize formal unions for same-sex couples," Rosenfeld wrote.

In the end, the study suggests that, "across all types of couples, couple stability appears to be primarily a function of the couple's own history, their relationship longevity, and their marital commitment," Rosenfeld said.

Source: webmd.com.

b139 Un penis in vitro?

Une doctorante du Wake Forest Institute for Regenerative Medicine, Hannah Baker, analyse un muscle conçu en laboratoire.
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 Un espoir pour les hommes souffrant de troubles érectiles, mais pas pour les personnes souhaitant changer de sexe.

L'information peut prêter à sourire. Elle peut pourtant avoir des incidences considérables sur le quotidien d'individus en souffrance: des chercheurs du Wake Forest Institute for Regenerative Medicine, en Californie, envisagent de pouvoir tester sur l'homme des pénis cultivés en laboratoire d'ici 2020.

«Nous essayons d'obtenir l'approbation de l'Agence américaine des produits alimentaires et médicamenteux [la FDA]», a confié au Guardian Anthony Atala, à la tête d'une équipe de 300 personnes qui planche depuis 1992 sur la possibilité de créer artificiellement, en laboratoire, un pénis, dans le but de le greffer.

Comme le note le site I Fucking Love Science (IFLS), le Wake Forest Institute for Regenerative Medicine est un des leaders de la médecine régénérative: «En 1999, ils sont devenus les premiers au monde à implanter avec succès sur un humain un organe cultivé en laboratoire.» Il s'agissait alors d'une vessie. S'en est suivie une série d'organes, «30 zones du corps différentes» précise IFLS: «reins, coeurs, vessies, urètres et même vagins» , liste de son côté Mashable. Jusqu'au pénis.

Ce n'est qu'en 2008 que les chercheurs réalisent, raconte The Guardian, que cette éventualité est envisageable pour l'homme. Ils parviennent alors à concevoir et greffer 12 pénis fonctionnels à des lapins. «Tous ont essayé de s'accoupler avec une femelle, huit ont réussi à éjaculer et quatre ont ensuite obtenu une progéniture», reprend IFLS, qui décrit en ces termes le processus qui permet d'obtenir un pénis de laboratoire: «Ils obtiennent d'abord un pénis d'un donneur et retire toutes les cellules de ce dernier avec un détergent. Les chercheurs s'occupent ensuite d'une structure en collagène qu'ils ensemencent avec une combinaison de tissu musclaire lisse et de cellules endothéliale [présentes au niveau de la couche la plus interne des vaisseaux sanguins, en contact avec le sang, NDLR] de la personne qui recevra la greffe.»

«Imaginez cela comme s'il s'agissait d'un bâtiment, poursuit James Yoo, un membre de l'équipe scientifique, interrogé par le Guardian. Si vous enlevez les meubles et les gens, il reste toujours la structure principale du bâtiment. Ensuite, vous remplacez les anciens locataires par de nouveaux. C'est l'idée. Sauf que le bâtiment est un pénis, et les habitants des cellules.»

Ce procédé permettrait notamment de diminuer les risques de rejet, expliquent les chercheurs. Au-delà des complications d'ordre physiologiques, The Independent rappelle ainsi qu'en 2005, le premier homme à avoir reçu un don de pénis avait demandé à retirer la greffe deux semaines seulement après l'opération, en raison «de sévères problèmes psychologiques rencontrés par le bénéficiaire et sa femme», écrivait alors le docteur à l'origine de la greffe.

Cette utilisation des cellules du futur receveur limite néanmoins la portée de l'intervention. Comme le souligne IFLS, si les hommes souffrant de troubles, de déformations congénitales ou de mutilations peuvent espérer bénéficier à l'avenir d'une reconstruction, les personnes souhaitant changer de sexe ne semblent en revanche pas visées par la procédure.

A en croire les scientifiques cités par Mashable, les premiers bénéficiaires seront ainsi des hommes souffrant de troubles érectiles: «Il s'agira de remplacements partiels du penis, utilisant les cellules même du patient du pénis.»

Selon The Guardian, les travaux de l'équipe d'Anthony Atala s'inscrivent dans une réflexion plus large, sur «l'absolue nécessité» de générer artificiellement des organes, à l'heure d'une société marquée par le vieillissement, où les dons se font rares.

Source: slate.fr.

b138 L'orgasme féminin existe-t-il?

Un médecin italien spécialiste de la sexualité démontre qu'il est faux de parler d'orgasme vaginal ou clitoridien car ils n'existeraient pas. Il expose sa vérité dans le Journal of Sexual Medicine.
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Selon le Dr Vincenzo Puppo, l'orgasme vaginal n'existerait pas. De même que l'orgasme clitoridien ou utérin. Dans le Journal of Sexual Medicine , il explique que la notion de plaisir vaginal remonterait au temps de Freud et n'aurait aucune base scientifique. De là, il cite les nombreux auteurs qui ont expliqué que l'orgasme vaginal était lié à des zones érectiles féminines ce qui a abouti, selon lui, à des idées fausses sur la sexualité de la femme comme la définition du le bulbe clitoridien, du clitoris interne, du point G ou encore de l' éjaculation féminine. Toutes ces déclarations auraient contribué à rendre les femmes anxieuses par rapport à leurs corps et à leurs expériences sexuelles.

"Orgasme féminin" : le terme juste

Pour ce spécialiste italien, les organes génitaux féminins sont formés par les grandes lèvres et vestibules et disposent d'un appareil érectile. Celui-ci comprenant le clitoris, les petites lèvres, les bulbes vestibulaires et les corps spongieux. Le principal clitoris serait un organe externe (la partie interne étant non existante) et aurait trois tissus érectiles : le gland, le corps et les piliers. En ce qui concerne le vagin, il s'agirait uniquement d'un organe interne qui n'aurait aucune relation anatomique avec le clitoris. La distance entre le gland du clitoris et l'intérieur du vagin ne prédisposerait donc pas aux chances d'orgasmes chez la femme. De même, la taille du clitoris ne serait pas non plus un indicateur de capacités orgasmiques. Aux vues de tout cela, le Dr Puppo estime que les experts de la sexualité médicale doivent parler d'"orgasme féminin" et non d'orgasme du vagin, du clitoris...

La stimulation du clitoris, principal gage d'orgasme

"Pour les femmes, la stimulation clitoridienne est importante pour atteindre l'orgasme" conclut-il. Avant de rappeller que toutes ont un clitoris et de demander pourquoi tout simplement ne pas le stimuler pendant la pénétration avec les doigts ?

Source: medisite.fr.


Septembre 2014


b137 Le sexting est-il risqué?

La pratique du « sexting » - un mot-valise formé de « sexe » et de « texto »-, c’est-à-dire l’envoi électronique de textes ou de photographies
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à caractère ouvertement sexuel principalement par le biais des téléphones portables, prend de l’ampleur, notamment chez les adolescents. Faut-il s’en inquiéter ou s’agit-il d’une toute nouvelle pratique de drague, au même titre que les lettres d’amour enflammées d’autrefois (l’un n’empêchant pas l’autre) ? Une étude américaine, la première sur ce sujet brûlant, révèle que l’envoi de messages suggestifs précède de quelques mois les premières relations sexuelles chez les ados, mais ne s’accompagne pas de pratiques à risque (non protégées, sous l’effet de substances…) [1]. Pour Jeff Temple , professeur de psychologie et l’un des auteurs, ces résultats dédramatisent et banalisent la pratique du sexting, celle-ci devenant une nouvelle étape « normale » du développement sexuel adolescent, un peu comme un nouveau territoire de la Carte de Tendre… si ce n’est le danger lié à la diffusion tout azimut de ces images intimes.

Sexting et relations sexuelles : quid de l’œuf ou de la poule ?

Le sexting, phénomène qui concerne 15% à 28% des adolescents américains, et commence à s’installer en France, signe-t-il l’entrée dans la sexualité ou en est-il, à l’inverse, une conséquence ? Est-il un marqueur de pratiques à risque ? C’est pour répondre à ces questions, sans réponse jusqu’à présent, du fait de la nouveauté du phénomène, que Jeff Temple et HyeJeong Choi de l’université du Texas ont mené une enquête chez 1042 lycéens fréquentant 7 lycées publics texans dans le cadre d’une étude plus vaste intitulée Dating it safe. Les adolescents ont répondu de manière anonyme à un questionnaire remis au printemps 2011 puis en 2012. Les questions portaient, d’une part, sur leur pratique du sexting, à savoir, s’ils envoyaient des photos (par SMS ou e-mail) de nus d’eux-mêmes (sexting actif), s’ils demandaient des photos de nus à d’autres personnes ou s’il leur avait été demandé d’envoyer des photos d’eux nu (sexting passif). D’autre part, il leur était demandé s’ils avaient des relations sexuelles (que ce soit vaginales, anales, hétérosexuelles ou homosexuelles, mais hors fellation), s’ils utilisaient des préservatifs, combien de partenaires sexuels ils avaient et s’ils consommaient des substances (alcool, drogue) avant une relation sexuelle.

Des résultats qui diffèrent selon que le sexting est actif ou passif


Les participants étaient âgés de 16 ans en moyenne, étaient à 52 % des filles, les origines ethniques étaient diverses. Les résultats indiquent que les adolescents qui envoyaient des sextings en 2011 étaient plus susceptibles d’avoir eu des relations sexuelles dans l’année qui suivait (OR : 1,32 ; IC95% : 1,07-1,63) par rapport aux ados qui n’en envoyaient pas. En revanche, cette corrélation dans le temps n’était pas retrouvée chez ceux qui s’étaient vus demander des photos explicites ou en avaient demandées à d’autres (sexting passif). Contrairement à ce qui était attendu, le fait d’envoyer des sextings n’était en rien lié à des pratiques à risque (non protégées, grand nombre de partenaires, sous l’effet de substances…). A noter : dans l’étude, le fait d’avoir des relations sexuelles à l’entrée dans l’étude ne favorisait pas l’envoi de sexting dans l’année qui suivait, en revanche, les ados impliqués dans un « sexting passif » étaient plus susceptibles de verser dans le « sexting actif ».

Les auteurs reconnaissent un certain nombre de limites à leur étude (différences régionales possibles, exclusion des pratiques de fellation, etc) et notent qu’au vu de l’évolution des médias sociaux, il faudrait aussi se pencher sur des réseaux comme Snapchat qui permettent d’envoyer des images dont l’affichage est temporaire.

Ne pas s’affoler mais discuter et informer

Les conclusions des auteurs se veulent rassurantes, l’envoi de sexting constituerait une nouvelle étape « normale » du développement sexuel des adolescents.Interrogé par le New York Times, Jeff Temple précise sa pensée :«Je te montre le mien, si tu me montres le tien » est une pratique qui existe depuis longtemps. En revanche, c’est le média utilisé qui la rend différente et inquiétante. En soi, l’échange de photos intimes n’a rien d’anormal [2] ». Pour le psychologue, les parents qui découvrent que leur enfant envoie des sextings devraient y voir l’opportunité de parler avec leur ado avant qu’il ne démarre sa vie sexuelle, plutôt que de s’alarmer. Reste que si le sexting ne signe pas l’entrée dans la débauche des adolescents - avec les risques que cela comporte -, il existe un autre type de danger qui est que l’image intime soit partagée avec des personnes à qui elle n’était pas destinée initialement. Si contrairement à la pensée dominante, Jeff Temple ne considère pas le sexto comme étant en lui-même un comportement sexuel à risque, il admet cependant qu’il s’agit d’une forme différente de risque. «C’est « Tu me montres le tien, puis je le montre au monde entier » qui pose problème » reconnait-il. Cela exige des parents et des éducateurs de rappeler aux jeunes que lorsqu’une information est publique, elle le reste.

REFERENCES :

  1. Temple JR, Choi HJ. Longitudinal Association Between Teen Sexting and Sexual Pediatrics ; originally published online October 6, 2014.
  2. Dell’Antonia KJ. The Issue With Sexting Isn’t the Sex. It’s the Text. NY times, 6 octobre 2014.
Source: medscape.fr.

b136 Tampons vaginaux à la vodka....

La presse populaire se fait l’écho d’un phénomène récent chez les adolescents et les jeunes adultes : l’utilisation de tampons imbibés de vodka par voie vaginale ou rectale.
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Les dangers en demeurent mal précisés mais on peut dire qu’au minimum, il s'agit d'une pratique "osée". Le terme tampons imbibés de vodka (tampons vodka soaked) sur YouTube génère 134 résultats en Français et bien plus encore en Anglais (3).

Beaucoup sont des vidéos qui montrent des tentatives d’emploi des dits tampons. ( http://www.youtube.com/results?search_query=vodka+soaked+tampon). Mais à quel niveau d’alcoolisation peut conduire cette voie d’absorption clandestine ? C’est ce qu’ont voulu savoir SP Nordt et coll. qui ont effectué une expérience in vitro pour évaluer le volume d'éthanol absorbé à l'aide de tampons imbibés de vodka.

L’expérimentation a eu lieu sur quatre types de tampons disponibles dans le commerce : Tampax Super Perle absorption ; Tampax Perle absorption régulière ; Super absorbant Kotex U et tampon absorption régulière Kotex U. Chaque tampon a été submergé séparément dans 250 ml de vodka (Romanoff ; Westmont Ltd) dans un bécher pendant 10 minutes au chronomètre, tout en restant dans l'applicateur. Après 10 minutes, le tampon était retiré et le volume restant dans le récipient mesuré par cylindre gradué étalonné à des incréments de 1 ml. L’expérience a été répétée à trois reprises. Le volume moyen de chaque type de tampon a alors été calculé. Puis chacun des tampons a été retiré de son applicateur et placé à nouveau dans 250 ml de vodka et le volume absorbé mesuré au bout de 10 minutes.

Les volumes absorbés vont de 7 ± 2 ml (5-9 ml) à 11 ml ± 1,5 ml (10-13 ml). Le maximum absorbé par un type de tampon est de 15 ml. Sans applicateur, la quantité absorbée est de 31 ml, 30 ml, 25 ml et 29 ml, respectivement, avec une moyenne ± écart-type de 29 ± 3 mL.

Absorption de l’éthanol par voie vaginale ou rectale : inconnue…

L'administration rectale de médicaments peut être un moyen efficace d'absorption d’une molécule (4), en particulier si elle est insérée en dessous du niveau des veines rectales inférieures et moyennes qui contournent le foie et se jettent directement dans la veine cave inférieure. En raison de l'état liquide de l'éthanol, l'absorption par les 3 veines rectales est prévisible. Pour l'administration de médicaments par voie vaginale il y a un manque de données (5). La majorité des agents administrés l’est pour des effets locaux, par exemple, anti-infectieux ou spermicides. Les changements hormonaux cycliques normaux affectent l'épaisseur de la couche de cellules épithéliales, la largeur des canaux intercellulaires, le pH et les sécrétions vaginales, qui peuvent nuire à l'administration de médicaments.

L'efficacité de l'absorption d'éthanol est inconnue par voie vaginale. L’irritation locale de la muqueuse vaginale ou des lésions sont susceptibles d'affecter les jonctions cellulaires, ce qui pourrait théoriquement accroître l'absorption de produits chimiques comme l'éthanol (6).

L'absorption par voie rectale de l'éthanol est également inconnue. L’utilisation de grandes quantités administrées par voie rectale, connue sous le nom « butt teuf-teuf ou but chugging » qui pourrait être traduit par « cul soufflant », dans le but de provoquer une intoxication aiguë (conduisant à l'hospitalisation) a été rapportée (7) mais les « doses » sont beaucoup plus importantes que les quantités absorbées par les différents tampons dans l’expérience ci dessus.

La vodka employée dans cette dernière contient 40 % d'éthanol. A cette concentration, appliquée localement on peut s'attendre à provoquer une irritation locale des tissus et de l'inconfort, en particulier dans les cavités rectales et vaginales sensibles. Ce seul fait pourrait empêcher la rétention à long terme des tampons imprégnés d'éthanol.

Peu de risque d’intoxication

L’expérience a montré que des quantités minimes d'éthanol sont absorbées par les tampons avec l'applicateur. La quantité d'éthanol moyenne varie de 5 à 15 ml en fonction du tampon, lorsque l'applicateur est laissé en place. Aucune intoxication clinique grave ne peut survenir à ces doses chez un adolescent de taille normale, même si il n’a jamais été exposé à l'éthanol. Une quantité plus importante d'éthanol est absorbée par les tampons sans applicateurs, jusqu'à un maximum de 31 ml. Cependant, l'inspection physique des tampons expansées suggère qu'il serait difficile, voire impossible de les mettre en place correctement et que forcer l’insertion serait susceptible d'extruder des quantités considérables d'éthanol, ce qui diminuerait ainsi la quantité délivrée.

Les données de cette expérimentation suggèrent donc que des quantités minimes de vodka sont absorbées par les différents types de tampons et que l'intoxication « par cette voie » est peu probable. Il n’empêche qu’il faut rester vigilant quant au fait que les adolescents peuvent s’adonner à toutes sortes d’expériences stupides…

Dr Francis Leroy

Références
Nordt SP et coll. : A new clandestine route of ethanol administration? Volume of vodka absorbed in commercially available tampons. An in vitro study. Am J Emergency Medicine. 2104; 32: 941-942

  1. Fox News 17. Grand rapids: vodka-soaked tampons: teens using dangerous tactic to avoid getting caught. http://fox17online.com/2013/11/04/vodka-soaked-tampons-teens-using-dangerous-tactic-to-avoid-getting-caught/#ixzz2v3VFsLxl. 4 avril 2014.
  2. NBC News 2. Fort Meyers. Dangerous trend: vodka tampons. http://www.nbc-2.com/story/18638042/dangerous-trend-vodka-tampons. 4 avril 2014.
  3. YouTube. Vodka soaked tampons. http://www.youtube.com/results?search_query=vodka+soaked+tampons. 4 avril 2104.
  4. De Boer AG, Moolenaar F et coll. : Rectal drug administration: clinical pharmacokinetic considerations. Clin Pharmacokinet., 1982 ; 7 : 285–311
  5. Vermani K, Garg S : The scope and potential of vaginal drug delivery. PharmSciTechnolToday., 2000; 3 : 359–363
  6. Greaves P: Female genital tract: Histopathology of preclinical toxicity studies. Interpretation and relevance in drug safety studies (fourthed.), Elsevier, New York, 2012 : 667–723
  7. The Huffington Post. New York: buttchugging leads to severe alcohol poisoning of University Of Tennessee student. http://www.huffingtonpost.com/2012/09/25/butt-chugging-wine-alcohol-enema-university-of-tennessee-pi-kappa-alpha_n_1913575.html. 4 avril 2014.


Source: jim.fr.

b135 Le manuel d'éducation sexuelle venu d'Allemagne.

Best-seller paru en 2012, le manuel d’éducation sexuelle «Make Love» sort en France. Face à Internet, saturé d’images pornographiques, ce livre-ovni, drôle et malin, explique l’intime sans tabou.
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En ces temps difficiles pour l’édition, les performances de vente sont d’autant plus frappantes. C’est le cas de Make Love : à sa sortie en 2012, en Allemagne, ce manuel d’éducation sexuelle s’est écoulé à plus de 100 000 exemplaires en quelques semaines et a aujourd’hui passé le cap des 150 000 – un tel score, en France, le ferait rentrer dans le top trente des meilleures ventes de l’année. Dans la foulée, le livre a inspiré une série documentaire télévisée outre-Rhin (succès critique et d’audience) qui se revendique « proche des gens » auxquels elle apprend « comment faire l’amour ». Le best-seller vient enfin d’être traduit en français par les éditions Marabout.

Ton décontracté et bienveillant

A quoi tient donc le succès de Make Love ? L’ouvrage, né de la rencontre d’une journaliste (Tina Bremer-Olszewski) et d’une sexologue (Ann-Marlene Henning) frappe d’abord par la bienveillance et la décontraction de son ton, qui n’est pas sans rappeler la liberté sexuelle de l’ex-RDA : « Passe-toi de la crème et sois attentif à ce que tu éprouves en le faisant. Ne néglige aucune partie (…), il n’y a pas que le gland ou la pointe du clitoris qui sont sensibles aux caresses », est-il prescrit dans le chapitre « Se toucher ». Un peu plus loin, on peut trouver en détail en quoi consiste une fellation ou un cunnilingus.

Autre particularité du livre : il est ponctué de photos très explicites qui montrent de vrais couples en action. Des photos d’amants hétéro ou homo, dans tous les cas avec des corps normaux aux proportions et à l’épilation réalistes (pas de seins sous le menton ni de pénis chauve). « Il était important de montrer aux lecteurs à quoi ressemble une vraie intimité », explique Tina Bremer-Olszewski. A cela s’ajoutent des citations tirées de la pop culture (empruntées à The Big Lebowski, la série The New Girl ou une chanson de Benjamin Biolay).

Mais aussi des données drôles, des infographies montrant comment est désigné le vagin dans différentes langues (la moule barbue en anglais, ou la pêche en turc) ou un schéma comparant le nombre de positions exécutées lors d’un rapport physique réel (une à trois) et dans les films porno (cinq à huit). Au final, même si le livre s’adresse plutôt aux adolescents, il a rencontré en Allemagne un certain succès auprès des adultes.

Les auteurs de Make Love sont parties d’un postulat: la surabondance de sexe dans les médias ou sur le web donne l’impression trompeuse qu’il n’y a plus rien à apprendre. Le porno est particulièrement mis en cause : « Il montre des pratiques sexuelles sauvages, des femmes qui parviennent à l’orgasme en deux minutes et des corps parfaits. Cela n’a rien à voir avec le sexe accompli. C’est comme un film de science-fiction avec des effets spéciaux », affirme Tina Bremer-Olszewski.

Des sites d’éducation sexuelle

Le succès commercial de Make Love tend à donner raison à ses auteurs, mais il ne faut pas oublier qu’il s’inscrit dans un courant plus large d’évolution de l’éducation sexuelle. Le temps où l’éveil sexuel se résumait à glisser un préservatif sur une banane au collège et le visionnage de film érotique sur M6 le dimanche soir est révolu. Internet apporte et fait prospérer une manne miraculeuse de contenus sexuels alternatifs hautement pédagogiques, via des récits, des BD ou des vidéos. «C’est une chance qu’il n’y ait pas ou peu de modération possible sur le web : aujourd’hui, même dans un pays puritain comme les états-Unis, ceux qui ont envie d’avoir une vision plus saine du sexe ont les moyens de s’informer et de s’éduquer», affirme Erika Moen, une dessinatrice américaine revendiquée queer qui tient depuis 2013 un site de BD sur le sexe.

Ses dessins – très mignons – racontent ses tests de sextoys, expliquent comment fabriquer une culotte de fille capable de contenir un godemiché posé sur un harnais, ou comment devenir un bon patron de club de strip-tease – témoignages de stripteaseuses à l’appui. Erika Moen, dont la réputation a dépassé depuis longtemps les frontières de son pays, ne cache pas son admiration pour des sites d’éducation sexuelle tels que Scarleteen (fondé en 1998, il compte près de 800 000 visites par mois) ou celui de Laci Green.

A 24 ans, Laci Green, avec ses faux airs de Miley Cyrus période prépubère, a su tirer parti de YouTube. Ses tutoriaux courts sur le sexe sont vus, en moyenne, par 5 millions de personnes chaque mois dans plus de cent pays différents ; elle a désormais sa propre émission sur les chaînes de télé américaines Discovery Channel et Planned Parenthood. Un succès qui s’explique facilement. La jeune Californienne, douée d’un vrai talent de communication, sait rendre n’importe quel sujet (le point G, les amateurs de prépuce…) drôle et accessible.

Sa démarche pédagogique se double d’une conscience politique. Celle qui affirme «que sa motivation principale, dans la vie, est la justice sociale» s’évertue à démonter les lieux communs (non, le sexe entre filles ne se résume pas à l’invraisemblable position des ciseaux) et n’hésite pas à s’engager dans la lutte féministe ou contre l’homophobie. «Je trouve ces initiatives excellentes, affirme Tina Bremer-Olszewski. Mais l’avantage d’un livre est qu’on peut se plonger au moment où l’on veut dans le sujet qui nous intéresse en particulier. Et le lecteur le lit à son rythme, à l’écoute de son corps, sans se sentir submergé.» En matière de sexe, un éloge de la lenteur n’a certes rien d’absurde.

« Comme toutes les contre-cultures, le porno oscille entre la marge et le mainstream. »

Maïa Mazaurette, 36 ans, est auteur, blogueuse (sexactu.com) et chroniqueuse. Son travail fictionnel et journalistique se consacre au sexe. Son dernier roman, La Coureuse, a été publié aux éditions Kero.

Partagez-vous l’analyse des auteurs de Make Love selon laquelle plus le sexe est accessible, notamment via le web, plus le néophyte risque de s’en forger une image erronée ?
Blâmer Internet pour tous les malheurs du monde est toujours réducteur. Il y a de la mauvaise information sexuelle en ligne, mais aussi des sites bien faits destinés à un public jeune. Et la nouvelle génération a été formée au fake, je crois qu’elle a de l’esprit critique. Les jeunes savent que le porno est du porno, de même qu’ils savent qu’on ne meurt pas vraiment dans un film d’action. Ensuite, ils peuvent choisir d’adopter certaines des normes du porno – celles qui les arrangent. Mais les croire dupes ? C’est un peu facile.

Il existe clairement une « contre-culture » très ludique. Quelle est sa place et qui touche-t-elle ?
Comme toutes les contre-cultures, elle oscille entre la marge et le mainstream. Récemment des BD sur le harcèlement de rue ont fait des scores très surprenants et ont été relayées au-delà de leur audience initiale. YouTube, c’est la cour des miracles. Et je suis bien placée pour savoir que les blogs marchent très fort aussi. Du reste, c’est plutôt une question de curiosité : en « rester » au porno ou aller chercher des alternatives ? Plus le discours est articulé, plus il se destine à des personnes éduquées. La fracture sociale chère à Chirac est là aussi : il faut des mots, des concepts, pour sortir du basique. L’école reprend alors toute sa place – ainsi que les parents et l’environnement socio-culturel.

Cette contre-culture a-t-elle toujours existé ?
Oui, mais Internet accélère sa diffusion. Parler du porno n’a pas vraiment de sens : il y a toujours eu de la pornographie alternative, drôle, queer et féministe. Elles se répandent dans l’industrie musicale, via les clips, dans la peinture, dans la littérature (où elle a toujours habité) : à mesure que notre regard accepte ces images, elles se propagent. D’où une utilisation marketing, notamment dans la mode. On a beau s’en défendre : nous sommes prêts pour la pornographie globale et nous en avons plutôt envie.

Les contenus « alternatifs » sont souvent créés par les femmes… pour les femmes ?
La vision des femmes sur la sexualité (on est bien d’accord qu’elle n’est pas unique) intéresse les deux sexes. Alors que la vision des hommes, parfois caricaturale ou premier degré, lasse – aussi parce qu’on l’a déjà vue mille fois. Je pense qu’on assistera bientôt à l’érotisation du corps masculin par les femmes. On en a tellement besoin. Et les rôles ne changeront pas tant que le désir des femmes restera à la place qui lui a été assignée : une place de réaction et non d’action.

Pensez-vous que les parents et l’école ont encore un rôle à jouer dans l’éducation sexuelle ?
Plus que jamais. D’abord parce que presque tout le monde a des parents et que l’école est obligatoire, alors qu’Internet dépend de l’initiative de chacun. Ensuite parce que donner des normes est utile : on en a besoin, ne serait-ce que pour s’y opposer.

Make Love d’Ann-Marlene Henning et Tina Bremer-Olszewski, éditions Marabout, 286 p., 17,90 €

Source: next.liberation.fr.

b134 Contraception chez les adolescentes aux USA.

Stérilet, anneau vaginal, implant contraceptif : l’Académie Américaine de Pédiatrie se prononce « pour » dans ses dernières recommandations sur la contraception.
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En France, les stérilets et les implants restent des moyens de contraception sont encore rarement posés chez des femmes n'ayant jamais eu d'enfant. Autant dire que la recommandation américaine de les conseiller aux adolescentes a de quoi surprendre. C'est pourtant la position que vient de prendre l’Académie Américaine de Pédiatrie (AAP). Son Comité sur l’Adolescence publie, dans l’édition d’octobre de sa revue Pediatrics, de nouvelles recommandations à destination des pédiatres, avec pour ambition de mieux conseiller les adolescentes sur leur contraception. Elle leur suggère notamment d’aborder l’ensemble du large spectre des contraceptifs disponibles, mais aussi de ne négliger le sujet avec aucune patiente.

Peu efficaces et peu contraignants

La première considération de l’Académie Américaine de Pédiatrie est que les pédiatres sont en première ligne dans l’information et le conseil aux adolescents et adolescentes sur leur sexualité. Ils connaissent en effet le passé médical des jeunes gens qu’ils traitent, et ils ont souvent créé un lien étroit avec leurs patients. Cela leur permet notamment d’évaluer au mieux leur comportement sexuel et leur risque de contracter une infection sexuellement transmissible (IST).

Lorsqu’ils en viennent à aborder la contraception avec les ados, ils doivent garder à l’esprit toutes les méthodes contraceptives disponibles, à commencer par celles qui protègent le mieux : les contraceptifs à action prolongée. L’Académie Américaine de Pédiatrie se prononce donc en faveur des dispositifs intra-utérins (DIU) et des implants sous-cutanés chez les adolescentes. Ces moyens sont en effet très efficaces et peu contraignants. Par conséquent, estime l’Académie, les pédiatres devraient être capables de les conseiller et même de les mettre en place si nécessaire.

Des situations particulières

L’AAP adresse un autre message aux pédiatres, qui traitent parfois des jeunes gens aux profils particuliers (handicaps, maladies chroniques, obésité). Ces adolescents ont eux aussi une vie sexuelle active, qui ne doit pas être mise de côté. Pour aider les praticiens, l’Académie rappelle les règles de prudence relatives à deux grandes catégories. Les adolescentes souffrant de handicap ou de maladies complexes représentent 16 à 25 % des jeunes filles traitées par les pédiatres. Leurs besoins sexuels sont « souvent ignorés », soulignent les auteurs de ces recommandations, alors que leur comportement sont similaires à ceux de la population générale. Ils ne faut toutefois pas oublier que certaines maladies entraînent des besoins précis et des adaptations en termes de contraception.

Les adolescentes obèses ont elles aussi des comportements et des besoins « globalement similaires à ceux de leurs pairs de poids normal », reconnaît l’AAP. Mais les pédiatres doivent rester conscients que « l’obésité et les effets endocrinaux qui lui sont liés peuvent influencer le profil d’efficacité et les effets secondaires des contraceptifs. Par exemple, un petit nombre de grossesses supplémentaires est observé chez les utilisatrices de patches contraceptifs transdermiques pesant plus de 90 kg. » En revanche, les jeunes filles qui ont subi une chirurgie bariatrique n’ont pas de contre-indication.

A l’occasion de ces nouvelles recommandations, l’AAP a également réalisé une mise à jour de ses avis sur les différentes méthodes contraceptives disponibles aux Etats-Unis. Comme en France, les contraceptifs oraux combinés (COC) restent majoritaires, mais on observe une progression des dispositifs intra-utérins (stérilet, anneau vaginal).

Les COC sont « la méthode de contraception hormonale la plus populaire chez les adolescentes », notent les experts de l’AAP. Le traitement peut être commencé le jour même de la prescription, mais les pédiatres doivent penser à recommander une « méthode de secours » (abstinence ou préservatif) pendant les 7 premiers jours sous pilule afin d’assurer l’efficacité du produit. Les effets transitoires (saignements irréguliers, migraine, nausées) ne doivent pas être négligés, et les patientes atteintes de certaines maladies chroniques (hypertension, dysfonction hépatique, migraines avec aura…) doivent éviter ce type de contraception.

Les implants sous-cutanés se distinguent comme « très efficaces. » Comme le souligne l’AAP, utilisés correctement, ils ont un taux d’échec inférieur à 1 %. Cette contraception à action prolongée présente l’intérêt de rester en place pour 3 ans et d’être implanté sous la peau de l’avant-bras. « Les implants sont idéaux pour les adolescentes préférant une méthode qui ne demande pas une adhérence programmée régulière et qui souhaitent une durée de protection étendue », soulignent les experts.

Les dispositifs intra-utérins sont également très efficaces et peuvent rester en place jusqu’à 10 ans selon les modèles choisis. Jusqu’ici peu populaires et parfois controversés, ils possèdent pourtant un bon profil de sécurité, comme le souligne l’AAP : « Dans les 21 premiers jours, les dispositifs intra-utérins n’accroissent pas les taux d’IST ou de maladies inflammatoires pelviennes.

Le préservatif masculin est également plébiscité par les jeunes femmes et les jeunes hommes. Selon les données américaines, ils sont respectivement 52 % et 75 % à l’avoir utilisé lors de leur dernier rapport sexuel. Cette méthode contraceptive a l’avantage d’intégrer le partenaire masculin dans la responsabilité de concevoir ou non, et de protéger les jeunes gens des infections sexuellement transmissibles.

Les contraceptifs injectables à progestatif seul ont une action de 13 semaines. Une seule dose est injectée dans le muscle ou sous la peau. La méthode est assez contraignante, reproche toutefois l’AAP : elle nécessite une injection toutes les 13 semaines et provoque une irrégularité menstruelle chez « presque toutes les patientes », ainsi qu’une réduction de la densité minérale osseuse.

L’anneau vaginal aussi présente des contraintes. Il reste en place pendant 3 semaines dans le vagin et doit être remplacé après une semaine de « repos. » Pour le reste, il fonctionne comme les contraceptifs oraux combinés. « L’anneau a des bienfaits comparables aux autres méthodes de combinaison hormonale, mais offre le régime le plus simple », concluent les experts de l’AAP.

Le patch contraceptif transdermique peut être comparé au patch nicotinique. Placé sur l’abdomen, la partie supérieure du torse, le haut du bras ou le fessier, le dispositif reste également en place 3 semaines. Il délivre une combinaison d’oestrogènes et de progestatifs. Pour l’efficacité, il est comparable aux COC, avec un taux d’échec de 9 %.

Les pilules à progestatif seul
agissent en épaississant la glaire cervicale, et non en inhibant l’ovulation. Mais grâce à une adhérence très contraignante, elles ont un taux d’efficacité supérieur aux autres méthodes combinés ou à progestatif seul. Elles représentent par ailleurs une alternative fiable aux patientes à haut risque de complications avec les oestrogènes.

A noter également que la contraception d’urgence ne dépasse pas une efficacité de 85 %, et que les autres méthodes, comme le retrait ou le calcul des dates, sont considérées comme peu fiables par l’Académie Américaine de Pédiatrie.

Source: pourquoidocteur.fr.

b133 L'allergie au sperme.

L’allergie au liquide séminal est rare. L’utilisation de préservatifs permet l’éviction du contact avec l’allergène mais lorsqu’un désir de grossesse se manifeste, les choses se compliquent…
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Une désensibilisation semble possible chez certaines femmes comme le confirme une observation récemment publiée par une équipe de Corée du Sud. Il s’agit du cas d’une femme atopique (rhinite et asthme) de 32 ans qui présentait des symptômes de plus en plus sévères quelques minutes après les rapports sexuels avec son mari. Le couple était marié depuis 5 ans et avait utilisé des préservatifs pendant les 2 premières années comme moyen de contraception. Les 3 années suivantes, en l’absence de contraception, des symptômes légers à type de prurit vaginal se sont manifestés puis se sont aggravés avec apparition d’urticaire généralisée, d’œdème, de vomissements, diarrhées, dyspnée et choc.

On ne notait aucun autre facteur déclenchant en particulier médicamenteux.

La patiente ayant un désir de grossesse, une insémination artificielle a été tentée à l’hôpital : une réaction systémique est survenue quelques minutes après l’insémination avec du sperme lavé. Le bilan allergologique a consisté en la pratique de prick-tests cutanés avec 55 aéroallergènes communs. Seul les phanères de chien ont provoqué une réaction positive. Les IgE spécifiques étaient à 15 kUA/L pour le chien.

L’allergie au chien était confirmée par l’interrogatoire.
Un test à la métacholine a objectivé l’hyperréactivité bronchique (PC20 7,68 mg/mL).
Des prick-tests cutanés ont ensuite été réalisés avec des dilutions du liquide séminal du mari et ont été positifs aux dilutions de 1/100 et 1/10.
Le taux d’IgE spécifiques du liquide séminal était de 62,5 ng/mL.
Des anticorps spécifiques ont été mis en évidence à la fois vis-à-vis du liquide séminal du mari mais aussi de volontaires sains.
L’immunoblot a révélé des bandes de 12, 15, 18, 34 et 62 kDa.
Une désensibilisation intravaginale a été tentée en déposant 1 ml de 10-5 vol/vol de sperme dilué avec une augmentation de 10 fois la dose toutes les 45 minutes. Aucune réaction allergique n’est survenue pendant ni après la désensibilisation.

Un intervalle de 2 à 3 jours pendant 1 mois a été conseillé pour la pratique des rapports sexuels pour maintenir la tolérance. Une grossesse est survenue spontanément. La désensibilisation pourrait être la première mesure à adopter en cas de désir de grossesse chez une femme allergique au liquide séminal.

Dr Geneviève Démonet
Références
Sohn SW et coll : Successful Intravaginal Desensitization in a Woman With Seminal Plasma Anaphylaxis After Artificial Insemination Failure. J Investig Allergol Clin Immunol 2014; 24: 276-277.

Source: www.jim.fr.

b132 Les origines du VIH précisées.

Dans une étude que vient de publier le magazine Science (accès payant) , une équipe internationale de chercheurs retrace les origines de la pandémie de sida.... 
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....et lui attribue une origine géographique et historique précise: les années 1920 à Kinshasa (République démocratique du Congo).

Et ce qui est fascinant, à en lire les conclusions récapitulées dans différents journaux anglo-saxons, c’est que, si l’étude est évidemment on ne peut plus médicale (les chercheurs ont eu recours à des échantillons du virus HIV pour reconstituer son «arbre généalogique»), elle offre une présentation très claire des conditions économiques et sociales qui ont formé un «alignement des planètes» qui ont aidé l'épidémie à se disséminer, là où, note le Pacific Standard, d’autres «variantes» du virus sont restées contenues.

«Cette nouvelle étude [...] met en lumière l'importance de la compréhension des forces sociales qui alimentent les épidémies autant que des mécanismes de transmission virale», explique ainsi le National Geographic.

Sur une période de quarante ans environ, des années 1920 aux années 1960, l'étude souligne notamment les phénomènes suivants:

  • les pratiques alimentaires de l'époque : si le virus a pu passer du chimpanzé à l'homme, c'est parce que l'animal était chassé pour sa chair par des hommes, qui ont ensuite «probablement ramené le VIH» avec eux à Kinshasa, écrit The Independent.
  • le développement des transports dans l'Afrique coloniale : «Quand le virus est arrivé, Kinshasa était en plein boom. C'était la plus grande ville de la région et celle qui connaissait la croissance la plus rapide», écrit le Guardian. «Le chemin de fer développé par la Belgique voyait 1 million de personnes passer par la ville chaque année et disséminer le virus dans les régions alentours», comme Brazzaville ou les mines du Katanga, pointe la BBC. A l’époque, Kinshasa s’appelait Léopoldville et était la capitale du Congo belge.
  • une industrie du sexe en pleine expansion: «Un grand nombre de travailleurs mâles arrivaient en ville, déséquilibrant le rapport entre les sexes dans une proportion de deux hommes pour une femme et conduisant à une explosion du sexe tarifé», écrit la BBC. A ce facteur s'ajoute un phénomène médical: dans les cliniques qui traitaient les MST à l'époque, les injections se faisaient souvent à l'aide de seringues non stérilisées.
  • les migrations internationales: de nombreux travailleurs haïtiens étaient présents au Congo belge, note The Independent. Leur retour au pays y amené le virus, qui a ensuite pu se diffuser aux Etats-Unis, où il a été cliniquement observé pour la première fois en 1981. Depuis sa découverte, le virus VIH a infecté environ 75 millions de personnes au total dans le monde, dont environ la moitié sont mortes.
Source: slate.fr.

b131 Travail et santé du couple.

Travailler nuit gravement aux relations amoureuses. Selon une enquête menée par l'Institut OpinionWay pour Monster, 29% des Français estiment que leur job a déjà eu des conséquences négatives sur leur vie de couple.
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Toujours selon l'étude, 22% avouent qu'il «peut-être un sujet de dispute assez fréquent.» Qu'en est-il pour les internautes du Figaro? Ils répondent.

À cause de la profession de son mari, Patricia C. n'a pas la vie matrimoniale qu'elle souhaiterait: «Mon homme peut avoir des horaires de nuit en semaine, comme le week-end. On ne fait que se croiser quand je suis du matin. On n'a pas le choix et on fait avec.» «Les femmes qui travaillent sont souvent plus fatiguées et donc moins disponibles quand elles rentrent le soir. Surtout s'il y a du boulot à la maison. Du coup, l'homme se sent délaissé», analyse Maylis P.

L'enquête Opinion Way précise que 7% des personnes approchées se sont séparées de leur conjoint à cause de leur travail. «J'ai démissionné car mon épouse trouvait que je n'étais pas assez souvent à la maison. Après, elle m'a dit que je ne gagnais pas assez et que je me débrouillais mal. Finalement, on a divorcé...», témoigne Michel P. Étudiant à l'époque, Bertrand B. a déjà vécu cette situation: «Une ex ne comprenait pas que je devais bosser à fond les concours pour avoir un métier. Et pourtant, elle avait passé le CAPES! Nous nous sommes séparés.»

«Il faut savoir s'octroyer des moments à deux!»

Pour une large partie des internautes pourtant, la vie professionnelle est une des clés du bonheur: «Le travail est important pour l'épanouissement d'un couple. On voit du monde, on s'enrichit des autres. Être tout le temps à la maison n'est pas forcément une bonne chose: c'est là qu'il peut y avoir conflit», affirme Stéphanie B. Pour Joël B., être éloigné de son partenaire la journée est bénéfique à sa relation: «C'est un bonheur de ne pas être à la maison de la journée. Les rares moments de partage n'en sont que décuplés.» Jennifer G. adhère: «Pour nous, il est indispensable que l'on ait chacun son métier. Je suis en congé parental, et j'ai du mal à le regarder partir bosser tôt le matin. J'ai hâte de reprendre pour que l'on puisse se séparer quelques heures - et mieux se retrouver le soir. On aime se raconter nos petites journées, comme un vieux couple.»

Pour que le travail soit compatible avec son partenaire, certains ont quelques conseils à prodiguer : «Il faut savoir s'octroyer du temps à deux! On ne vit qu'une fois et tous les petits moments de bonheur sont à prendre sans modération», témoigne Virginie G. Pour Stéphanie B., l'échange est la clé: «La communication et l'écoute sont très importantes. Quand le conjoint rentre du travail, il faut s'intéresser à ce qu'il a fait dans sa journée et être là pour lui.» «Je pense que chacun doit comprendre ce que vit l'autre au travail. Une relation amoureuse, ça se travaille aussi», renchérit Kawtar M

Source: lefigaro.fr.

b130 Transsexualisme.

Il faut accepter que certaines personnes n’aient pas d’autre solution que de pouvoir dire ce qu’elles sont et d’arriver à le vivre. La société n’a pas à se poser en censeur.
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On se sent de sexe mâle ou femelle bien avant les influences culturelles. La transidentité en est la preuve. Il y a de l’inné là-dedans. Quand ce ressenti ne correspond pas à l’apparence physique, l’individu souffre. Le terme transsexuel désigne la transition d’un sexe vers un autre, mais non une sexualité. Ceci dit, de la même manière que dans la population courante il y a des homosexuel(le)s et des hétérosexuel(le)s, il peut y avoir des transsexuels femmes vers hommes – qui se vivent comme des hommes – qui soit aiment les femmes, soit aiment les hommes.

Un homme qui se transforme en femme se vit comme une femme et peut tomber amoureux d’un homme?; un couple apparemment hétérosexuel va alors se former. Mais avant d’être une femme, il étaitbiologiquement et physiquement un homme?; on peut donc dire qu’il s’agit d’un couple homosexuel. Mais un homme qui se transforme en femme peut aussi aimer les femmes. Il va construire visuellement un couple lesbien alors qu’au fond on peut parler d’un couple hétérosexuel.

Il faut peser ses mots avant de catégoriser. « Tout dépend du côté où on se place pour nommer les choses, déclare le Dr Mireille Bonierbale. Quelle que soit l’identité sexuelle, l’orientation est variable comme dans la population courante ».

Travail pluridisciplinaire

Il existe des équipes référentes pluridisciplinaires avec psychiatre, endocrinologue, chirurgien et psychologue, qui accueillent les personnes qui pensent être du sexe différent de leur corps et qui en souffrent*. La mission d’une telle équipe est d’éliminer des facteurs psychiatriques ou environnementaux qui pourraient expliquer ce ressenti et, devant une grande souffrance et la volonté d’un individu, d’accompagner la personne sur le chemin de la transformation afin de la mettre en conformité hormonale et chirurgicale avec son identité ressentie.

« Si l’évaluation est bien menée, ces individus renaissent à eux-mêmes lorsque leur corps est transformé, souligne le Dr Bonierbale. L’évolution favorable de la culture actuelle est de ne pas se positionner en tant que censeur mais d’accepter que si il n’y a pas d’autre solution pour un individu donné que de pouvoir dire ce qu’il est et d’arriver à le vivre, personne n’a le droit de juger ». Mais gardons à l’esprit que le transsexualisme ne peut pas être banalisé. La démarche de prise en charge est délicate, elle est assimilable à un puzzle, qui ne veut plus rien dire dès lors qu’il manque une pièce.

Dr B.M.
Entretien avec le Dr Mireille Bonierbale, psychiatre-sexologue, Marseille.

*Un diplôme interuniversitaire de prise en charge du transsexualisme a été créé en juin 2013.http://www.diutrans.info

Source: lequotidiendumedecin.fr.

b129 Ejaculation précoce dépendante du poids?

Selon une étude scientifique turque, les hommes en surpoids seraient plus doués au lit que les maigres....
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Les chercheurs de l’Université Erciyes à Kayseri se sont penchés sur le rapport entre l’indice de masse corporelle et la performance sexuelle des hommes. Et le résultat est plutôt inattendu : plus l’indice de masse corporelle augmente, moins le patient risque l’éjaculation précoce. Et, à l’inverse, "Le nombre de patients atteints d'éjaculation précoce est environ deux fois plus important dans le groupe d'hommes de poids moyen", selon ces chercheurs.

Ces scientifiques ont étudié un groupe d'hommes d'âges divers pendant deux ans, afin de mieux connaître les conséquences de l'obésité. "C'est une épidémie mondiale qui contribue à de nombreuses maladies chroniques. L'obésité est associée à la dysfonction érectile, mais la relation entre obésité et éjaculation précoce n'avait pas encore été spécifiquement étudiée. Le but de cette étude était d'évaluer les relations de ces deux conditions", précisent les chercheurs.

[Avec Rtl.be]

Source: egora.fr.

b128 hyper-orgasmie.

Dale Decker est le premier homme a parlé ouvertement de son syndrome d'excitation génitale persistante. Il doit supporter plus de 100 orgasmes par jour.
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L'incroyable histoire de Dale Decker a commencé après un accident, en 2012, au cours duquel il s'est déplacé un disque intervertébral. Depuis, les orgasmes ne s'arrêtent plus. Cet Américain de 37 ans, marié et père de deux enfants, est atteint du syndrome d'excitation génitale persistante. Il est le premier homme à parler de sa condition. Il atteint en moyenne 100 orgasmes par jour, n'éprouve jamais de plaisir et vit un véritable enfer. Il n'ose plus sortir de chez lui par crainte d'avoir un orgasme en public.
Voir la vidéo : www.youtube.com

Source: egora.fr.

b127 Les professionnels de santé homosexuels parlent.

Egora s'est associé à SOS-Homophobie pour accompagner sa campagne d'information dénonçant les souffrances ordinaires vécues par les gays, lesbiennes, bi et transsexuels.
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Dans ce dossier, et pour la première fois dans la presse médicale, des médecins prennent la parole pour témoigner de leur vécu de professionnel de santé homosexuels. Réactivés par le débat autour du mariage pour tous et la diffusion de l'ABCD de l'égalité à l'école, le mal être et la souffrance vécue par les personnes homosexuelles ou transsexuelles sont encore trop présents en France. En témoigne, l'activité de l'association SOS-homophobie, avec qui Egora réalise ce dossier et qui a enregistrés en 2013, un accroissement de 80 % des témoignages reçus par rapport à l'année précédente.

Autant de patients que les médecins accueillent dans leurs patientèles, et vis-à-vis de qui ils se déclarent, selon les résultats de notre enquête lancée en juillet dernier (370 réponses) pour la plupart à l'aise, même si 19,4 % se sont senti démunis et 10,34 % gênés. En revanche, les médecins demandent de nouvelles ressources pour répondre complètement aux attentes de ces patients, et 53,72 % disent ne pas connaître le service d'écoute SOS-Homophobie. En parallèle de cet état des lieux, SOS-Homophobie rapporte le vécu de personnes homosexuelles regrettant une fréquente méconnaissance de leurs pathologies spécifiques, par le corps médical. L'association informe à cette occasion, qu'elle est également un lieu de formation et d'information des professionnels de santé. Démarrée le 16 septembre, la campagne d'information de l'association "Ne plus se taire face à l'homophobie ordinaire", est orientée particulièrement vers les catégories sous-représentées. Parmi les témoignages recueillis : les jeunes, les femmes, les seniors et les transsexuels.

Pour la salle d'attente, des affiches téléchargeables sont disponibles sur le site www.sos-homophobie.org , afin d'aider les victimes d'une homophobie trop souvent banalisée et décomplexée, qui sévit de l'école aux maisons de retraite, à ne plus souffrir en silence. Enfin, un guide sur les IST des femmes homosexuelles est également téléchargeable.

"J’em... mes confrères homophobes"
Dr Annabelle Bazerbes, 40 ans, médecin généraliste à Wardrecques, dans le Pas-de-Calais.

Mariée et mère de deux garçons. Mon homosexualité est de notoriété publique. Ma femme est ma secrétaire médicale, et il y a des photos de notre mariage accrochées dans le cabinet. Ça ne gêne absolument pas mes patients. En fait, ils s’en foutent. Ce n’est pas ça qu’ils retiennent de moi. Ce qu’ils veulent c’est un médecin sympa, souriant, accueillant. Mon homosexualité est un détail pour eux.

Une dame, une fois m’a dit "Vous savez ce qu’on dit de vous ? Il paraît que vous embrassez des femmes." Je lui ai répondu : "Vous êtes venue pour voir un médecin ou pour avoir des frissons ?" Je n’ai jamais fait de projets en fonction de ma sexualité. Je me suis installée ici par amour pour mon épouse, sans me poser de questions. Je ne pense pas avoir perdu de patients à cause de ça, ou alors le tri s’est fait naturellement.
C’est vrai que je pensais voir plus de familles monoparentales mais, bizarrement, j’en ai moins que mes confrères.
En revanche, les ados qui se posent des questions sur leur sexualité, qui ne sont pas bien dans leur peau n’hésitent pas à venir me voir pour en parler. Ils savent qu’il n’y a pas de barrière et ils se sentent à l’aise dans mon cabinet. Ils osent parler librement.

Finalement, c’est davantage avec mes confrères que ça pose problème. Il y a une homophobie latente, notamment de la part des hommes. J’en ai encore entendu un récemment qui disait que c’était anormal d’être homosexuelle ! Moi, je ne laisse pas dire, je ne laisse pas faire. J’emmerde mes confrères homophobes.

"J’ai beaucoup souffert du rejet des autres"
Dr Jean-Pierre Barbier, 70 ans, psychanalyste à La Celle, dans le Var.

Je suis né dans une famille ouvrière avec un père homophobe, qui allait "casser du pédé". C’est terrible, le regard des parents. Le poids de la culpabilité est énorme. C’est ça qu’il faut réussir à évacuer. De même, quand j’ai débuté comme instituteur à 19 ans, j’étais conspué par mes collègues.

J’ai beaucoup souffert du rejet des autres. Je voulais guérir de mon homosexualité. Mon psychanalyste m’a beaucoup aidé. J’ai compris que je n’étais pas malade. Et puis, une fois que j’ai accepté mon orientation, la souffrance est passée. Ça m’a aidé à me décoller du sentiment de culpabilité.

J’ai ouvert mon cabinet en 1980, et si je ne revendique pas mes préférences sexuelles, je ne pense pas que mes patients partiraient s'ils le savaient. Au contraire, je crois que c’est un atout majeur. Mon parcours complexe, mon orientation quelque peu marginale font que j’ai développé une sensibilité aux personnes plus profonde. Je suis plus réceptif aux souffrances et aux émotions de l’autre. Les femmes, par exemple, se sentent rassurées.

Je n’ai jamais été victime d’agressions homophobes, mais il y a toujours des réflexions. On n’est plus au temps de la terreur, où l’homosexualité était considérée comme un délit, mais dans l’inconscient déjà c’est parfois encore présent. L’évolution est apparente, on l’a vu avec les partisans de la Manif pour tous.

Chez les homosexuels notamment, c’est difficile. Il y a une tendance à les féminiser, comme s’ils n’avaient pas de sexe masculin. Je pense qu’il faut un courage extraordinaire aux jeunes pour assumer leur sexualité, encore aujourd’hui.

"C'est très sensible, je tiens à être prudent avec mes patients"
Dr X, 35 ans, urologue en région parisienne.

Je ne cache pas mon homosexualité, mais je ne l’affiche pas non plus. J’estime que c’est ma vie privée et que je n’ai pas à l’évoquer au travail. En fait, je choisis à qui je le dis. Il y a quelques semaines, j’ai fait mon coming out devant un chirurgien. Et j’étais étonné qu’il ne le sache pas, je pensais que l’info avait déjà fait trois fois le tour de la clinique. Je l’ai dit simplement et ça n’a pas suscité de réaction particulière chez lui.

Avec mes patients, je tiens vraiment à être prudent du fait de ma spécialité. C’est très sensible. Si certains patients savaient que j’étais gay, ils ne viendraient plus me consulter. Parmi les gens que je soigne, il y en a qui ont fait la Manif pour tous, mais on n’en parle évidemment pas. Je tiens à séparer ma vie privée de ma vie professionnelle même si j’ai bien sûr été extrêmement bouleversé par la violence de certains propos. C’était un retour en arrière de vingt ans. Ça m’a profondément touché.

Moi, personnellement, je n’ai jamais été victime d’homophobie, en tout cas pas directement. Cela est dû à mon statut. C’est plus facile d’être gay quand on est médecin que quand on est prolo. Même s’il y a un certain conservatisme dans la profession, au niveau des mœurs c’est plus ouvert. Et le métier est encore respecté. Je le vois dans le regard de mes voisins par exemple. Je pense que ce ne serait pas pareil si je venais d’une classe ouvrière. Les gens vulnérables socialement peuvent davantage être soumis à des comportements homophobes.

"L’homosexualité, c’est le combat de toute ma vie"
Dr Laurent Barugel, 47 ans, médecin généraliste à Joinville-le-Pont, dans le Val-de-Marne, en région parisienne. Ancien secrétaire de l’Association des médecins gays.

Mes patients ont appris mon homosexualité et ma séropositivité il y a quelques années à travers une série de reportages diffusés à la télé. Quand ils l’ont su, ils m’ont tous soutenu. J’ai reçu des témoignages extrêmement émouvants.
Il y a notamment cette famille berbère qui m’a dit qu’elle ne me lâcherait pas, ou encore cette petite Tchétchène qui s'est mise à pleurer parce qu’elle pensait que j’allais mourir. J’aime mes patients et ils m’aiment, on a des liens très forts, et cette "révélation" nous a finalement encore plus rapprochés.

Pour moi, il était important de témoigner justement parce que j’ai survécu, contrairement à beaucoup de copains. On est une génération extrêmement marquée, on s’est longtemps battus pour nos droits.

L’homosexualité, c’est le combat de toute ma vie, même si je n’en ai jamais souffert. À la fac, je m’étais affiché comme homo, et j’étais très célèbre et apprécié. Tous les étudiants venaient me poser des questions parce qu’ils commençaient à avoir des patients homosexuels et qu’ils ne savaient pas comment les traiter. Aujourd’hui encore, certains patients sont mal reçus ou culpabilisés. Avec l’association, on a mis en place un fascicule pour expliquer ce qu’est un patient homo, parce qu’il y a des différences. Ils n’ont, par exemple, pas les mêmes pathologies, avec plus d’hépatites A ou B.

Psychologiquement aussi, ça peut être compliqué pour un médecin qui n’a jamais été confronté à ça, qui n’a pas d’homosexuel parmi ses proches pour comprendre ce que ça implique. C’est pourquoi il est important de former nos confrères, et c’est notre boulot à nous, médecins gays.

"Il y a beaucoup d’homosexuels à l’hôpital, ce n’est pas un milieu hostile"
Dr Olivier Belze, 33 ans, médecin anesthésiste au CHU de Tours.

Mon homosexualité n’a jamais été un frein dans ma carrière, ça n’a jamais influencé mon parcours d’une quelconque manière. C’est peut-être dû à ma spécialité. Il y a peu de place pour le social, je ne gère pas le suivi émotionnel de mes patients, contrairement aux médecins généralistes. Et tant mieux ! J’ai choisi l’anesthésie-réanimation pour le côté technique. Il y a bien sûr un peu de relationnel, mais ce n’est pas outrancier. Cela se passe surtout en réanimation, avec des pronostics vitaux souvent précaires. Il m’arrive alors de rencontrer des couples homosexuels, mais sinon il est quand même rare que j’évoque mon homosexualité avec mes patients.

Par ailleurs, ce n’est pas quelque chose dont je parle ouvertement. Si on me pose la question, je réponds, mais en règle générale, je ne m’étale pas sur ma vie privée. Avec mes collègues, je n’ai jamais eu aucun problème. Il faut dire qu’il y a beaucoup d’homosexuels à l’hôpital et que ce n’est pas un milieu hostile. Avec mes parents, ça a été un tout petit peu plus difficile, mais finalement c’est venu assez spontanément. On est en 2014 quand même !

Je n’ai jamais subi d’agression homophobe, et si je prévois de quitter Tours pour Paris à la fin de l’année, c’est pour des raisons personnelles et familiales. J’aime sa vie culturelle et identitaire sexuelle, ça correspond mieux à mon mode de vie. Mais ça n’est pas parce que je ne me sens pas à l’aise ici. Je pars pour m’épanouir davantage dans ma vie privée et affective.

Source: egora.fr.

b126 Homoparentalité et maternité.

L’homosexualité est de mieux en mieux tolérée dans la société contemporaine au point que dans certains pays, il est possible pour des couples de même sexe de concevoir des enfants.
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Ce phénomène dont la visibilité augmente, contribue à redéfinir la notion de parentalité.
Au Royaume-Uni, les nouvelles législations telles que le Civil Partnership Act (2004), l’Equality Act et plus récemment le Same Sex Couples Marriage Act (2013), ainsi que les avancées en matière de médecine procréative ont engendré une augmentation du nombre de couples de même sexe devenant parents : alors qu’en 2009, 24 naissances étaient recensées, il y en avait 608 en 2011. Sages-femmes et autres professionnels de santé sont donc amenés à rencontrer plus fréquemment ces couples auxquels ils doivent apporter leurs soins sans discrimination.

Au travers d’une revue de la littérature, une sage-femme britannique s’est proposé d’étudier la perception des couples homosexuels au sujet des soins qu’ils ont pu recevoir. Treize articles publiés depuis 2004 ont été inclus, aucun ne porte sur des couples d’hommes.

L’attitude des professionnels de santé s’est globalement améliorée, avec moins de comportements ouvertement homophobes. Un professionnel détendu, s’intéressant à une situation particulière et apportant des réponses sensibles constituent une attitude positive aux yeux des parents. Il faut néanmoins savoir éviter un interrogatoire trop poussé qui peut mener la femme soit à se poser des questions sur la légitimé de son couple soit à penser que les rôles sont inversés et que c’est elle qui doit apporter son savoir au soignant.

Les sages-femmes peuvent facilement se sentir maladroites en début de rencontre avec la crainte d’être involontairement désobligeantes mais ce sentiment disparaît le plus souvent rapidement. L’absence de contact visuel, base de la communication, est souvent mal vécue, de même que certaines questions peuvent paraître déplacées.

Les femmes considèrent que la reconnaissance du co-parent est essentielle à l’affirmation de leur identité parentale. Les couples homosexuels continuent à faire face à des stéréotypes tels que : l’enfant d’un tel couple sera lui-même homosexuel, ou sera maltraité à l’école. Le rôle de la sage-femme est de ne pas renforcer ces stéréotypes mais de conforter ces couples dans leur construction d’une cellule familiale singulière. Le co-parent apprécie de pouvoir faire des « gestes de pères » tel que couper le cordon et se sent ainsi conforté dans son rôle de co-parent. Il est recommandé de demander au couple comment il souhaite que leur enfant appelle les deux mères.

Si les soignants déclarent s’occuper des couples de même sexe de façon similaire aux autres couples, ce n’est pas forcément ce que le co-parent en attend, ses capacités à former un lien avec le nouveau-né étant différentes de celui d’un père biologique.

Ces couples souffrent également de l’ « hétéronormativité » de la société. Dans le domaine des soins périnatals, elle est de mise et les femmes souhaiteraient plus de neutralité dans les termes employés, tel que l’usage du mot partenaire par exemple ; les sages-femmes se doivent de sortir de leurs automatisme pour aller vers plus de créativité. De même, les différents supports institutionnels, qu’ils soient à destination des patients ou des soignants, n’intègrent pas la notion d’homosexualité dans leurs libellés, rendant difficile la révélation de l’homosexualité.

En résumé, ces couples souhaitent être traités « comme tout le monde », tout en bénéficiant d’attentions particulières du fait de leur situation…particulière. Une meilleure formation des soignants portant sur les besoins spécifiques de ces couples est donc nécessaire.

Marie Gélébart

Références
Hammond C : Exploring same sex couples' experiences of maternity care. Br J Midwifery 2014; 22:e495-500


Source: jim.fr.


Août 2014


b125 Inceste?

Aujourd'hui, des frères et sœurs adultes et consentants qui ont des relations sexuelles sont passibles de prison. Le Conseil d'éthique allemand propose de changer la loi..
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L'amour entre frère et sœur bientôt autorisé outre-Rhin ? Le Conseil d'éthique allemand a brisé un tabou et donné le 24 septembre un avis en faveur de la dépénalisation des relations sexuelles entre des frères et sœurs adultes consentants. Ses recommandations, sans aucune valeur contraignante, vont à l'encontre de l'article 173 du Code pénal selon lequel l'inceste entre frères et sœurs est passible de deux ans de prison – et qui date de 1871.

En auditionnant plusieurs couples de frères et sœurs, "les membres du Conseil d'éthique ont été touchés par la misère sociale des personnes vivant dans l'inceste", souligne la Süddeutsche Zeitung.Ils rejettent du reste l'argument médical, évoqué jusqu'à présent pour interdire les relations consanguines, selon lequel les enfants d'un couple incestueux ont davantage de risques de présenter des problèmes de santé : ces risques sont bien plus importants chez les personnes porteuses des gènes de maladies génétiques et nul ne songerait à leur interdire d'avoir des relations sexuelles ni de fonder une famille.

"Cette loi a-t-elle encore lieu d'être ?"

Sur les 25 membres de cet organe qui assiste le gouvernement et le Parlement sur les questions éthiques, 14 se sont prononcés pour l'évolution de la loi, 9 contre, et 2 se sont abstenus, rapporte Der Spiegel. "La majorité du Conseil d'éthique est d'avis que le droit pénal n'a pas pour fonction de perpétuer un tabou social", explique le Conseil, cité par le magazine de Hambourg.

En Allemagne, le débat est lancé, et la Süddeutsche Zeitung s'interroge : "Cette loi a-t-elle encore lieu d'être en cette époque d'émancipation et de liberté sexuelle ?"

Source: courrierinternational.com.

b124 Psychologique et neurobiologique dans la récompense.

Dans cet article, nous définirons tout d’abord le circuit de la récompense à un niveau psychologique puis à un niveau neurobiologique. Nous conclurons sur le rôle fonctionnel de ce circuit, à savoir son implication plus précise dans le plaisir ou la recherche de plaisir.
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Le circuit de la récompense est un circuit fonctionnel fondamental des mammifères, situé dans le cerveau, le long du faisceau médian du télencéphale. Ce circuit, indispensable à la survie, s’est mis en place au cours de l’évolution : il fournit la motivation nécessaire à la réalisation d’actions ou de comportements adaptés, assurant la préservation de l’individu et de l’espèce. Il intervient, par exemple, dans les comportements vitaux, tels que dans la recherche de nourriture, la reproduction, l’évitement des dangers, etc. Le circuit de la récompense peut se définir comme le circuit impliquant le regroupement fonctionnel de toutes les structures cérébrales qui participent à la recherche de la récompense et aux renforcements.

Niveau psychologique

Le circuit de la récompense comprend trois composantes psychologiques :

  • la composante affective, correspondant au plaisir provoqué par les « récompenses » ou au déplaisir déclenché par les « punitions » ;
  • la composante motivationnelle, correspondant à la motivation à obtenir la « récompense » ou à éviter la « punition » ;
  • la composante cognitive, correspondant aux apprentissages généralement réalisés par conditionnement.
La composante affective se définit comme le plaisir ou le dé plaisir provoqué par la « consommation » du renforçateur (par exemple, la consommation de la nourriture par le chien de Pavlov). Les récompenses essentielles sont les plaisirs gustatif, sexuel ou somatosensoriel, alors que les principales « punitions » sont la douleur et la peur.

La composante motivationnelle se caractérise comme la motivation déclenchée par le renforçateur (la vue et l'odeur de la nourriture pour le chien de Pavlov). Il s’agit de la perception du renforçateur (nourriture, boisson, partenaire sexuel, etc.) par les organes sensoriels ou de la représentation mentale de ce renforçateur, qui déclenche la motivation ou le désir d'obtenir et de « consommer » la récompense ou de « fuir » la punition. Lors d’un renforçateur conditionné (un son, un objet, un lieu, etc.), le stimulus réactive une expérience déjà vécue, ce qui provoque une motivation acquise et entraîne le comportement de « consommer » ou de fuir le ren forçateur. Lors d’un renforçateur inconditionné (goût sucré, phérormone sexuelle, etc.), le stimulus active des circuits innés provoquant une motivation également innée.

La composante cognitive correspond aux apprentissages qui permettent l'association entre le renforçateur et la réaction émotionnelle ou comportementale (par exemple, l'as- sociation entre la salivation du chien de Pavlov et le son de la cloche).

Ces trois composantes psychologiques se distinguent les unes des autres de part leur appartenance à des systèmes cérébraux relativement différents. La motivation et le plaisir (ou le déplaisir) ressenti pour un renforçateur sont modulés par l'état de l'organisme (faim, satiété, fatigue, etc.) et par les préférences (ou les aversions) apprises. Ainsi, la nourriture est plus appétissante au début d'un repas, un aliment préféré, dont la dégustation a été suivie d'une forte indigestion, peut ensuite provoquer du dégoût. C'est le phénomène d'alliesthésie. Enfin, les renforcements ne sont pas systématiquement des phénomènes conscients. Des renforcements (récompenses ou punitions) peuvent modifier les états émotionnels et les comportements, sans que la personne en soit totalement consciente.

Niveau neurobiologique

Expérience d’autostimulation intracrânienne

Le circuit de la récompense a initialement été mis en évidence par les expériences pionnières d’autostimulation intracrânienne de J. Olds et P. Milner (1954). Dans le dispositif de l’autostimulation intracrânienne, lorsque le rat appuie sur la pédale, une zone précise du cerveau est stimulée électriquement. Ils ont mis en évidence que la fréquence des appuis sur la pédale était particulièrement élevée lorsque l'électrode de stimulation était implantée dans l'aire tegmentale ventrale (ATV) mais également dans le septum. Au début de l’expérience, le rat appuie sur la pédale par hasard mais très vite il appuie à répétition et le nombre d’appuis augmente vertigineusement. La fréquence des appuis (jusqu'à 6 000 fois/heure) est alors proportionnelle à l’intensité du courant. Le rat cesse d’appuyer dès qu’aucun courant ne stimule plus cette région cérébrale via l’électrode. Chez un rat affamé qui a le choix entre deux pédales, l’une fournissant de la nourriture et l’autre de l’électricité dans l’ATV, c’est le levier d’autostimulation dans l’ATV qui est choisi au mépris parfois de la survie de l’animal. Ces résultats, à l’époque, ont connu un retentissement très important : ils ont conduit à explorer au moyen de ce type de protocoles les différentes structures cérébrales impliquées dans la recherche et l’obtention de la récompense et ont révélé un circuit cérébral.

Le circuit cérébral de la récompense

D’un point de vue anatomique, les principales structures cérébrales du circuit de la récompense sont situées en position latérale le long du faisceau médian du télencéphale. Comme l’illustre la figure 1, les structures principales de ce circuit sont l’ATV qui reçoit des entrées sensorielles de plu sieurs régions corticales puis les transmet au noyau accumbens, au septum et au cortex pré frontal.

Toutes ces zones sont interconnectées et innervent l'hypothalamus, précisément les noyaux latéral et ventromédian, et l'informent de la présence d'une récompense. L’hypothalamus agit alors en retour non seulement sur l’ATV, mais aussi sur les fonctions végétatives et endocrines de tout le corps par l'intermédiaire de l’hypophyse. Chacune de ces structures cérébrales participerait à sa façon à divers aspects de la réponse comportementale (moteur, affectif et cognitif). Le cœur de ce circuit est ainsi constitué par les connexions reliant les neurones dopaminergiques de l’ATV aux neurones du noyau accumbens : les neurones de l’ATV libèrent la dopamine, neurotransmetteur clé du circuit, via leurs projections vers le noyau accumbens. La plupart des drogues psychotropes agissent au niveau de ces connexions et produisent éventuellement une dépendance. Les drogues créant une dépendance agissent directement sur le circuit de la récompense, qui induit le renforcement positif d’un com portement. On peut alors arriver à cette situation paradoxale où un comportement néfaste pour l’organisme est renforcé. En quelque sorte, les substances psychoactives court-circuitent le système et stimulent son activité avec une force supérieure à celle de n’importe quelle substance naturelle. Toutes les drogues psychoactives augmentent l’action de la dopa mine dans le noyau accumbens en prolongeant la durée d’action de la dopamine ou en augmentant sa con centration. Ces substances psychoactives génèrent, de fait, un renforcement positif qui incite à répéter l’expérience ressentie comme plaisante, susceptible de mener plus ou moins rapidement à une dépendance. Plus précisément, l’augmentation de l’action de la dopamine au niveau des neurones, du noyau accumbens résulte soit d’une augmentation de la libération de la dopamine par l’ATV (par exemple, l’héroïne comme la nicotine induisent cet effet), soit en prolongeant l’action de la dopamine au niveau de ses récepteurs situés sur les neurones du noyau accumbens (par exemple, c'est le cas de la cocaïne).

Dopamine et récompense : recherche et obtention

De façon intéressante, la libération de dopamine peut être obtenue par la seule présence d’une récompense, même si elle est inaccessible. Les expériences de W. Schultz et coll. (2007) d’enregistrements in vivo unicellulaires chez le singe ont montré que la vue d’un morceau de pomme stimule les neurones de l’ATV qui libèrent de la dopamine. Ce phénomène s’accompagne d’un changement dans le comportement de l’animal qui met en place un mouvement destiné à at teindre la récompense. Par apprentissage, les neurones dopaminergique de l’ATV sont devenus plus sensibles à la signification d’une récompense qu’au signal lui-même. Selon Jean-Pol Tassin, l’homme pourrait ainsi constituer, au fil des ans, une chaîne de signifiants fédérant les neurones dopaminergiques (J.-P. Tassin, 2007).

Conclusion

Les neurones dopaminergiques sont initialement stimulés par les caractéristiques primaires de la récompense (son odeur, sa forme, sa texture). Ces divers traits sont progressivement associés à certains signaux de l’environnement. Après l’apprentissage, la seule présence de ces signaux active la libération de dopamine qui, en retour, permet de déclencher un comportement efficace à l’obtention de la récompense convoitée.

Pour en savoir plus:
  • Olds J, Milner, PM. J Comp Physiol Psychol 1954 ; 47 : 419.
  • Schultz W, Dayan P, Montague PR. Science 1997 ; 275 : 1593.
  • Tassin JP. La Recherche, n°306, février 1998.
  • Tassin JP. L’information psychiatrique 2007 ; 83(2).
Source: jim.fr.

b123 Insémination artificielle.

Malgré les progrès techniques réalisés dans la préparation du sperme et la stimulation ovarienne contrôlée, les taux de succès...
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 de l’insémination artificielle avec le sperme du mari (IASM) demeurent nettement inférieurs à ceux de la fécondation in vitro (FIV) : 12,4 % versus 28,9 % par cycle.

On sait que plusieurs paramètres peuvent influencer les résultats de l’IASM comme l’âge de la femme, les indications, le nombre de follicules matures obtenus et la qualité du sperme. Mais, à l’heure actuelle, il n’y a pas de consensus sur l’utilisation de cette technique en première intention.

Une étude rétrospective monocentrique française a cherché à identifier des facteurs pronostiques de grossesse après IASM. Elle a inclus 851 couples âgés en moyenne de 31,6 ans pour les femmes et de 35,3 ans pour les hommes, avec une durée d’infertilité moyenne de 3,3 ans.

Sur 2 019 cycles d’IASM, les taux respectifs de grossesse et d’accouchement par cycle ont été de 14,8 % et 10,8 %, comparables à ceux observés en Europe (12,4 %). C’est dans les deux situations de troubles de l’ovulation et d’infertilité du mari qu’ils étaient les plus élevés. Après analyse des différents facteurs influençant les résultats de l’IASM, les auteurs concluent que, chez les femmes âgées de 38 ans ou moins, elle pourrait être envisagée comme une première option dans les quatre cas suivants : une infertilité féminine liée à des troubles de l’ovulation, en particulier dans le cadre d’un syndrome des ovaires polykystiques ; une réserve ovarienne normale ; une infertilité secondaire ; l’insémination d’au moins 1 million de spermatozoïdes mobiles. Dans les autres situations d’infertilité, la FIV doit être discutée comme traitement de première ligne de l’infertilité du couple. Dr Catherine Faber

RÉFÉRENCES
Dinelli L et coll. : Prognosis factors of pregnancy after intrauterine insemination with the husband's sperm: conclusions of ananalysis of 2,019 cycles. Fertil Steril. 2014 ; 101 : 994-1000.

Source: jim.fr.

b122 La triple parentalité.

Le Parlement britannique doit débattre dans les semaines qui viennent de l'autorisation ou non d'une technique visant à créer des embryons... 
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à partir de l'ADN trois personnes, afin d'éviter la transmission de maladies graves à l'enfant.

Naître avec l'ADN de trois personnes différentes? Le débat ne date pas d'hier au Royaume-Uni, mais il refait surface à l'heure où le gouvernement, après plusieurs mois de consultations, a donné son feu vert à la mise en place d'un cadre légal pour expérimenter lafécondation in vitro (FIV) avec remplacement mitochondrial. L'autorisation de cette procédure controversée pourrait même être votée au Parlement avant la fin de l'année, selon le quotidien The Telegraph : l'Angleterre deviendrait ainsi le premier pays au monde à autoriser cette pratique. Les débats à Westminster promettent cependant d'être enfiévrés, à en croire les réticences déjà exprimés par certains parlementaires qui ont déposé lundi dernier une motion appelant le gouvernement à remettre cette réglementation à plus tard.

Au cœur de ces débats, les mitochondries, ces organites présentes dans toutes les cellules humaines, qui fonctionnent comme les usines à énergie de celles-ci et qui contiennent un peu d'ADN. Des anomalies mitochondriales peuvent générer de nombreuses maladies neuromusculaires, des troubles du foie, des attaques, une perte de la vue... Des anomalies que la mère peut transmettre à son enfant. Environ 1 enfant sur 6500 naît ainsi chaque année avec des problèmes liés aux mitochondries, risquant une mort prématurée, des souffrances et des maladies à long terme.

Pour éviter cette transmission, la FIV avec remplacement mitochondrial consiste à transmettre à l'enfant les mitochondries saines d'une donneuse: on «fabrique» un ovocyte sain en transférant le noyau de l'ovocyte de la mère dans l'ovocyte de la donneuse, préalablement vidé de son noyau. Un procédé réalisé avant ou après fécondation.

Des essais réalisés dans les années 1990 aux Etats-Unis

Il existe déjà dans le monde des enfants ayant ce que les médias anglosaxons présentent comme «trois parents biologiques». Le site de la BBC rappelle en effet que plus de 30 personnes sont nées avec un peu d'ADN d'une tierce personne, grâce à un traitement pionnier contre l'infertilité testé dans une clinique privée américaine à la fin des années 1990… avant d'être interdit en 2002 pour des raisons de sécurité et d'éthique. Certains bébés auraient développés des anomalies, mais faute de suivi, on ignore si elles étaient dues au hasard ou à la procédure.

Le professeur Doug Turnbull, neurologiste à l'université britannique de Newcastle, dirige la recherche sur le transfert mitochondrial. Il indique au Figaro ne pas avoir été en contact avec les médecins ayant procédé à ces essais datant des années 1990, car «les techniques n'étaient pas du tout les mêmes et les objectifs complètement différents». Afin d'éviter toute dérive, Londres se veut d'ailleurs très clair: les procédés débattus aujourd'hui ne seront pas utilisées pour pallier des problèmes de fertilité, mais seulement pour les personnes ayant développé des maladies mitochondriales sévères.

Comme le rappelle le ministère de la Santé britannique, «parler d'enfant à trois parents» n'a pas de sens: «en utilisant ces techniques, l'enfant aura l'ADN nucléaire (99,9%) venant du père et de la mère et l'ADN mitochondrial (0,1%) venant de la donneuse. Génétiquement, l'enfant aura donc de l'ADN de trois individus différents mais toutes les preuves scientifiques attestent que seuls les gènes venant de l'ADN du noyau contribuent aux caractéristiques et aux traits personnels. Or cet ADN nucléaire proviendra donc seulement du père et de la mère.»

La parentalité en question

Ceux qui défendent l'application de cette FIV estiment qu'elle offre un grand espoir aux familles atteintes de troubles mitochondriaux. La HFEA, l'autorité chargée d'encadrer les FIV en Grande-Bretagne, répète pour sa part que des recherches plus approfondies sont encore essentielles avant de mettre en place ces pratiques. Mais le peu d'étude sur les effets de ces procédés, qui n'ont jusqu'à présent été testés que sur des animaux, laisse beaucoup de questions en suspens. «On n'a pas beaucoup de recul sur ces techniques, et l'homme n'est pas un rat», estime Jean Parinaud, professeur de médecine de la reproduction au CHU de Toulouse. Parmi les réserves évoquées lors de la consultation lancée par Londres, le fait qu'on ne connaisse pas les conséquences de ces modifications génétiques sur les générations à venir. «Il y a un risque dans toute procédure, mais cela doit être envisagé au regard du risque d'avoir une progéniture sévèrement affectée par une maladie mitochondrial. Je pense que les bénéfices potentiels contrebalancent le risque», assure le professeur Turnbull.

Pour certains toutefois, légaliser reviendrait à autoriser la modification génétique de l'embryon, et franchir une ligne éthique dangereuse. D'autres posent la question de l'identité de l'enfant. Et quel sera le statut de la donneuse? Les enfants pourront-ils savoir qui elle est? Pour le professeur Jean Parinaud, «la question fondamentale à se poser est celle de la parentalité: quand on a un couple qui bénéficie d'un don de gamète, on leur explique qu'être parent, ce n'est pas transmettre des gènes, mais de l'amour, de l'attention… Avec ces techniques-là, on privilégie la transition génétique à tout prix. Est-ce vraiment essentiel? Jusqu'où la société est-elle capable d'aller pour assurer cette transmission génétique? La question mérite d'être posée». Selon lui en tout cas, l'expression «enfant à trois parents» est «une aberration, car cela équivaut à réduire la parentalité aux gènes». En France, le débat sur cette FIV n'est pas au programme. «Les lois de la bioéthique sont extrêmement variables d'un pays à l'autre, y compris au sein de l'Union européenne. En Grande-Bretagne par exemple, la gestation pour autrui (GPA) est autorisée», rappelle Jean Parinaud, qui indique que pour l'instant donc, la solution proposée dans notre pays aux femmes atteintes de maladies mitochondriales reste le don d'ovocyte.

Source: sante.lefigaro.fr.

b121 Rapport médecin-patient et orientation sexuelle.

L'orientation sexuelle est un critère discriminant pour être bien soigné, selon une nouvelle étude scientifique américano- britannique. Elle favoriserait même le développement de troubles psychologiques.
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Moins bien prises en compte par le système de santé et moins bien considérées par le personnel médical, les minorités sexuelles (homosexuels, bisexuels...) sont plus souvent atteintes par des troubles mentaux et émotionnels, selon les résultats d'une étude publiée dans la revue médicale Journal of General Internal Medicine.

Les chercheurs ont réalisé une étude sur une cohorte de grande ampleur de plus de 2 millions de personnes dont 27000 patients non hétérosexuels. Les participants à cette enquête ont dû s'exprimer sur la confiance qu'ils avaient dans le corps médical, la qualité des soins et de la prise en charge et décrire leurs caractéristiques personnelles dont leur orientation sexuelle.Les scientifiques ont constaté que certaines minorités se sentent dans un moins bon état de santé générale et plus susceptibles d'être atteints de troubles émotionnels que les hétérosexuels.

En effet, 22% des hommes homosexuels, 26% des hommes bisexuels et seulement 19% des hétérosexuels ont affirmé dans cette enquête être en mauvaise santé.

De la même manière, les homosexuels et les lesbiennes sont plus nombreux à déclarer des troubles émotionnels (10,9%, et 12,3%). Les bisexuels hommes et femmes sont les minorités sexuelles les plus touchées par ce type de maladies (15% et 18,8%). En revanche, seuls 5,2% des hommes et 0,6% des femmes hétérosexuels ont déclaré avoir des problèmes psychologiques.

Si la majorité des répondants hétérosexuels semblent satisfaits de leurs rapports avec le personnel de santé, les minorités sexuelles affirment avoir vécu des prises en charge médicales négatives, au point de ne pas avoir confiance dans le médecin, de pas pouvoir communiquer librement avec lui et avoir eu la sensation d'être mal soignés, concluent ces chercheurs de la RAND Corporation, de l'Hôpital pour enfants de Boston, de la Harvard Medical School et de l'Université de Cambridge.

[Avec Topsante.com]

Source: egora.fr.

b120 Cancer du sein et sexualité.

Une enquête réalisée auprès de 45 femmes (âge moyen de 51,6 ans) ayant des antécédents de cancer du sein révèle que 45 % estiment que leur activité sexuelle en est perturbée.
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L’apparition des troubles est concomitante au diagnostic et reflète l’impact psycho-social de ce diagnostic. Leur aggravation après le traitement témoigne de l’importance des effets indésirables de la chimiothérapie et de l’hormonothérapie sur la santé sexuelle de ces patientes. Parmi les femmes ayant une activité sexuelle perturbée, des troubles de la libido sont présents dans 50 % des cas, 40 % ont des difficultés à atteindre l’orgasme, et 29 % des dyspareunies. Seulement 3 des 45 patientes rapportent avoir été interrogées par l’oncologue sur ce sujet.

Dr Roseline Péluchon

RÉFÉRENCES
Assad H et coll. : Impact of breast cancer diagnosis and treatment on sexual dysfunction. 2014 Breast Cancer Symposium (San Francisco) : 4-6 septembre 2014.

Source: jim.fr.

b119 Contraception masculine.

Réversible, sans hormones, le Vasalgel s'injecte dans le canal déférent et bloque les spermatozoïdes. Il pourrait se retrouver sur le marché en 2017, selon le Daily Beast, repris par Huffingtonpost.fr.
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Imaginé il y a 15 ans par le docteur Sujoy Guha, Vasalgel est développé en ce moment par la Parsemus Foundation, une ONG américaine, voulant se concentrer sur des solutions contraceptives peu coûteuses tout en"faisant avancer la recherche médicale laissée à l'abandon".

Comme son nom l'indique, il s'agit d'un gel à base d'un produit chimique, le polymère, dont les effets contraceptifs sont à long terme mais qui, contrairement à la vasectomie, seraient réversibles. Le polymère perturbe la membrane des spermatozoïdes, les rend incapables de se déplacer et donc, de féconder un ovule. Le processus est indolore.

Jusqu'à présent le Vasalgel n'a été testé que sur des babouins, mais avec brio. Pendant six mois, trois babouins ayant subi l'injection ont été laissés en compagnie de 10 à 15 femelles. Jusqu'à présent, aucune grossesse n'est à déclarer. La fondation devrait maintenant se lancer dans le processus inverse, à savoir enlever le contraceptif, pour voir si les spermatozoïdes fonctionnent à nouveau normalement.

Des tests sur les hommes sont programmés pour début 2015.

[Avec Huffingtonpost.fr]

Source: egora.fr.

b118 Et les lombalgiques?

Des chercheurs canadiens ont publié un "Kamasutra du lombalgique". Ils y conseillent des positions adaptées aux douleurs dorsales.
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Une équipe de l’université de Waterloo (Canada) publie dans la prochaine édition de la revue Spine le premier volet d’un "Kamasutra du lombalgique". Cet atlas décrit les positions sexuelles les plus adaptées aux souffrances du dos.

"De nombreux couples restent abstinents parce qu’une nuit d’amour peut entraîner des mois de douleur" constate le Pr Stuart McGill, qui a participé à l’étude. En effet, 84 % des hommes et 73 % des femmes qui ont mal au dos réduisent la fréquence de leurs rapports.

Les chercheurs de l’université de Waterloo ont recruté 10 couples. Après avoir placé des capteurs de mouvement infrarouge et électromagnétiques, ils ont décrypté les mouvements de la colonne des hommes et des femmes qui ont adopté 5 positions courantes : deux variantes de la levrette, deux variantes du missionnaire, et la cuillère.

Grâce aux résultats, deux types de recommandations peuvent être émises. Ainsi, les hommes qui ne supportent pas la flexion - qui souffrent lorsqu’ils touchent leurs orteils ou restent assis longtemps - doivent éviter la cuillère. Le guide leur recommande plutôt d’adopter la position de la levrette. Les hommes qui ne tolèrent pas l’extension devraient, eux, privilégier la cuillère ou la variante du missionnaire impliquant un appui sur les coudes.

Quant aux hommes intolérants au mouvement, aucune des positions n’est indiquée. Les chercheurs leur recommandent d’adopter une technique qui sollicite un mouvement des hanches.

[Avec pourquoidocteur.fr]

Source: egora.fr.

b117 Amour et dépression.

Depuis plusieurs années, l’usage des antidépresseurs (et en particulier celui des inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine, ISRS) a augmenté, au point qu’ils représentent désormais « l’un des types de médicaments les plus prescrits ».
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rappellent les auteurs d’une étude réalisée à l’Université de Pise (Italie) sur l’impact possible des antidépresseurs en matière de relations amoureuses.

Portant sur 192 patients ambulatoires déprimés (123 femmes et 69 hommes) âgés en moyenne de 41,2 ans (± 10,2 ans) et souffrant d’une dépression « légère ou modérée » selon les critères du DSM-IV révisé, cette étude explore les « changements éventuels de certaines caractéristiques des relations amoureuses » chez des sujets traités sur une longue durée (six mois ou plus) par un médicament antidépresseur (soit un ISRS, soit un tricyclique). Cette évaluation est réalisée au moyen d’un test conçu précisément à cet effet (le questionnaire « Sexe, Attachement et Amour »).

Les auteurs observent que les ISRS ont un « impact négatif significatif sur les sentiments d’amour et d’attachement au partenaire. » Ce constat concerne surtout les hommes qui disent ressentir moins de crainte qu’auparavant à l’idée de perdre leur partenaire et moins disposés à rechercher son soutien, à lui faire confiance, à échanger des idées et des sentiments…alors que les femmes sous antidépresseur tricyclique « se plaignent davantage d’effets latéraux sur leur sexualité » (dans le sens d’une « baisse d’intérêt » à ce propos). Ces effets indésirables du traitement antidépresseur sur l’amour semblent dépendre de la durée de la relation amoureuse ou sexuelle : ils sont plus marqués en cas de relation récente (<12 mois), alors qu’une relation plus ancienne (= un an) paraît moins sensible.

Ces données suggèrent une « interaction significative » entre le traitement contre la dépression et la vie amoureuse et sexuelle. Mais, précisent les auteurs, si ces résultats confirment « l’effet des antidépresseurs sur certaines composantes des relations amoureuses », l’étude de cette incidence doit être approfondie dans des recherches complémentaires. On peut aussi s’interroger sur la part du phénomène réellement imputable à un effet indésirable du traitement antidépresseur, et celle liée aux conséquences propres de la dépression sur la libido et la vie psychique, lesquelles motivent précisément la prescription de ce traitement antidépresseur.

Dr Alain Cohen

RÉFÉRENCES
Marazziti D et coll.: Dimorphic changes of some features of loving relationships during long-term use of antidepressants in depressed outpatients. J Affect Disord. 2014; 166: 151–155.

Source: jim.fr.

b116 La virginité en question.

La virginité avant le mariage est une valeur encore défendue par des courants de l’islam, du judaïsme et de la chrétienté.
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Samantha Pugsley, appartenait à l’église protestante baptiste. À l’âge de dix ans, elle avait prêté le serment de ne pas avoir de rapport sexuel avant le mariage. Maintenant adulte, elle analyse ce "choix". Son témoignage a été initialement publié sur le site XoJane.

"Persuadée que le véritable amour sait attendre, je fais le serment devant Dieu, moi-même, ma famille, mes amis, mon futur compagnon et mes futurs enfants de demeurer sexuellement abstinente à partir de ce jour, jusqu’au jour où j’entrerai dans une relation matrimoniale au sens biblique. Et de m’abstenir de toute pensée sexuelle, caresses sexuelles, pornographie, et autres actions qui pourraient mener à un éveil sexuel."

À 10 ans, j’ai prêté le serment dans mon église avec un groupe d’autres filles de rester vierge jusqu’à mon mariage. Oui, vous avez bien lu : à l’âge de 10 ans. Regardons un instant qui j’étais à 10 ans : j’étais en CM1. Je jouais avec des Barbies et je jouais à la dînette avec des amis imaginaires. Je m’imaginais en sirène à chaque fois que je prenais un bain. Je pensais encore que les garçons étaient dégueus et je ne savais absolument pas que j’aimais aussi les filles. J’avais encore quatre ans à attendre avant d’avoir mes règles. Et surtout, je n’avais aucune idée de ce que pouvait être le sexe.

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Source: egora.fr.

b115 On arrête pas le progrès!

Grâce au vernis, les jeunes femmes pourront désormais détecter la présence de GHB ou de Xanax dans un verre. Au contact des substances nocives, ce vernis, indolore et transparent deviendrait rouge.
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Les étudiants en chimie de l'université de Caroline du Nord ont mis au point un nouveau concept pour lutter contre les agressions sexuelles des jeunes femmes. Le vernis Undercover Colors incolore sur les doigts deviendrait rouge en présence de GHB ou même de Xanax (un anxiolytique). Dans des situations à risque (boite de nuit, boisson offerte par un inconnu), il suffirait de tremper discrètement son doigt verni dans le verre.

Le GHB est une drogue de synthèse aux propriétés sédatives et amnésiantes. En France, elle est utilisée en médecine pour le traitement de la narcolepsie et comme anesthésiant préopératoire. Mais elle connait depuis une vingtaine d'années une utilisation détournée à des fins non médicales, festives ou malveillantes. Sa consommation courante dans les discothèques ou lors de soirées inquiète de plus en plus les autorités sanitaires.
 [Avec Topsante.fr]

Source: egora.fr.

b114 Restrictions sexuelles au XIXe siècle.

Au XIXe siècle, la masturbation est considérée comme une abomination. Si bien que les médecins rivalisent d'imagination pour empêcher les enfants, garçons ou filles, d'avoir les mains trop baladeusese.
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Et les "remèdes" sont souvent des plus barbares : camisole de force, clitoridectomie ou encore infibulation.

C'est à la fin du XVIIe siècle, que le débat commence à faire rage parmi les médecins sur l'onanisme. Jusqu'alors, les médecins, héritiers des principes d'Hippocrate ou de Galien, n'étaient pas opposés à ce que les hommes s'adonnent aux plaisirs solitaires. Il était même, selon eux, préférable de laisser évacuer naturellement le fluide corporel, la rétention étant mauvaise pour la santé. Seulement, à cette époque en Europe, l'Eglise occupe une place très importante. Et elle bannit fermement la masturbation. Pour preuve, l'histoire d'Onan, considéré dans l'Ancien Testament comme pêcheur pour avoir "laissé sa semence se perdre dans la terre" au lieu de "l'utiliser" pour assurer sa descendance. Les médecins entrent alors en guerre contre la masturbation. Un pamphlet, Onania, dont l'auteur est anonyme, la considère comme un vice contre nature, responsable de divers maux comme des ulcères, des convulsions, des retards de croissance…

Remèdes barbares

Dans un autre ouvrage, publié en 1760 par le médecin suisse Samuel Auguste Tissot, l'onanisme est considéré comme favorisant les cancers, la dépression, la perte des facultés mentales, l'impuissance ou la gonorrhée. Le livre est un immense succès. Enfin, en 1767, la fameuse Encyclopédie décrit la masturbation comme provoquant des infirmités et des maladies rares et mortelles.

Au XIXe siècle, les médecins se lancent dans une lutte acharnée contre la masturbation, imaginant des remèdes les plus barbares. Les potions et les comprimés ne donnent que peu de résultats, on invente alors des techniques sophistiquées telles que des alarmes à érection, des mitaines de nuit ou des ceintures de chasteté. Certains lits sont équipés d'arceaux pour que les draps ne viennent pas déranger les organes génitaux et les filles portent des entraves pour les empêcher d'étendre les jambes. Un vêtement antimasturbatoire, une sorte de camisole, est même breveté par un médecin, le docteur Leclerc.

En Allemagne, on va même plus loin, en faisant porter aux enfants des culottes à serrure et on leur interdit de rester trop longtemps aux toilettes.

Anneau de fer à l'extrémité de la verge

Quant aux cas les plus "graves", les médecins leur réservent des méthodes encore plus barbares. Le plus connu est l'infibulation. Il consiste, pour les garçons, à percer le prépuce puis à placer un anneau de fer à l'extrémité de la verge. Pour les filles, ce sont les deux grandes lèvres qui sont réunies par un anneau d'or ou d'argent. Ces dernières, qui, selon un certain docteur Pouillet, ont davantage recours à la masturbation que les hommes, ont droit à toutes sortes de traitements pour éloigner leurs tendances vicieuses. Il y a bien sûr la clitoridectomie pratiquée au bistouri, voire au ciseau. Pouillet, lui, pratique la cautérisation du clitoris et de la vulve avec un crayon de nitrate d'argent.

Dans Sous l'œil d'Hippocrate, Marc Magro cite notamment un cas du médecin français Paul Broca. Il reçoit une petite fille de 5 ans, qui malgré les mains liées et la ceinture de chasteté réussit quand même à atteindre son clitoris, avec l'orteil.

"Le vice est incurable"

Cette enfant est diagnostiquée nymphomane, il faut faire quelque chose. Paul Broca écrit : "Je réunis, suivant une grande épaisseur les deux tiers supérieurs ou antérieurs des grandes lèvres à l'aide de la suture métallique, en laissant à la partie inférieure un orifice admettant avec peine le petit doigt pour l'écoulement des urines et plus tard du sang menstruel. Aujourd'hui, la réunion est parfaite et le clitoris placé hors de toute atteinte sous un épais coussin de parties molles. Je me propose de continuer l'emploi de tous les autres moyens, surveillance active, ceinture de chasteté, etc. considérant seulement l'infibulation comme un important adjuvant."

Mais pour certains confrères, cette opération est vaine. La masturbation est encore possible à travers les grandes lèvres. Et comme l'écrit le docteur Deguise : "D'une façon ou d'une autre, l'enfant continuera ses manœuvre vicieuses, car le vice est incurable."

D'après Sous l'œil d'Hippocrate, Petites histoires de la médecine, de la Préhistoire à nos jours , de Marc Magro, éditions First Histoire.

Source: egora.fr.


Juin 2014


b113 Dysfonction érectile et goutte.

Dépister la dysfonction érectile, c’est commencer à rechercher la coronaropathie. Dans une série de 201 patients, âgés de 18 à 89 ans, ayant consulté dans un service de rhumatologie entre août 2010 et mai 2013,
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 on trouve un taux de dysfonction érectile de 76% parmi les 83 patients goutteux, contre 52% dans le reste de l’effectif (p=0,0007). Ces résultats, présentés par leDr Naomi Schlesinger (Rutgers-Robert Wood Johson Medical School, New Brunswick, Etats-Unis) lors du du congrès de l’ European League Against Rheumatism (EULAR), appellent deux conclusions [1].

Premièrement, « ces résultats soutiennent fortement la proposition de dépister la dysfonction érectile chez tous les hommes atteints de goutte. Davantage d’attention à la dysfonction érectile chez les goutteux devrait conduire à une prise en charge médicale de cette situation », a souligné le Dr Schlesinger, en ajoutant que « le simple fait d’évoquer le problème avec des patients généralement discrets sur la question, leur procure déjà du réconfort ».

Deuxièmement, « Comme la goutte est fréquemment associée aux facteurs de risque cardiovasculaires et aux coronaropathies, et que les patients atteints de dysfonction érectile présentent aussi un risque coronarien accru, une coronaropathie silencieuse devrait être dépistée chez ces patients ».

Dépister la dysfonction érectile, c’est commencer à rechercher la coronaropathie

Les facteurs communs à la goutte, à la dysfonction érectile et aux maladies cardiovasculaires sont en principe nombreux : âge, diabète, HTA, tabagisme, hyperlipidémie, obésité, prise d’antidépresseurs, de bêta-bloquants, de diurétiques, inflammation. On note d’ailleurs que le score SHIM (Sexual Health Inventory in Men) est inversement corrélé aux taux circulants d’IL-1bêta et d’IL-6.

Dans la population analysée par le Dr Schlesinger, ces corrélations ne sont toutefois pas toujours retrouvées, et sont parfois inverses des corrélations attendues. Les patients goutteux ne sont pas plus âgés (56 vs. 53 ans ; p=0,0174 en analyse multivariée). Et l’on trouve davantage de diabète parmi les patients non goutteux (17% vs 11% ; p=0,0038), et davantage de tabagisme. D’où l’intérêt de la goutte en tant que marqueur.

Au questionnaire SHIM, le score moyen de l’ensemble de la population était de 16,88 (un score < 21 reflète une dysfonction érectile, et un score < 10, une dysfonction érectile sévère). Le score des patients goutteux était de 14,38, et le score des patients non goutteux, de 18,53 (p<0,0001). On note que la dysfonction érectile, lorsqu’elle était présente, était plus sévère parmi les patients goutteux. Parmi ces derniers, la présence de signes cutanés (tophi) était associée à une dysfonction érectile plus fréquente.

« La dysfonction érectile est un facteur prédictif indépendant des évènements cardiovasculaires », a rappelé le Dr Schlesinger. « Une coronaropathie silencieuse est détectable à l’angiographie chez quelques 20% des hommes présentant une dysfonction érectile. »

En d’autres termes, « un homme présentant une dysfonction érectile est un patient cardiaque jusqu’à preuve du contraire ». Or, « la dysfonction érectile est présente chez la grande majorité des hommes atteints de goutte. Elle est généralement sévère. Et les patients ne s’en plaignent pas volontiers ». Au médecin, donc, d’aborder la question.

REFERENCE:

  1. Schlesinger N. All men with gout should be screened for erectile dysfunction. Congrès de l’EULAR. Paris, 12 juin 2014.
Source: medscape.fr.

b112Dépistage du cancer prostatique et génétique.

Essor de tests génétiques pour dépister les cancers de la prostate, et en particulier les formes agressives.

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Dans un entretien vidéo publié sur medscape.com , le Dr. Gerald Chodak (Directeur du Midwest Prostate and Urology Health Center, Michiana Shores, Etats-Unis) revient sur l’un des thèmes phares du congrès annuel de l’ American Urological Association (AUA) : l’essor de tests génétiques pour dépister les cancers de la prostate, et en particulier les formes agressives.

Les tests génétiques actuellement en développement ou déjà commercialisés ont pour objectif d’améliorer le dépistage des cancers de la prostate et de réduire le nombre de biopsies inutiles souvent associées au dosage du PSA. Ils permettent aussi de prévoir l’agressivité du cancer et d’aiguiller vers un traitement invasif ou conservateur.

Une première catégorie de tests, réalisés à partir de prises de sang ou d’échantillons d’urines, s’appuient sur des biomarqueurs, notamment ARN et ADN. Ces gènes spécifiques, dont les deux principaux sont actuellement le Prostate CAncer gene 3/PCA3 et le gène de fusion TMPRSS2:ERG, sont surexprimés en cas de cancer de la prostate. Ils permettent d’évaluer le risque de cancer et peuvent donner des indications sur son pronostic.

Les autres, notamment les tests Prolaris (Myriad Genetics), Decipher (GenomeDx), Oncotype DX (Genomic Health), 4Kscore test (OPKO Diagnostics) sont réalisés à partir des biopsies pour évaluer la gravité du cancer. Ils mesurent le niveau d'activité d’une sélection de gènes impliqués dans des processus liés à l’agressivité de la tumeur (contrôle de la division cellulaire…).

En France, le test urinaire PCA3 est disponible depuis 2010 auprès des laboratoires Biomnis et Pasteur mais son coût de 300 euros et l’absence de remboursement est une limite à son utilisation. Les tests Prolaris, Decipher et Oncotype DX sont désormais autorisés par la Food and Drug Administration (FDA) et commercialisés aux Etats-Unis. Ils coûtent entre 2500 et 3000 euros.

Medscape : Quelle est le rationnel pour développer de tels tests ?


Dr Gerald Chodak : L’une des principales inquiétudes concernant le dépistage du cancer de la prostate est que de nombreux patients subissent des biopsies qui se révèlent négatives alors que d’autres biopsies révèlent la présence d’un cancer de la prostate à faible risque mais pour lequel l’individu sera tout de même traité [avec de potentiels effets délétères].

Une des façons de sortir de ce paradigme est de pouvoir dire aux hommes : « Vous n’avez pas besoin d’une biopsie parce que la probabilité que vous ayez un cancer est très faible » et pour ceux diagnostiqués avec un cancer de la prostate « Votre risque est très faible et nous pouvons vous assurer qu’une surveillance active est la marche à suivre la plus raisonnable et la plus sure. »

Quels sont les progrès accomplis dans ce domaine ?

Je suis allé sur plusieurs stands (du congrès), j’ai assisté à de nombreuses présentations et je pense que des progrès ont clairement été accomplis dans ce domaine. Ce n’est pas idéal mais, plusieurs travaux [1,2] montrent comment utiliser ces tests et la proportion d’hommes qui pourraient éviter une biopsie ou un traitement sans risquer d’avoir trop de faux-négatifs.

Il est sûr que certains à qui l’on aura dit que leur risque de développer un cancer grave est faible auront, en fait, un cancer agressif. Mais, en contrepartie, les tests permettront aussi de dire à d'autres que leur risque d’avoir un cancer ou d’avoir un cancer agressif pourrait être plus élevé que ce qui avait été estimé en premier lieu.

A l’heure actuelle, la manière dont les données sont présentées rendent délicate l’évaluation des résultats. Si nous prenons 100 hommes et que nous les testons (ou pas), combien tirent bénéfice [des tests génétiques] ? La plupart des données présentées indique uniquement la proportion d’hommes qui changent d’avis sur la nécessité de pratiquer une biopsie ou de se traiter, [suite au résultat du test].

Pour aller plus loin, nous avons besoin de données en conditions réelles, avec des résultats sur le long terme et permettant de savoir ce que nous obtenons exactement comme résultat.

La route est-elle encore longue ?

[…] Nous devrons, d’une façon ou d’une autre, déterminer si les coûts en valent la peine. Ainsi, peut-être les tests seront-ils remboursés, ce qui permettra aux hommes d’en bénéficier.

Mais, nous devons veiller à ce qu’il ne s’agisse pas, une nouvelle fois, de tests très coûteux et qui n’apportent de réelle différence sur le plan de la prise de décision. Au final, je pense que nous allons dans la bonne direction, que les tumeurs dangereuses expriment des gènes qui peuvent être identifiés et quantifiés, de façon à ce que nous puissions dire aux patients s’ils doivent se faire traiter ou non ou s’il faut opter pour une thérapie conservatrice.

Aux Etats-Unis, peu d'hommes acceptent la surveillance active lorsqu'ils y sont éligibles. Ces tests supplémentaires pourraient nous aider à les convaincre d’accepter une approche conservatrice.

Je suis encouragé par ce que je vois. Je pense que nous avons besoin de plus de données pour mieux comprendre le bénéfice net global et l’intérêt clinique, mais il s’agit d’une voie intéressante et, au final, je crois qu’elle aidera beaucoup d’hommes à obtenir ce dont ils ont vraiment besoin en termes de biopsie et de traitement.

REFERENCES:

  1. Cuzick J, Stone S, Yang, ZH, et al. Validation of a 46-gene cell cycle progression (CCP) RNA signature for predicting prostate cancer death in a conservatively managed watchful waiting needle biopsy cohort. Program and abstracts of the American Urological Association Annual Meeting; May 16-21, 2014; Orlando, Florida. Abstract MP79-17.
  2. Lin D, McGee S, Rieger-Christ K, et al. The 4KScore test as a predictor of high-grade prostate cancer on biopsy. Program and abstracts of the American Urological Association Annual Meeting; May 16-21, 2014; Orlando, Florida. Abstract PI-06
Source: medscape.fr.

b111 Comment pimenter sa vie sexuelle en couple?

Le visionnage de films porno en couple devient une pratique de plus en plus courante. Selon une étude réalisée par l’IFOP pour le site de webcam CAM4.fr, une majorité de Français (55 %) en ont déjà regardé en couple.
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Au même titre que d’autres jeux susceptibles de réveiller la libido au sein du couple, la pornographie est directement intégrée dans le répertoire sexuel des Français : 43% d’entre eux admettent en effet avoir déjà fait l’amour devant ce type de films.

De même, les films X peuvent donner à certains des idées pour expérimenter des choses nouvelles… Ainsi, près de la moitié des Français ayant vu un film X (47%) déclare avoir déjà essayé de reproduire des scènes ou des positions vues dans un film pornographique.

Invitées à évaluer la fréquence de visionnage de films X de leur partenaire, les Françaises s’avèrent assez loin de la réalité. Seules 5% d’entre elles déclarent que leur partenaire en visionnent au moins une fois par semaine, alors qu’ils sont plus du double à le faire (13%).

A l’inverse, les hommes en couple tendent plutôt à surestimer la fréquence de consommation de leur partenaire. 5% d’entre eux pensent qu’elles en visionnent au moins un par semaine, alors qu’elles sont deux fois moins nombreuses (2%) d’après leurs déclarations.

En France, le visionnage de films X reste encore occasionnel : seuls 17% des hommes et de 2% des femmes en regardent au moins une fois par semaine, soit une proportion deux fois plus faible qu’aux États-Unis où la moyenne se situe à 19% (contre 10% en France).

Toutefois, l’image du héros du film Don Jon – qui préfère largement les films X à ses conquêtes – colle à une certaine réalité... 40% des hommes et 30% des femmes admettent ainsi avoir déjà eu plus envie de regarder un film X que de faire l’amour avec leur partenaire.

Source: egora.fr
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b110 Fracture pénienne.

Bien que la verge humaine soit dépourvue de squelette osseux, elle peut se fracturer. Un Canadien accuse un hôpital d'avoir raccourci son pénis de deux centimètres et demi.
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 L'homme y avait été opéré après s'être fait une fracture du pénis en plein ébat avec sa femme. Comment un tel accident est-il possible ? Explications de Ronald Virag, chirurgien et sexologue, auteur de "Le sexe de l'homme".

Bien que la verge humaine soit dépourvue de squelette osseux, elle peut se fracturer. C’est ce qui est arrivé à ce Canadien paraplégique qui réclame cent cinquante mille dollars à l’hôpital où le traitement de sa lésion l’a laissé avec un organe raccourci de deux centimètres et demi.

On ne nous dit pas si c’est au repos ou en érection. Mais le plaignant souligne que le préjudice est pour lui bien plus grand que ce qu’il a pu ressentir quand il a perdu l’usage de ses jambes. Cette courte histoire est tout sauf anecdotique. Elle souligne la fragilité potentielle de l’organe viril, l’extrême sensibilité de son propriétaire à son aspect et à son fonctionnement. Et encore plus quand il est handicapé. Tout cela mérite clarification tant cela parait incongru à la plupart.

Source: egora.fr.

b109 Hypersexualité féminine.

Environ 3% des femmes auraient une sexualité envahissante selon une étude d'universitaire allemands à paraître dans le Journal of sexual Medicine.
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L'hypersexualité s'accompagne de souffrances dans la vie quotidienne.

A partir de quelle quantité d'activité sexuelle faut-il considérer que l'on dépasse les limites de la normalité ? Les préoccupations et "besoins" sexuels deviennent parfois tellement envahissants que, dans une étude nord-américaine ayant porté sur environ 6500 hommes et 8000 femmes (2/3 d'américains et 1/3 de canadiens) en 2006/2007, le Pr Jason Winters et ses collègues de l'Université de Colombie Britannique de Vancouver, ont découvert que 1,6% des hommes et 0,8% des femmes déclaraient avoir déjà recherché un traitement pour leur "compulsion sexuelle".

Le Pr Rory Reid, à l'origine d'une échelle diagnostic ( Hypersexual Behavior Inventory , HBI) à l'université de Californie, estime que l'hypersexualité ne se définit pas seulement par un manque de contrôle du type:"je m'engage dans des activités sexuelles que je sais devoir regretter ensuite" ou: "mes tentatives de corriger mon comportement sexuel échouent".

S'y ajoutent en effet deux autres dimensions. D'abord, la propension à se servir de la sexualité lorsque l'on est stressé ou que l'on se sent mal ("je me tourne vers le sexe quand j'éprouve des sentiments déplaisants: frustration, tristesse, colère"). Ensuite, la fait de persister dans ce comportement sexuel en dépit des conséquences négatives et des interférences importantes dans la vie quotidienne. On sacrifie alors des choses importantes de sa vie (conjoint, enfants, amis, travail, etc.) pour passer du temps à penser, planifier, et se livrer à la sexualité. Les hypersexuels le disent: "ma vie sexuelle dirige ma vie".

Curieusement, l'hypersexualité féminine a été assez peu étudiée. Insuffisance que corrige un peu désormais l'étude du Pr Verena Klein et ses collègues des universités allemandes de Hamburg et de Mainz, le Pr Martin Rettenberger et le Dr Peer Briken. Les trois chercheurs ont proposé aux étudiantes volontaires de 49 universités allemandes de répondre en ligne au questionnaire HBI ainsi qu'à des questions portant sur leur comportement sexuel.

Les résultats, à paraître dans le Journal of sexual medicine , montrent que l'hypersexualité féminine est moins anecdotique qu'on ne le pensait. Plus de 3% des 998 femmes ayant répondu à l'enquête avaient en effet un score HBI dépassant le seuil correspondant à l'hypersexualité définie par Reid. Outre la souffrance que cela peut engendrer dans la vie des femmes hypersexuelles, les auteurs notent aussi qu'elles sont plus enclines à adopter un comportement sexuel à risque.

Source: egora.fr.

b108 Maltraitance et ses conséquences à long terme.

Les enfants maltraités en pâtissent toute leur vie, et pas seulement sur le plan psychique. Leur cerveau développe des anomalies dans des zones variées affectant aussi la cognition.
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Problèmes affectifs, déficits cognitifs : ces symptômes sont courants chez les individus maltraités pendant l’enfance. Une étude parue dans l’American Journal of Psychiatry ce 18 juin permet d’en comprendre l’origine. La maltraitance, physique ou émotionnelle, affecte des zones variées du cerveau, qui se développenttardivement.

Compréhension du langage, prise de décision…

« La maltraitance d’un enfant agit comme facteur de stress et produit une cascade de changements physiologiques et neurobiologiques qui entraînent des altérations durables dans la structure du cerveau », résume le Dr Joaquim Radua, co-auteur de l’étude. En effet, lorsqu’il a comparé les imageries en 3D du cerveau de plus de 3 000 individus maltraités à celles de 360 personnes non maltraitées, des différences significatives ont émergé.

Des zones très variées du cerveau sont affectées chez les enfants maltraités, même à l’âge adulte. En fait, la matière grise présente des anomalies dans plusieurs régions aux fonctions variées, souligne l’étude : certaines régissent la perception sensorielle, les émotions et la dépendance, d’autres la prise de décision, la compréhension du langage. Dans certains cas, les anomalies de la matière grise affectent même la reconnaissance des visages connus, du contexte voire l’identification d’un contexte social ! Dans une région (le gyrus parahippocampique), une anomalie est même associée à un risque accru de schizophrénie.

La maltraitance est bien la cause

Ces anomalies se retrouvent chez l’ensemble des personnes maltraitées pendant l’enfance, même celles qui n’ont pas reçu de médicament. Cela signifie qu’elles sont bien liées à la maltraitance, et non au traitement médicamenteux qui peut suivre. Chez les enfants maltraitées, les zones les plus touchées sont celles qui se développent tardivement. Ces résultats permettent de mieux comprendre les déficits affectifs et cognitifs chez les patients maltraités pendant l’enfance.

Ils « soulignent les conséquences sérieuses d’un environnement infantile néfaste sur le développement du cerveau. Nous espérons que les résultats de cette étude aideront à réduire les risques environnementaux pendant l’enfance et à développer des traitements qui stabilisent ces altérations morphologiques », conclut le Dr Nadua.

La maltraitance, selon les critères de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), revêt des aspects très variés, parfois insidieux. Elle se définit comme toute forme de mauvais traitement physique ou émotionnel, un abus sexuel, une négligence quelconque, une exploitation commerciale ou autre, qui aboutit à une blessure réelle ou potentielle.

Source: frequencemedicale.com

b107 Contamination VIH et bisexualité.

Il s’agit d’hommes se rendant dans des parcs ou sur des parkings à la recherche de rencontres rapides. Ces derniers échappent totalement aux opérations de dépistage.
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Les rapports consacrés à la prévention du VIH insistent systématiquement sur la nécessité d’opérations de distributions gratuites de préservatifs et de dépistage ciblées dans les lieux fréquentés par les populations à risque, notamment les « établissements gays ». On le sait, en effet, les personnes habituées à fréquenter ces lieux de rencontre présentent un risque accru d’être infectées par le VIH ou de le contracter. Une étude dont les résultats avaient été présentés en 2010 par l’Institut national de veille sanitaire (InVS) avait ainsi établi que la fréquentation des "backrooms" multiplie par sept l’incidence annuelle de l’infection à VIH chez les homosexuels.

Population invisible et très contaminée

Mais si cet objectif de prévention ciblée dans les établissements gays est partiellement rempli par les pouvoirs publics et les associations, il existe d’autres populations à risque bien moins facilement atteintes par ces structures, en raison de leur absence d’affirmation de leurs rapports homosexuels et des lieux de rencontre qu’ils privilégient. Il s’agit d’hommes se rendant dans des parcs ou sur des parkings à la recherche de rencontres rapides. Ces derniers échappent totalement aux opérations de dépistage. Aussi, depuis plusieurs années, l’association HF Prévention s’est donnée pour mission de sensibiliser ce public « invisible ». A bord de camionnettes, elle propose ainsi de réaliser des tests de dépistage rapide et distribue des préservatifs gratuitement tout en garantissant l’anonymat aux sujets qu’elle rencontre. Depuis plusieurs années déjà, cette organisation signale que la prévalence de la séropositivité observée lors de ces opérations menées aux abords de ces lieux particuliers est plus élevée que celle retrouvée d’une part dans la population générale et chez les habitués des établissements gays. Ainsi, il y a cinq ans déjà, le président d’HF Prévention évoquait un taux de séropositivité de 3 %, contre 1 % dans le milieu gay (selon les résultats de l’organisation Aides) et 0,2 % dans les centres anonymes et gratuits. Hier, HF Prévention a présenté de nouveaux résultats. Sur 540 tests réalisés en 2013 près des parkings, forêts ou aires d’autoroutes, elle a pu mettre en évidence « une prévalence de la séropositivité en recrudescence » s’élevant à 5,16 % a précisé Jérôme André. Il a également précisé que dans d’autres lieux de rencontres, considérés comme des « milieux ouverts ciblés » (centres commerciaux, campus universitaires ou centres-villes), le taux de séropositivité retrouvé atteint 1,25 %.

La prévention au delà des backrooms

Si ces chiffres ne peuvent être considérés comme des données épidémiologiques « officielles », ils paraissent cependant confirmer une recrudescence des pratiques à risque parmi des populations particulièrement difficiles à sensibiliser par les voies traditionnelles. Reste à savoir si certains nouveaux outils pourraient dans ce cadre jouer un rôle positif, telle l’application « TUP » (trouve un préservatif) lancée récemment par l’association HF Prévention avec le concours des laboratoires MSD. Il est en tout cas certain qu’en cette période difficile pour les associations de lutte contre le Sida, le dynamisme, les actions d’HF Prévention témoignent de leur utilité.

Aurélie Haroche

Source: jim.fr.

b106 Vaccin anti-HPV et cancer anal.

Un gel nasal contenant de la testostérone, pourrait bientôt être mis en vente et aider les femmes à atteindre l'extase pendant l'acte.
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En effet, 6800 nouveaux cas de cancer de l’anus surviennent chaque année en Europe, parmi lesquels 75 à 80 % environ peuvent être attribués aux HPV de de types 16 et 18. Ce cancer est plus fréquent chez les femmes (60% des cas) mais son incidence est maximale chez les hommes homosexuels, même si 53% des cancers de l’anus masculins concernent des hétérosexuels. En outre, son incidence est en augmentation quel que soit le sexe, et en particulier en Europe.

Gardasil, vaccin quadrivalent visant à protéger contre les pathologies liées aux HPV de type 6, 11, 16 et 18, a montré son efficacité dans la prévention du cancer anal, dans une étude réalisée sur près de 600 hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes, âgés de 16 à 26 ans. Cette efficacité était de 74,9 % pour la prévention des lésions anales précancéreuses de grades 2/3 associées aux HPV 6, 11, 16 et 18, et de 86,6 % pour la prévention de ces lésions associées aux HPV 16 et 18.

Source: egora.fr.

b105 La paternité aussi peut être problématique.

Une équipe suédoise a analysé les inquiétudes de 1 047 futures pères : 13 % ont été considéré comme ayant peur de l’accouchement, un taux cohérent avec les deux seules autres études connues portant sur le sujet..
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Devenir père est généralement une expérience positive, mais souvent précédée, au début de la grossesse, par des sensations ambivalentes d’inconfort ou d’angoisse face à l’idée d’une nouvelle situation relationnelle et financière. La plupart des hommes s’en accommodent mais certains ne parviennent pas à se défaire d’un sentiment de détresse, menant vers un niveau d’angoisse et d’irritabilité élevé, connu comme pouvant être précurseur de dépression. La littérature est très pauvre en données sur les angoisses des futurs pères qui peuvent potentiellement diminuer les capacités à aider leurs compagnes.

Une équipe suédoise a analysé les inquiétudes de 1 047 futures pères : 13 % ont été considéré comme ayant peur de l’accouchement, un taux cohérent avec les deux seules autres études connues portant sur le sujet. Le premier élément les différant significativement des autres pères est qu’ils sont plus souvent nés en dehors de Suède (9 % vs 3 %). Les difficultés de communications sont alors probablement en cause : pour les hommes, la recherche d’information sur la grossesse et l’accouchement est une façon de diminuer l’anxiété et lorsqu’ils n’y parviennent pas du fait de difficultés de langue, l’inquiétude augmente. De plus, la plupart des hommes nés en dehors de Suède viennent de pays où la césarienne est un geste plus répandu et plus intégré dans la culture. Il est d’autant plus dommage dans ces circonstances que ces pères participent moins souvent aux soins pré et périnataux.

Parmi les hommes inquiets, la proportion de ceux qui sont pères pour la première fois est aussi plus élevée (59 % vs 46 %). Ceux-ci ont moins souvent de sentiments positifs au sujet de la grossesse et à l’approche de l’accouchement, par contre ils ont les mêmes sentiments positifs lorsqu’il s’agit d’imaginer la première semaine avec le nouveau-né. Ils sont plus susceptibles de penser à l’accouchement précocement au cours de la grossesse (80 % vs 67 %). Ils sont moins souvent d’accord avec l’idée que l’accouchement est un processus naturel dans lequel il ne faut intervenir que si nécessaire (27 % vs 39 %) et sont plus facilement favorables à une naissance par césarienne (12 % vs 6 %) ainsi d’ailleurs que le sont les femmes qui ont peur de l’accouchement : abandonner la responsabilité de la naissance à d’autres peut être une stratégie pour mieux supporter cet événement.

Les problèmes d’infertilités, le recours à la PMA, le fait que la grossesse n’ait pas été planifiée, qu’il ait été question d’une IVG ou non, ne modifient pas l’anxiété vis-à-vis de l’accouchement.

Il ne faut donc pas hésiter à profiter de la présence des pères lors des consultations prénatales pour engager la conversation sur leur ressenti concernant la grossesse et l’accouchement afin, si nécessaire, de pouvoir les rassurer et qu’ils soient ainsi plus à même de soutenir leur compagne pendant la naissance.

Marie Gélébart
Références: Hildingsson I et coll. : Childbirth fear in expectant fathers: Findings from a regional Swedish cohort study. Midwifery 2014 : 30; e242-e247

Source: jim.fr.

b104 HPV et auto-prélèvement vaginal.

Les auto-prélèvements vaginaux à réaliser au domicile et à envoyer soi-même au laboratoire par la poste pourraient bien devenir, à termes, une alternative au frottis cervico-utérin pratiqué par le gynécologue.
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Alors que la participation au dépistage du cancer du col n’est que de l’ordre de 60% en France, les auto-prélèvements vaginaux à réaliser au domicile et à envoyer soi-même au laboratoire par la poste pourraient bien devenir, à termes, une alternative au frottis cervico-utérin pratiqué par le gynécologue.

Des chercheurs tourangeaux, Ken Haguenoer et coll (Université de Tours, France) ont comparé les performances diagnostiques de deux méthodes d’auto-prélèvement vaginal (APV) à celles du frottis classique (PCC-Liq) [1].

Ces résultats confirment les bonnes sensibilités et spécificités des tests par auto-prélèvement vaginaux déjà observées dans d’autres études auparavant [2-7].

« Notre étude montre qu’un APV est un moyen performant pour détecter une infection cervicale à papillomavirus humains à haut risque (HPV-HR) en comparaison avec un prélèvement cervical réalisé par un clinicien », indiquent les auteurs.

Les résultats sont publiés dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire [1].

Des sensibilités et spécificités de l’ordre de 90% mais quelques difficultés techniques

Concrètement, les chercheurs ont comparé les capacités de détection d’infections cervicales à HPV-HR par des méthodes d’auto-prélèvement avec un écouvillon sec (APV-Sec) et avec écouvillon avec milieu de transport liquide (APV-Liq), versus le prélèvement cervical en milieu liquide réalisé par un clinicien (PCC-Liq ou frottis).

Ils ont enrôlé 734 femmes âgées de 20 à 65 ans entre septembre 2009 et mars 2011 qui ont bénéficié des 3 examens, le frottis et les 2 tests d’auto-prélèvements à domicile.

En pratique, les participantes ont reçu un kit d’auto-prélèvement pendant la consultation contenant une notice d’explication.

Pour l’APV-Sec : une enveloppe contenant un écouvillon en nylon floqué dans un tube en plastique souple incassable. Pour l’APV-Liq : une enveloppe contenant un écouvillon en nylon floqué et un tube de 12×80 mm contenant 2 mL d’un milieu de transport liquide. L’ordre de réalisation des 3 tests était « randomisé ».

L’analyse a porté sur 722 femmes pour lesquelles les trois résultats de tests étaient disponibles. La sensibilité et la spécificité de détection des HPV-HR dans les APV-Sec ont été estimées à 88,7% et 92,5%, respectivement ; elles étaient de 87,4% et 90,9% pour les APV-Liq.

APV sec ou APV liquide ?

Pour l’APV avec milieu de transport liquide, « les aspects peu pratiques et le coût de transport du liquide peuvent limiter l’introduction à grande échelle des méthodes d'auto-prélèvements dans les programmes de dépistage organisé. [En revanche], un écouvillon sec pourrait constituer un réel progrès en termes de prélèvement, de coût et de facilité d’expédition ; l’écouvillon pourrait être adressé aux femmes non dépistées et renvoyé à un laboratoire par la poste », précisent les auteurs.

Concernant une plus large utilisation de l’APV sec, les auteurs indiquent qu’il s’agit « d’une méthode performante pour la détection d’infections cervicales à HPV-HR [mais que] son efficacité et son rapport coût-efficacité pour atteindre les femmes ne réalisant pas de frottis dans un programme de dépistage organisé doivent être évalués avant que ce test ne puisse être utilisé à grande échelle. »

Quelques limites

Au total, 104 femmes (14,4%) ont déclaré avoir rencontré des difficultés pour réaliser les APV. Elles avaient notamment des difficultés pour évaluer la profondeur préconisée de l’APV ou pour trouver où et comment introduire l’écouvillon.

« Les difficultés évoquées pour évaluer la profondeur préconisée de l’APV ou pour trouver où et comment introduire l’écouvillon, pourraient être des pistes pour faire évoluer l’écouvillon (repère visuel ou physique pour la profondeur) et la notice d’utilisation », notent les auteurs.

En outre, une douleur ou sensation désagréable ont été rapportées chez 64 femmes (8,9%).

« Il est possible que ce taux élevé soit en partie lié à la formulation des questions. En ce qui concerne la douleur, il aurait été préférable de comparer la douleur ressentie lors de l’APV à celle éprouvée lors du frottis, en l’évaluant sur une échelle visuelle », expliquent Ken Haguenoer et coll.

En termes de méthodologie, la principale limite de l’étude est que les auteurs ont inclus des femmes de moins de 30 ans (environ un quart des femmes de l’étude), qui ne sont habituellement pas ciblées par un dépistage par test HPV.

« Toutefois, notre objectif était d’évaluer un dispositif et des méthodes de transport et non la prévalence de l’infection à HPV », soulignent les chercheurs.

REFERENCES :

  1. Haguenoer K, Giraudeau B, Sengchanh S, Gaudy-Graffin C, Boyard J, de Pinieux I, et al. Performance de l’auto-prélèvement vaginal sec pour la détection des infections à papillomavirus à haut risque oncogène dans le cadre du dépistage du cancer du col de l’utérus : une étude transversale. Bull Epidémiol Hebd. 2014;(13-14-15):248-54. http://www.invs.sante.fr/beh/2014/13-14-15/2014_13-14-15_6.html
  2. Arbyn M, Verdoodt F, Snijders PJF, Verhoef VMJ, Suonio E, Dillner L, et al. Accuracy of human papillomavirus testing on self-collected versus clinician-collected samples: a meta-analysis. Lancet Oncol. 2014;15(2):172-83.
  3. Cerigo H, Coutlée F, Franco EL, Brassard P. Dry self-sampling versus provider-sampling of cervicovaginal specimens for human papillomavirus detection in the Inuit population of Nunavik, Quebec. J Med Screen. 2012;19(1):42-8.
  4. Van Baars R, Bosgraaf RP, ter Harmsel BWA, Melchers WJG, Quint WGV, Bekkers RLM. Dry storage and transport of a cervicovaginal self-sample by use of the Evalyn Brush, providing reliable human papillomavirus detection combined with comfort for women. J Clin Microbiol. 2012;50(12):3937-43.
  5. Darlin L, Borgfeldt C, Forslund O, Hénic E, Dillner J, Kannisto P. Vaginal self-sampling without preservative for human papillomavirus testing shows good sensitivity. J Clin Virol. 2013;56(1):52-6.
  6. Eperon I, Vassilakos P, Navarria I, Menoud PA, Gauthier A, Pache JC, et al. Randomized comparison of vaginal self-sampling by standard vs. dry swabs for human papillomavirus testing. BMC Cancer. 2013;13:353.
  7. Guan Y, Gravitt PE, Howard R, Eby YJ, Wang S, Li B, et al. Agreement for HPV genotyping detection between self-collected specimens on a FTA cartridge and clinician-collected specimens. J Virol Methods. 2013;189(1):167-71.

Source: medscape.fr.

b103 Prise en considération de la sexualité et cancer.

L’Institut national du cancer (INCA) avait réalisé en 2004 une vaste enquête sur la vie deux ans après un diagnostic de cancer.
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La comparaison entre les conclusions des deux volets permet de mettre en évidence des évolutions positives dans plusieurs domaines. On constate tout d’abord que les relations avec les équipes soignantes paraissent s’améliorer. Ainsi, la proportion de patients estimant avoir été impliquée dans le choix des traitements est passée de 69 % à 74 %. Par ailleurs, les personnes interrogées sont aujourd’hui mois nombreuses à estimer que les informations données par les praticiens étaient trop complexes. Cependant, concernant l’annonce du diagnostic, la part de patients regrettant sa brutalité reste stable, autour de 18 %. On relève en outre en la matière que les femmes sont bien plus nombreuses à conserver un souvenir brutal de ce moment. D’une manière générale, les échanges avec les praticiens ont été jugées un peu moins satisfaisantes par les femmes que par les hommes (47,9 % des femmes sont très satisfaites vs 52,1 % des hommes). De façon plus marquée, les revenus ont une influence nette sur le niveau de satisfaction (qui atteint 28 % de très satisfaits chez les plus pauvres vs 44,7 % chez les plus aisés).

48 % des cadres sont au travail deux ans après un cancer de mauvais pronostic, contre 28 % des ouvriers

Autre élément en progression : la "qualité de vie psychique" deux ans après un cancer qui a connu, pour la plupart des localisations, une nette amélioration entre 2004 et 2012. Cependant, une fois encore, les résultats obtenus connaissent de fortes variations en fonction du niveau de précarité des personnes interrogées. On retrouve ces mêmes éléments d’appréciation en ce qui concerne la situation professionnelle. Entre 2004 et 2012, « le taux de maintien dans l’emploi deux ans après le diagnostic de cancer » a connu une nette augmentation. Cependant, on constate toujours les mêmes inégalités sociales. Ainsi, pour les cancers de bon pronostic, la conservation de l’emploi est de 89 % chez les cadres et les professions supérieures contre 74 % pour les autres, elle est par ailleurs de 48 % chez les cadres en cas de mauvais pronostic, contre 28 % « pour les métiers d’exécution ».

Les femmes et les pauvres se sentent bien plus souvent discriminées

Qu’il s’agisse de domaines ayant connu ou non des améliorations depuis 2004, cette seconde enquête VICAN conduit à des conclusions semblables : les inégalités sociales, mais aussi le sexe ont un très fort impact sur la vie deux ans après un cancer. Ainsi, on retrouve-t-on ces différences en ce qui concerne les discriminations. En 2012, 8,5 % des patients ont déclaré avoir déjà été l’objet « d’attitudes de rejet ou de discrimination liées directement à leur maladie », soit un niveau comparable à celui observé en 2004. Chez les femmes, cependant, cette proportion est beaucoup plus élevée, puisque 13 % des femmes indiquent avoir déjà subi des discriminations du fait de leur cancer, contre 3,5 % des hommes. En outre, « la fréquence des discriminations atteint 25 % parmi les personnes qui déclarent que leur ménage connaît des difficultés financières (contre 4 % parmi celles qui se disent « à l’aise ») ».

Sexualité : les médecins abordent peu le sujet… surtout avec les femmes !

Enfin, parmi les autres enseignements marquants de cette très vaste enquête, on retiendra que les questions liées à la sexualité et aux projets parentaux après un cancer demeurent encore trop rarement abordées par les équipes soignantes. Alors que 53 % des patients indiquent que leur cancer a eu un impact négatif sur leur libido (ici la différence entre hommes et femmes est inversée puisque 40 % des hommes ressentent davantage d’insatisfaction contre 24 % des femmes…), le sujet n’a été abordé en consultation qu’avec 60 % des hommes et 40 % des femmes. Par ailleurs, cette question n’a été évoquée spontanément par les praticiens qu’avec 18 % des hommes … et 4 % des femmes !

Enfin, l’INCA regrette de ne pas constater de progrès en ce qui concerne les actions mises en œuvre en vue de la préservation de la fertilité.

Source: jim.fr.

b102 Diamètre pénien.

Une étude américaine montre que les femmes préfèrent les pénis plus larges pour leurs aventures d'un soir.
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En réalité, ce n'est pas la longueur du pénis qui importe, mais plutôt sa largeur. Dans le cadre d'une relation longue et stable, les femmes préfèreraient en fait des pénis plus fins, et réserveraient les gros pénis aux seules aventures d'un soir... Pour en arriver à cette conclusion, les chercheurs de l'université de Californie (Los Angeles) ont présenté 33 pénis (en plastique évidemment et créés par imprimante 3D) de longueur et de largeur différentes à 41 femmes, en leur demandant lesquels seraient les plus appropriés pour une relation longue et pour une aventure d'un soir seulement. Verdict : pour les deux types de relation, les femmes ont choisi des pénis d'environ 16 centimètres (pour rappel, la taille moyenne des pénis français en érection était d'environ 13 centimètres en 2013). Par contre, pour des relations très courtes, les sondées ont préféré des sexes plus larges. Elles réservaient en revanche les pénis plus fins aux relations longues et caractérisées par leur stabilité... "Si vous envisagez la chirurgie pour faire allonger votre pénis afin d'être plus performant au lit, peut-être est-ce inutile, au regard des résultats de cette étude", écrivent ses auteurs.

Source: egora.fr.

b101 Orgasme et gel nasal.

Un gel nasal contenant de la testostérone, pourrait bientôt être mis en vente et aider les femmes à atteindre l'extase pendant l'acte.
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Une entreprise canadienne vient de tester en phase II, un gel nasal à base de testostérone destiné aux femmes ayant des difficultés à atteindre l'extase.

Bâptisé Tefina, ce produit a été testé sur 253 femmes souffrant de troubles orgasmiques vivant aux Etats-Unis, au Canada et en Australie. Certaines ont reçu des doses différentes du produit, d'autres un placebo. Les chercheurs ont constaté que celles ayant utilisé Tefina ont eu une moyenne de 2,3 orgasmes sur les 84 jours de l'essai, contre 1,7 orgasme dans le groupe placebo. Aucun effet secondaire n'a été signalé suite à l'utilisation du gel.

Selon Tom Rossi, PDG de l'entreprise "Tefina pourrait représenter une option thérapeutique importante pour de nombreuses femmes".


Source: egora.fr.

b100 Grossese et dépression.

Un tiers des dépressions pendant la grossesse. Les changements émotionnels caractérisant le baby blues chez une mère après la naissance de son enfant ne doit pas durer plus d’une semaine.
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. Au-delà, il y a un risque de dépression, un trouble qui touche une femme sur dix en période prénatale ou postnatale et qui nécessite une prise en charge précoce pour réduire le risque de suicide et les conséquences sur l’enfant, a indiqué le Pr Catherine Massoubre (service de psychiatrie, CHU de Saint Etienne), lors d’une intervention au congrès Urgences 2014, à Paris.

« La grossesse et le post-partum sont des périodes de vulnérabilité psychique ». Mal dépistée et par conséquent sous-estimée en France, la dépression, qu’il faut savoir différencier du baby blues, surviendrait pourtant chez 10 à 15% des femmes après l’accouchement », a rappelé le Pr Massoubre. Et 60% d’entre elles vivent alors leur premier épisode dépressif.

Un tiers des dépressions pendant la grossesse

Parmi les troubles de l’humeur survenant après la naissance d’un enfant, le baby blues est le plus fréquent. Selon la psychiatre, « il n’est pas à considérer en soi comme une pathologie psychiatrique ». Aucun traitement médicamenteux n’est donc recommandé. Seul le soutien des proches est nécessaire.

Le baby-blues apparait entre le troisième et le cinquième jour après la naissance. Il se manifeste notamment par une irritabilité, un trouble du sommeil ou des manifestations anxieuses. Les symptômes se maintiennent entre un jour et une semaine. Après 15 jours consécutifs, « iI faut considérer qu’il s’agit d’un état dépressif ».

La dépression survient dans un tiers des cas pendant la grossesse et se poursuit généralement après l’accouchement. Les troubles sont plus souvent mineurs et apparaissent au premier et au dernier mois de grossesse. « Il convient d’être vigilant, car la future mère a tendance à cacher son état dépressif », non conforme à la vision idéalisée de la grossesse, a souligné le Pr Massoubre.

Plus fréquente, la dépression postnatale se développe généralement entre le second mois et la fin de la première année de l’enfant. Dans 30% des cas, il s’agit d’une dépression grave, « pouvant s’accompagner de caractéristiques psychotiques délirantes».

Le dépistage de la dépression postnatale peut s’effectuer à l’aide du questionnaire EPDS (Edinburgh Postnatal Depression Scale). Ce questionnaire, que les femmes sont invitées à remplir seules, s’avère également approprié pour une évaluation pendant la grossesse.

Rechercher les facteurs de risque

Difficilement concevable pour une jeune mère ou une femme enceinte, le risque de suicide est pourtant réel. « Dès qu’un état dépressif est suspecté, il est fondamental de poser la question de l’existence d’idée suicidaire », insiste la psychiatre, qui souligne également la nécessité d’une prise en charge précoce pour réduire ce risque.

Plusieurs facteurs ont été associés à l’apparition de troubles dépressifs : des épisodes antérieurs, des conditions de vie difficile, comme une séparation pendant la grossesse, des problèmes financiers ou un isolement social, des personnalités anxieuses, perfectionnistes, ou encore des antécédents de fausse couche.

Lorsque la dépression est avérée, la prise en charge s’appuie sur un spécialiste, psychiatre ou psychothérapeute, en ambulatoire ou en hospitalisation, pour les cas les plus graves, auxquels sera également prescrit un traitement médicamenteux, a rappelé le Pr Massoubre.

« Il faut toutefois faire attention à la prescription d’antidépresseurs chez les patientes souffrant en plus de troubles bipolaires, le risque étant d’accélérer les cycles de la maladie », entre phase maniaque et phase dépressive. Dans ce cas, « il faut associer un thymorégulateur ».

Pendant la grossesse, les nouveaux antipsychotiques atypiques à visée thymorégulatrice sont alors à privilégier, du fait qu’ils ne soient pas associés une hausse du risque de malformation chez le nouveau-né, contrairement aux thymorégulateurs plus conventionnels.

Etre très attentif aux profils bipolaires

Identifier les profils bipolaires est donc nécessaire. Selon la spécialiste, « les dépressions associées à un trouble bipolaire sont généralement plus sévères. Elles se caractérisent par un sentiment de culpabilité, une perception que la maladie est incurable, ou des idées délirantes concernant la filiation, la mère se persuadant que l’enfant n’est pas le sien ».

« Les patientes présentant un trouble bipolaire ont souvent développé une dépression précoce avant 20 ans, avec des idées délirantes psychotiques », ajoute-t-elle. Il faut également vérifier s’il existe des antécédents familiaux. Et « rester vigilant par rapport à la consommation d’alcool, qui peut cacher un état bipolaire. »

A long terme, le pronostic reste peu favorable. « Au bout d’un an, un tiers des femmes souffrent encore de dépression, ce qui peut engendrer des conséquences néfastes sur le développement de l’enfant, en particulier lorsqu’il n’est pas pris en charge par la famille ».

Dans les cas les plus graves, les états délirants peuvent nécessiter une hospitalisation d’urgence en psychiatrie, en raison du risque de suicide et d’infanticide. Ces psychoses dites puerpérales touchent une à deux femmes pour 1 000 naissances.

« Il faut alors six à huit semaines pour que la pathologie s’améliore et plusieurs mois pour obtenir une rémission complète. L’évolution est favorable dans 80% des cas, mais le risque de récidive reste élevé ». En particulier au cours d’une nouvelle grossesse, puisqu’il est alors multiplié par trois.

Références :

  1. Massoubre C, « les troubles psychiatriques du péri et du post partum », Congrès Urgences 2014, 4 juin 2014, Paris.

Source: medscape.fr.

b99 Quand le roi de Microsoft s'intéresse aux préservatifs.

Utiliserons-nous bientôt une toute nouvelle génération de préservatif ? Bill Gates semble en tout cas y croire.
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Il vient d’investir par le biais de sa fondation, 100 000 dollars dans le projet porté par une équipe de chercheurs de la University of Wollongong en Australie.

Ces derniers, sous la direction de l’ingénieur biomédical Robert Gorkin cherchent en effet à remplacer le latex qui compose les préservatifs actuels par un matériau de nouvelle génération : un puissant hydrogel.

Un hydrogel est un tissu constitué à 95% d'eau piégée dans un fin réseau de chaînes de polymères. Son avantage est qu’il peut posséder des propriétés très similaires à celles des tissus humains et donc être considéré comme une seconde peau. Cette matière serait donc plus douce que le latex, très solide et en même temps très souple.

Cette texture imite également parfaitement les muqueuses humaines. Elle en est si proche en termes de ressenti et sensation qu’elle est exploitée actuellement dans la création de muscles artificiels et tissus implantables. Autre utilisation de ces hydrogels, la production alimentaire, mais aussi les lentilles de contact.

"Voilà qui devrait faire en sorte que les préservatifs offrent une sensation plus proche de la peau humaine", explique Gorkin qui espère ainsi vaincre toutes éventuelles réticences à sortir couvert.

[Avec Sciencesetavenir.fr]

Source: egora.fr.

b98 Préserver la fertilité après certains cancers du sein.

Un traitement hormonal aide les jeunes femmes atteintes d'un certain type de cancer du sein à mieux préserver leur fertilité durant une chimiothérapie et aussi à nettement prolonger leur vie.
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La chimiothérapie présente un risque élevé de provoquer une insuffisance ovarienne en diminuant la quantité et la qualité des ovules stockés dans les ovaires, un stock qui n'est pas renouvelable.

Pour maintenir sa capacité à enfanter une femme peut aujourd'hui, avant de commencer une chimiothérapie, recourir à une congélation d'ovocytes ou d'embryons après une stimulation ovarienne, une procédure coûteuse comparable à celle réalisée pour la procréation chez des couples infertiles.

Cette étude clinique de phase 3 montre qu'une telle mesure peut être évitée avec une injection mensuelle de goséréline durant une chimiothérapie, qui réduit de 64% le risque de défaillance ovarienne. Ce traitement, en bloquant la production d'oestrogènes, provoque une ménopause temporaire et préserve beaucoup mieux la fertilité de la malade.

Seulement 8% des patientes qui ont reçu une injection mensuelle de cette hormone ont eu une défaillance ovarienne après deux ans, contre à 22% dans le groupe témoin.

De plus, ces femmes avaient aussi deux fois plus de chances d'avoir une grossesse normale après la fin de la chimiothérapie par rapport à celles qui n'ont pas reçu ce traitement hormonal, ont souligné les chercheurs lors d'une conférence de presse au premier jour de la conférence annuelle de l'American society of Clinical Oncology (ASCO), réunie à Chicago (Illinois, nord) ce week-end.

"Préserver leur fertilité est un objectif et une préoccupation importante pour les jeunes femmes diagnostiquées d'un cancer du sein et les résultats de cet essai clinique offrent une option simple et nouvelle qui pourrait éventuellement s'appliquer à d'autres cancers", a souligné la Dr Halle Moore, de la Cleveland Clinic, principal auteur.

"Non seulement la goséréline paraît être très sûre, mais elle est aussi efficace alors que ce traitement accroît les chances d'avoir une grossesse et de donner naissance à un enfant en bonne santé après une chimiothérapie", a-t-elle ajouté.

Elle a aussi indiqué avoir été surprise de constater que la goséréline prolongeait la vie des malades.

Après avoir pris en compte les différents stades d'avancement du cancer du sein chez les participantes à l'étude, celles qui ont été traitées avec cette hormone avaient 50% de chances de plus d'être encore en vie quatre ans après le diagnostic, comparé à celles dans le groupe témoin.

L'essai clinique a porté sur 257 femmes non-ménopausées avec une tumeur cancéreuse du sein avec des récepteurs hormonaux négatifs.

Aux Etats-Unis, près de 49.000 femmes de moins de 50 ans sont diagnostiquées chaque année d'un cancer invasif du sein et près de 11.000 ont moins de 40 ans. Dans ce groupe, environ 15% ont une tumeur à récepteurs hormonaux négatifs.

Source: www.lalibre.be.

b97 Comportements à risques chez les ados.

Selon l'enquête Ipsos Santé* sur les comportements à risques, la grande majorité (89%) des adolescents est consciente des risques auxquels ils peuvent être confrontés.
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Ainsi 93% des ados déclarent avoir reçu au cours de leur scolarité des informations sur la sécurité routière, 85% sur la sexualité, 72% sur le cannabis, 69% sur l'alcool. Néanmoins, les jeunes regrettent de ne pas avoir eu de prévention sur les risques "sociaux" comme le suicide (73%) ou le harcèlement (63%).

Même si les adolescents ont une bonne connaissance des comportements à risques, peu déclarent les adopter. Alcool, addictions et rapports non protégés ne concernent qu'un adolescent sur cinq, d'après l'enquête.

Dans les douze derniers mois, 19% des jeunes interrogés reconnaissent avoir bu jusqu'à l'ivresse, dont 17% chez les filles et 20% chez les garçons. 13% déclarent avoir pris des drogues et 11% avoir eu des rapports sexuels non protégés.

Malgré le contexte difficile (crise, chômage...), les adolescents continuent d'aller bien : 85% affirment pouvoir facilement parler avec leurs parents et autant assurent savoir à qui s'adresser en cas de difficultés personnelles.

*(Enquête Ipsos Santé/Fondation Pfizer réalisée auprès d'un échantillon national représentatif de 798 adolescents âgés de 15 à 18 ans interrogés via internet entre le 1er et le 14 octobre 2013 (méthode des quotas).

Source: egora.fr.

b96 Le préservatif du futur viendra-t-il des USA?

Le Galactic Cap, se vante d'être le préservatif de demain. Minimaliste et adhésif, il devrait séduire les réfractaires.
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Le dispositif est minimaliste puisqu'il se présente comme film adhésif en polyuréthane (la base) à coller sur le gland, sur lequel vient ensuite se coller un chapeau qui se présente en réalité comme un réservoir. Ce tout nouveau préservatif ne recouvre pas totalement le pénis et promet donc de se faire oublier, tout en permettant aux couples de ne pas perdre de sensations pendant les rapports.

Le concepteur de ce préservatif, Charlie Powell a lancé une campagne de financement sur la plateforme en ligne Indiegogo. ans sa campagne de promotion, Galactic Cap indique que les préservatifs traditionnels échouent dans leur objectif de contrôle des naissances et de transmission des MST à hauteur de 15 à 18 %, tout en promettant que son propre produit se veut plus simple d'utilisation et plus performant.

Cependant, l’invention, qui n’a pas reçu l’aval de l’Administration des denrées et des médicaments (FDA) des Etats-Unis, pose problème. Selon Sylvie Jaquet, conseillère en santé sexuelle et reproductive à la fondation Profa à Lausanne, interrogée par 20min.ch. : "Ce projet ne tient pas la route. Le papillomavirus et l’herpès peuvent s’attraper avec un préservatif classique, puisqu’il se transmettent de peau à peau. Alors si tout le corps de la verge n’est plus protégé, il pourrait être plus contaminant car il y aura plus de contacts avec les muqueuses." Sans parler des risques s’il reste coincé à l’intérieur du vagin, à moins d’une bonne colle.

La conseillère souligne également que l’argument principal du concepteur, le respect total du plaisir, est infondé: "Là où il y a le plus de sensations, c’est au niveau du gland."

Voir la vidéo de présentation du Galactic cap

Source: egora.fr.

b95 Amour et addiction sont-ils synonymes?

La passion amoureuse est-elle une addiction comme les autres ? Pour les artistes, qui ont souvent comparé l’amour à une drogue, c’est une évidence.
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Pour les scientifiques, cela reste à démontrer. Le sujet les intéresse depuis quelques dizaines d’années mais il faut, pour étayer scientifiquement cette thèse, en trouver une traduction dans le corps au-delà de la « symptomatologie ». Une étude présentée lors du congrès de l’ American Psychiatric Association apporte de nouveaux éléments dans ce sens, en montrant la proximité neurobiologique (en termes de neurotransmetteurs et de localisation anatomique cérébrale) entre, d’une part, ce qui relèverait de l’ « addiction amoureuse » et, d’autre part, les troubles de l’attachement et les addictions « classiques » [1]. Ce qui n’est pas sans soulever de nombreuses questions. Quelle légitimité y aurait-il à assimiler un état naturel à une pathologie (l’addiction), et à le « médicaliser » ?

C’est quoi être « accro à quelqu’un » ?

Quand est-ce que l’amour devient addictif ? Quand est-ce que l’amour passionnel peut être assimilé à une addiction comportementale ? Quels en seraient les critères ? Cela pourrait-il relever d’un diagnostic ? Autant de questions que se sont posées les investigateurs de l’étude, dont le Pr Vineeth P. John, psychiatre (University of Texas Health Science Center, Houston), durant une conférence de presse du congrès de l’APA.

Tout en se défendant de vouloir médicaliser le sentiment amoureux, le psychiatre américain estime que « les médecins devraient s’impliquer lorsque leurs patients restent dans une relation qui les met en danger ou lorsqu’ils continuent à se languir longtemps après que la relation amoureuse a pris fin ». Cela suppose de mieux définir ce qu’est l’addiction amoureuse d’un point de vue nosologique et neurobiologique, indiquent les investigateurs de l’étude.

Sans définition validée, ni critère diagnostique : l’« addiction amoureuse » est considérée comme un ensemble de comportements amoureux inadaptés et une focalisation de l’attention vers le ou les objet(s) d’amour au détriment de tout autre centre d’intérêt, indiquent-ils. Cette attitude peut s’accompagner d’autres types de dépendance (jeu, sexe, substances), ou bien être une attitude addictive en elle-même. « Ce type de comportement pourrait concerner 3% de la population, voire même 25% dans certains sous-groupes de jeunes adultes, rapporte l’édition internationale de Medscape. Certains profils étant plus « à risque », notamment ceux avec une conception immature de l’amour, une grande impulsivité, les « séducteurs narcissiques », les personnes présentant un attachement de type anxieux-ambivalent ou une dépendance affective structurelle.

Pr Michel Reynaud Interrogé par Medscape France, le Pr Michel Reynaud, chef du département de psychiatrie et d’addictologie à l’hôpital Paul Brousse, confirme : « Il est clair que cliniquement la passion a des points communs avec l’addiction aux substances : euphorie, désir incoercible et hyper créativité en présence et autour de l’objet aimé. Celui-ci devient une préoccupation primordiale, dont on ne peut imaginer se passer, et, à l’inverse, on ressent tristesse, anhédonie, voire détresse en cas de « manque » de l’être aimé. Dans l’addiction, le besoin est devenu primordial et empêche un fonctionnement du contrôle raisonnable qui serait d’éviter des comportements qui nous mettent en danger . »

Des mécanismes neurobiologiques communs avec les addictions.

Cette « symptomatologie » commune se traduit-elle sur le plan neurobiologique ?

Dans cette nouvelle étude présentée à l’APA, la photo de l’être « aimé » provoque une activation du tronc cérébral, de l’aire tegmentaire ventrale droite et des régions du noyau caudé, des aires connues pour être impliquées dans la récompense, la mémoire, les fonctions d’apprentissage et l’abus de substances, confirmant ainsi les travaux antérieurs de l’anthropologue Helen Fischer qui s’est beaucoup intéressée à ce sujet. Comme on sait, de plus, que l’addiction et les troubles de l’attachement partagent des circuits neuronaux communs, de l’aire tegmentaire ventrale droite au noyau accumbens, « ce que nous recherchons semble être de l’ordre d’un trouble de l’attachement » affirment les chercheurs.

Enfin, d’un point de vue biochimique, les chercheurs rapportent l’implication de 4 neuromédiateurs ou « molécules de l’amour » dans le comportement addictif amoureux, à savoir la dopamine (qui stimule le désir et facilite la répétition de comportements amoureux), l’ocytocine (impliquée dans l’attachement et la mise en couple), l’hormone opioïdes (qui active les sensations de plaisir) et la vasopressine (comportements de protection). On notera que toutes ont précédemment été décrites dans d’autres types d’addiction, notamment aux drogues.

Et pour cause : « quand on aime, on produit des substances euphorisantes qui activent le circuit naturel du plaisir et quand on est " accro ", le manque est alors vécu comme insupportable et la passion se transforme en addiction, explique le Pr Reynaud. La gestion du plaisir et des émotions est inscrite en chacun de nous. Elle est très archaïque car nécessaire à la reproduction de l’espèce. On sait que les drogues viennent se greffer sur des circuits qui existent naturellement dans le cerveau comme des leurres pharmacologiques, qui prennent la place des ligands naturels sur les voies dopaminergiques. La route neuronale est donc tracée et les drogues n’ont qu’à la détourner » ajoute le Pr Reynaud.

Faut-il médicaliser l’addiction amoureuse ?

Bien sûr, la question que soulèvent de telles études est celle de savoir si l’on est devant une pathologie causant une vraie souffrance nécessitant une prise en charge médicamenteuse ou devant une nouvelle tentative de « disease mongering », à savoir une maladie inventée de toute pièce favorisant une médicalisation à outrance d’un état somme toute « naturel » ?

Les auteurs américains de l’étude évoquent l’intérêt de la thérapie cognitivo-comportementale ou les groupes de paroles type « Dépendants affectifs et sexuels anonymes » mais suggèrent aussi l’ajout d’antidépresseurs et/ou d’inhibiteurs de la recapture de la sérotonine pour traiter les pensées obsessionnelles liées au partenaire amoureux, des stabilisateurs de l’humeur, des antipsychotiques, la naltrexone ou la buprenorphine pour prendre en charge la recherche compulsive de partenaires amoureux, et l’ocytocine ou la vasopressine pour les troubles de l’attachement. Pour le Dr John, « il pourrait être envisageable d’utiliser des traitements médicamenteux pour ce type de comportement, sur la bases des données neurobiologiques. » Tout en ajoutant que le concept est futuriste et qu’il ne s’agit pas de médicaliser les sentiments humains mais de prendre en charge les comportements destructeurs et sources d’un stress psychologique intense.»

Le Pr Reynaud considère de son côté que, si l’addiction amoureuse répond aux critères retenus dans le DSM-V pour les dépendances – bien qu’elle n’en fasse pas partie –, « il n’est pas question de la réduire à une addiction (ce serait tomber dans un modèle exagérément simplificateur) et de « médicaliser » le sentiment le plus universel. Le modèle de l’addiction s’applique mieux à des comportements « simples » comme l’alimentation, le sport, le sexe, et éventuellement le jeu ou les achats. La passion, quant à elle, reste un comportement complexe - qui peut être très perturbé - mais qui est, avant tout, très lié à l’histoire de l’individu, au partenaire, au contexte social. Sa prise en charge relève de la psychiatrie et des psychothérapies ». Les groupes de soutien type « Dépendants affectifs et sexuels anonymes » sont très utiles. « On remarque néanmoins que la majorité des hommes y viennent pour une dépendance sexuelle et les femmes pour une dépendance affective », note le psychiatre.

Le sujet a fait l’objet d’un article sur Medscape.com

Les auteurs de l’étude n’ont rapporté aucun lien d’intérêt. Le Pr Michel Reynaud est l’auteur, avec Catherine Siguret, de « L'amour est une drogue douce... en général », éditions Robert Lafont.

Références:

  1. APA. New Research Press Briefing: Nosology, Neurobiology and Treatment of Love Addiction. 3 mai 2014.
  2. Reynaud, M. L’addiction amoureuse existe –t-elle ? Annales médico-psychologiques (2010).

Source: medscape.fr


Mai 2014


b94 Les neurones de la violence (et de la sexualité?).

Faites l’amour, pas la guerre ! C’est peut-être le message qu’il faudrait faire passer à certains neurones.
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Des chercheurs californiens ont découvert que s'ils stimulaient certaines cellules du cerveau, des souris cherchaient soit à se battre, soit à copuler. Les comportements agressifs et sexuels sont tous deux innés chez les animaux; ils sont commandés par certains neurones du cerveau. Des scientifiques du California Institute of Technology (Caltech) ont localisé dans l’hypothalamus des neurones liés à ces deux comportements.

Les faits : les mêmes cellules contrôlent deux comportements différents

Dans un article paru dans Nature, les chercheurs présentent les résultats étonnants qu’ils ont obtenus sur des souris en essayant de stimuler des neurones situés dans l’hypothalamus ventromédial : les mêmes cellules inciteraient à la fois à la violence et aux rapports sexuels.
Pour arriver à ce résultat, ils ont employé une technique particulière, l’optogénétique, qui utilise des impulsions lumineuses pour stimuler des neurones. Par exemple, une fibre optique peut être implantée dans le cerveau d’une souris. La lumière émise permet de contrôler des neurones génétiquement modifiés afin de devenir sensibles à la lumière.
Grâce à l’optogénétique, les chercheurs ont montré que lorsque certains neurones étaient fortement stimulés, la souris commençait à se battre, alors que s’ils étaient faiblement stimulés, elle essayait d’avoir des rapports sexuels.

Décryptage : les récepteurs des œstrogènes impliqués

Les cellules nerveuses qui ont été stimulées dans cet article étaient des neurones exprimant un récepteur des œstrogènes : les neurones Esr1+ (oestrogen receptor 1). Les œstrogènes sont des hormones produites essentiellement par les ovaires des femelles, mais d’autres organes en fournissent un peu, y compris chez les mâles. C’est pourquoi les souris mâles peuvent posséder des récepteurs des œstrogènes sur certaines cellules. Les chercheurs ont donc voulu explorer le rôle de ces neurones, portant un récepteur des œstrogènes, chez des souris mâles.

C’est ainsi que par optogénétique, ils ont montré que les neurones Esr1+ permettent de déclencher un comportement d’attaque, et non les neurones Esr1- (sans le récepteur d’œstrogènes Esr1). Lorsque ces neurones étaient plus faiblement stimulés, la souris essaie de monter sur d’autres souris mâles ou femelles, elle les flaire, les inspecte de près, mais ne les attaque pas. En revanche, lorsque les chercheurs augmentent la stimulation, la souris mâle se met à attaquer d’autres souris, mâles comme femelles.

No panic : des résultats expérimentaux chez la souris

Ces résultats indiquent que les œstrogènes semblent jouer un rôle important dans le contrôle de l’agressivité des souris mâles. Mais on ne sait pas si ces résultats peuvent être extrapolés à l'espèce humaine, même si les structures des cerveaux des souris et des humains sont assez proches.
Notons cependant que le cerveau humain est particulièrement développé, permettant une grande capacité de réflexion et de contrôle des émotions et des pulsions. Nos comportements ne sont pas uniquement dictés par des messages chimiques, génétiques, nerveux ou hormonaux...

Source: futura-sciences.com.

b93 Auto-dépistage du cancer du col?

Une étude française démontre que l’auto dépistage peut être aussi efficace que le frottis réalisé par un médecin. Une manière de pallier les failles du programme actuel de prévention.
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Les femmes peuvent, sans difficulté, apprendre à réaliser un auto dépistage du cancer du col de l’utérus, assure une étude publiée dans le dernier numéro du Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) de l’Institut de veille sanitaire, et réalisée par une équipe dirigée par le professeur Alain Goudeau et le docteur Ken Haguenoer. Cette démonstration ouvre de nouvelles perspectives, en France comme dans les pays en développement.

‘’Il s’agissait moins ici d’une volonté de priver le médecin d’un geste dont il a l’exclusivité que de mettre au point une technique efficace pour augmenter la participation au dépistage pour les femmes qui ne sont jamais ou rarement dépistées’’, explique Alain Goudeau. En France, le dépistage par frottis existe depuis plus de soixante ans, mais seules 60% des femmes en bénéficient réellement. Ainsi, une grande variété de dispositifs d’auto prélèvement (écouvillons, brosses, tampons, serviettes et lavages cervico-vaginaux) avait déjà été testée. Ces dispositifs étaient généralement placés dans un milieu de transport liquide lors du prélèvement. Mais il s’agissait là de procédures malaisées et relativement coûteuses.

L’expérience relatée récemment dans le BEH a elle été réalisée à partir d’un ‘’écouvillon sec’’, d’un maniement simple et peu coûteux, et pouvant être adressé aux femmes et renvoyé à un laboratoire par la poste. L’expérience a été menée dans quatre centres : un centre d’orthogénie et un centre de consultation de gynécologie d’un CHU, ainsi que deux centres d’examens de santé.

Différents prélèvements génitaux étaient réalisés pendant la consultation. Un kit d’auto prélèvement était ensuite remis aux volontaires, comportant des écouvillons et une notice explicative. Les femmes réalisaient les auto prélèvements dans le bureau du médecin ou à proximité (toilettes, vestiaires), avant l’examen gynécologique.

Plus de 700 femmes ont participé à cette expérience. Parmi elles, 14% disent avoir rencontré quelques difficultés, notamment pour évaluer la profondeur préconisée ou la façon d'introduire l’écouvillon. Seules 9% ont fait état d’une douleur ou d’une sensation désagréable. Après vérification et comparaison des résultats virologiques obtenus, l'équipe dirigée par Alain Goudeau et Ken Haguenoer a conclu à une efficacité comparable à celle des prélèvements effectués par des médecins.

‘’Cet auto prélèvement vaginal nous semble une méthode performante et efficace, estime le professeur Goudeau. Elle pourrait permettre de faire bénéficier du dépistage de ce cancer des femmes qui, aujourd’hui, sont de fait exclues des programmes existants.’’

[Avec Slate.fr]

Source: egora.fr.

b92 Pratiques à risque chez les séniors.

Le nombre de maladies sexuellement transmissibles est en forte augmentation chez les plus de 65 ans britanniques. Le sulfureux roman d'E.L. James pourrait en être la cause, en donnant des idées aux plus âgés.
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L'amour n'a pas d'âge, les maladies sexuellement transmissibles (MST) non plus. Ces infections sont en nette augmentation chez les seniors d'outre-Manche. Selon le docteur Charlotte Jones, membre de l'Association des médecins britanniques, l'une des causes pourrait être littéraire: la trilogie érotique Cinquante nuances de Grey , d'E.L. James donnerait des idées de pratique sexuelle aux plus de 65 ans, cœur de cible du roman.

Les chiffres du ministère de la santé britannique indiquent qu'en 2012, 1374 cas de MST hors chlamydia ont été déclarés parmi les plus de 65 ans, contre 1281 en 2011. Soit une hausse de 7%, rapporte The Independant. Selon Charlotte Jones, présidente du comité des médecins généralistes au sein de l'association, le roman érotique encourage les pratiques sexuelles originales chez les plus âgés.

Un «effet Cinquante nuances de Grey» qui ne va pas de pair avec une protection. «Quand on évoque les oublis de se protéger, on pense toujours à la vulnérabilité des plus jeunes», souligne le docteur Jones. Pourtant, la spécialiste estime que le roman pousse les seniors à devenir «plus aventureux» sous la couette, «sans nécessairement penser à utiliser un préservatif».

«Ne soyez pas gênés»

La trilogie de E.L. James évoque des scènes de sado-masochisme entre Christian Grey, homme mûr et séduisant, et Anastasia Steele, jeune femmes réservée et pudique tombée sous le charme de Grey. Depuis sa parution en 2012, le roman a connu un succès phénoménal, particulièrement parmi un public âgé. Parmi les conséquences insolites de ce triomphe, l'une d'elles déjà remarquée est la recrudescence d'appels adressés aux pompiersde la part de partenaires sexuels coincés dans leurs menottes ou d'autres endroits incongrus.

Roman érotique ou libération des mœurs, la raison de cette évolution n'est pas ce qui préoccupe le plus les professionnels de santé. Ces derniers rappellent l'importance du dépistage pour limiter l'augmentation des maladies. «Ne soyez pas gênés», ironise l'agence de santé britannique pour encourager les patients à consulter dès les premiers symptômes, précise le Daily Mail . «On a tout vu avant, cela ne nous surprendra pas.» En dehors des infections, on rajoutera le conseil donné par la police londonienne, qui s'y connaît en menottes: «Gardez toujours les clés à proximité.»

Source: lefigaro.fr.

b91 Réagir face au cancer du sein.

Pour tenter d'aider les victimes du cancer du sein, la photographe Finlandaise Pinja Valja a mis au point le projet Monokini 2.0, destiné à sublimer le corps meurtri de ces femmes....
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....pour l'occasion avec d'incroyables maillots de bain dignes de la haute couture.

"Qui a dit que vous en aviez besoin de deux ?" (sous-entendu, deux seins) interroge la page d'accueil du site monokini2.com. Ici, le but du projet n'est pas de dépeindre une image négative des conséquences du cancer du sein mais plutôt d'exploiter les clichés de Pinja Valja afin d'offrir une vision décomplexée de ce mal, tant physique que psychologique rapporte le Huffington Post.

En tout, dix participantes se sont pour le moment prêtées au jeu en prenant la pose, sourire aux lèvres, dans leurs maillots de bain hauts en couleur, dessinés spécialement pour le shooting par des stylistes Finlandais. Depuis, l'initiative a inspiré de nombreuses Finlandaises qui demandent aujourd'hui à être immortalisées sous l'objectif de Pinja Valja. Le succès du projet est tel, qu'une exposition aura même lieu à Oslo cet été.

Les photos de ces femmes en maillot de bain sont consultables sur le site monokini2.com

[Avec Huffingtonpost.fr]

Source: egora.fr.

b90 Les jeunes et le sexe.

C'est le sujet le plus tabou, le plus opaque entre eux et leurs parents. Et pourtant, à l'heure d'Internet et des réseaux sociaux, quelle révolution dans le langage et les pratiques, des ados aux plus âgés !
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Enquête sur une génération qui "apprend" sur les sites porno, drague ou affiche ses exploits sur la Toile... mais rêve encore de vie à deux.

"Quand on dit 'sexe à un jeune, il pense 'porno'", décrypte un lycéen. Autant le dire tout de suite : enquêter sur les jeunes et le sexe à l'ère de Twitter est une expérience étonnante pour le ou la journaliste - parent, de surcroît - qui s'y colle. Non que nos marmots aient réinventé les règles du genre. Ni qu'ils forniquent à tout-va - chassons d'emblée cette idée fausse de "darons" et "daronnes" un peu dépassés par les événements ! Si 32,6 % des garçons et 23,5% des filles disent avoir eu des relations sexuelles avant 15 ans (1), l'âge médian du premier rapport - celui auquel la moitié des filles et des garçons a fait l'amour pour la première fois -, lui, n'a pas bougé depuis les années 2000 : 17,6 ans pour les filles ; 17,2 pour les garçons.

L'approche "brut de brut" des joies de la chair dans la catégorie des 14-25 ans a néanmoins de quoi dérouter Première génération à avoir grandi avec les réseaux sociaux, les outils numériques et le porno facile d'accès, ces petits-enfants de la libération sexuelle ont glissé très tôt le regard sous la couette. Ils connaissent le Kama-sutra avant le Code de la route, s'offrent des joujoux coquins pour "pimenter" leurs relations, vivent le sexe pour le sexe en toute simplicité et se chuchotent des mots paillards à un âge où leurs aînés en étaient encore à tenter le bisou derrière l'oreille. Pour les choquer, il en faut plus que le pétard en string d'une Rihanna lubrique ou les délicats madrigaux du rappeur Booba - "La meuf est encore plus fraîche en plein jour / J'arrête pas de mater son cul / J'y plongerai 25 fois par jour jusqu'à ce que la go appelle au secours"... Bien sûr, tous ne sont pas "comme ça". Bien sûr, dans certaines familles, la religion freine efficacement l'exultation de la chair. Et la libido sans corset à baleines n'empêche nullement les sentiments. Mais s'il y a une chose qui caractérise la jeunesse actuelle, c'est bien son rapport décomplexé au sexe. Le corps avant le coeur, et "fuck"la morale ! Emma, 14 ans, collégienne timide dans une ville chic et tranquille de l'est de la France, raconte : "Le délire des garçons, c'est de venir nous demander dans la cour du bahut : ?Eh, les filles, vous vous doigtez ?? Pour eux, c'est la classe, une fille qui se doigte, ça montre qu'elle assume le sexe." Bienvenue dans le monde enchanté du porno. Impossible de ne pas commencer ce voyage en terre méconnue par la révolution de ces dernières années. "Quand on dit 'sexe' à un jeune, il entend 'porno'", résume Louis, lycéen en banlieue parisienne. Tôt déniaisés par les films "de boules", les ados de la génération YouPorn - un site de vidéos amateurs qui cartonne - en ont adopté le langage. Les termes "sucer" et "se branler" sont désormais d'un usage aussi banal que "clasher" ou "kiffer". Et l'expression "faire l'amour" sent presque autant la poussière qu'un roman d'Honoré d'Urfé. D'après le sociologue Michel Bozon (2), les parents seraient en proie à une "panique morale" en pensant à l'influence du X sur leurs rejetons. Mais ont-ils tout à fait tort ?

"C'est quoi, une femme fontaine ?"

Un "tsunami porno", voilà comment Christian Spitz (3), le Doc de Fun Radio, qui a repris le micro de son émission mythique en août 2013, décrit aujourd'hui le paysage. "Le X est devenu pour les jeunes un passage obligé", observe-t-il après vingt ans d'antenne libre. Selon une enquête récente de l'Association française de promotion de la santé dans l'environnement scolaire et universitaire, un tiers des consommateurs de sites pornographiques sont des ados, parmi lesquels 75 % ont moins de 12 ans. Dès le CM2, les mômes racontent, très "cool", comment ils surfent avec leurs copains sur YouPorn ou Brazzers. Le contrôle parental? "Il suffit d'aller effacer l'historique de navigation pour que les parents ne voient rien", glisse Alexis, demi-sel de 11 ans à la bouille canaille. Entre les sites gratuits, comme Yuvutu.com ou Amateurify.com, et les payants, que l'on contourne grâce aux mots de passe laissés gracieusement par des utilisateurs sur Internet, les gamins ont l'embarras du choix. Même pas besoin de chercher, c'est le porno qui vient à eux, via des liens laissés par des internautes sur les chat rooms très prisés des ados ou les films téléchargés illégalement, grâce au logiciel Bit- Torrent, par exemple. Où l'on comprend soudain comment un prépubère gentiment installé devant Les Vacances du petit Nicolas peut se retrouver, d'un coup d'un seul, propulsé devant l'entrejambe de Clara Morgane...

Se greffent là-dessus les nouveaux outils et les réseaux sociaux, qui démultiplient la force de frappe du X. Equipés dès la sixième des smartphones usagés de leurs géniteurs, les garçons s'envoient des vidéos par Bluetooth, se connectent sur les sites et font circuler des photos grâce à Twitter ou Instagram. Alizée, en quatrième dans un collège d'une banlieue bourgeoise de Paris : "Souvent, quand on est assises, avec mes copines, ils viennent nous voir et nous montrent les vidéos qu'ils sont en train de regarder avec leurs potes ; ils commentent les filles, leurs positions. L'autre jour, il y avait un gros attroupement dans la cour ; je me suis approchée. Les garçons étaient en train de regarder des vidéos scato et zoophiles." Les infirmières scolaires, elles aussi, ont pu constater que les questions des élèves avaient changé. "Avant, les filles demandaient comment éviter de tomber enceintes, raconte l'une d'entre elles, en poste dans un collège francilien. Maintenant, elles ajoutent : ?Est-ce que ça craint, la sodomie ou l'éjaculation sur le visage ? C'est quoi, une femme fontaine ??"

Le mec qui l'a à "demi-molle" peut aller se rhabiller

Ces mêmes élèves mesurent-ils combien ils sont conditionnés par le porno ? Pas sûr... On ne s'étendra pas sur l'essor de l'épilation intégrale chez les filles : 45 % des moins de 25 ans débroussaillent tout, d'après un sondage Ifop réalisé en avril pour le site Tukif.com. Anoter que les garçons s'y mettent aussi, parfois à la demande de leurs copines. On ne reviendra pas davantage sur les complexes et les attentes dus au X : taille du pénis, aspect de la vulve - dont les lèvres ne doivent pas pendouiller... Le mec qui l'a à "demi-molle" peut aller se rhabiller auprès de ces demoiselles, qui sont elles-mêmes supposées hurler à la mort au moment de l'orgasme. Et comme les unes et les autres commentent de plus en plus souvent sur le ton de la rigolade les prouesses de leurs partenaires au lit, la pression monte.

Arrêtons-nous, en revanche, sur le surprenant diktat des "préli" - les préliminaires -, sujet récurrent de conversation entre potes dès le collège. Il s'agit donc de "sucer, lécher, doigter"; sainte trilogie, considérée, quel que soit l'âge, comme la formule idéale pour mettre en condition. Aucun des deux partenaires ne saurait, de ce fait, s'y soustraire. "On pense que, sans les préliminaires, ça ne va pas bien passer ou que ça fera mal", reconnaît Guillaume, 16 ans. Pour Léa Frédeval, 23 ans, auteur d'un premier essai très réussi (Les Affamés. chroniques d'une jeunesse qui ne lâche rien,Bayard), la libération sexuelle de sa génération obéit à des codes "un peu bizarres". "On pratique le sexe, mais parfois sans accorder vraiment de valeur à ce qu'on fait, note-t-elle. La fellation, par exemple. On se retrouve avec des mecs qui vous balancent très vite : ?Sucemoi!? - et pas forcément de la manière la plus sympathique qui soit -, comme quelque chose de normal. J'ai dégagé plus d'un mec de chez moi à cause de ça !" Sans compter que le porno donne aussi des idées qui n'auraient pas forcément germé si tôt : un plan à trois, une aventure homo... Les jeunes tentent des expériences ; une fois, deux fois, pour voir. Antoine, 22 ans, étudiant en droit à Paris, témoigne :

"En fin de soirée, ça peut arriver, tu retombes sur une nana avec laquelle t'as couché ; sa copine se greffe là-dessus..." Qu'on se rassure - un peu. A entendre les jeunes entrés dans la vingtaine, le porno ne les a pas traumatisés. "On a beaucoup rigolé avec ça, et on a su très vite faire la différence entre ces films et la réalité, ajoute Antoine. Je n'ai jamais eu envie de me taper une naine !" Les ados - filles comprises - tiennent à peu près le même discours, tout en ayant souvent un exemple à citer de copain "accro", qui classe les films par catégories, connaît par coeur les noms des actrices, ainsi que leurs spécialités. Sur le fond, les jeunes n'ont pas changé : le corps de l'autre et l'émoi qu'il suscite leur semblent toujours beaucoup plus intéressants que ces images ultratrash dans lesquelles ils cherchent des réponses à des questions éternelles : "C'est quoi, faire l'amour? Que ressent-on ? Comment doit-on s'y prendre ?"

Mais tout le problème réside précisément dans cet aspect "didacticiel" du X, pour reprendre le mot de l'élégant Simon, 21 ans, étudiant en droit. Le porno étant devenu leur source d'information première, "les jeunes se forgent une image fausse de la sexualité, observe le Doc Christian Spitz. Ils sont dans une technicité revendiquée de l'acte sexuel, qui fait passer au second plan les émotions". L'impact de ces images dépend de la maturité. "Elles peuvent être choquantes pour les très jeunes, qui n'ont pas la distance critique nécessaire, dont le corps est en maturation et qui ont pour préoccupation essentielle la sexualité", ajoute le pionnier de Fun Radio. Les adultes, parents en tête, seraient donc bien inspirés de ne pas laisser leurs enfants affronter seuls ce maelström.

"Il y a un grand malentendu, souligne la psychologue Hélène Romano (4), experte auprès des tribunaux. Les adultes, qui ne parlent pas plus qu'avant de sexualité avec leurs enfants, pensent que le porno instille dans leur esprit des fantasmes pervers et stimule le passage à l'acte. Ils s'imaginent que leurs enfants conçoivent la sexualité à partir de ce qu'ils voient. Or, pour les très jeunes, ces images ne font pas sens. Quant aux ados, ils sont dans le clivage : une part d'eux leur dit que le sexe ne peut pas être ça, et l'autre, que si. Cela crée des confusions, des gestes agressifs, comme les mains aux fesses dans les cours de récré, ou pire parfois. Les parents ne veulent pas intervenir, au nom du respect de l'autonomie de leurs enfants, alors qu'ils ont un rôle essentiel à jouer pour leur faire comprendre à quel point le porno chosifie l'autre." Il serait trop facile, néanmoins, de réduire le débat à la seule pornographie. Les jeunes sont comme tout le monde.

Ils baignent dans un environnement où le sexe est "tendance", en plus de s'afficher partout : sur Internet, dans les pubs du métro, les films stars du box-office, les clips, la téléréalité, les talk-shows... Cette omniprésence les invite à adopter eux-mêmes une parole très libre - jamais, sans doute, les filles n'ont tant commenté entre elles la taille de la "teub" de leurs copains ou rit de leurs (més)aventures au lit... Tant mieux. Mais une telle décontraction pousse forcément à la surenchère. Surtout quand on n'a pas 20 ans, et des pustules plein les joues et un "moi" en chantier. Le sexe est devenu l'un des meilleurs moyens d'être "populaire" ; auréole mille fois plus essentielle qu'un carnet de notes de futur président du Conseil d'Etat.

Pour prouver qu'ils sont déjà "grands", les gars jouent les dessalés, ce qui ne les empêche pas de "les avoir à zéro". Les filles se tartinent de rouge à lèvres framboise "juste pour la photo"; prennent des poses sur les réseaux sociaux "pour qu'on voie leurs seins plus que leur tête", comme dit Thomas, 14 ans; signent TSLS (toi seul le sait), laissant planer l'idée qu'elles "font des trucs incroyables"... Passée "la première fois", on joue au "selfie" - le portrait à deux devant son téléphone - au creux des draps, après la galipette. On se gondole devant un instantané posté sur Snapchat - la photo disparaît au bout de dix secondes. "Des fois, on voit quelque chose qui ressemble à un cul ou à une chatte, mais sans vraiment savoir", s'amuse Marie l'Aveyronnaise, 19 ans, au délicieux accent de garrigue. Bien sûr, les mouchards numériques de l'âge 2.0 sont à l'affût et la blague peut virer à l'aigre. "En Bretagne, un garçon a diffusé par Bluetooth la vidéo de sa copine en train de lui faire une fellation dans la classe, raconte Thomas Rohmer, responsable de l'association Calysto, spécialisée dans les enjeux du numérique et la protection de l'enfant (voir l'entretien sur Lexpress.fr). Les copains du garçon sont venus dire à la jeune fille : ?Soit tu nous fais la même chose, soit on diffuse les images.?" Les filles sont toujours à la merci d'un portable dégainé par un petit ami indélicat, dans une soirée bien arrosée ou au sortir de la douche.

Pourtant, cette banalisation du sexe n'a pas ôté l'envie de réussir sa "première fois". Avant de "passer en âge limite", comme ils disent, garçons et filles préfèrent toujours franchir le pas avec quelqu'un dont ils sont amoureux et/ou en qui ils ont confiance. En revanche, l'air du temps a corsé les règles du flirt. De la photo suggestive à la masturbation par webcam interposée, la gamme est large... Et si les jeunes continuent à "pécho" dans les soirées ou au bahut et à la fac - et à faire l'amour le plus souvent chez papa-maman, avant de disposer de leur propre logement -, ils élargissent leur terrain de jeu grâce aux applications géolocalisées, comme Tinder, et aux sites de rencontres. Sur ces derniers, ils chassent seuls, sans le regard des potes. Gros avantage. "L'anonymat et l'absence de face-à-face sont vécus comme des facteurs qui diminuent le risque de perdre la face", analyse la sociologue Marie Bergström, qui a enquêté sur le sujet auprès des 18-30 ans (5).

Inutile de le nier : ces modes de contact favorisent le "plan cul". Comme le remarque Michaël, 21 ans, étudiant dans une prestigieuse école d'ingénieurs : "C'est vrai qu'on n'a plus envie de se poser de questions, on brûle les étapes, c'est tellement facile." Fan de l'appli Tinder, ce Roméo plus pressé qu'empressé clique "like" sur toutes les filles qui lui plaisent dans un rayon proche et attend celles qui "likent" à leur tour. Viennent ensuite l'étape Snapchat, pour quelques photos supplémentaires, puis l'apéro et le resto. "Généralement, au bout du troisième rendez-vous, c'est bon. Mais, le plus dur, c'est de les revoir après." Une fille qui se tape un garçon, juste pour un soir ? "C'est hypercourant, explique Annabelle, 22 ans, étudiante dans une fac... catho. C'est pas désagréable, et ça fait du bien à l'ego." Se réveiller à côté d'un partenaire qu'on ne connaissait pas la veille n'est donc plus un problème. Un quart des filles et la moitié des garçons de 18-24 ans considèrent que l'on peut coucher sans sentiments, d'après une enquête de Yaëlle Amsellem-Mainguy, chargée de recherche à l'Institut national de la jeunesse et de l'éducation populaire. N'allons toutefois pas confondre ces ébats "blitzkrieg", facilités par quelques bonnes rasades de tequila "paf", avec le "PQR" - "plan cul régulier", pratiqué en compagnie du ou de la pote qu'on aime bien, les jours de solitude. Le romantisme? Il trinque. Niais et peu sexy, disent les filles. Les gars suivent, un peu décontenancés.

Ce nouveau rapport au corps entraîne une évolution du concept de "pute"

Ce nouveau rapport au corps chez les plus libéré(e)s entraîne une intéressante évolution du concept de "pute". Dans le village du Vexin normand où a grandi Simon, épingler plusieurs mâles à son porte-jarretelles nuit gravement à la réputation. Dans le lycée bourgeois de Marie, en revanche, "tu es mieux vue quand tu en rajoutes dans le côté ?je me tape des mecs? que quand tu es coincée". On retiendra tout de même des nombreux entretiens menés pour les besoins de cette enquête que mieux vaut rester discret sur l'étendue de ses trophées. Parler de "chatte" et de "bite", d'accord. Aller trop loin dans le déballage intime, non. Il ne faudrait pas non plus en conclure que les jeunes filles de l'an 2014 se comporteraient comme de "vrais bonshommes", qui baisent et picolent sans état d'âme. "C'est rare qu'on ne couche pas après un mois de relation, mais d'autres attendent beaucoup plus", nuance Emilie. A l'adolescence, les stéréotypes pèsent encore de tout leur poids. Entre copines, on s'angoisse sur la façon de satisfaire au mieux le jeune mâle, mais rarement l'inverse. A la vingtaine, ça s'arrange... plus ou moins : "J'étais persuadée que pour qu'un garçon tombe amoureux de moi, je devais coucher, avoue Lolita, 23 ans. Le problème, c'est que j'ai mis 15 mecs à m'en rendre compte. Maintenant, je me dis : passer à l'intérieur de moi, putain, c'est important !"

L'amour aussi, c'est important. Ils et elles n'en ont d'ailleurs jamais douté, qui restent très pudiques - mais oui ! - sur leurs sentiments . Quand les adultes les imaginent désabusés et cyniques, ces enfants de la révolution sexuelle et du divorce à l'échelle industrielle ne rêvent que d'une chose : vivre à deux. Bâtir là où leurs parents ont tout démoli. Dès le lycée, ils surprennent leurs aînés en formant des "petits couples" qui peuvent durer plusieurs années. Et si le désir sexuel est au coeur de leur duo amoureux, ils ne tolèrent pas le moindre coup de canif. On ne badine pas avec l'infidélité. "En pensant à l'avenir, les jeunes se voient dans un pavillon, avec un prince charmant ou une princesse et un Maxi-Cosi, observe Yaëlle Amsellem-Mainguy. Ils ont le même discours que les adultes." Les mêmes mots, aussi. "Je suis en couple"; "elle m'a fait cocu"; "on est séparés". C'est tout le paradoxe de cette génération spontanée : son éducation sexuelle accélérée ne l'empêche pas d'apprendre la vie à deux ni d'envisager l'amour au long cours. En ce sens-là, oui, les adultes ont raison : elle est capable de tout.

Références:

  1. Enquête internationale HBSC (Health Behaviour in School-aged Children) de 2010 (Inpes).
  2. Enquête sur la sexualité en France, avec Nathalie Bajos (La Découverte).
  3. Doc ? J'ai une love life ! (Jouvence).
  4. Ecole, sexe & vidéo (Dunod, 2013).
  5. "Nouveaux scénarios et pratiques sexuels chez les jeunes utilisateurs de sites de rencontre", Agora débats/jeunesse (Presses de Sciences po).
Par Claire Chartier

Source: lexpress.fr.

 

b89Puberté de plus en plus précoce.

Au secours, les mutants sont parmi nous ! Saviez-vous que la taille moyenne des Français a augmenté de près de 5 cm en 30 ans, et qu'il y a désormais 15% d'obèses parmi les adultes?
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Qu'une petite fille afro-américaine sur quatre commence sa puberté vers 7 ans ? Qu'à l'échelle de la planète la concentration spermatique a baissé de près de 40 % en un demi-siècle ? L'être humain est manifestement en train de changer, et à un rythme qui n'a plus rien à voir avec l'évolution darwinienne. Extrait de "Mutants", de Jean-François Bouvet, aux éditions Flammarion (1/2).

Bonnes feuilles Publié le 17 Mai 2014 De la Chine aux États-Unis, des garçons pubères plus tôt

« Où sont les sopranos ? », titrait en novembre 2013 le site Internet Atlantico qui se faisait l’écho d’un article du New York Times Magazine. Avec en soustitre : « La chorale de l’église Saint-Thomas de Leipzig, dont Jean-Sébastien Bach fut le directeur entre 1723 et 1750, est en manque de sopranos. Les jeunes chanteurs seraient atteints de puberté précoce1. »

Invité à réagir à cette information, le pédiatre Michel Colle se montrait sceptique : « Cet article m’a beaucoup étonné […]. La puberté précoce est de fait beaucoup plus rare chez les garçons. […] Si, comme dans l’article, un jeune garçon commence sa puberté à 12 ans, ce peut être gênant pour une chorale, certes, mais il n’y a rien de pathologique, c’est tout à fait normal ! Deuxièmement, la mue de la voix est un signe tardif de puberté : si la puberté commence à 12 ans, la voix mue vers 14 ans. Cela paraît improbable que cette chorale ait recruté un nombre important de pubères précoces.

Je déplore ce qui arrive à ces directeurs de chorale, mais j’ai du mal à le croire. »

IPour la puberté masculine, les observations fiables s’avèrent de fait plus délicates à collecter que chez les filles car le début du phénomène est moins apparent (pas de développement des seins). Des études ont cependant pu être menées au Danemark, en Suède, en Grande-Bretagne, en Italie, en Chine et aux États-Unis, et leurs résultats convergent : la puberté des garçons semble bien de plus en plus précoce dans ces pays.

Dans le cas des États-Unis, le décalage est de six mois à deux ans par rapport à ce qui était observé plusieurs décennies auparavant. En se référant à l’échelle de Tanner, on constate que le démarrage de la puberté intervient désormais un peu avant 10 ans en moyenne. Avec, là encore, une plus grande précocité pour les jeunes Afro-Américains.

Quelle(s) cause(s) attribuer à cette précocité pubertaire qui semble toucher les deux sexes ? Si l’amélioration de l’alimentation – et donc de l’état général des individus – a probablement joué un rôle important depuis le milieu du XIXe siècle dans la baisse de l’âge aux premières règles en particulier, on voit mal comment un tel facteur pourrait expliquer l’évolution de la chronologie de la puberté dans les pays riches au cours des dernières décennies. Pour tenter d’élucider ce mystère, le mieux est de se pencher sur la nature du signal initiateur du phénomène pubertaire.

Qu’est-ce qui déclenche la puberté ?

La question est simple, la réponse l’est moins. Car la genèse de la tornade hormonale évoquée plus haut fait intervenir une cascade réactionnelle complexe. Ce sont des neurones de l’hypothalamus – une zone située à la base du cerveau – qui donnent le signal. Et ce, par le biais d’une hormone récemment découverte, dénommée kisspeptine – ce qui tombe plutôt bien puisque la puberté est l’âge des premiers baisers.

Pour la petite histoire, le nom de la kisspeptine ne dérive qu’indirectement de l’anglais kiss, « baiser » ; il vient en fait de KISS1, l’appellation du gène codant cette hormone. Caractérisé par une équipe de recherche basée dans la petite ville de Hershey en Pennsylvanie, ce gène a été ainsi baptisé en hommage à des chocolats portant le nom de Hershey’s kisses (« Baisers de Hershey »), une spécialité de cette cité surnommée Chocolate Town.

Plus sérieusement, le lien entre kisspeptine et initiation de la puberté a été récemment confirmé par une étude turque décrivant une mutation de KISS1 dans une famille d’origine kurde, consanguine dans la mesure où les deux parents étaient cousins. Cette famille comprenait quatorze enfants – onze filles et trois garçons – âgés de 6 à 30 ans. Chez quatre des filles, la mutation de KISS1 s’est traduite par une non-apparition de la puberté. En revanche, quatre de leurs soeurs non exposées aux effets de cette anomalie génétique ont eu leurs règles vers 12 ans.

Émise, comme on l’a dit ci-dessus, par des neurones hypothalamiques, la kisspeptine en active d’autres qui, eux, sécrètent de la GnRH1. Cette hormone active à son tour des cellules de l’hypophyse – une petite glande sphérique située sous l’hypothalamus –, lesquelles produisent, selon leur spécialisation, de la FSH2 ou de la LH3. Ces deux hormones hypophysaires stimulent tant les ovaires que les testicules ; elles y induisent la production de cellules reproductrices – ovocytes ou spermatozoïdes – et d’hormones sexuelles – essentiellement la testostérone chez l’homme et l’oestradiol (un oestrogène) chez la femme. Lesquelles agissent sur l’ensemble de la sphère sexuelle dont elles stimulent la maturation et le fonctionnement.

Donc, pour résumer, la kisspeptine stimule la sécrétion de GnRH qui stimule la sécrétion de FSH et de LH, cette dernière hormone stimulant la sécrétion de testostérone et d’oestradiol. Pour autant, cela ne nous dit pas ce qui déclenche cette cascade réactionnelle à l’origine de la « mise en service » de la machinerie sexuelle. Des études comparatives réalisées chez des jumeaux vrais et faux – à patrimoines génétiques entièrement ou partiellement identiques, donc – montrent que les gènes jouent un rôle majeur dans le déterminisme de l’âge auquel survient ce phénomène. Mais les facteurs nutritionnels semblent également intervenir de façon non négligeable.

On sait en effet que l’obésité accélère la survenue de la puberté chez les filles ; à l’inverse, une pratique intensive du sport, de nature à faire fondre la masse graisseuse, la retarde. De telles observations pourraient s’expliquer par le fait que la graisse produit de la leptine, une molécule-signal susceptible de stimuler les neurones de l’hypothalamus sécrétant de la kisspeptine, laquelle, nous l’avons vu, joue un rôle clef dans le déclenchement de la puberté. La leptine apparaît ainsi comme un bon candidat pour informer le cerveau que le sujet a atteint un développement pondéral tel qu’est venu le moment de déclencher la puberté. Autrement dit, et pour faire simple, l’organisme semble « se dire » qu’il s’est suffisamment développé pour pouvoir s’engager dans la reproduction.

Extrait de "Mutants - à quoi ressembleront-nous demain", de Jean-François Bouvet, aux éditions Flammarion, 2014. Pour acheter ce libre, cliquez ici.

Source: atlantico.fr.

b88 L'attirance dans le couple.

Les personnes qui ont un ADN similaire ont plus de probabilités de se mettre en couple, selon une étude américaine publiée dans la revue PNAS..
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« Qui se ressemble s'assemble. »

C'est ce qui ressort d'une étude, menée par une équipe de chercheurs de l'Université du Colorado, aux Etats-Unis, qui montre que les personnes ont tendances à se marier avec des individus qui ont un ADN similaire.
Publiée dans la revue PNAS (Proceedings of the National Acadmy of Sciences), cette étude porte pour la première fois sur le lien entre ADN et affinité.

825 couples mariés

Benjamin W.Domingue, auteur principal de l'étude a affirmé que si on sait déjà que les personnes se marient avec des personnes qui leurs ressemblent, il est interessant de se demander si on se met en couple par hasard ou si le choix de son compagnon n'a pas un lien avec la génétique.

Pour cela, Benjamin W.Domingue et son équipe ont comparé le génome de 825 couples mariés américains, blancs et non-hispaniques, nés entre 1920 et 1970, et dans 1,7 million d'échantillons d'ADN différents. Concrètement, ils ont analysé le polymorphisme nucléotidique (SNP en anglais), qui est la variation d'une seule paire de base du génome, entre individus d'une même espèce. Or, les SNP sont utiles pour identifier des types de personnes (des génotypes) ou construire des arbres généalogiques.

Ils sont arrivés à la conclusion qu'il y avait moins de différences entre deux personnes mariées et deux personnes choisies au hasard.

Des résultats à prendre avec des pincettes...

Cependant, les chercheurs ont conclu que même si l'ADN entre en compte dans le choix du conjoint, les similitudes en terme de niveau d'instruction entre mari et femme sont tout de même plus importantes.

Plusieurs scientifiques ont quand même tenu à modérer les résultats de ces travaux. Le fait de n'avoir recruté que des Américains blancs non hispaniques est une limite à l'interprétation de cette étude. En fait, certains n'y voient que la conséquence d'une composante géographique... Les raisons pour lesquelles deux individus se choisissent restent donc encore un mystère !

Source: pourquoidocteur.fr.

b87 Transsexualisme chez les ados.

Une clinique du service de santé britannique envisage d’ouvrir l’accès à un médicament qui bloque les hormones aux enfants en début de puberté. Ce serait possible dès l’âge de 9 ans.
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Stopper la puberté dès 9 ans chez les enfants atteints de dysphorie du genre, c'est-à-dire qui souffrent d'une opposition entre le genre ressenti et le sexe physique. Selon les informations duMail on Sunday, le service de santé britannique (NHS) a clos un essai clinique auprès d’enfants. Il évaluait un médicament controversé qui interrompt la puberté en prévision d’une chirurgie de réattribution sexuelle.

Interrompre la puberté

La dysphorie du genre décrit un trouble dans lequel les patients sont « piégés dans le mauvais corps », rapporte le Mail on Sunday. Au Royaume-Uni, seul un établissement associé au NHS prend en charge ces troubles : le Tavistock and Portman NHS Foundation Trust. C’est dans cette clinique que s’est déroulé l’essai testant un médicament du type Gonapeptyl, qui interrompt le développement de la puberté. Une injection mensuelle au ventre supprime la production de testostérone ou d’œstrogènes. Chez les jeunes filles, le cycle menstruel et la pousse des seins cessent ; chez les jeunes hommes, la pousse de poils faciaux et la mue de la voix s’arrêtent. Dans le cadre de l’essai, des jeunes de 12 à 14 ans ont été suivis, tous pour une dysphorie du genre.

Les résultats de l’essai clinique, mené sur 3 ans, se sont avérés concluants, affirme le Mail on Sunday. Les médecins du Tavistock and Portman NHS Foundation Trust ont donc décidé de le rendre disponible aux patients atteints de dysphorie du genre. Ils introduisent également une nouvelle notion : le stade de la puberté servira de référence, et non plus l’âge du patient. En effet, ils ont noté que, chez les jeunes Européens, la puberté peut survenir dès 9 ans. La prise en charge doit donc survenir au plus tôt, dans le but d’éviter des troubles psychologiques aux enfants.

Des critères de sélection drastiques

Pas question toutefois d’ouvrir un tel traitement au tout venant. Le Dr Polly Carmichael, principale chercheuse, confie au Mail on Sundayque les critères de sélection seront très stricts. Les enfants devront répondre à un profil précis : leur densité osseuse et leur poids devront être normaux, ils ne devront souffrir d’aucun problème mental sérieux, et adopter le traitement avec l’accord des parents. Par ailleurs, pour bénéficier d’une telle prise en charge, il sera nécessaire que l’enfant ait manifesté des comportements transgenres depuis 5 ans au moins.

Aux yeux des adversaires d’un changement de sexe, la mise à disposition du médicament risque de favoriser la catégorisation rapide des « garçons manqués » et des garçons jouant à la poupée comme des transgenres. Les partisans du traitement, eux, y voient une « fenêtre » nécessaire à la définition du genre sans perturbations pour des enfants atteints de dysphorie du genre. Et preuve qu’une telle médication n’aboutit pas nécessairement à une opération : seuls 8 enfants sur les 32 inclus dans l’étude ont décidé de changer définitivement de sexe.

Source: pourquoidocteur.fr.

b86 Pilule et sexualité.

Les résultats d'une nouvelle étude suggèrent que la satisfaction sexuelle d'une femme pourrait être influencée par la pilule.
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Selon des recherches menées conjointement par plusieurs universités britanniques, écossaises et tchèques, les femmes qui prenaient la pilule quand elles ont rencontré leur partenaire et qui ont continué à la prendre par la suite, ont déclaré un niveau de satisfaction sexuelle plus élevé que les femmes qui ont commencé ou arrêté la pilule au cours de leur relation de couple.

Les femmes qui n'avaient jamais pris la pilule ont également déclaré être plus satisfaites sexuellement, ont dit les chercheurs.

Publiée dans le journal Psychological Science, cette étude s'est penchée sur le rapport entre la prise d'un contraceptif et la satisfaction sexuelle chez des femmes hétérosexuelles en couple depuis longtemps.

"Des études précédentes avaient montré que les contraceptifs hormonaux, comme la pilule, altèrent de manière subtile les préférences des femmes en matière de partenaire idéal et que, souvent, les femmes qui prennent la pilule quand elles rencontrent leur partenaire trouvent ce même partenaire moins attirant physiquement quand elles arrêtent de la prendre", a indiqué l'auteur principal de l'étude, Craig Roberts, de l'université de Stirling, en Écosse.

"Ces nouveaux résultats appuient nos précédentes découvertes mais, et c'est crucial, ils attirent également l'attention sur l'effet que peut avoir un changement dans la prise de contraceptifs hormonaux au cours d'une relation de couple (soit commencer la pilule soit l'arrêter) sur la satisfaction sexuelle d'une femme avec son partenaire."

Ces dernières découvertes consolident une précédente étude publiée par Roberts en 2011 qui avaient montré que les femmes qui prennent la pilule ont davantage tendance à choisir des hommes qui sont moins attirants et moins performants comme partenaire à long terme que les femmes qui ne la prennent pas.

Roberts émet la théorie que la pilule qui agit sur les hormones fausse la perception des femmes de la compatibilité sexuelle au moment de choisir un partenaire.

Le bon côté ? Les femmes qui prennent la pilule et qui se sont trouvées dans des relations de couple qui ont duré longtemps et qui étaient moins satisfaisantes sexuellement ont des relations de couple qui durent plus longtemps et ont moins de chance de se séparer.

Source: lechorepublicain.fr.

b85 Les habitudes contraceptives en mutation.

La controverse sur les contraceptifs oraux de 3ème et 4ème génération a-t-elle eu une répercussion sur la contraception en France ?
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Selon les résultats de l’enquête Fécond 2013 [ 1], menée par l’Inserm et par l’Institut national d’études démographiques (Ined), la désaffection à l’égard des contraceptifs oraux qui s’en est suivi a conduit à diversifier les pratiques. La pilule reste majoritaire, mais le stérilet est en progression, surtout chez les 25-29 ans. Et nouveauté, y compris chez les nullipares.

Pilule, objet de tous les dangers en 2012-2013 : rappel des faits

A partir de décembre 2012, les pilules de 3ème et 4ème génération ont fait l’objet d’une importante controverse sur le risque de thrombose veineuse associé à leur utilisation. En mars 2013, elles ont cessé d’être remboursées et les autorités sanitaires ont recommandé de prescrire les contraceptifs oraux de 2ème génération en première intention.

Saisie par la France, l'Agence Européenne du Médicament (EMA) a considéré que le risque est faible et s’est déclarée favorable aux pilules de 3ème et 4ème génération, estimant que le rapport bénéfice/risque reste positif, ce qui a contribué à mettre fin à la polémique, sans forcément rétablir pleinement la confiance.

Une femme sur cinq a changé de méthode

Pour évaluer l’effet de cette controverse très médiatisée sur les pratiques des femmes en matière de contraception, l’Inserm et l’Ined ont reconduit en 2013 l’enquête Fecond, réalisée trois ans auparavant pour dresser un portrait de la contraception en France.

Au total, près de 4500 femmes, âgées de 15 à 49 ans, ont à nouveau été interrogées. Les résultats ont été publiés dans le dernier numéro de Population & Sociétés.

Premier constat : « aucune désaffection vis-à-vis de la contraception n’a été observée », indiquent les auteurs. Parmi les femmes ni stériles, ni enceintes et ne voulant pas d’enfants, seules 3% n’utilisent pas de contraception, soit un taux identique à celui révélé en 2010.

Entre 2010 et 2013, les pratiques semblent avoir évolué, allant vers une plus grande diversification, en particulier chez les plus jeunes. Selon l’enquête, près d’une femme sur cinq a ainsi indiqué avoir changé de méthode après la controverse sur les pilules.

Les femmes ont boudé les pilules de seconde génération

En 2010, même si la pilule enregistre un léger déclin au profit de nouvelles méthodes hormonales (implant, patch et anneau vaginal), elle est utilisée par une femme sur deux. Trois ans plus tard, la proportion des femmes utilisant cette méthode est tombée à 41%.

Cette baisse concerne uniquement les pilules de 3ème et 4ème génération, qui représentent 25% des contraceptifs oraux utilisés en 2013, contre 40% en 2010, preuve de l’influence de la controverse sur l’utilisation de ces pilules, soulignent les auteurs.

L’enquête révèle toutefois « une désaffection à l’égard de la contraception orale », les transferts vers des pilules de deuxième génération ayant été de très faible ampleur. La proportion d’utilisatrices de la pilule de 2ème génération est ainsi passée de 22% à 23% entre 2010 et 2013.

La baisse du recours à la pilule est particulièrement marquée chez les moins de 30 ans. Si la substitution par les pilules de 2ème génération est plus souvent appliquée chez les femmes de 15 à 19 ans, elle est moins évidente chez les femmes de 25-29 ans, qui préfèrent se tourner vers le stérilet (dispositif intra-utérin ou DIU) ou le préservatif.

Le stérilet deux fois plus utilisé chez les 25-29 ans, y compris nullipares

Le stérilet a ainsi enregistré une progression de 1,9 point pour représenter 22,6% des méthodes contraceptives employées en 2013. Entre 2010 et 2013, son recours est passé de 2% à 5% chez les femmes de 20-24 ans et de 8% à 16% chez celles de 25-29 ans.

Cette progression concerne aussi les femmes de 25-29 ans sans enfant. L’usage du stérilet représente pour cette population 8% des méthodes contraceptives en 2013, contre 0,4% en 2010. Aucune évolution de l’usage du stérilet n’a par contre été observée chez les femmes de moins de 20 ans, ni chez celles de 20-24 ans sans enfant.

« La réticence des médecins français à ne pas proposer le DIU aux femmes jeunes ou sans enfant semble pour la première fois avoir diminué, en partie grâce à une demande des femmes elles-mêmes », soulignent les auteurs.

Selon eux, cette évolution montre qu’ « il y a incontestablement un assouplissement de la norme contraceptive, qui rythme et structure l’usage des méthodes selon l’âge et le nombre d’enfants ».

L’image de la pilule dégradée

Par rapport à 2010, l’usage du préservatif a également progressé (+3,2 points). Les femmes, et en particulier les plus modestes, se tournent aussi plus fréquemment vers des méthodes dites naturelles (+3,4 points), comme celle des dates, calquée sur la période de fécondité, ou du retrait.

« Si la pilule reste aujourd’hui encore la méthode de contraception la plus utilisée en France, les pratiques contraceptives apparaissent désormais plus diversifiées », commentent les auteurs, qui estiment que le débat a contribué à assouplir le modèle contraceptif.

L’étude montre aussi que l’image de la pilule s’en est trouvée dégradée. En 2010, 44% des femmes étaient tout à fait d’accord avec l’idée que « la pilule permet aux femmes d’avoir une sexualité plus épanouie », une proportion qui est passée à 37% en 2013. Plus les femmes sont jeunes, moins elles partagent cette idée.

référence: 1. Bajos N, Rouzaud-Cornabas M, Panjo H, La crise de la pilule en France: vers un nouveau modèle contraceptif?, Population et Sociétés, n°511, mai 2014.

Vincent Richeux

Source: medscape.fr.

b84 Prévention VIH.

La Food and Drug Administration avait créé la surprise en modifiant en juillet 2012 l’indication de Truvada (Tenofovir/FTC).
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C’était la première fois qu’était autorisée l’utilisation d’un antirétroviral dans un cadre préventif, une décision qui avait été à l’époque très critiquée par certaines associations de lutte contre le Sida aux Etats-Unis et qui avait été observée avec circonspection dans plusieurs pays, notamment la France.

Un outil de plus pour relancer la lutte contre le Sida

Aujourd’hui, les prescriptions à titre préventif du Truvada restent limitées : elles concerneraient 10 000 personnes. Cependant, les Centres de contrôle des maladies (CDC) viennent de publier de nouvelles recommandations en faveur d’une utilisation élargie de ce traitement. Ils estiment qu’il pourrait être conseillé aux homosexuels et bisexuels n’utilisant pas de préservatif, aux hétérosexuels ayant également des partenaires à hauts risques sans protection des partenaires et aux toxicomanes. Au total, jusqu’à 500 000 personnes pourraient être concernées. Ce choix des CDC est lié à la constatation de l’essoufflement de la lutte conte le VIH aux Etats-Unis où le nombre de nouvelles contaminations reste stable depuis plusieurs années (autour de 50 000/an) et où l’utilisation du préservatif est en recul, en particulier dans les groupes à risque. « Je pense que ces directives des CDC sont une bonne idée (...) car nous avons besoin de toutes les formes de prévention possible, et ce médicament est très efficace », s’est félicité le Dr Anthony Fauci, directeur de l'Institut national de l'allergie et des maladies infectieuses (NIAID). Cette position est loin d’être partagée par tous et une fois encore la grande ONG américaine AIDS Healthcare s’est inquiétée de cette stratégie, l’estimant dangereuse car elle risquerait selon elle d’encourager plus encore l’abandon du préservatif et considérant qu’il serait davantage efficace d’insister sur l’importance du dépistage.

Un dossier oublié en France ?

En France, la prophylaxie pré-exposition (PrEP) est à l’origine d’une situation quelque peu ubuesque… et bien française. Avant l’annonce de la FDA, l’Agence nationale de recherche du sida avait lancé un essai destiné à évaluer l’efficacité de la PrEP reposant sur l’utilisation du Truvada. Après la décision de l’agence américaine et tandis que le Conseil national du Sida (CNS) en France se déclarait lui aussi favorable à l’extension d’indication du médicament pour les sujets très à risque, certains estimaient que l’étude de l’ANRS n’avait plus lieu d’être et notamment que son « bras placebo » paraissait de plus en plus contestable éthiquement. Cependant, l’agence décida fin 2012 de poursuivre son essai ! Nouveau rebondissement au cours de l’été 2013, le ministre de la Santé appuya la demande formulée par plusieurs associations d’une recommandation temporaire d’utilisation (RTU) du Truvada à titre préventif. L’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) n’a à notre connaissance, quasiment neuf mois plus tard, toujours pas donné sa réponse sur ce dossier.

Aurélie Haroche

Source: jim.fr.

b83 Post-partum et dépression maternelle & paternelle.

La dépression du post-partum pourrait se prolonger jusqu’à 4 ans après l’accouchement, et être même plus fréquente à cette période que lors de la première année suivant la naissance.
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C’est en tout cas ce que rapporte une étude australienne qui a inclus plus de 1500 femmes venant d’accoucher dans 6 hôpitaux de Melbourne (Australie). Des questionnaires leur ont été posés à 3, 6, 12, 18 mois, et 4 ans après la naissance.

Les résultats montrent qu’une femme sur trois rapporte des symptômes de dépression au cours des 4 années de suivi. La prévalence de ces signes à 4 ans était de 14,5%, soit deux fois plus élevé qu’à n’importe quel moment des douze premiers mois post-partum. Les femmes avec un enfant présentaient plus de risque de développer une dépression à 4 ans que les celles ayant eu d’autres enfants pas la suite.

L’étude a par ailleurs mis en évidence plusieurs facteurs de risque associé à une dépression post-partum 4 ans après l’accouchement: des signes antérieurs de dépression (en particulier pendant la grossesse ou durant la première année), un âge maternelle jeune (18-24 ans), des évènements stressants ou des problèmes sociaux dans l’année précédant l’étude, un conjoint violent, ou encore de bas revenus.

Pour les auteurs ces résultats suggèrent de renforcer le suivi mental des femmes ayant des enfants, même sur le long terme.

Les pères aussi connaissent la dépression du post-partum

C’est une réalité souvent sous-estimée, mais les jeunes papas connaissent la dépression du post-partum, signale une étude de la Northwestern University (Illinois, Etats-Unis). Parue dans Pediatrics ce 14 avril, elle montre que les hommes jeunes manifestent des symptômes dépressifs pendant la période clé du développement de l’enfant. "Il n’y a pas que les jeunes mères qu’il faut examiner, les pères aussi sont à risque de dépression", alerte le Dr Craig Garfield, auteur principal de l’étude.

Plus de 10 000 jeunes hommes, suivis de l’adolescence à l’âge adulte, ont participé à cette étude en plusieurs vagues. Dans la plus récente, ils étaient âgés de 24 à 32 ans. Les hommes devenus pères autour de 25 ans étaient 68% plus touchés par la dépression paternelle que les autres.

La plupart du temps, les pères vivaient avec leur enfant. Paradoxalement, les jeunes parents séparés de leur progéniture montraient moins de symptômes dépressifs. La mécanique était même inverse : les hommes étaient dépressifs avant la naissance, et se portaient mieux après l’accouchement.

Des résultats significatifs, car ils permettent de mieux adapter les approches pour traiter rapidement la dépression paternelle chez les jeunes hommes. ‘’La dépression parentale a des effets néfastes sur l’enfant, particulièrement pendant les premières années, qui ont un rôle clé dans la formation du lien parent-enfant’’ souligne le Dr Garfield. ‘’Nous devons mieux travailler à accompagner les jeunes pères dans la transition à travers cette période.’’

Le comportement des pères est altéré par la dépression, et l’impact sur l’enfant est immédiat. Des études précédentes l’ont montré : les pères dépressifs lisent moins, interagissent moins avec leur enfant et recourent plus aux châtiments corporels. Ils sont aussi plus nombreux à souffrir de stress et négliger leur progéniture. Les enfants dont le père est dépressif présentent aussi des troubles du développement. On observe chez eux plus de difficultés au langage et à la lecture, mais aussi de troubles du comportement. Voilà qui devrait constituer un sérieux avertissement aux yeux des chercheurs, qui connaissaient la dépression paternelle mais ne savaient pas ‘’où concentrer [leur] énergie.’’

[Avec Pourquoidocteur.fr]

Source: egora.fr.

b34 Fertilité en berne.

La qualité du sperme décline dans pratiquement toutes les régions françaises. Une veille sanitaire parait indispensable pour surveiller cette évolution..
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La qualité du sperme est probablement un marqueur assez sensible de notre environnement. Or le tableau dans ce domaine est loin d’être idyllique. En l’espace de 17 ans, entre 1989 et 2005, la concentration du sperme en France a diminué de près d’un tiers (32,2%), indiquait une étude de l’Institut de veille sanitaire (InVS) publiée en 2013 dans Human Reproduction. Un homme de 35 ans avait en moyenne 73,6 millions de spermatozoïdes par millilitre en 1989, mais seulement 49,9 millions/ml en 2005. Une nouvelle analyse menée sur le même échantillon de population révèle aujourd’hui que cette baisse de la qualité du sperme, qui concerne aussi bien la concentration que la morphologie des spermatozoïdes, est quasiment générale sur le territoire (Le Moal J et coll. Reproduction 2014). Cependant Aquitaine et Midi-Pyrénées, deux régions vinicoles et agricoles, se distinguent par un déclin particulièrement marqué de la richesse et de la qualité morphologique du sperme, ce qui conduit les auteurs à évoquer l’hypothèse d’un rôle délétère des pesticides.

L’échantillon le plus important étudié au monde

Ces études très poussées ont été possibles grâce à la base Fivnat, qui recueillait les données des centres d’assistance médicale à la procréation (AMP) avant que cette mission ne soit reprise par l’Agence de la Biomédecine en 2006. La population étudiée est composée de 26 609 hommes, partenaires de femmes totalement stériles (avec les deux trompes obturées), afin d’éliminer les biais de recrutement liés à la fertilité des hommes. "C’est, jusqu’à maintenant l’échantillon d’hommes proches de la population générale le plus important étudié au monde, remarque le Dr Joelle Le Moal, qui a dirigé l’étude. Nous disposions de deux spermogrammes par homme, l’un fait dans un laboratoire de ville, et celui réalisé le jour de la tentative dans le centre d’AMP, ce qui nous a permis de faire une étude de sensibilité très approfondie, pour vérifier qu’il n’y avait pas d’effet centre ou d’autres biais. Avec la date, nous avons pu ajuster en fonction de la saison, facteur rarement pris en compte dans les études. En revanche, nous n’avions que les adresses des centres, et non celles du lieu de résidence des couples. Mais les données hospitalières, disponibles depuis 2010, indiquent que, dans la plupart des régions, entre 81 et 98 % des couples réalisent leur AMP dans leur région de résidence".

L’évolution de la mobilité des spermatozoïdes est variable selon les régions, résultant en une tendance proche de zéro au niveau national. En revanche le déclin de la concentration du sperme se retrouve dans pratiquement toutes les régions françaises, ce qui conforte la conclusion de la première étude et amène les auteurs à évoquer une augmentation des facteurs de risque sur tout le territoire. Seules trois régions échappent à cette baisse : Pays de Loire, où la concentration du sperme est restée stable, et Auvergne et Languedoc-Roussillon, où elle très faiblement augmenté, et de manière non significative. La décroissance est la plus forte en Aquitaine, tandis que Midi-Pyrénées a la valeur moyenne la plus basse, en 2005 comme en 1989. En ce qui concerne la morphologie, seules la Franche-Comté et la Bretagne ont eu une évolution faiblement positive. "Mais en Franche-Comté, il n’y a pas beaucoup de données" , observe le Dr Le Moal. Par ailleurs l’évaluation de la morphologie est extrêmement subjective et on a eu tendance, au cours des dernières décennies, à être plus sévère dans l’appréciation du pourcentage de spermatozoïdes morphologiquement typiques.

La difficile analyse des causes

La cause de ce déclin quasi général se trouve-t-elle dans l’environnement ou dans des modifications de comportement de la population ? Les multiples causes connues d’altération du sperme rendent l’analyse délicate. Parmi les facteurs comportementaux, seule l’obésité est devenue plus fréquente pendant cette période en France. Cependant l’augmentation de l’indice de masse corporelle est inférieure à la moyenne nationale en Midi-Pyrénées, tandis qu’en Aquitaine elle est identique au reste de la France.

Quant à l’alcoolisme et au tabagisme, ils ont diminué en France pendant cette période chez les hommes et la consommation d’alcool et de tabac est plus basse en Aquitaine et en Midi-Pyrénées que dans le reste de la France. "On peut donc penser que ce ne sont pas ces deux régions qui ressortiraient si la baisse de la qualité du sperme était principalement liée à une évolution des comportements", souligne le Dr Le Moal.

En revanche les auteurs penchent clairement pour l’hypothèse d’une implication des perturbateurs endocriniens et plus particulièrement des pesticides. Argument très fort en faveur de cette thèse : Aquitaine et Midi-Pyrénées sont les deux premières régions agricoles de France, respectivement en termes d’emploi et de surface, et les agricultures fruitières et vinicole y sont particulièrement développées. Or les vignes sont la culture la plus gourmande de pesticides. Elles représentent 20 % de la consommation de ces produits en France, alors qu’elles n’occupent que 3 % des surfaces cultivées, selon l’expertise collective de l’Inserm "Pesticides et santé" publiée en 2013. De nombreux pesticides sont des perturbateurs endocriniens et ont un effet sur le sperme et la fertilité chez l’animal. Depuis les années 1950 leur utilisation a augmenté de manière impressionnante et les fongicides sont de loin les plus souvent employés.

L’expertise collective de l’Inserm recense un millier de substances actives utilisées dans l’agriculture. "On peut imaginer aussi tous les mélanges qui ont pu être utilisés avant que les plans de réduction de l’utilisation des pesticides, comme Ecophyto, aient été mis en place", souligne le Dr Le Moal. "Plus de 800 substances sont suspectées d’être des perturbateurs endocriniens", précise l’article, et certains pesticides et PCB sont retrouvés à des concentrations sériques ou urinaires plus importantes dans la population française que dans celles d’autres pays.

"Effet cocktail"

La problématique de la baisse de qualité du sperme n’est pas nouvelle. En 1995, le Dr Jacques Auger (Cecos Cochin) avait publié une étude montrant déjà un déclin de la concentration du sperme de 2,1 % par an, entre 1973 et 1992, chez les candidats au don de sperme parisiens (Auger J. et coll. N.Engl.J.Med.1995). Pour lui, l’étude de l’InVS est d’une bonne qualité méthodologique. "Le nombre impressionnant d’hommes inclus gomme les causes de biais possibles, comme les variations de méthodologie entre laboratoires ou la non prise en compte de certains paramètres qui influencent la composition du sperme, tels que le délai d’abstinence avant l’examen. La réserve que j’émets est qu’il s’agit d’une étude rétrospective et que les valeurs moyennes par région ne sont pas présentées. Cela ne permet pas de répondre à l’hypothèse des pesticides, d’autant qu’en Languedoc Roussillon, région où, selon des données récentes, il existe le plus de résidus de pesticides dans l’environnement, on n’observe pas un phénomène très marqué de baisse de la qualité du sperme."

La région Paca, autre région très viticole, parait contredire également la thèse des pesticides, car la décroissance du sperme n’y est pas très importante. "En Languedoc-Roussillon on manque de données pour pourvoir être affirmatif, tempère le Dr Le Moal. Mais en Paca les données sont suffisantes et, effectivement, le déclin est moindre. Il est possible que dans des régions plus sèches, comme Paca et Languedoc-Roussillon, on utilise moins de fongicides, que dans des régions humides comme Aquitaine ou Midi-Pyrénées et les données officielles montrent que les pratiques sont très variables selon les régions. Malheureusement, nous ne pouvons pas le vérifier car, bien que nous soyons l’un des pays qui utilisent le plus de pesticides en Europe, nous n’avons pas de registre de l’usage des pesticides, comme il en existe en Californie, par exemple."

Rechercher les agents en cause est extrêmement complexe car la population est exposée à de multiples substances, qui agissent à faibles doses et de manière chronique, en conjuguant leurs effets de manière assez imprévisible. La problématique de cet "effet cocktail" n’est abordée que depuis quelques années. "On peut être exposé à la fois à la fumée de cigarettes, au bisphénol et à des résidus de pesticides dans l’eau de boisson, observe le Dr Auger. Cette étude constitue un signal d’alarme, mais il est indispensable maintenant de croiser des données prospectives chez l’homme et des données expérimentales. Depuis une vingtaine d’années nous réalisons des études prospectives. Des équipes comme celles de Rémy Slama, à Grenoble, ou de Sylvaine Cordier, à Rennes, constituent des cohortes pour observer le lien entre des biomarqueurs de santé et l’exposition à des polluants, en réalisant des dosages dans le sang ou les urines. Parallèlement, depuis le début des années 2000 nous développons des modèles animaux pour reproduire les conditions d’exposition environnementale humaine. Nos résultats montrent bien que des expositions chroniques à des mélanges de polluants à faible dose altèrent la fonction testiculaire et la production de spermatozoïdes chez l’animal de laboratoire. Des molécules peuvent très bien ne pas avoir d’effets isolément, mais en avoir en combinaison. Cela rend très difficile la mise en œuvre de tests prédictifs."

L’analyse est rendue encore plus complexe par l’absence de courbe dose réponse telle qu’on l’observe classiquement en toxicologie. Dans certaines situations les effets des molécules pourront être plus élevés à doses faibles qu’à doses élevées. "Nous n’avons rien démontré , confirme le Dr Le Moal. Nous n’avons fait que de l’épidémiologie descriptive et proposer des hypothèses. Mais les signaux sont préoccupants. Le rapport Etat de la science sur les perturbateurs endocriniens publiés par l’OMS et le programmes des Nations Unies pour l’environnement, il y a quelques mois, montre, en s’appuyant sur des données épidémiologiques et expérimentales, une augmentation de la plausibilité d’une relation causale entre les perturbateurs endocriniens et les effets sur la santé reproductive. Mais nous manquons de données humaines. Il faut mettre en place un système global de surveillance avec des indicateurs bien choisis et les suivre sur le long terme, pour les générations futures. C’est grâce aux données de Fivnat, recueillies par des scientifiques très avisés, qui avaient une vision à long terme, que nous avons pu mener à bien notre travail. C’est comme ça que nous devons travailler aujourd’hui, en pensant à ceux qui vont devoir réfléchir à ces questions dans 10, 20 ou 30 ans."

Controverse concernant les risques sur la fertilité

Les perturbateurs endocriniens sont suspectés d’avoir d’autres effets sur l’appareil de reproduction. En 2001, le Danois Niels Skakkebaek a défini un syndrome de dysgénésie testiculaire associant malformations urogénitales (cryptorchidie, hypospadias), baisse de la qualité du sperme et augmentation du risque de cancer du testicule, et émis l’hypothèse que ce syndrome serait lié à une exposition aux perturbateurs endocriniens in utero, au moment où se forment les testicules (Hum.Reprod. 2001). En réalité il s’agit plus d’un concept que d’un syndrome à proprement parler, car ces anomalies semblent associées sur le plan épidémiologique, mais il est exceptionnel qu’elles soient rassemblées chez une personne. L’InVS a étudié au niveau national l’évolution de ces quatre types de troubles. Le taux de patients opérés pour un cancer du testicule a augmenté de 2,5 % par an, en France, entre 1998 et 2008. L’augmentation était d’1,8 % par an, entre 2000 et 2008, pour la cryptorchidie et d’1,2 % par an pour l’hypospadias. Cependant, autant les tendances temporelles concordent avec celles constatées pour le sperme, autant les tendances spatiales sont différentes, ce qui complique encore un peu plus l’analyse. "Mais ces troubles n’ont pas la même chronologie, remarque le Dr Le Moal. Les malformations urogénitales sont diagnostiquées généralement à la naissance, tandis que pour le sperme et le cancer du testicule les effets se manifestent plus tardivement." De plus le sperme continue à être exposé aux effets des perturbateurs endocriniens tout au long de la vie.

Pour le Dr Auger le concept de dysgénésie testiculaire doit être considéré avec prudence, car il existe des données contradictoires. Il estime d’ailleurs que le rapport de l’OMS sur les perturbateurs endocriniens n’est pas totalement impartial, relatant surtout les études qui montrent un effet sur la fertilité et passant sous silence nombre d’études qui n’arrivent pas aux mêmes conclusions. "Il existe aujourd’hui une grande controverse sur la question de l’effet des perturbateurs endocriniens environnementaux sur la fertilité, déclare-t-il. Nous avancerons en confrontant les données des différentes disciplines, du moléculaire jusqu’au biologique. Chez les animaux que nous exposons à des cocktails à faibles doses, dans le même temps que nous étudions le testicule, des collègues s’intéressent chez les mêmes animaux à la glande mammaire, au cerveau, à l’os ou aux comportements. Nous avons pu ainsi montrer que les effets de certains agents ne se limitent pas à l’organe reproducteur mâle, mais concernent aussi l’os, le cartilage et, chez la femelle, la glande mammaire. Cela nous permet d’affirmer que les cocktails étudiés ont bien des effets perturbateurs endocriniens à faibles doses, sur un ensemble d’organes et de fonctions."

Un réseau européen de surveillance

Depuis plusieurs années, la France est en pointe pour prendre des mesures réglementaires fortes sur les perturbateurs endocriniens et soutenir la recherche. D’ailleurs l’utilisation des pesticides a diminué de manière assez marquée depuis le début des années 2000 et il est probable que si l’étude de l’InVS était répétée aujourd’hui, les résultats seraient assez différents, estime le Dr Le Moal. Son équipe espère pouvoir poursuivre la surveillance avec les données du registre de l’AMP piloté par l’Agence de biomédecine. Mais ses ambitions vont bien au-delà puisque les auteurs concluent l’article en recommandant la mise en place d’un dispositif de surveillance internationale de la santé reproductive. Une telle coopération parait indispensable pour mieux comprendre l’impact de l’environnement sur la reproduction et pouvoir réagir à l’apparition de nouveaux risques. Cette proposition a rencontré un bon écho parmi les pays européens. En témoigne la création du réseau européen Hurgent (HUman, Reproductive health and General Environment NeTwork), à l’issue d’un atelier de travail qui s’est tenu les 5 et 6 décembre 2013 à l’InVS, pour définir des indicateurs communs de la santé reproductive masculine et féminine. Ce réseau a pour vocation de mettre en place un dispositif de surveillance d’abord européen et peut-être ensuite plus vaste.

Références: D’après des entretiens avec les Drs Joelle Le Moal (Institut de veille sanitaire-InVS) et Jacques Auger (Centres d'études et de conservation des oeufs et du sperme- Cecos, hôpital Cochin, Paris).
Reproduction. 24 février 2014

Source: egora.fr.

b81 Cyclisme et sexualité.

Un mauvais réglage de son vélo peut causer des difficultés sexuelles chez les femmes comme chez les hommes.
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Si vous êtes une femme et rencontrez des difficultés sexuelles, ou un homme souffrant de troubles de l'érection, peut-être faut-il vous méfier du vélo. Des chercheurs du centre de médecine sexuel de San Diego ont en effet présenté, il y a quelques semaines lors du congrès annuel de la société internationale d'étude sur la sexualité féminine (San Diego, Californie), une étude à la gloire du vélo elliptique. Un appareil de musculation qui simule la marche tandis que l'on se tient à deux poignées qui bougent d'avant en arrière. En réalité, les sexologues américains voulaient surtout signaler à leurs confrères que c'était là un outil qui avait considérablement amélioré la sexualité, perturbée, de neuf femmes souffrant de compression du périnée (la zone musculaire qui soutient le vagin et l'anus comme un hamac, NDLR), en raison d'une pratique intensive du vélo en salle.

Compression nerveuse

Car faire du vélo est peut-être un facteur de risque à ajouter à la liste des causes de difficultés sexuelles. En tout cas, la pratique intensive n'est pas très bonne pour le périnée, mais il est possible d'en réduire les effets. C'est ce qu'avaient montré il y a trois ans des chercheurs de plusieurs universités américaines dans le Journal of Sexual Medicine. Selon le Dr Marsha Guess (uro-gynécologie, université de Yale, Massachusetts) et ses collègues: «La position basse des mains sur le guidon, relativement à la hauteur de la selle, s'accompagne d'une augmentation de la pression de la selle sur le périnée et d'une réduction des sensations au niveau des structures du plancher pelvien». Le principal mécanisme incriminé est celui d'une compression d'un nerf, un peu à l'image du syndrome du canal carpien (la compression a lieu au niveau du poignet, entraînant des symptômes au niveau de la main).

Huit capteurs sur la selle

Les chercheurs américains avaient évalué, grâce à des selles spéciales munies de capteurs, les différentes pressions subies par le périnée d'une quarantaine de femmes faisant du vélo de façon intensive (au moins 16 km par semaine). Ils avaient ensuite mesuré la sensibilité du périnée en huit points différents. Le problème de l'impact de la salle est réel chez les cyclistes, puisque les deux tiers des femmes ont rapporté des perturbations de leurs sensations génitales: douleurs, picotements ou engourdissement périnéal. Mais l'intérêt de ce travail est surtout de souligner l'importance du positionnement du guidon. En effet, lorsque les mains se retrouvent plus basses que le niveau de la selle, la pression s'accroît nettement sur le périnée et on observe ensuite une diminution de la sensibilité des organes génitaux.

Bien régler son vélo

Une autre étude, plus ancienne, avait déjà montré l'augmentation importante de la pression génitale lorsqu'une cycliste qui tenait son guidon en position haute mettait soudain ses mains plus bas. En pratique, les chercheurs préconisent de bien régler la hauteur du guidon, c'est-à-dire pas plus bas que la hauteur de la selle: «Il est important de noter que de simples changements de réglages sur le vélo peuvent avoir un effet bénéfique sur l'intégrité du plancher pelvien (NDLR: ensemble des muscles et structures formant le périnée).

Pour les hommes aussi

C'est en 1998 que les autorités de santé américaines furent alertées de l'effet des selles sur l'érection, suite aux plaintes répétées des policiers à vélo de l'unité de surveillance de la marina d'une ville portuaire. Pas moins de 15 agents sur 23 rapportaient des problèmes d'érection, de douleur à l'aine ou d'insensibilité génitale. Une étude aussitôt menée sous l'égide de l'Institut national des activités de loisir et santé (NIOSH) devait effectivement constater deux fois moins d'épisodes d'érection nocturne chez les policiers à vélo. Ces derniers passaient en moyenne 5 heures et demi par jour sur leur selle, souvent à l'arrêt d'ailleurs, mais avec une pression importante sur leur périnée. L'effet néfaste sur l'érection s'avérait même «dose-dépendant» puisque plus les journées à vélo étaient longues, plus la durée des érections nocturnes diminuait. En fait, l'effet négatif apparaissait même bien en dessous de 5 heures par jour, comme la suite allaient le montrer une bonne vingtaine d'études menées dans les cinq années qui suivirent. Le risque de dysfonction érectile modérée ou sévère est doublé pour ceux qui pédalent plus de 3 heures par semaine: aux environs de 4 % pour des jeunes trentenaires, alors qu'il n'est que de 2 % chez les nageurs.

Trois minutes suffisent!

D'où les recommandations, pour les hommes, de privilégier les selles à nez raccourci ou les selles fendues (découpe anatomique central), qui diminuent la pression sur le périnée et donc le risque de compression nerveuse ou d'oxygénation insuffisante du pénis. Une étude publiée en 1999 montrait par exemple que la quantité d'oxygène arrivant à l'extrémité du pénis était réduite des deux tiers après seulement trois minutes de vélo. En revanche, aucune diminution n'était notée lorsque les cyclistes pédalaient en position redressée.

Les scientifiques conseillent donc de ne pas tenir son guidon en plaçant les mains trop bas et de privilégier des selles fendues pour éviter la compression du périnée. Deux moyens efficaces de réduire les inconvénients d'une pratique assidue du vélo.

Par Damien Mascret

Source: sante.lefigaro.fr.

b80 Transgenralité.

Malgré son sex-appeal évident, ce garçon de 22 ans est probablement l'un des plus timides que j'aie jamais rencontrés. 
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Suite à nos rencontres et nos discussions, je n'irai pas jusqu'à dire que sa personnalité met mal à l'aise, mais l'on peut ressentir une certaine anxiété quant à la manière dont les autres pourraient la percevoir. En fait, ce n'est pas un garçon comme les autres, c'est la fille la plus androgyne que j'aie jamais vue. Elle s'habille comme un garçon, non qu'elle veuille paraitre marginale, mais parce que ça lui est plus confortable, que c'est ce qu'elle est, et qu'elle se fiche que vous la preniez pour un garçon. a vrai dire, je pense qu'il aime plutôt ça.

Le genre est généralement appréhendé comme étant une construction sociale, où les attributs féminins et masculins se fondent sur des valeurs culturelles. En distinguant les différences biologiques et physiologiques comme le sexe, la taille et la force physique entre les hommes et les femmes, on définit les rôles et les identités. Ces caractéristiques physiques influenceraient les capacités intellectuelles et émotionnelles attribuées aux rôles masculin ou féminin (et leur perception), et donc nos rapports aux autres dans la vie quotidienne. L'identité de genre d'une personne ne peut se réduire à la question de son rôle sexuel et de ses attributs : elle a nécessairement trait à la sphère socio-culturelle dans laquelle elle s'exerce (ethnie, religion, classe sociale...). Par conséquent, "avoir un genre" établit qui nous sommes dans notre société, quels types de règles (basées sur notre corps) nous avons à respecter, et donc quels types de rôles nous pouvons accomplir.

Enfants, filles et garçons bénéficient d'une certaine liberté corporelle avant d'atteindre la puberté. Jess "le garçon manqué" se souvient qu'un été, sa mère lui avait demandé de ne plus jouer torse nu et d'arrêter de ne porter qu'une simple culotte de maillot de bain quand elle se trouvait avec des garçons. "Je me souviens avoir été tellement contrariée. Je pensais : "Pourquoi est-ce que ça m'arrive à moi ?", j'étais déçue de ce que mon corps faisait, parce que ça ne reflétait pas la manière dont je me sentais". Jess reconnaît avoir eu des moments difficiles pendant son adolescence mais elle a vite réalisé que sa passion pour le sport et son style baggy l'aidaient à retrouver sa place au milieu des mecs. "Je suis reconnaissante envers ma mère de m'avoir laissé la liberté d'être qui je suis, même si elle était vraiment vexée quand les gens me prenaient pour un garçon. Maintenant elle comprend et je ne me sens pas obligée de prouver qui je suis d'une façon ou d'une autre". Les amis d'enfance et d'université de Jess ont cessé de la questionner sur son genre - "fille ou garçon ?" - et ont accepté son ambiguïté.

Mais la plus grande angoisse de Jess se manifeste aux toilettes publiques, quand elle sait qu'hommes et femmes vont l'observer au moment de décider lesquelles prendre. Il arrive souvent qu'on l'interpelle alors qu'elle se dirige vers la porte des toilettes pour femmes. "Ça m'est arrivé plusieurs fois d'aller dans les toilettes pour hommes, surtout quand la queue était trop longue chez les femmes et que je ne pouvais plus attendre. Je ne sais pas si c'est une règle chez les hommes, mais personne ne me pose jamais la moindre question". Ce qui n'est pas le cas chez les femmes.

"Ma présence dans les toilettes féminines provoque beaucoup de réactions, comme si je faisais intrusion dans une sorte d'espace sacré ou quelque chose comme ça. Parfois, quand je n'ai pas envie d'affronter certaines remarques, j'attends dans la cabine jusqu'à être sûre que tout le monde est sorti. D'autres fois, je vais m'expliquer, "oui, je sais, je ne me suis pas trompée, merci" et je sens qu'elles sont gênées d'avoir posé la question". Ça amuse Jess de regarder les femmes entrer dans les toilettes et en ressortir aussitôt, vérifier le pictogramme sur la porte pour être sûres qu'elles ne se sont pas trompées. Elle attend de voir si elles vont lui poser une question ou simplement éviter de croiser son regard.

Quand Jess rencontre quelqu'un pour la première fois, elle craint le risque de malaise et le fait d'avoir à révéler son "vrai" sexe. Ce sont les réactions des autres qui la mettent mal à l'aise, mais aussi d'avoir à se justifier alors qu'elle se sent bien telle qu'elle est. Jess aime se sentir attirante et jouer avec les normes, ce qui peut être une expérience aussi positive que négative. Je peux imaginer toute la difficulté de jouer avec l'ambiguïté tout en craignant que sa poitrine puisse révéler son genre. Il faut pouvoir faire face à la réaction d'une femme qui s'attend à être approchée par un homme. Mais il arrive aussi que des gays cherchent à séduire Jess - qui joue alors le jeu du flirt - jusqu'à ce qu'ils se rendent compte que c'est une fille. Elle s'amuse dans ces moments-là de leurs réactions de surprise.

Si Jess se sent plus à l'aise dans les environnements masculins, le sport y est pour beaucoup. "Je trouve que les sports sont plus souvent associés aux hommes. Je veux dire que les médias accordent beaucoup plus d'importance aux athlètes masculins. Donc oui, je voulais devenir Michael Jordan ou Francesco Totti". De façon générale, Jess est douée dans les activités physiques : "J'ai toujours aimé ça, j'aime la compétition et l'adrénaline". Elle souligne que cette passion était nécessaire pour être intégrée parmi les garçons et comprendre le monde masculin. "Les premières fois que j'ai joué avec des mecs, il a fallu que je montre que j'étais douée et assez forte. Une fois passée cette étape, j'ai gagné leur respect". Jess est symboliquement devenue "il", ce qui lui allait mieux.

Jess, une fille qui aime les filles ; qui ressemble à un garçon ; qui aime peut-être aussi les garçons ? Une chose est sûre, son androgynie en fait un "beau mec" et une "jolie nana". "Pour moi les pronoms n'ont pas vraiment d'importance, que les gens m'appellent "il" ou "elle", je ne me sens ni l'un ni l'autre complètement, mais entre les deux". Elle n'est pas pointilleuse sur la façon dont les gens vont la catégoriser mais elle se sent frustrée quand ils la jugent parce qu'elle ne rentre pas dans le moule. "Je crois que ce serait exagéré de dire que je me fiche de la manière dont les gens me perçoivent. Mais je trouve important que les gens réalisent qu'il existe différentes formes de masculinités ou de façons d'être, surtout dans une société où il est devenu essentiel de savoir si l'on est un homme ou une femme, masculin ou féminin, homo ou hétéro. Qu'est-ce que ça veut dire ? Est-ce vraiment si important ?"

Sa remarque prouve que la visibilité est une étape importante vers la compréhension et l'acceptation. "Sur le papier je suis une fille, mais en réalité je n'en ai pas l'air, ou tout du moins je ne ressemble pas à ce que la société attend d'une fille. Je corresponds plutôt à un certain modèle de masculinité et c'est ce que mon langage corporel et mon style vestimentaire dégagent". D'où la question : ne serait-ce pas mieux de pouvoir ressembler à ce qui nous plaît, sans que cela doive nécessairement vouloir dire quelque chose ?

Chloé Vaast pour Congrats! Magazine La version complète du texte est à retrouver dans Congrats! Magazine #02 « TENSION »

Source: huffingtonpost.fr.

b79 Transgenre et vie quotidienne.

«Pensez-vous que les personnes transsexuelles devraient utiliser les toilettes correspondant à leur genre?» Cette question, soumise sur une infographie par PolicyMic, peut paraître anecdotique, mais.....
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des milliers de personnes transgenre peuvent se la poser chaque jour: 700.000 aux Etats-Unis, et entre 40 et 60.000 en France.

La victoire de Conchita Wurst au concours de l’Eurovision ravive les débats autour de la transidentité en Europe et dans le monde. Les transgenres peinent à faire reconnaître leurs droits, des plus fondamentaux aux plus anecdotiques.

Quelles toilettes? Hommes ou femmes? Quelle équipe de foot? Masculine ou féminine? Ces questions qui semblent évidentes aux yeux d’une grande majorité deviennent un casse-tête au quotidien. Car si selon Policy Mic, autoriser les transsexuels à utiliser les toilettes qui correspondent à leur sexe relève du comportement d’un «être humain civilisé», les autorités et les habitants de nombreux pays ne semblent pas d’accord. Le Transgender Law Center détaille:

«Les transgenres et les personnes qui n’ont pas un genre conforme sont souvent victimes de discrimination lorsqu’ils veulent accéder à des services publics: ils se voient refuser l’accès, sont traités différemment des personnes non-transgenres ou sont victimes de violences verbales et physiques alors qu’ils veulent seulement effectuer des activités quotidiennes.»

Cependant, plusieurs solutions émergent peu à peu. En Californie, les enfants peuvent choisir les toilettes dans lesquelles ils veulent aller. De même pour leur équipe de sport. Le Maine accorde un droit similaire en autorisant les transsexuels à se rendre dans les toilettes de leur genre.

Autre alternative: la mise en place de toilettes «neutres» ou «unisexes», où se rendent les hommes comme les femmes. Un quartier de Berlin ainsi que la ville de Brighton, entre autres, proposent cette idée très controversée.

La peur des prédateurs sexuels, qui pourraient profiter de cette installation de toilettes mixtes, revient de manière récurrente. Pour Policy Mic, ce ne sont que des «mythes discriminatoires et dangereux» qui ont été «discrédités» et qu'il faut combattre:

En France, aucun projet de toilettes unisexes ne semble à l’ordre du jour. En revanche, l’«identité de genre» pourrait bientôt faire son entrée dans la législation, facilitant ainsi les démarches des transsexuels qui veulent changer de sexe. Aujourd’hui, ils doivent en effet attester avoir subi des«traitements hormonaux» et avoir ainsi changé de sexe de manière irréversible.

D’autres pays, s’ils n’utilisent peut-être pas encore les toilettes neutres, ont eux introduit un «troisième sexe», le transgenre, à l’image de l’Inde ou de l’Australie.

Source: slate.fr.

b78 Quand l'enfant parait: chamboulement en vue.

L'arrivée d'un enfant amplifierait les difficultés entre les parents, si elles existent déjà.
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La scène se passe dans un laboratoire du département de psychothérapie de l'université de Lausanne. Dans une salle confortable, un couple s'assoit face à une chaise sur laquelle est installée… une poupée. La femme est enceinte. Les partenaires se mettent à jouer avec ce bébé de chiffons comme s'il s'agissait de leur enfant à venir. Derrière une vitre sans tain, les chercheurs, dirigés par le professeur de psychologie clinique Nicolas Favez, observent et filment cette séquence de jeu à laquelle ils ont invité la famille en formation. Comment l'homme parle-t-il de cette «petite fille virtuelle» à sa compagne? Celle-ci lui sourit-elle en l'écoutant? Qui se montre le plus actif avec le bébé ? Qui se met en retrait? Toutes les interactions du trio vont être ainsi enregistrées. Une situation qui se renouvellera encore trois fois après l'accouchement, aux 3, 9 et 18 mois du bébé.

Cette étude menée auprès de 51 couples puis familles avait pour but de savoir si l'on pouvait prévoir la dégradation des relations entre l'homme et la femme après l'arrivée du bébé, et la réponse est… oui *. «Pour une large majorité des familles - 74 % -, les interactions sont stables au cours des deux premières années, que celles-ci soient positives ou négatives, résume Nicolas Favez. Et pour 26 % des familles, il y a une péjoration des interactions au fil du temps.»

L'idée courante selon laquelle un bébé «arrange souvent les choses dans un couple qui bat de l'aile» s'avère donc fausse. L'arrivée d'un enfant est aujourd'hui perçue par les psychologues et thérapeutes familiaux comme une situation qui peut être à haut risque. Une étape délicate vue par certains comme un «baby-clash» ou un «tsunami». Mais, après observation, la manière dont le bébé affecte la relation entre les jeunes parents fait plutôt penser à un effet d'«amplificateur» ou de «caisse de résonance» des liens déjà en place.

Mise à l'épreuve

«Toute naissance implique une mise à l'épreuve de la relation entre les géniteurs, explique Nicolas Favez. Le couple “soutenant”, celui dans lequel chacun a l'impression d'être soutenu par l'autre, va se solidifier et pouvoir passer facilement du lien amoureux à la coparentalité. En revanche, le couple déjà en difficulté relationnelle au moment de la grossesse voit l'entente entre les partenaires se dégrader.»

Et cela vaut particulièrement pour le premier bébé et les premiers temps de parentalité qu'expérimentent ses parents. Si, en 2011, le taux des divorces était de 42,6 % des mariages, un nombre de plus en plus important de ceux-ci arrivent alors que les enfants sont tout petits. Ainsi, le plus fort taux de divorce pour 1 000 mariages est autour de la cinquième année, quelle que soit l'année étudiée (source: ministère de la Justice).

Les raisons sociétales et économiques de telles difficultés sont connues: difficultés des mères à concilier vie professionnelle et maternité, stress organisationnel et budgétaire… C'est surtout le malaise de la famille postindustrielle qui s'impose aux jeunes parents: «Auparavant, les rôles de père et mère étaient fixés socialement et juridiquement, analyse Nicolas Favez. Aujourd'hui, le droit de la famille est devenu plus égalitaire, et chacun doit “inventer” son rôle de parent. Cependant, que le couple vive sur un modèle traditionnel (la femme à l'intérieur, l'homme à l'extérieur) ou une union plus égalitaire, l'important reste que chacun y trouve son compte en se sentant soutenu par l'autre dans son nouveau rôle.»

Se soutenir mutuellement

Quelles ont donc les interactions qui sauveront ces jeunes parents de l'impact psychologique inévitable des nuits sans sommeil, des hauts et bas émotionnels, des changements physiques de la mère, etc.? D'abord, la capacité de la jeune maman à lâcher sur l'effet «garde-barrière» (une ambivalence dite de type «gatekeeping») qu'elle a tendance spontanément à mettre en place: «Beaucoup de femmes veulent que l'homme les aident, mais ne sont pas satisfaites de sa manière de faire», observe Nicolas Favez. Autre prédicateur: l'absence d'une relation de rivalité entre les deux parents. «Ainsi on voit bien comment, chez certains couples, quand un parent joue avec l'enfant, l'autre essaie systématiquement d'attirer le bébé vers lui», observe le chercheur. Et, enfin, c'est la capacité d'engagement du père (dans le jeu comme dans la vie quotidienne) qui marquera aussi la qualité des interactions..

Et l'amour dans tout cela, celui qui a motivé cet «heureux événement», quelle est alors sa place? «Il est ce cocon qui enrobe toutes ces interactions et permet au couple de supporter ce difficile passage de «couple» à «coparentalité». Car la naissance du premier enfant, c'est aussi la naissance d'une famille. Un jeu dont les règles ne sont pas forcément faciles à mettre en place.

*«La transition à la parentalité et les réaménagements de la relation de couple», Nicolas Favez, in Dialogue, no 199, 1er trimestre 2013.

Par Pascale Senk

Source: sante.lefigaro.fr.

b77 USA: Recrudescence de la syphilis.

Cette croissance a lieu en majorité chez les hommes gays et bisexuels. Elle inquète les spécialistes américains puisque cette maladie expose à un risque accru d’infection par le VIH.
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Après avoir presque totalement disparu, les cas de syphilis sont à nouveau en forte croissance aux Etats-Unis. Selon une étude fédérale publiée jeudi, cette croissance touche majoritairement les hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes.

En 2013, le nombre de personnes atteintes par cette infection sexuellement transmissible était de 5,3 pour 100 000, soit un chiffre plus de deux fois supérieur à celui de 2000 où l’on comptait 2,1 cas pour 100 000 personnes (le taux le plus bas de l’histoire des Etats-Unis). Entre 2005 et 2013, les centres pour le Contrôle des Maladies et leur Prévention (Centers for Disease Control and Prevention) rapporte que le nombre de patients atteints de la syphilis a presque doublé, de 8 724 à 16 663.

Cette hausse impressionnante du nombre de patients atteints de cette maladie sexuellment transmissible (MST) est un avertissement très important pour la santé publique. En effet si la syphilis se soigne très bien, elle est un indicateur d’un développement de comportements sexuels - en particulier l’abandon de l’usage de préservatifs, les multi-partenaires - qui pourraient augmenter la transmission du VIH.

La syphilis elle-même expose également à un risque accru d’infection par le VIH/sida via les lésions que provoque cette infection (risque de trois à cinq fois plus élevé).

En 2013, 91 % des cas rapportés étaient des hommes. Parmi eux, ce sont les hommes noirs qui sont le plus touchés, même si la croissance des cas de syphilis est la plus forte chez les blancs et les hispaniques.

Pendant les stades primaire et secondaire de la syphilis, le traitement est habituellement une injection unique d’antibiotiques de la famille de la pénicilline. Si elle n’est pas traitée, la syphilis peut entraîner des problèmes aux yeux, des troubles neurologiques et psychiatriques, l'altération d’organes et même le décès de la personne.

Source: frequencemedicale.com

b62 Moins de violences conjugales?

Les chiffres des ministères de l'Intérieur et du Droit des femmes révèlent une baisse des violences conjugales.
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  Les violences conjugales sont en baisse.

146 personnes, 121 femmes et 25 hommes, sont morts sous les violences de leur conjoint ou ex-conjoint en 2013. Elle avait fait 174 victimes en 2012 (148 femmes et 26 hommes.)

Ces violences concernent près de 20% des homicides de toute nature répertoriés au cours de l’année dernière, selon cette étude. Les violences envers les enfants sont elles aussi nombreuses, 13 enfants sont morts sous les coups de leurs parents l’année dernière.

Un signe de prise de conscience

« Dans plus de la moitié des cas, les agresseurs ont utilisé des substances susceptibles d’altérer le discernement de l’auteur ou de la victime au moment des faits (alcool, stupéfiants ou médicaments psychotropes) et dans plus de trois quarts des cas, l’agresseur a utilisé une arme blanche ou à feu », selon le communiqué des deux ministères.

« La baisse sensible des violences faites aux femmes prouvent qu'elles ne sont pas une fatalité. Les dénoncer, en parler, agir. Sans relâche », a tweeté Laurence Rossignol, nouvelle secrétaire d’Etat à la famille. « Ces chiffres en baisse sont le signe d'une prise de conscience de la société, et encouragent le gouvernement à poursuivre son action », selon le communiqué.

Un numéro d’urgence : le 3919

Le 4e plan interministériel de prévention et de lutte contre les violences faites aux femmes du 22 novembre 2013, permet au gouvernement de « mettre en pratique des principes d'action simples et structurants et doubler les moyens spécifiques consacrés aux violences faites aux femmes, avec 66 millions d'euros de 2014 à 2016 ». Le ministère des droits de la femme rappelle que depuis le 1er janvier, un numéro de teléphone gratuit est accessible 7 jours sur 7. Le nombre d'appels mensuels au3919 est passé de 4000 à 7000 en quelques mois.

Dans des cas de grands dangers, certaines victimes se voient confier « le téléphone grand danger ». Doté d’un système d’appel direct, il permet aux femmes victimes de violences d’être rapidement secourues dans un temps très court, grâce à une plateforme de régulation chargée d’évaluer le danger, et de mobiliser immédiatement les secours. Il est déjà déployé dans 10 départements et la ministre des Droits des femmes a décidé de le généraliser à l’ensemble du territoire.

Source: frequencemedicale.com.

b59 Homosexualité: les vieilles pratiques persistent.

Totalement discréditées et même jugées dangereuses, les thérapies qui prétendent guérir de l’homosexualité n’en demeurent pas moins pratiquées par des médecins…..
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..........aux frais des cotisants aux caisses maladie privées. C’est ce que vient de démontrer, pour l’Allemagne, un reportage de la chaîne régionale NDR.

Le journaliste Christian Deker, lui-même ouvertement gay, s’est fait passer pour un homo mal dans sa peau auprès de toubibs ayant pignon sur rue à Dresde, dans l’est du pays. Le premier, un diabéticien rencontré dans une communauté évangélique, l’a soumis à une séance d’exorcisme express dans son cabinet afin d’extirper de lui «l’esprit de l’homosexualité». La séance s’est achevée par un «alléluia» pas très scientifique. Un autre praticien, un généraliste, a proposé au journaliste de signer un formulaire pour une «psychothérapie» de 30 séances. Le tout après lui avoir assuré que tous ses maux physiques seraient soulagés au terme de la cure qui rétablirait une orientation sexuelle «saine».

Homosexualité, cancer: même diagnostic

Dans un cas, le médecin a diagnostiqué des «troubles psychiques» et dans l’autre «suspicion d’une maladie ayant un impact sur la vie» – une formulation standard qui s’applique actuellement à des conditions graves tel que le cancer.

A la Fédération des médecins catholiques, le Dr Gero Winkelmann, fervent défenseur des «thérapies de conversion» vers l’hétérosexualité, a admis que les médecins devaient un peu «bidouiller» leurs diagnostics pour faire rembourser ces prestations par les caisses maladie privées. Un devoir, selon lui: «Je vois dans les homosexuels des gens qui portent un lourd fardeau. Alors nous, médecins, nous devrions le leur enlever, de manière ce qu’ils ne soient plus sous pression de se comporter comme cela.» Il y a quelques années, le Dr Winkelmann avait déjà fait glousser la communauté médicale en vantant les vertus de l’homéopathie pour modifier l’orientation sexuelle. Il préconisait des microdoses de platine pour remettre ses patients dans le droit chemin.

Dépression et suicide

Le reportage rappelle qu’il y a belle lurette que les autorités sanitaires allemandes, tout comme les associations officielles de médecins, nationales et internationales, et l’OMS rejettent la définition de l’homosexualité comme une maladie. Les «thérapies de conversion» sont considérées, au mieux, comme inefficace. Le plus souvent, elles sont susceptibles de mener un patient fragilisé à la dépression et au suicide. Toutefois un représentant des assurances assure ne rien pouvoir faire contre ces faux diagnostics: le détail des traitements n’est pas accessible aux caisses maladies.

Source: 360.ch.

b74 Sexualité des personnes âgées.

La Suisse, qui est pour beaucoup d'aspects de la société, l'un des pays les plus traditionnels et conservateurs en Europe, est en passe de nous supplanter en matière de droit à la sexualité.
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Assistant(e)s sexuel(le)s

Déjà en avance sur nous, comme la plupart des pays d'Europe du Nord (Allemagne, Pays-Bas, Belgique, pays scandinaves…) mais aussi du sud (Italie), la Suisse a, depuis 2007, reconnu et réglementé la formation et l'exercice d'assistants sexuels auprès de personnes handicapées. Cette assistance est prodiguée par des personnels ayant eu une formation spécifique et exerçant parallèlement une autre profession.

L’accompagnement érotique et sexuel propose ainsi, dans le respect et l’écoute, des services sensuels et parfois sexuels à des personnes en situation de handicap, pour leur permettre de se réapproprier leur corps et d’accéder à la sexualité. Les professionnels rémunérés ont reçu une formation spécifique concernant les aspects physiques et psychologiques des différents handicaps et font obligatoirement l'objet d’un suivi lors de l’exercice de leur activité. L’accompagnant sexuel peut ainsi prodiguer ses services sous forme de massages, de caresses, pouvant, dans certains cas, aller jusqu’à l’acte sexuel ou permettre la réalisation d’un acte sexuel entre deux personnes étant dans l’impossibilité de le réaliser en raison de leur handicap.

Ce qui, en France, est toujours considéré comme « sexe tarifié », donc prostitué et passible de poursuites pénales (articles 225-5 à 225-12 du code pénal sur la prostitution et le proxénétisme), fait l'objet de formations très encadrées et d'un exercice professionnel aujourd'hui reconnu dans ces nombreux pays européens dont la Suisse.

Sexe et vieillissement

Les sociétés occidentales ont profondément changé dans les cinquante dernières années avec aujourd'hui une aspiration légitime à une libre sexualité pour tous et à tous les âges de la vie. Contrairement aux générations précédentes, en société traditionnelle, où la sexualité s'interrompait "naturellement" au milieu de la vie ( ménopause pour les femmes, andropause, supposait-on pour les hommes), la plupart de nos contemporains imaginent, et désirent, une sexualité tout au long de l'existence.

Winn et Newton* ont interrogé des hommes et des femmes appartenant à 106 cultures différentes, sur la longévité de la sexualité, et en ont conclu que les facteurs culturels sont la cause essentielle de réduction ou d'arrêt de la sexualité avec l'âge. Des fausses croyances sont ainsi fortement établies, comme le fait que la sexualité serait l'apanage de la jeunesse sinon de la fécondité, que la sexualité s'étiole progressivement avec l'âge, que le désir s'éteint… Il n'en est rien de façon formelle et d'un point de vue physiologique ou médical. L'activité sexuelle, des hommes comme des femmes, semble cependant se réduire avec le vieillissement dans la mesure où les croyances négatives et les idées reçues ont la peau dure !

Sexe en EMS

Le Docteur Francesco Bianchi- Demicheli, sexologue, responsable de la Consultation de gynécologie psychosomatique et de médecine sexuelle au Département de gynécologie obstétrique des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG), ainsi que Madame Catherine Schneider, responsable des soins à l'EMS (Établissement Médico-Social) la Paix du Soir à Lausanne, réfléchissent à l'extension possible des activités des assistants sexuels, exerçant actuellement dans des foyers pour handicapés, à certaines structures hébergeant des personnes âgées. Une évaluation de ces possibilités sera faite dans les prochains mois.

Une première expérience a déjà été tentée depuis deux ans, par l'EMS de la fondation Mont-Calme à Lausanne. Son journal d'information (logo en tête de cet article) nous en donne la tonalité : Vivre, vivre… c'est-à-dire vivre pleinement, la sexualité faisant partie de la vie, faut-il le rappeler. Dans ce climat d'évolution libérale d'une sexualité pour tous, un autre EMS, les résidences Notre-Dame à Genève, réfléchit également à cette possibilité qui apparaît aujourd'hui très clairement comme une nécessité.

SMIG pour tous ?

Cette question si naturelle d'une sexualité active tout au long de la vie se heurte encore aujourd'hui en France, pays des libertés, à des préjugés très conservateurs et au tabou du sexe tarifé, très limitant d'une « sexualité pour tous ». À quand le sexe dans les EHPAD (Établissement d'Hébergement pour Personnes Âgées Dépendantes) ? À quand un Sexe MInimum Garanti (SMIG) pour tous ? Je vois tout de suite les détracteurs des idées neuves s'insurger violemment en dénonçant un risque d'augmentation du déficit de la sécurité sociale. À moins que cela n'ait un impact bénéfique sur le chômage !

* Winn R. L. et Newton N., Sexuality and Aging : A Study of 106 cultures, Arch. Of Sex. Behavior, 1982, 11, pp. 283-298.

Source: sexologie.blog.lemonde.fr.

b73 A rebours des idées reçues?

Un sondage Ipsos pour Psychologie magazine révèle la façon dont les femmes jugent leur vie sexuelle en 2014. Le bilan est plutôt positif.
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Selon ce sondage, publié par Psychologies Magazine, une femme sur deux aimerait avoir des relations sexuelles plus fréquentes qu’aujourd’hui (47 %), et seulement 6 % avouent qu’elles préféreraient faire l’amour moins souvent (contre 46 % qui se montrent satisfaites de la fréquence actuelle de leurs relations sexuelles). 53 % affirment prendre souvent l’initiative de l’acte sexuel. Les jeunes âgées de 18 à 24 ans sont 18 % à affirmer le faire très souvent (contre 6 % pour les 45-59 ans).

Par ailleurs, la “domination uniquement masculine dans les rapports sexuels a pris fin” , affirme le magazine. 81 % des femmes n’ont pas honte de leurs désirs. Seulement un tiers d’entre elles aiment être dominées pendant l’amour (33 %), tandis qu’une sur quatre prend plaisir à dominer l’autre (26 %). Si le pourcentage de femmes préférant être sous leur partenaire pendant l’amour reste élevé (76 %), celui de celles préférant être sur lui l’est aussi (68 %), même s’il reste légèrement inférieur.

D'après les résultats du sondage, les femmes osent davantage exprimer leurs désirs sexuels. Deux femmes sur trois de moins de 60 ans arrivent à parler facilement avec leur partenaire des positions ou pratiques sexuelles qu'elles préfèrent, ou de leur jouissance. Les choses se compliquent un peu lorsqu'il s'agit de parler des fantasmes pour les plus de 35 ans.

Enfin, avoir une relation homosexuelle ou à plusieurs est "nettement plus envisageable, voir réalisée", par les moins de 35 ans. La sodomie, elle, reste aussi peu appréciée chez les moins de 25 ans que chez les plus de 60 ans. Tout comme la fellation, qui ne plaît pas à une femme sur trois dans ces deux tranches d'âge.

Source: egora.fr.


Avril 2014


b72 Reconstructrions vaginales.

La reconstruction d'un organe est parfois la seule issue possible (anomalies congénitales, blessure, cancer…) et l'ingénierie tissulaire offre aujourd'hui des solutions innovantes.
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Dès les années 90, la médecine régénérative (culture cellulaire autologue sur support utilisé secondairement en chirurgie réparatrice) avait fait des prouesses aux États-Unis en cas d'agénésie vésicale d'abord, puis dans des pathologies cutanées, vasculaires et uréthrales.

Le Lancet vient de se faire l'écho de la dernière publication sur le sujet qui nous vient du Mexique. Dans cette étude de cohorte pilote, l'équipe de Raya-Rivera a recruté, sur 3 ans, 4 jeunes filles de 13 à 18 ans atteintes de syndrome de Rokitansky ou MRKH (agénésie partielle ou totale du vagin et de l'utérus). Après biopsie vulvaire de tissu autologue pour chaque patiente, les ingénieurs du Wake Forest Institute for Regenerative Medicine (NC, USA) ont cultivé, amplifié et associé les cellules épithéliales et musculaires vaginales à une matrice biodégradable (sous-muqueuse d'intestin porcin décellularisée) pour former un tissu composite dont la mise en incubateur a permis la maturation : c'est la "thérapie cellulaire supportée". L'implantation chirurgicale de ces néo-vagins autologues a été ensuite réalisée par voie périnéale et les patientes ont été suivies pendant 8 ans.

Aucune complication postopératoire n'a été observée. A 81 mois de suivi, toutes les patientes étaient sexuellement actives. Les biopsies vaginales annuelles ont montré un aspect histologique identique au tissu épithélial et musculaire vaginal normal et des réactions immuno-histochimiques normales. Des IRM et vaginoscopies itératives ont révélé l'absence d'anomalies postopératoires et la croissance régulière des néo-organes avec le vieillissement des patientes. Enfin, les auto-questionnaires évaluant l'Index de Fonction Sexuelle Féminine (FSFI, échelle validée de la fonction sexuelle) ont rapporté d'excellents scores fonctionnels et de qualité de vie sexuelle, validant définitivement cette option futuriste dans la reconstruction vaginale.

Bien sûr, les patientes atteintes de cette pathologie n'embouteillent pas nos consultations (une jeune fille sur 4 500 en France), cependant, comme le disent MA Birchall et AM Seifalian dans l'éditorial du même numéro du Lancet, ce travail permet, d'ores et déjà, de tirer 3 conclusions clés en ce qui concerne l'ingénierie tissulaire aujourd'hui:

  1. le tissu composite greffé persiste avec le temps; il reste de bonne qualité et n'est pas remplacé par du tissu cicatriciel ;
  2. les organes issus de la thérapie cellulaire supportée sont capables de grandir normalement quand ils sont implantés chez des enfants et des adolescents ;
  3. et surtout, même avant cette croissance in vivo, il est possible d'augmenter la taille du tissu ou des organes réimplantés par l'ingénierie tissulaire seule, sans pédicule vasculaire comme en greffe classique, ce qui suppose la mise en place d’une angiogenèse locale dont les mécanismes exacts restent encore à préciser.
Saluons donc ici cette première chirurgicale à sa juste valeur, en attendant les utérus imprimés en 3, voire 4…D….

Dr Catherine Azoulay

Références: Raya-Rivera AM et coll. : Tissue-engineered autologous vaginal organs in patients: a pilot cohort study. Lancet, 2014; publication avancée en ligne le 11 avril. DOI: 10.1016/S0140-6736(14)60542-0

Source: jim.fr.

b71 Dysérection et statines.

Malgré ce que l'on peut lire dans les RCP de nombreux éléments de leur famille, à la rubriques "effets indésirables", les statines auraient un effet significatif sur les troubles de l’érection.
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Les effets pleïotropes réels ou supposés des statines et leurs conséquences bénéfiques ou néfastes sur un certain nombre de pathologies autres que cardiovasculaires ont déjà fait couler beaucoup d’encre et sont sujets à controverse. Après le cancer, la BPCO, le diabète, ou encore la cataracte, le glaucome et l’hypertrophie bénigne de la prostate… c’est désormais sur la santé sexuelle que ces anticholestérolémiants pourraient agir, en améliorant la dysfonction érectile des hommes qui en prennent. C’est en tout cas ce qui ressort d’une méta-analyse présentée au congrès annuel de l’ American College of Cardiology (ACC) et publiée simultanément dans Journal of sexual medicine [1].

Cette méta-analyse est la première à se pencher sur la question. Elle a colligé 11 études randomisées, soit 647 patients au total de 57,8 ans d’âge moyen, traités sur une durée moyenne de 3,8 années. Chacune de ses études avait investigué la DE des participants sous la forme de l’auto-questionnaire International Inventory of Erectile Function (IIEF). Pour le Pr John Kostis, directeur du Cardiovascular Institute et principal investigateur de l’étude, cela ne fait aucun doute, le petit « plus » que confèrent les statines en termes de sexualité, au-delà de leur action hypocholestérolémiante devrait convaincre les patients les plus réticents à la prise de statines. « Pour les hommes présentant une dysfonction érectile qui ont besoin de statines pour contrôler leur cholestérol, c’est un bénéfice supplémentaire » affirme-t-il dans un communiqué.

Il ressort que la prise de statines chez les patients présentant une hypercholestérolémie et une dysfonction érectile ont amélioré leur score IIEF de 3,4 points (passant de 14,0 % à 17,4 %, soit une augmentation de 24,3%). Un effet qui reste significatif après différents ajustements. « Cette amélioration équivaut à un tiers voire la moitié de celle rapportée avec des médicaments de l’érection comme le Viagra®, Cialis® ou Levitra®, commente John Kostis. Et plus élevé que l’effet induit par des modifications de l’hygiène de vie. »

Les statines pourraient agir en améliorant le flux sanguin via la dilatation des vaisseaux. Et John Kostis n’en démord pas : l’argument sur ce bénéfice « visible » et « immédiat » est imparable et pourrait inciter les patients qui ont besoin d’une statine à mieux suivre leur traitement, bien plus que celui de la prévention d’événements cardiovasculaires moins « palpable ». Bien sûr, une étude contre placebo visant à évaluer spécifiquement cet effet supposé des statines est plus que souhaitable pour confirmer (ou non) le bénéfice sexuel potentiel de ces molécules dans certains sous-groupes de patients hypercholestérolémiques.

Références : 1. Kostis JB and Dobrzynski JM. The effect of statins on erectile dysfunction: A meta-analysis of randomized trials. J Sex Med. Article first published online: 29 MAR 2014. DOI: 10.1111/jsm.12521

Source: medscape.fr.

b70 Transsexualisme et parentalité.

L'Académie de médecine vient de répondre à une question sur la conservation des gamètes par les personnes qui changent de sexe et qui voudraient des enfants.
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La reproduction est désormais un sujet extrêmement complexe. Grâce aux progrès de la médecine, des couples qui n'auraient jamais pu devenir parents "naturellement" ont diverses possibilités pour réussir à avoir des enfants. Et toutes ces avancées génèrent des demandes qui étaient impossibles à envisager il y a peu. Comme celle soumise en juillet dernier à l'Académie nationale de médecine par le défenseur des droits. Elle concerne "des personnes transsexuelles qui souhaitent procéder à une auto-conservation de leurs gamètes (spermatozoïdes et ovules, NDLR) pour éventuellement pouvoir les réutiliser après leur transition dans un projet de parentalité de couple".

Considérant que cette question "soulevait des interrogations liées à la problématique de l'assistance médicale à la procréation (AMP) et aux nouvelles demandes de la société allant au-delà des raisons médicales prévues par les textes de loi", le défenseur des droits souhaitait donc que les Sages mènent une réflexion sur le rôle de la médecine concernant ce type de demandes qui ne sont pas liées à une maladie. La réponse a été rendue jeudi matin.

Exclure l'ablation des testicules et de l'utérus.

Tout d'abord, l'Académie estime que les demandes de préservation de la fertilité des personnes recevant des traitements médicaux pour changer de sexe sont certes peu nombreuses, mais qu'elles doivent être prises en considération. Selon ses conclusions, les transsexuels doivent être informés des conséquences des traitements médicaux qu'ils reçoivent sur leur fertilité. En cas de projet parental éventuel, la prise en charge médicale des parcours de transition devrait exclure des actes de stérilisation chirurgicale (ablation soit des testicules, soit des ovaires et de l'utérus) et devrait favoriser des traitements hormonaux compatibles avec une réversibilité de la production de gamètes. Dans ces conditions, il n'y a évidemment pas d'indication médicale à procéder à une auto-conservation de gamètes ou de tissus capables de les produire chez les personnes transsexuelles. Qui plus est, la législation française actuelle ne permet pas leur utilisation dans ces conditions.

"En cas de demande de cryopréservation de gamètes ou de tissus germinaux, le type de projet parental envisagé devrait être évoqué avec les intéressés sans ignorer les incohérences pouvant se manifester entre identité de la personne, identité parentale et identité procréative", écrit l'Académie. Elle ajoute que "ce projet ne saurait ignorer ces conséquences pour le bien-être de l'enfant". Il est logique que les intérêts de ce dernier soient pris en compte, comme dans l'ensemble des actes d'assistance médicale à la procréation.

Les Sages soulignent l'absence presque totale de connaissances et les incertitudes existantes concernant le développement et le vécu des enfants et des adolescents conçus par des parents ayant changé de sexe ou de genre. Ils insistent donc sur la nécessité de réaliser des recherches dans ce domaine. Ils estiment néanmoins que, si les demandes de conservation de gamètes et/ou de tissus germinaux avant un traitement potentiellement stérilisant ne peuvent être refusées par principe, elles ne peuvent non plus être réalisées automatiquement. C'est, selon eux, finalement le médecin qui doit prendre la décision au cas par cas.

En savoir plus:

Lien vers académie de médecine

Jim.fr: Autoconservation des gamètes : que faire en cas de projet de changement de sexe ?

Source: lepoint.fr.

b69 La sexualité des personnes vivant avec le VIH.

L’Inpes, en lien avec le ministère chargé de la santé, a conçu un livret d’information et de promotion de la santé sexuelle, destiné aux femmes et aux hommes hétérosexuels vivant avec le VIH.
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Le livret Sexe & Santé – Entre homme et femme vivant avec le VIH a pour objectif d’aider les personnes hétérosexuelles séropositives et leur(s) partenaire(s) à avoir une sexualité satisfaisante, en connaissant les risques de transmission du VIH et des autres infections sexuellement transmissibles (IST), et les moyens de se protéger.

Informations et ressources.

Ce livret apporte des réponses scientifiquement validées aux questions que peuvent se poser celles et ceux qui vivent avec le VIH : Avec qui parler de ma sexualité ? Dire ou pas ma séropositivité à mon (ma) partenaire ? Quelles solutions pour faire un enfant ? Que faire en cas d’accident de préservatif ? Dans quelles conditions le traitement antirétroviral peut-il être un outil de prévention efficace ? Quelles autres infections puis-je attraper et transmettre lors de rapports sexuels ?...

Il propose également des témoignages et des ressources pour s’informer, être aidé à distance et orienté, trouver une association, un groupe de soutien ou des professionnels de santé. Un document similaire, à destination des gays vivant avec le VIH, a déjà été diffusé en 2011. Il est disponible à la commande sous la référence 3112-85111-B (contenu explicite).

Source: inpes.sante.fr.

b67 Taille du pénis et mécontentement masculin.

Un tiers des hommes de moins de 25 ans ont été complexés par la taille de leur sexe en regardant un film X. Une tendance largement influencée par la consommation croissante de pornographie en ligne.
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L’institut de sondages Ifop publie une étude selon laquelle les sexes surdimensionnés des films X auraient un effet anxiogène sur les jeunes hommes. Près d'un Français sur deux a déjà visionné un film porno.Et plus d'un tiers (34%) des moins de 25 ans admet avoir été complexé sur la taille de son pénis en regardant un film pour adulte.

Environ 61% des jeunes hommes sont également convaincus que la taille du pénis joue un rôle essentiel dans le plaisir féminin, alors que la majorité des hommes (56%) et des femmes (63%) pensent l'inverse. Les films X influencent de plus en plus le comportement de la nouvelle génération. Près de 60% des moins de 25 ans, garçons et filles confondus, ont déjà reproduit une position vue dans un film pornographique.

"La consommation de pornographie en ligne est devenue un phénomène de masse dont l'impact sur la sexualité des Français ne se limite pas qu'au visionnage passif d'images pornographiques",observe l'Ifop. En effet, près de 11% des Français avouent avoir filmé leurs ébats pour pimenter leur vie de couple, face à 6% en 2009.

[Avec Topsante.com]

Source: egora.fr.

b67 Taille du pénis: Et pourtant!!

Plus un homme a un long pénis, plus sa compagne est susceptible de le tromper, selon une récente étude publiée dans la revue PLOS One.
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Les chercheurs ont interrogé 545 couples mariés, au Kenya, afin de comprendre leurs habitudes relationnelles et d'identifier les facteurs qui influençaient les femmes à avoir des aventures extraconjugales. Les entretiens ont été réalisés dans des pièces séparées. Les deux partenaires ont dû estimer la taille du pénis en érection, par rapport à une règle de 38 centimètres.

"Chaque pouce (environ 2,5cm) de pénis en plus augmente la probabilité que la femme soit impliquée dans une relation extraconjugale. Les femmes associent les grands pénis à la douleur et à l'inconfort pendant l'acte sexuel excluant le plaisir et la satisfaction que les femmes sont censées ressentir" expliquent les chercheurs.

L'une des femmes de l'étude aurait même confié aux chercheurs que si la pénétration lui fait trop mal, elle va chercher ailleurs un homme avec un plus petit pénis, afin d'avoir plus de plaisir. Sur les six mois de l'étude, 6,2% des femmes interrogées ont vécu une aventure extraconjugale.

A l’origine, l'étude en elle-même n'avait pas pour objectif premier la taille de l'organe sexuel masculin. En fait, si les chercheurs se sont concentrés sur l'infidélité féminine, c'était pour identifier les raisons qui pouvaient conduire les femmes à avoir des relations sexuelles non protégées, afin de chercher des moyens de prévenir la transmission du VIH. La taille du pénis n'est, bien entendu, pas l'unique facteur qui pousse les femmes à aller voir ailleurs.

[Avec Huffingtonpost.fr]

Source: egora.fr.

b66 Reconstruction pénienne.

Une équipe de chirurgiens marocains a réussi à réimplanter un pénis à un homme de 35 ans victime d'une violente agression, révèle un article publié le 9 avril dans le Journal Case of Medical Reports.
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En décembre 2012 cet homme de 35 ans s’était fait violemment agresser par un inconnu qui, à l’aide d’une lame de rasoir lui avait coupé l’organe à 3 cm du pubis. Par "chance" l'amputation n'était pas complète.

Admis aux urgences, il a pu bénéficier d'une opération qui a duré 6 heures, durant lesquelles les membres du département d'urologie de l'hôpital universitaire de Fes (Maroc) sont parvenus à ressouder l'organe. Ayant perdu beaucoup de sang et l'opération elle-même provoquant une forte hémorragie, le patient avait bénéficié d'une transfusion sanguine. Un garrot était placé à la base du pénis afin de réduire l'hémorragie.

L'équipe médicale ayant procédé à l'intervention s'est réjoui de cette réussite. Car le patient a pu retrouver peu à peu l’usage normal de son pénis. "L’apparence et les fonctions du pénis ont pu être rétablies", expliquent les médecins. Ils ont en particulier relevé l'absence de resserrement de l'urètre.

Et la fonction érectile ainsi que la sensibilité sont aujourd'hui considérées comme normales pour ce patient qui revient de loin.

"Notre étude de cas nous permet de démontrer que même sans restauration des vaisseaux sanguins, de bons résultats postopératoires peuvent être obtenus", expliquent les médecins. En effet ceux-ci n'ont pas eu à procéder à une microchirurgie pour reconnecter chaque vaisseau sanguin.

[Avec Sciencesetavenir.fr]

Source: egora.fr.

b65 Incontinence urinaire et qualité de vie.

L’incontinence urinaire est un trouble fréquent chez la femme. Trop souvent négligée, voire cachée, elle est insuffisamment prise en charge ...
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Pour apprécier l’impact des différentes formes d’incontinence urinaire, l’incontinence d’effort, l’incontinence par urgence mictionnelle ou urgenturie due à une hyperactivité vésicale et l’incontinence mixte, des gynécologues turcs ont réalisé une étude prospective sur les patientes consultant pour ce symptôme entre mars et août 2011. L’examen clinique et le bilan urodynamique a permis d’établir que sur les 111 femmes sélectionnées, 59 (53 %) souffraient d’une incontinence d’effort, 35 (32 %) d’une incontinence liée à une hyperactivité vésicale et 17 (15 %) d’une incontinence mixte. L’impact de l’incontinence sur leur qualité de vie a été mesuré par plusieurs échelles ou scores : l’IIQ-7, questionnaire spécifiquement dédié aux conséquences de l’incontinence sur la qualité de vie, le PISQ-12 (Pelvic organ prolapse/urinary incontinence sexual questionnaire ) qui évalue ses répercussions sexuelles, et le BAI (Beck anxiet inventory) qui apprécie le degré d’anxiété, la question étant de savoir si l’anxiété est seulement une conséquence ou aussi un facteur favorisant.

Selon le IIQ-7 test, l’incontinence a un impact global sur la qualité de vie plus important chez les femmes ayant une incontinence mixte que chez les autres. Les femmes ayant une hyperactivité vésicale ou une incontinence mixte ont un score d’anxiété (BAI) significativement supérieur à celles souffrant d’une incontinence d’effort. En revanche, selon le PISQ-12, les répercussions sexuelles de l’incontinence sont plus importantes chez les femmes qui ont une incontinence d’effort.

Au total, l’hyperactivité vésicale et l’incontinence mixte sont sources de plus d’anxiété et ont plus de conséquences sur la qualité de vie que l’incontinence d’effort, qui, elle, est responsable de plus de difficultés sexuelles. Des différences devraient être mieux évaluées pour la prise en charge de ces patientes, estiment les auteurs.

Dr Marine Joras

Références: Asoglu MR et coll. : Effects of urinary incontinence subtypes on women's quality of life (including sexual life) and psychosocial state ». Eur J Obstet Gynecol Reprod Biol. 2014 publication avancée en ligne le 15 février. pii: S0301-2115(14)00077-3. doi: 10.1016/j.ejogrb.2014.02.008.

Source: jim.fr.

b64 Le transgenderisme en Andalousie.

Le Parlement andalou a approuvé une proposition de loi concernant la « non-discrimination fondée sur l’identité de genre...
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La loi, promue entre autres par l’extrême gauche, les Verts et le groupe socialiste favorisera via le principe de « discrimination positive » l’emploi des personnes transgenres et les écoles devront considérer les élèves comme un garçon ou une fille selon leur désir et non la réalité de leur anatomie.

La loi, traitée en toute urgence, indique ce qui suit :

  • Le sexe-genre n’est pas un concept biologique, mais essentiellement psychologique. La nouvelle norme prétend garantir les droits et la visibilité des transgenres, définis comme des personnes qui présentent une identité de genre différente de celle assignée à la naissance.
  • Le Conseil andalous obligera les médias privés et publics à une conduite qui soit plurielle et avoir un traitement approprié des informations concernant les personnes en fonction de leur identité de genre.
  • L’Andalousie s’engage à promouvoir la formation et la recherche en matière d’auto-détermination du genre : études sociologiques, plans de formation et d’emploi … et s’assurera que les professionnels cliniciens reçoivent une formation spécifique sur la transsexualité.
  • Dans l’enseignement, les écoles seront tenues de veiller au respect de toutes les expressions de genre. Les écoles organiseront des programmes d’éducation et de formation visant à éliminer les attitudes et les pratiques « discriminatoires » à l’encontre des personnes en raison de leur orientation sexuelle. Le Conseil établira les mesures appropriées pour que dans les écoles, le droit à l’auto-détermination de l’identité de genre soit défendu : ainsi, les élèves auront le droit de déterminé librement leur identité de genre et le nom qu’ils auront choisi sera reporté dans les documents administratifs officiels : listes d’étudiants, diplômes, etc. Les enfants mineurs, par leurs parents , peuvent demander d’acter le sexe qu’ils ont choisi; si les parents ne traitent pas leur demande, ils pourront solliciter l’intervention du procureur !
Pour Jaime Urcelay, président des Professionnels pour l’éthique, cette loi est basée sur des supposés accords internationaux qui n’ont aucune valeur juridique, comme les principes de Yogykarta, rassemblement de personnes (sans représentation d’État ou d’organisation internationale) qui octroient un caractère de nouveau droit de l’homme à tout désir ou revendication fondée sur l’orientation sexuelle et l’identité de genre. Sous prétexte de prévenir la discrimination contre les personnes transgenres, cela devient effectivement une obligation collective favorisée par les politiques publiques, avec dotation de moyens et de structures.

Le paragraphe sur les mineurs et l’éducation est particulièrement préoccupant, car on oblige à proposer aux enfants la transsexualité non seulement comme une option, mais presque comme la meilleure option, sans respect de leur développement naturel et de leur maturité.

Source: medias-presse.info.

Voir aussi: L'Inde reconnaît le troisième genre

b63 Promotion originale du dépistage du cancer testiculaire.

Après les photos olé-olé de la campagne anglaise "Cock in a sock" qui ont fait le tour du web, c'est au tour de l'association canadienne Testicule Cancer Canada de lancer une campagne humoristique...
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Deux hommes sur trois ne sauraient pas reconnaître les signes d'un cancer des testicules, d'après une enquête réalisée auprès de 3.000 personnes par l'organisation britannique Orchid. Selon cette même enquête, 33% d'entre eux n'iraient pas voir de médecin.

Après la campagne britannique "Cock in a sock" qui a fait le tour des réseaux sociaux pour lutter contre le cancer du testicule - où des hommes se sont pris nus en photo avec une chaussette pour cacher leur pénis - l'association canadienne Testicule Cancer Canada diffuse "Not-The-Sac", une vidéo décalée et humoristique pour dédramatiser l'examen médical dans le cadre d'une campagne de sensibilisation sur le diagnostic du cancer du testicule. Objectif : dédramatiser le dépistage.

La vidéo montre vingt hommes en train de se prêter à une séance d'épilation de leurs parties intimes à la cire chaude. Une façon imagée de montrer au grand public l'intérêt de mettre de côté sa pudeur pour une bonne cause le temps d'un examen médical.

L'association rappelle les symptômes pouvant évoquer un cancer du testicule et la nécessité de consulter un médecin au décours pour être pris en charge précocement en cas de suspicion de cancer. Elle incite les hommes à "s'auto-palper" les testicules régulièrement afin de mettre en évidence des signes anormaux pouvant faire évoquer un cancer.

Voir la vidéo :http://youtu.be/iE6_vcqETMc

Source: egora.fr.

b62 Agressions sexuelles au niveau mondial.

Les viols et meurtres de jeunes femmes en Inde et en Afrique du Sud rapportés récemment ont sensibilisé la communauté internationale sur l’horreur des violences sexuelles.
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Bien qu’il soit tentant de les voir comme des événements isolés, il est malheureusement certain qu’ils ne sont qu’une petite partie de la réalité quotidienne de la violence dirigée contre les femmes, qu’il s’agisse des viols, des abus sexuels, du harcèlement ou encore du trafic d’êtres humains.

Un premier pas essentiel pour tenter d’apporter des réponses contre les violences sexuelles perpétrées par des personnes autres que le partenaire sexuel habituel est de mieux appréhender la prévalence de ce phénomène dans la population générale de différentes régions du monde. Un volet de la Global Burden of Disease 2010 study a été précisément consacré à cet objectif.

Au total 7 231 études publiées entre le 1er janvier 1998 et le 31 décembre 2011 sur le thème des violences sexuelles faites sur des femmes de plus de 15 ans ont été identifiées dans les bases de données, parmi lesquelles 77 études concernant 56 pays ont été incluses.

D’après ces travaux, en 2010, 7,2 % (intervalle de confiance à 95 % [5,2 ; 9,1] des femmes de plus de 15 ans dans le monde avaient déjà vécu une expérience de violence sexuelle de la part d’une personne autre que leur partenaire.

On constate des variations considérables de prévalence selon les pays, avec des valeurs à 3,3 % en Asie du Sud, à 21 % en Afrique sub-saharienne. C’est un phénomène répandu, voire endémique évalué à plus de 15 % dans 4 régions du globe. Les pays avec les plus faibles taux rapportés sont l’Asie du Sud, du Sud est, l’Afrique du Nord et le Moyen Orient. Mais l’on ne peut ignorer le fait que les violences sexuelles sont amplement stigmatisées dans nombre de pays et que la peur d’être jugée et rejetée incite les victimes au silence.

Ainsi cette étude a-t-elle de nombreuses limites en particulier par manque de données de bonne qualité disponibles et les violences sexuelles en couple sont surreprésentées dans les publications.

Des recommandations sur l’utilisation d’indicateurs standard pour évaluer les situations de violences sexuelles hors couple ont été faites mais n’ont guère été largement utilisées.

Les violences sexuelles faites aux femmes sont courantes dans le monde, avec des niveaux « endémiques » dans certaines régions, bien que les importantes variations doivent être interprétées avec prudence du fait des différences de données disponibles et des niveaux de révélation. Les violences sexuelles hors couple, entraînent à court ou moyen terme, comme pour les agressions dans le couple, des troubles psychiatriques tels que dépression, anxiété, et abus d’alcool. Cela représente un problème urgent en termes de santé et de droits de l’homme.

Dr Fabienne Bozon

Références: Abrahams N et coll.: Worldwide prevalence of non-partner sexual violence : a systematic review. Lancet, 2014; publication avancée en ligne le 12 février. doi:10.1016/S0140-6736(13)62243-6

Source: jim.fr.

b61 Une femme pour les femmes.

Au début du 19e siècle, faute d’avoir pu entrer en école de médecine, alors interdite aux femmes, Mary Gove Nichols a consacré sa vie à la défense de l’hygiène et aux bienfaits de l’eau.
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Avec son mari, ils ont ouvert le premier institut d’hydropathie américain, le premier qui a formé des femmes et qui a osé parler de l’anatomie féminine.

C’est un fermier tchèque qui, en 1799, a le premier vanté les vertus de l’eau et de l’hygiène. Alors qu’il est adolescent, Vincent Priessnitz fait une mauvaise chute et se casse plusieurs côtes. Le verdict du médecin est sans appel : le jeune homme ne pourra pas remarcher. Mais le jeune garçon refuse ce pronostic. Tout seul, il s’enveloppe de draps humides, absorbe de grandes quantités d’eau et mange très peu. Pour remettre ses côtes cassées en place, il presse son abdomen contre une chaise. Ça marche ! En quelques semaines, il est totalement remis. Cette guérison spectaculaire fait le tour du Monde occidental. Et Vincent Priessnitz passera le reste de sa vie à défendre l’hygiène et le pouvoir guérisseur de l’eau, auprès de ses nombreux patients.

Quelques années plus tard, aux Etats-Unis, c’est une femme qui a fait prendre une toute autre dimension à l’hydropathie : Mary Gove Nichols, comme le rappelle un article publié par Slate.fr. Depuis toute petite, Mary est fascinée par le corps humain et dévore les ouvrages de médecine que son frère emprunte à l’Université. Frustrée de ne pas avoir pu faire des études médicales, du fait d’être une femme, elle est devenue une grande militante du droit des femmes et de la santé publique, en défendant, au tout début du 19e siècle, l’hygiène, la diététique ou l’alimentation végétarienne.

Les femmes souffraient en silence.

En 1838, Mary ose donner une conférence sur des sujets alors tabous : la santé, l’anatomie et la physiologie féminines. La santé féminine était un sujet rarement, voire jamais, abordé à l’époque. Comme il n’y avait pas de femmes médecins, elles ne connaissaient rien de leurs problèmes de santé et souffraient en silence pour ne pas se faire examiner par des hommes. Mary Gove Nichols, se fait un nom, et des centaines de femmes se pressent pour l’écouter parler du corps féminin.

En 1945, Mary fait une une cure dans le Vermont, tenue par un des disciples de Priessnitz, Robert Wessolhoeft. C’est une révélation. Elle convainc ce dernier de la former pour devenir docteur en hydropathie. C’est alors qu’ils vont développer la méthode dite “du linge humide”. Tout d’abord, un assistant trempait un linge de coton ou de lin dans de l’eau froide avant de l’étaler sur plusieurs couvertures épaisses en laine. Le patient était ensuite enveloppé avec le drap et les couvertures par le même assistant qui les fixait à l’aide d’épingles ou de bande adhésive. Les patients se mettaient ensuite à trembler et restaient allongés sur des lits pour une durée qui pouvait aller de 25 minutes à plusieurs heures. Une fois qu’ils avaient bien sué, l’assistant les déballait avant de les plonger dans un bain d’eau froide puis de les sécher très brusquement.

Former les premières femmes médecin.

De retour à New-York, Mary prodigue ses conseils thérapeutiques à de nombreux patients, tel un vrai médecin, même si elle n’en a pas le titre. Elle épouse un jeune écrivain, Thomas Low Nichols. Ce dernier s’inscrit en école de médecine pour étudier, dit-il, “les erreurs et les absurdités” de la médecine classique.

Quelques années plus tard le couple ouvre, à New-York, la toute première école de médecine hydropathique du pays. Officiellement, ils voulaient monter une société d’experts de la médecine par l’eau, pour contrer les charlatans qui prodiguaient l’hydropathie pour s’enrichir. En réalité, Nichols, lui, profitait surtout de cette institution pour former les premières femmes médecins. D’ailleurs, pour inaugurer l’institut, Mary prononce un discours sur la “femme médecin”, en insistant non pas sur les capacités naturelles des femmes à s’occuper des autres, mais sur l’importance d’avoir des femmes dans la médecine. L’hydropathie, est le premier domaine de santé qui a accueilli les femmes avec enthousiasme.

Etre une femme n'est pas une maladie.

D’ailleurs, l’implication des femmes a largement contribué au développement économique des cures américaines. Les assistantes et médecins femmes ont attiré les riches patientes, principales clientes de l’hydropathie.

L’hydropathie a aussi révolutionné la façon de traiter les femmes. Pour la première fois, on osait leur parler de la puberté, de la menstruation, de la grossesse et de la ménopause, autrement que comme des maladies. Jusqu’à la fin de sa vie, Mary Gove Nichols n’a cessé de le répéter à ses patientes : être une femme n’est pas une maladie.

[Avec Slate.fr et un extrait du livre, Le Marché aux merveilles : les origines étranges de la médecine moderne, d’Erika Janik]

Source: egora.fr.

b60 Un nouvel IPDE5.

Un nouveau médicament contre la dysfonction érectile, le Spedra, sera disponible dans les pharmacies françaises dès le 7 avril.
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La famille des facilitateurs d'érection va prochainement compter un quatrième nom : à partir du 7 avril 2014, le Spedra viendra bousculer le marché jusqu'alors occupé par les Viagra, Levitra et Cialis. Certes, la concurrence s'était accrue depuis juin 2013, avec l'arrivée des génériques du Viagra, et leurs prix très attractifs. Mais il ne s'agissait pas en soi d'innovation thérapeutique.

Efficace 12 minutes après sa prise.

Lancée par le laboratoire Menarini, cette nouvelle molécule, l'avanafil, est un IPDE5 (Inhibiteur de la PhosphoDiestérase de type 5), le traitement de référence de la dysfonction érectile. Son mécanisme d'action est donc similaire à celui de ses concurrents : augmenter et prolonger la relaxation musculaire favorisant la "réponse érectile à une stimulation sexuelle".

Ce qui la distingue? Sa rapidité d'action : l'avanafil serait efficace 12 minutes après sa prise, alors qu'il faut attendre de 30 minutes à une heure avec ses célèbres concurrentes. Elle agit également plus longtemps : l'étude clinique a montré que ses effets se sont prolongés au-delà de six heures.

En revanche, pas d'amélioration significative côté effets secondaires : comme les autres inhibiteurs de la PDE5, le Spedra peut provoquer maux de tête, bouffées de chaleur et congestion nasale. Il est contre-indiqué notamment chez les patients présentant une pathologie cardiovasculaire, une insuffisance rénale ou hépatique sévère.

Six euros environ le comprimé.

Sur prescription médicale uniquement, Spedra est disponible en trois dosages : 50 mg, 100 mg et 200 mg. La dose est à prendre 30 minutes avant l'activité sexuelle. A six euros environ par comprimé, il se positionne en dessous du Viagra (12 euros environ le comprimé) mais légèrement au-dessus de ses génériques (de 4 à 7,50 euros le comprimé).

Source: santemagazine.fr.

b59 Un troisième sexe au pays des kangourous.

Le transsexuel Norrie May-Welby est le premier citoyen du monde à obtenir le genre neutre, mercredi 2 avril 2014.
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Genre : masculin ou féminin ? Neutre. Une réponse surprenante mais désormais officiellement possible en Australie où l'existence d'un troisième sexe a été validée ce mercredi par la plus haute juridiction du pays. La Haute cour «reconnaît qu'une personne peut être ni de sexe masculin ni de sexe féminin et autorise donc l'enregistrement d'une personne comme étant d'un genre "non spécifique"», selon un avis unanime de ses juges. Une énorme victoire pour le transexuel australien Norrie May-Welby, qui devient, à 52 ans, la première personne «neutre» du monde, après un longue bataille administrative.

Norrie, né homme en 1961 en Ecosse, a décidé à 28 ans de changer chirurgicalement de sexe. N’étant pas satisfaite de cette opération et cessant tout traitement hormonal, l’Australienne se retrouve rapidement asexuée et réclame que son pays la reconnaisse comme telle. Ce qu'elle obtient en 2010. Le registre d'État civil de Nouvelle-Galles du Sud (l'Etat de Sydney) accepte alors de l'enregistrer sous la catégorie «genre non spécifique », avant de revenir sur sa décision. Norrie a le sentiment d'être «assassiné socialement».

Plusieurs recours sont déposés, par les deux parties, jusqu'à la décision finale, ce 2 avril qui rend Norrie «euphorique». «Les gens vont peut-être comprendre qu'il n'y a pas que deux options. Vous pouvez être une femme ou un homme, mais certains de vos proches ne le sont pas forcément», explique le militant.

Evolution de la loi.

Pour le Centre des lois sur les droits de l'Homme, une association, la Haute cour «a rejeté les notions passéistes sur le genre». «Les personnes qui sont de sexe ou de genre autre que masculin ou féminin rencontrent des problèmes chaque jour pour avoir accès à des services facilement disponibles pour toutes les autres», déclare Anna Brown, expert juridique de l'association.

Une personne ne pourra être reconnue par la loi et l'Etat civil comme de genre neutre qu'en soumettant un dossier médical. Les conséquences de cette décision sur les unions matrimoniales restent à éclaircir. L'Australie ne reconnaît le mariage qu'entre un homme et une femme.

Pour Samuel Rutherford, directeur du groupe militant australien Gender Agenda rassemblant des transgenres, transsexuels, intersexes, leurs familles et amis, «avoir la plus haute cour du pays qui dit que la loi reconnaît la réalité de notre existence n'est pas seulement important d'un point de vue pratique. Cela dégage le chemin vers l'égalité et contre la discrimination».

Le pays avait déjà, en juin dernier, instauré une nouvelle nomenclature concernant la reconnaissance des sexes sur les documents officiels, offrant le choix entre homme, femme ou transgenre.

Les pays pionniers.

D'autres Etats ont déjà passé le cap du troisième sexe. En juin 2013, le Népal a ordonné d'ajouter une catégorie «transgenre» aux passeports. Auparavant, le Portugal, la Grande-Bretagne et l'Uruguay avaient pris des décisions similaires. L'Allemagne et le Népal autorisent leurs ressortissants à inscrire un X dans la case «sexe» du passeport.
Pas supplémentaire : en novembre dernier, l'Allemagne a autorisé que les bébés nés sans être clairement identifiés comme garçon ou fille soient enregistrés sans indication de sexe, une première en Europe.

Cette mesure est destinée à atténuer la pression qui pèse sur les parents, poussés à décider en urgence d'opérations chirurgicales controversées, pour attribuer un sexe à un nouveau-né. Les parents sont désormais autorisés à laisser vierge la case afférente sur les certificats de naissance, créant ainsi une catégorie indéterminée dans les registres d'état-civil.

Source: leparisien.fr.

b58 Trop de dépistage de PSA par les généralistes?

En 2011, environ 30 % des hommes ont eu au moins un dosage du PSA alors qu’ils n’avaient pas de cancers ni d’hypertrophie de la prostate.
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« Le dosage du PSA en France correspond à un dépistage de masse contrairement aux recommandations de la Haute Autorité de santé (HAS) », estimentPhilippe Tuppin et coll. qui ont évalué la fréquence du dosage sérique de l’antigène spécifique de la prostate (PSA) d’après les données de l’assurance-maladie. Les résultats publiés dans le « Bulletin épidémiologique hebdomadaire » portent sur 11 millions d’hommes de 40 ans et plus couverts par le régime général entre 2009 et 2011 et sur les informations les concernant issues du SNIIRAM (Système national d’information inter-régimes de l’assurance-maladie).

87 % des prescriptions.

En 2011, environ 30 % des hommes ont eu au moins un dosage du PSA alors qu’ils n’avaient pas de cancers ni d’hypertrophie de la prostate. Le dosage est « principalement prescrit par les médecins généralistes », soulignent les auteurs. En effet, 87 % des dosages prescrits l’ont été par un généraliste. L’étude montre également qu’entre 2008 et 2011, période au cours de laquelle ont été publiées les deux études controversées sur le dépistage et la mortalité qui ont conduit à un rappel des recommandations par la HAS, la proportion d’hommes qui ont continué a se voir prescrire un PSA n’a pas diminué. L’étude montre qu’entre 2007 et 2012, le nombre de prostatectomies a diminué, passant de 27 278 à 19 789. Le nombre d’assurés du régime général avec une mise sous ALD pour cancer de la prostate a également diminué entre 2011 et 2012, de 41 865 à 36 110, alors qu’il était stable les années antérieures.

Troubles de l’érection et troubles urinaires.

Par ailleurs, le dosage du PSA libre qui n’est pas recommandé dans le suivi d’un cancer de la prostate est encore prescrit même lorsque le diagnostic n’a pas été posé. Parmi les 4,2 millions de dosages de PSA prescrits, 21 % concernaient le PSA libre nettement plus coûteux que le PSA global (17 euros contre 10 euros). Là encore, « il est principalement le fait des médecins généralistes, avec une prescription effectuée le plus souvent dans le cadre d’un dépistage individuel », précisent Tuppin et coll.

Après un dosage de PSA en 2010, 1 % des hommes ont été pris en charge pour un cancer l’année suivante. En cas de cancer de la prostate, 38 % ont eu une prostatectomie, 35 % une hormonothérapie, 29 % une radiothérapie et 20 % n’ont pas eu de traitement (surveillance). Chez les 50-69 ans, près de 66 % ont eu uneprostatectomie isolée et, parmi eux, 61 % un traitement médicamenteux pour une complication, soit un trouble de l’érection (61 %) ou un trouble urinaire (18 %) dans les deux ans.

L’étude souligne par ailleurs une forte hétérogénéité d’une région à l’autre aussi bien pour le dosage du PSA que pour la réalisation des biopsies et la prise en charge du cancer. Ces résultats doivent, selon eux, conduire à une réévaluation des pratiques. De même, la fréquence élevée des troubles urinaires et de l’érection après traitement du cancer doit être prise en compte dans l’information à donner au patient, idéalement dès le dosage du PSA.

Dr Lydia Archimède

Source: lequotidiendumedecin.fr.


Mars 2014


b57 Elucubrations cosmétiques.

À 67 ans, Stella Ralfini, thérapeute de couple britannique et auteur d'un best-seller sur la sexualité tantrique (The Three faces of sex), peut se vanter d'avoir mis les réseaux sociaux en émoi en révélant son secret pour avoir un visage aussi lisse:
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un masque facial de sperme fraîchement émis, toutes les deux semaines. Une recette qui peut être risquée.

Il n'existe bien sûr aucune étude menée avec des patientes pour confirmer ou infirmer la théorie d'un quelconque effet antirides, et certains spécialistes émettent des doutes sur la théorie elle-même. D'abord parce que les crèmes de beauté commerciales sont conçues pour être stables durablement après leur exposition à l'air. Stella Ralfini déclare sur son site internet qu'elle applique le masque pendant 15 minutes avant de rincer: or un liquide naturel perd rapidement ses propriétés et il est donc peu probable que l'effet, si effet il y a, soit prolongé.

D'autre part, les crèmes antirides nécessitent des applications quotidiennes, ce qui peut être plus problématique avec un produit naturel d'accès aléatoire. Enfin, comme tout produit biologique, le sperme peut contenir des germes, ce qui n'en fait pas un produit anodin. Les risques sont bien réels car si la peau est une barrière robuste, ce n'est pas le cas des lèvres ou des yeux qui peuvent malencontreusement se trouver en contact avec des agents infectieux.

D'où vient alors la rumeur de l'effet antivieillissement du sperme? Sans doute de son image "de vie", le sperme étant un milieu nutritif riche en protéines et en oligo-éléments. Le sperme contient des protéines (jusqu'à 55g/L), des hormones, du fructose et du galactose, mais aussi des ingrédients en plus faible quantité comme du zinc et de l'acide citrique. L'éjaculation se produit généralement en plusieurs jets de composition différente. Ainsi le premier jet est-il riche en liquide prostatique, peu coagulable, alors que les jets suivants, plus riches en spermatozoïdes, coagulent rapidement sous l'effet des enzymes prostatiques.

[Avec lefigaro.fr]

Source: egora.fr.

b56 Mieux vaut parfois simuler.

Des psychologues qui viennent de publier une étude sur la simulation du plaisir expliquent pourquoi il ne faut pas nécessairement s'en offusquer.
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Si les hommes sont persuadés d'être capables de détecter à tout coup un orgasme simulé chez leur partenaire, la réalité est bien différente. Dans une étude déjà ancienne menées sur 86 couples par le psychologue Randy Thornhill de l'université du Nouveau-Mexique à Albuquerque, dix hommes surestimaient d'au moins 20 % la fréquence de l'orgasme féminin. Dans l'un des couples, où l'homme annonçait que sa partenaire avait «un orgasme à chaque fois», celle-ci confiait même aux chercheurs «simuler à chaque fois».

Mais pourquoi certaines femmes simulent-elles l'orgasme? C'est la question que le Pr Erin Cooper et ses collègues, Allan Fenigstein et Robert Fauber, du département de psychologie la Temple University à Philadelphie, ont recruté des étudiantes âgées en moyenne de vingt ans qui remplissaient deux critères: être d'orientation hétérosexuelle prédominante et avoir simulé au moins une fois l'orgasme au cours d'un rapport sexuel. D'autres travaux réalisés par la même équipe avait suggéré que les lesbiennes et bisexuelles simulaient l'orgasme tout autant, sinon plus, que les femmes hétérosexuelles, mais les raisons n'avaient pas été étudiées en détail.

Des raisons psychologiques de simuler.

Dans l'étude que publient les Archives of Sexual Behavior, les 352 étudiantes ont cette fois précisé quel type d'activité sexuelle elles avaient eu, et les raisons qui les avaient poussées à simuler l'orgasme. La quasi-totalité avait déjà eu des rapports sexuels avec pénétration et cunnilingus, et neuf sur dix avaient déjà expérimenté un orgasme. Plus de la moitié avait, en outre, connu au moins quatre partenaires différents. «Nos résultats suggèrent que certaines raisons de simuler l'orgasme sont liées à l'augmentation de la qualité de la relation et à l'accroissement du plaisir», remarquent les chercheurs de Pennsylvanie. «La décision de simuler pendant une pénétration ou un cunnilingus est souvent motivée par des objectifs psychologiques importants», précisent-ils, ajoutant qu'une «vision plus large et moins négative de la simulation s'impose».

Les sexologues déconseillent habituellement de simuler car la sincérité est le fondement d'une bonne communication sexuelle dans le couple. Le ou la partenaire ne peut en effet pas ajuster correctement son comportement si de fausses informations lui sont fournies. Cela implique toutefois que les deux partenaires aient suffisamment de maturité pour comprendre que l'orgasme n'est pas indispensable à la satisfaction émotionnelle que procure cet instant d'intimité partagé, et qu'il n'y a aucune obligation à jouir. Paradoxalement, la «course à l'orgasme» peut même empêcher de savourer l'instant, dès lors qu'elle devient un impératif.

Le mythe de l'homme qui doit «faire jouir» sa partenaire.

C'est pourtant bien le souci de l'autre qui apparaît comme l'une des principales raisons de simuler au cours de la pénétration, du moins pour celles qui adhèrent au mythe de l'homme qui «doit» faire jouir sa partenaire («pour que mon partenaire ne se sentent pas maladroit si je n'ai pas eu d'orgasme», «pour qu'il ait l'impression d'avoir réussi», «parce que je pense que c'est important pour mon partenaire de savoir qu'il me fait plaisir», «pour booster l'ego de mon partenaire», figurent parmi les raisons les plus souvent avancées). D'autres simulent en revanche pour accroître leur excitation et augmenter leur plaisir.

Selon la dernière enquête nationale Inserm-Ined-Anrs sur la sexualité des Français (N.Bajos, M.Bozon, N. Beltzer, Enquête sur la sexualité en France, La Découverte 2008), les difficultés orgasmiques sont d'ailleurs relativement banales pour les femmes. Seulement une femme sur trois, parmi celles qui étaient sexuellement actives, déclarait n'en avoir jamais expérimenté au cours des douze mois écoulés (un peu plus dans la tranche 35-49 ans, un peu moins pour les moins de 25 ans et les plus de 60 ans).

Source:sante.lefigaro.fr.

b55 Le préservatif: c'est pas gagné pour les jeunes.

Selon une enquête publiée par une mutuelle étudiante, les étudiants ne sont que 41% à utiliser un préservatif systématiquement.
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Les chiffres sont préoccupants : près d'un étudiant sur trois ne se protège pas lors des rapports sexuels, selon une enquête publiée jeudi 27 mars par la mutuelle étudiante Smerep*, à l'occasion du Sidaction 2014 organisé du 4 au 6 avril.

Selon cette enquête, près de 80% des étudiants indiquent avoir déjà eu un rapport sexuel et 30% d'entre eux admettent ne jamais utiliser de préservatif. Ils ne sont que 41% à en utiliser systématiquement. Les pratiques à risques touchent plus particulièrement les filles : 39% des étudiantes n'utilisent jamais de préservatif.

Trois raisons principales sont avancées : les deux partenaires ont fait un test de dépistage (environ 60% des cas), l'un des deux utilise un autre moyen de contraception (environ 50% des cas) et "cela enlève la magie du rapport sexuel" (environ 20%).

Outre la confusion entre contraception et protection contre les infections sexuellement transmissibles, le dépistage apparaît "aléatoire" : 33% de l'ensemble des étudiants interrogés indiquent réaliser systématiquement un dépistage en cas de changement de partenaire. Ce chiffre monte à 40% chez les étudiants d'Ile-de-France.

Plus inquiétant, 38% des étudiants admettent ne jamais pratiquer de dépistage (32% de ceux d'Ile-de-France).

*Cette étude Harris Interactive pour la Smerep réalisée par questionnaires auto-administrés, du 4 au 8 mars 2013, auprès d'un échantillon représentatif de 500 étudiants de toute la France et de 700 d'Ile-de-France.

Source: egora.fr.

b54 Mythe ou pratique?

Après un accouchement, les femmes auraient la possibilité de passer par la chirurgie pour donner plus de plaisir à leur compagnon....
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«Je vous fais un petit point du mari, madame? Pour vous, ça ne change rien, mais votre mari sera content.» Voilà ce que proposeraient certains médecins aux femmes juste après leur accouchement selon Agnès Ledig, une ancienne sage-femme désormais écrivain. Dans un texte publié sur le blog d’Isabelle Alonso, ancienne membre des Chiennes de Garde, elle s’insurge contre cette pratique comparée à une «mutilation sexuelle». En clair, il s’agirait d’un point de suture destiné à resserrer un peu plus le vagin d’une patiente, afin d’améliorer les sensations futures du compagnon lors du coït.

«C’est complètement farfelu».

«Non, non, ce n‘est pas simplement une réparation, puisque ce point vient en plus des autres qui étaient nécessaires. Il vient resserrer une entrée normale pour qu‘elle soit plus étroite», écrit la sage-femme. Des propos qui interpellent les médecins, éberlués par ces accusations. Pour le docteur Michaël Dahan, médecin obstétricien, la sage-femme «délire» dans son post. «Elle a dû sauter sur une plaisanterie pour écrire cela. C’est impossible.» Même réaction de stupeur pour le docteur Denis Danan, également obstétricien, pour qui cette professionnelle de santé n’a «rien compris à l’anatomie. C’est complètement farfelu.»

Uniquement sous anesthésie générale.

Il existe bien des techniques pour resserrer le vagin, mais l’opération, très lourde ne se traduit pas par la pose d’un petit point de suture supplémentaire. «Faire cela ne servirait à rien. Ça resserrerait le vagin sur 3mm, et ça n’apporterait pas grand-chose ni à Madame, ni à Monsieur.» Sauf problème chirurgical, la périnéorraphie, du nom de l’opération effectuée pour resserrer les muscles du vagin, est une réparation beaucoup plus lourde. Elle se pratique uniquement sous anesthésie générale chez les patientes dites «béantes», généralement ménopausées et après plusieurs accouchements.

«On n'impose rien à personne».

Autre précision, celle-ci s’effectue toujours à la demande de la femme, lucide lors de l'échange. «C’est une intervention qu’on fait complètement à froid, quand les choses sont revenues dans l’ordre» poursuit Dahan, horrifié par le scénario évoqué par la sage-femme. Selon elle, les jeunes mamans seraient interrogées juste après l’accouchement. Sans prendre réellement la mesure de l’acte de chirurgie pratiqué. «Tout ceci se fait dans l‘intérêt de l‘homme en oubliant la femme. Pire, en risquant de la condamner à une sexualité où le plaisir a laissé la place à la douleur», écrit la sage-femme militante.

Les médecins assurent qu’il ne leur viendrait pas à l’idée de prendre la patiente de court. «On n’impose rien à personne, poursuit Dahan. Surtout aujourd’hui, où il faut le consentement éclairé des patientes pour opérer.» A moins d’avoir affaire à des «médecins déjantés», il n’y a aucune raison de donner du corps à cette idée.

source: 20minutes.fr.

b53 Homosexualité féminine et VIH.

L'une des toutes premières observations où la transmission du VIH par des relations sexuelles homosexuelles féminines exclusives semble être démontrée avec des arguments virologiques puissants.
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En avril 2012 une femme de 46 ans se présente aux urgences d'un hôpital texan pour un syndrome fébrile. Celui-ci s'accompagne de maux de gorge, de toux sèche, de perte d'appétit, de vomissements, de diarrhées et de crampes musculaires. L'interrogatoire permet d'apprendre que la patiente n'a de relations sexuelles qu'avec des femmes depuis 10 ans et que depuis 6 mois, elle entretient une relation exclusive avec une femme séropositive pour le VIH depuis 5 ans et ayant interrompu son traitement antirétroviral en novembre 2010. La patiente qui complète ses revenus en vendant régulièrement son plasma avait un test VIH ELISA négatif en mars 2012. Compte tenu du contexte épidémiologique et du tableau clinique pouvant évoquer une primo-infection, le test est renouvelé aux urgences et se révèle toujours négatif ce qui conduit à une simple prescription antibiotique.

Dix-huit jours plus tard la patiente qui souhaite vendre à nouveau son plasma bénéficie d'un nouveau test ELISA qui revient cette fois positif, ce que confirmera un western blot pour le VIH-1.

Des séquences nucléotidiques communes.

Une enquête épidémiologique et virologique complète est alors entreprise pour confirmer ou infirmer la transmission du virus lors de relations homosexuelles féminines exclusives.

L'interrogatoire confirme l'absence de tout autre facteur de risque connu puisqu'en particulier il n'y a pas eu de relations hétérosexuelles depuis 10 ans, que la patiente ne s'injecte pas de drogues, n'a pas été tatouée ou traitée par acupuncture et n'a reçu ni transfusion ni transplantation.
Ses relations sexuelles non protégées avec sa compagne séropositive incluent des contacts oro-vaginaux et le partage de sex-toys y compris durant les périodes de menstruations. Les contacts sexuels sont parfois suffisamment violents pour être hémorragiques. La patiente précise qu'elle n'a eu qu'une seule partenaire sexuelle depuis 6 mois.

Pour aller plus loin une étude phylogénique des souches virales isolées chez les deux partenaires est entreprise. Elle montre une identité de 98,7 et de 98 % des séquences nucléotidiques de trois gènes des deux virus (pol, env et gag).
Il s'agit donc de l'une des toutes premières observations où la transmission du VIH par des relations sexuelles homosexuelles féminines exclusives semble démontrée avec des arguments virologiques puissants.

La contamination dans ce cas peut être liée au contact muqueux avec les sécrétions vaginales ou le sang (rapports traumatiques ou menstruation). De fait, les études épidémiologiques qui ont été conduites sur des populations homosexuelles féminines ont montré que ce mode de contamination est tout à fait exceptionnel chez les femmes n'ayant pas d'autres facteurs de risque et que cette voie de transmission est donc très peu « efficace ».

Malgré cette rareté Chan et coll. préconisent de délivrer des conseils de prévention aux femmes de couples homosexuels séro-discordants et d'insister sur l'importance du traitement antirétroviral du sujet séropositif pour réduire encore le risque de contamination en diminuant la charge virale.

Références : Chan S et coll.: Likely female-to-female sexual transmission of HIV- Texas, 2012.MMWR 2014; 63: 209-212.

source: univadis.fr

b52 La sexsomnie?

Proche du somnambulisme, la sexsomnie est un trouble du sommeil qui toucherait surtout les hommes.
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La nuit dernière, il vous a réveillée pour vous emmener au septième ciel. Le lendemain, quand vous l’avez félicité pour son audace, il a juré ne se souvenir de rien. Et s’il souffrait de sexsomnie ?

Martine (1) se réveille le cheveu plus en bataille que d’habitude. Un sourire discret orne son visage marqué par des cernes qui en disent long sur sa courte nuit. Ragaillardie par la connivence silencieuse qui entoure leurs ébats nocturnes, Martine lance quelques allusions pour le moins grivoises à son mari. Ce dernier ne semble pas comprendre et lui demande de préciser… « Quand elle lui a raconté qu’il se réveillait régulièrement la nuit pour lui faire passionnément l’amour, mon patient est tombé des nues », raconte le Dr Christophe Petiau, neurologue au Centre de sommeil de la clinique Sainte-Barbe (Strasbourg). « J’ai tenté de le rassurer en mettant un nom sur cette parasomnie encore mal connue : la sexsomnie. »

Proche de l’état somnambulique, ce trouble du sommeil entraîne un comportement sexuel involontaire dont les sujets ne gardent aucun souvenir. « Si leur partenaire ne s’en étonne pas, ils peuvent rester dans l’ignorance de leurs pulsions nocturnes, d’où le faible nombre de cas recensés alors que la prévalence est sans doute plus élevée », ajoute le spécialiste. C’est en tout cas ce que suggère une récente étude américaine qui a montré que près de 8 % des patients suivis dans une clinique du sommeil souffraient de ce drôle de somnambulisme.

Des sexsomniaques devant les tribunaux.

« Les recherches débutent à peine, il est donc encore très difficile d’interpréter ces résultats, notamment d’expliquer pourquoi les hommes semblent plus concernés que les femmes ou s’il existe des psychopathologies associées », illustre le Dr Agnès Brion, psychiatre spécialiste des troubles du sommeil à la Pitié-Salpêtrière. « Ce phénomène est en revanche certainement favorisé par la prise d’alcool ou de substances modifiant le comportement. » Dans ce cas, le réveil peut être brutal, comme l’avait découvert à ses dépens en 2005, JB, 22 ans, resté dormir chez une copine après une soirée trop arrosée. S’il a eu la chance que la jeune femme abandonne ses poursuites après le témoignage d’ex-petites amies venues étayer la thèse du somnambulisme sexuel, d’autres plaintes pour viol sont arrivées ensuite devant les tribunaux de nos voisins. En 2009, Frédéric L. a pu prouver qu'il était victime de ce trouble du sommeil et a finalement été acquitté de ses tentatives d'attouchements sur sa fille de 4 ans. Une affaire qui avait défrayé la chronique en Belgique.

ll suffit d'éconduire gentiment le sujet sexomniaque.

 À l’instar de la Belgique, on peut imaginer que les juges français acquittent des sexsomniaques, voire les déclarent pénalement irresponsables, à condition toutefois d’emporter la conviction des experts », analyse Me Cedric-David Lahmi, avocat au barreau de Paris. Or en l’absence d’un terrain génétique prédisposant au somnambulisme « auquel se greffe une période de grande fatigue, une pathologie déstructurante du sommeil ou une prise importante d’alcool, il est peu probable que l’expertise soit concluante », répond le Dr Petiau. Et ce spécialiste de conclure : « Dans la très grande majorité des cas, le sujet sexsomniaque est docile. Il suffit de l’éconduire gentiment pour qu’il se rendorme comme un bébé… » À moins, bien sûr, que son partenaire ne décide de profiter de la situation!

source:madame.lefigaro.fr.

b51 Les réponses comportementales face à la violence.

La neurobiologie explique pourquoi les victimes ne crient pas pour alerter ou semblent parfois peu affectées par une agression.
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Les récits de victimes de violences ne manquent hélas pas, avec lorsqu'ils sont exposés publiquement, une étrangeté. Au lieu de susciter une compassion légitime, ils déclenchent parfois des réactions d'incompréhension de ceux qui ne les ont pas vécues en raison du manque de réaction des victimes. Les progrès de la neurobiologie et des techniques sophistiquées d'imagerie cérébrale éclairent pourtant d'un jour nouveau ce qui se passe dans le cerveau lors d'une agression et la constitution, ensuite, d'une mémoire traumatique. Pourquoi n'ai-je pas crié? Pourquoi ne me suis-je pas débattu?

Contrairement à ce que pensent de nombreuses victimes qui n'ont pas eu la présence d'esprit de réagir et la chance de bénéficier d'une aide spécialisée ultérieure, le choix ne leur appartenait pas. Dans un réflexe de survie psychique, leur cerveau a tout simplement choisi de les paralyser.

«L'agresseur qui isole, terrorise la victime va créer chez elle un sentiment de frayeur, de perte de repères, parfois même un sentiment de danger de mort qui la sidère», détaille le Dr Muriel Salmona, psychiatre-psychothérapeute et présidente de l'association Mémoire traumatique et victimologie lors du colloque de la chaire santé de Sciences Po organisée vendredi 14 mars à Paris avec le soutien de la MGEN. «Cette sidération empêche de contrôler le stress extrême éprouvé, ajoute-t-elle, et le cerveau va disjoncter puisqu'il ne parvient pas à moduler la réponse émotionnelle.» Comme sous l'effet d'un venin paralysant, la victime sidérée ne peut plus réagir, se défendre, crier, s'enfuir.

Spectateur des violences.

Deuxième mécanisme de survie psychique, la dissociation, autrement dit la déconnexion émotionnelle. Se dissocier permet d'être spectateur des violences que l'on subit, de s'en détacher. Mais les conséquences vont bien au-delà. «Quand on est dissocié, on est anesthésié émotionnellement, ce qui va désamorcer les réactions d'empathie que les autres auraient normalement», détaille le Dr Salmona. Car lorsque l'on n'exprime pas d'émotions sur son visage, les autres ne les ressentent pas. Ce qui explique qu'une femme battue puisse l'être sans que personne ne s'en doute.

Ce qui explique aussi que des médecins ou des policiers peu expérimentés aient parfois l'impression que l'agression est anodine, voire peu probable, puisque la victime semble si bien la supporter. Mais c'est précisément parce que l'agression est insoutenable que la dissociation se produit. Enfin, certaines victimes, pour diminuer leur angoisse, prennent des produits qui accentuent la dissociation, tels l'alcool ou la drogue. D'autres s'efforcent paradoxalement d'augmenter leur stress en se remettant par exemple dans des situations à risque pour «disjoncter» à nouveau.

Conduites d'évitement.

Troisième processus, certaines victimes vont se retirer de la plupart de leurs activités d'«avant» et adopter des conduites d'évitement, de contrôle de leur environnement. Mais ce retrait risque au contraire de renforcer la mémoire traumatique. «Elle transforme l'espace de vie en terrain miné», souligne le Dr Salmona. Pourtant, une prise en charge spécialisée permettrait de transformer cette mémoire toxique en une mémoire autobiographique, où l'on est capable de raconter ce qui est arrivé. «C'est pourquoi il ne faut pas tout miser sur une résilience spontanée», insiste-t-elle.

Dans son livre Comment l'esprit oublie et se souvient (non traduit), Daniel Schacter, professeur de psychologie à Harvard, explique de la même manière qu'«il est important de faire la distinction entre ruminer des événements douloureux et les dévoiler à d'autres». Dans le premier cas, cela aggrave la situation, dans le second, cela produit au contraire des effets bénéfiques en profondeur.

source: sante.lefigaro.fr.

b50 Sexualité à long terme après prostatectomie radicale.

Il est admis que ce sont les bandelettes nerveuses courant le long de la prostate qui sont responsables de l’érection ; aussi tente-t-on de les préserver chaque fois que c’est possible.
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Ainsi peut-on obtenir des taux appréciables (66 %) de conservation de la puissance sexuelle à 18 mois. Contrairement à ce qu’on pensait, ces taux peuvent encore progresser au-delà, et les auteurs new-yorkais font part de leur expérience sur les fonctions sexuelle (FS) et érectile (FE) avec un recul de 10 ans.

Leur série d’opérés compte 1 807 patients, âgés en moyenne de 59 ans. Une préservation nerveuse a été possible des 2 côtés chez 76 % et d’un côté chez 15 % d’entre eux. Les opérés ont été invités à remplir un questionnaire à 3, 6, 12, 24, 96 et 120 mois après la PR, s’enquérant de leur fonction sexuelle (FS) et de leur fonction érectile (FE) (libido, érection, pénétration, orgasme, chaque réponse étant scorée). Tous ceux qui avaient une vie sexuelle avant la PR et souhaitaient la poursuivre, ont reçu des inhibiteurs de la 5-diphosphoestérase, et, en cas d’échec, des injections intra-caverneuses de prostaglandines, voire, en l’absence de résultat tangible, la mise en place d’une prothèse pénienne.

Le score initial de la FS était de 70 et celui de la FE de 72. Des réponses au questionnaire ont été obtenues à 3 mois pour 1 694 patients (94 %), et, à 10 ans, sur 475 survivants non perdus de vue, 192 (40 %) ont encore rempli le questionnaire. On a constaté que ceux qui ont répondu aux questions avec un recul de 8 ans avaient un score moyen initial de FS plus élevé que leurs congénères (73 vs 70). Surtout on a constaté une chute considérable des 2 scores 3 mois après la PR (tombant à 23 pour la FS et à 12 pour la FE), puis une nette remontée à 2 ans (41 et 33), qui se maintient à peu près jusqu’à 8 ans avant d’amorcer un nouveau déclin (scores de 37 et 32 à 10 ans, attestant d’une grande stabilité de la FE entre 2 et 10 ans). Les hommes de moins de 60 ans ont des scores meilleurs que les hommes plus âgés lors de toutes les étapes.

Au total, les hommes plus jeunes et ceux dont les fonctions étaient le plus satisfaisantes ont eu les meilleurs résultats, mais, chez tous, on note un nadir à 3 mois suivi d’une amélioration sensible, jusqu’à 2 ans et une stabilité ensuite jusqu’à 8 ans avant une petite rechute entre 8 et 10 ans.

Dr Jean-Fred Warlin

Références : Sivarajan G et coll. : Ten-year outcomes of sexual function after radical prostatectomy: results of a prospective longitudinal study. Eur Urol., 2014; 65: 58-65.

source:jim.fr.

b49 AVC et Sexualité.

Bien que la sexualité soit considérée comme un élément important de la qualité de vie, les troubles de l’activité sexuelle après un accident vasculaire cérébral (AVC) sont peu souvent évoqués à la fois par les patients et par les médecins.
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Ils ne font pas non plus partie des items de l’échelle la plus utilisée pour mesurer l’évolution fonctionnelle post-AVC. Les données font particulièrement défaut pour les patients jeunes (≤ 60 ans). Une équipe française a donc décidé d’évaluer la prévalence des dysfonctions sexuelles après un AVC ischémique dans cette population et d’identifier les facteurs qui y sont associés. Pour ce faire, elle a utilisé les données de 156 patients victimes d’un AVC ischémique ou d’un accident ischémique transitoire avant l’âge de 60 ans.

Les informations sur la fonction sexuelle et le bien-être ont été recueillies à l’aide d’un questionnaire envoyé par courriel un an après l’évènement vasculaire. Plus de deux tiers des patients ont répondu (67 % ; 62 hommes et 42 femmes). Parmi les répondeurs, 29 % ont rapporté une altération de leur fonction sexuelle : diminution de la libido, dysfonction érectile, troubles de l’éjaculation ou insatisfaction sexuelle.

Des différences significatives entre ces patients et ceux qui ne se plaignaient pas de leur sexualité ont été constatées à la fois sur les plans moteur et psychologique. Ils présentaient initialement davantage de lésions cérébrales gauches (70 % versus 30 % ; p < 0,001) et, sur le plan psychologique, avaient des scores plus élevés sur l’échelle HADS – Hospital Anxiety and DepressionScale– (19,7 versus 11,2 ; p < 0,001), d’anxiété (10,0 versus 6,3 ; p < 0,001) et de dépression (8,7 versus 4,8 ; p < 0,001).

Une autre différence entre les deux groupes de patients concerne les traitements médicamenteux. Les patients rapportant des troubles de la sexualité prenaient plus souvent des inhibiteurs de l’enzyme de conversion (73 % versus 31% ; p < 0,001) et des diurétiques (50 % versus 19 % ; p = 0,003). Après analyse de régression logistique, deux facteurs restent significativement associés aux altérations de la sexualité : la dépression (odd ratio[OR] 9,1 ; intervalle de confiance [IC]95 % : 2,45- 33,46 ; p = 0,001) et la prise d’IEC (OR 6 ; IC 95 % 2,11-17,28 ; p = 0,001).

La fréquence des troubles de la sexualité post-AVC chez les sujets jeunes objectivée par cette étude justifie leur dépistage systématique, concluent les auteurs.

Dr Catherine Faber

Références : Bugnicourt JM et coll. : Impaired sexual activity in young ischaemic stroke patients : an observational study. Eur J Neurol., 2014 ; 21 : 140-6.

Source :jim.fr.

b48 Incidence des syndromes dépressifs sur la sexualité.

Une équipe polonaise s’est penchée sur la sexualité des sujets souffrant d’un trouble affectif.
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A ce jour, 207 patients âgés de 18 à 65 ans (135 femmes [43 ans en moyenne] et 72 hommes [46 ans en moyenne]) ont été inclus dans ce travail (un objectif de 600 patients a été fixé). Tous les participants étaient sous antidépresseurs.

Les principaux diagnostics étaient un trouble dépressif récurrent, puis un trouble bipolaire, et un épisode dépressif.

Les femmes rapportent principalement:

  • des besoins sexuels diminués (61,5 %),
  • des orgasmes rares (49 %) ou absents (34 %),
  • une lubrification vaginale anormale (37 %),
  • et une absence de plaisir sexuel (33 %).
Deux tiers des hommes font état d’au moins un problème dans leur vie sexuelle, principalement:
  • dysfonction érectile,
  • éjaculation retardée,
  • lenteur de l’orgasme.
Les auteurs insistent sur l’importance d’aborder ce sujet intime avec ces patients et de leur expliquer l’impact possible du trouble dépressif et/ou des traitements. Des questionnaires dédiés pourraient aider les thérapeutes à aborder directement ces délicates questions en consultation.

Dr Isabelle Birden

Références : Kowalczyk R et coll. : Sexuality of patients with affective disorders : a survey of polish patients. 22nd european congress of psychiatry (Munich, Allemagne) : 1-4 mars 2014.

source: jim.fr.

b47 Tadalafil et HBP.

Les symptômes de prostatisme (SP),  liés à une hypertrophie bénigne de la prostate (HBP) sont souvent associés avec des troubles érectiles (TE).
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Le tadalafil, inhibiteur de la 5-phosphodiestérase, a la double indication du traitement des TE et (aux États-Unis) de l’HBP, son effet sur les SP ayant été démontré par plusieurs études randomisées. Les auteurs américains se sont posé la question de savoir si les effets obtenus sur les SP n’étaient pas indirects, psychologiques et secondaires à l’amélioration des TE.

Ils ont donc conduit 4 études randomisées, comparant les effets du tadalafil et d’un placebo, chez des patients porteurs de SP, avec (1 étude) ou sans (3 études) TE. Ils ont vérifié, à l’aide d’un modèle mathématique, si l’amélioration du score IPSS (International Prostate Symptom Score) des SP était liée à celle du score IIEF (International Index of Erectile Function) de la fonction érectile.

Au total, 1 496 hommes ont été recrutés et ont pris du tadalafil à la dose de 5 mg/j pendant 3 mois. L’amélioration du score IPSS a été le principal critère de jugement pour les 3 essais sans TE, et ce score, conjoint avec le score IEFF, dans le 4ème essai, réservé aux sujets sexuellement actifs (86 %). Les scores ont été mesurés avant le traitement et à la fin de celui-ci. Les 1 496 hommes se sont répartis comme suit : 338 sans TE, et 1 158 avec TE, avec, dans les 2 groupes, à peu près autant de sujets sous placebo et sous tadalafil (tirage au sort). Les hommes se plaignant de TE les subissaient depuis au moins un an pour 86 % d’entre eux.

L’intensité moyenne des SP a été au départ considérée comme modérée chez 60 % de la cohorte.

Si on analyse le sous-groupe des malades sans TE, on constate une amélioration des SP à l’issue du traitement de 5,4 points pour le score IPSS. La réponse est très voisine (5,9 points) chez les hommes porteurs de TE. La réponse au placebo de ces 2 groupes est de 2,2 et 2,3 points. Ces résultats ne permettent pas de retenir l’hypothèse selon laquelle ce ne serait que par la médiation des effets bénéfiques sur les TE qu’agirait le médicament au niveau des SP. Seulement 30 % de ces effets seraient attribuables à l’amélioration sexuelle, 70 % étant imputables à l’effet direct sur les SP. On peut même décomposer les 2,26 points d’amélioration en 2,09 points d’effet direct et 0,17 d’effet indirect.

Le tadalafil semble ainsi avoir 2 actions distinctes, sur les signes urinaires, et sur les troubles de l’érection.

Dr Jean-Fred Warlin

Références: Brock GB et coll. : Direct effects of tadalafil on lower urinary tract symptoms versus indirect effects mediated through erectile dysfunction symptom improvement: integrated data analyses from 4 placebo controlled studies. J Urol., 2014;191: 405-411

Source: jim.fr.

b46 Transplantations d'utérus.

Après des recherches d’une dizaine d’années sur plusieurs modèles animaux pour optimiser la procédure, une équipe allemande a obtenu l’autorisation de lancer la première étude clinique dans ce domaine.
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Voici bientôt 14 ans que la première transplantation humaine d’utérus a été pratiquée. Sans succès puisqu’une hystérectomie a été nécessaire après trois mois pour des raisons non élucidées. Il a fallu attendre 2011 pour qu’une autre tentative soit faite, avec un utérus provenant d’une donneuse décédée. La receveuse a eu deux grossesses qui se sont terminées par une fausse couche. Après des recherches d’une dizaine d’années sur plusieurs modèles animaux pour optimiser la procédure, une équipe allemande a obtenu l’autorisation de lancer la première étude clinique dans ce domaine.

Elle dévoile les résultats du suivi à 6 mois des 9 participantes âgées en moyenne de 31,1 ans.

Huit patientes souffraient d’un syndrome de Mayer-Rokitansky-Küster- Hauser avec aplasie congénitale de l’utérus et du vagin, et la neuvième avait subi une hystérectomie pour un cancer du col. Toutes ont reçu un greffon provenant de donneuses vivantes parmi lesquelles cinq étaient les mères des patientes dont quatre étaient ménopausées. Sept greffes étaient ABO identiques et deux compatibles. Les auteurs ont utilisé un protocole d’immunosuppression à faible dose.

Le prélèvement de l’utérus a duré entre 10 et 13 heures et sa transplantation entre 4 et 6 heures. Les donneuses sont restées hospitalisées en moyenne pendant 6 jours. L’une d’entre elles a eu une complication chirurgicale de grade IIIb (majeure), en l’occurrence une fistule urétérovaginale ayant nécessité une pyélostomie et la mise en place d’un cathéter. L’uretère a été réimplanté à J134 postopératoire après guérison de la fistule. Dans le groupe des patientes transplantées, sept n’ont pas présenté de complications périopératoires majeures. Dans les deux autres cas, une thrombose aiguë bilatérale des artères utérines (chez une femme hétérozygote pour le déficit en protéine C) et une infection utérine persistante ont entraîné la perte du greffon.

Après six mois, sept utérus transplantés étaient encore viables, avec des règles régulières. Des épisodes de rejet modérés sont survenus chez quatre patientes, traités efficacement par bolus de corticoïdes dans trois cas. Les auteurs ont planifié un transfert d’embryon entre 12 et 18 mois après la transplantation chez les femmes ayant une évolution favorable et sans rejet pendant au moins 4 à 6 mois, puis une ablation de l’utérus après une ou deux grossesses réussies. On attend maintenant de savoir si ce nouveau type de greffe permettra la naissance d’un enfant vivant.

Dr Catherine Faber

Références: Brännström M et coll. : The first clinical uterus transplantation trial: a six-month report. Fertil Steril., 2014. Publication avancée en ligne le 28 février. http://dx.doi.org/10.1016/j.fertnstert.2014.02.024

source:jim.fr.fr

b45 Altruisme et ovulation.

Selon une étude de l'université du Texas, les femmes seront plus ou moins partageuses selon la période de leur cycle... et selon qu'elles font face à un homme ou à une rivale potentielle.
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On savait déjà que la période d'ovulation modifie le comportement des femmes, en particulier vis-à-vis des hommes mais aussi des vêtements, de la nourriture ou de la politique. Plus étonnant, une étude menée à l'université du Texas vient de montrer qu'elle modifie aussi, et nettement, leurs réactions face aux questions financières (publiée dans le Journal of Marketing Research).

Ainsi, les chercheurs ont testé des femmes en période d'ovulation et d'autres qui ne l'étaient pas. Premier test (le jeu du dictateur): on leur dit qu'elles disposent d'une certaine somme d'argent qu'elles doivent partager avec une autre femme. Les «non-ovulantes» font 50-50, tandis que les autres gardent plus pour elles.

Statut social.

Dans un deuxième test, on propose un choix aux femmes: soit, option A, elles peuvent avoir une voiture à 25.000 dollars et une autre femme en aura une à 40.000, soit, option B, elles peuvent avoir une voiture à 20.000 dollars et l'autre en aura une à seulement 12.000. Les «ovulantes» choisissent plus que les autres l'option B, leur donnant un statut social «supérieur» aux autres.

Un autre effet est marqué dans le jeu du dictateur lorsque l'on dit aux femmes qu'elles doivent partager avec un homme. Les femmes hors de la période de fertilité donnent en moyenne 45% de la somme à l'homme tandis que les «ovulantes» lui en donnent… 60 %. Pendant sa semaine mensuelle de fertilité, une femme serait donc plus encline à être avare avec une autre femme et plus gentille avec un homme. «Peut-être y a-t-il là une sorte de tendance inconsciente au flirt chez une femme en période d'ovulation», conclut le Pr Kristina Durante, l'un des auteurs de l'étude.

Source:sante.lefigaro.fr

b44 L'OMS pour des cours de sexualité dès le collège.

L'Organisation mondiale de la santé (OMS), une agence spécialisée de l'ONU, a souligné l'importance de mettre en place des cours sur l'éducation sexuelle dans les écoles dès 12 ans pour se familiariser avec l'utilisation des contraceptifs.
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Cette ligne directrice fait partie des nouvelles recommandations publiées cette semaine par l'OMS sur l'accès aux contraceptifs pour éviter les grossesses non désirées et sur l'information relative à l'éducation sexuelle. “La recherche montre que l'âge optimal c'est à partir de 12 ans, 13 ans, mais que l'on peut commencer déjà à (...) 10 ans”, a expliqué la directrice du département de Recherche et de Santé de la Reproduction à l'OMS, lors d'un point presse. “Donc, on commence à l'école à l'âge de 12 ans”, a-t-elle insisté.

L'éducation sexuelle doit se faire “à la maison”, mais aussi “à l'école” car “la plupart des parents ne le font pas à la maison”, notamment en Afrique, a-t-elle expliqué à l'AFP.

Dans le monde, environ 222 millions de femmes et de filles ne souhaitant pas être enceinte ou souhaitant reporter leur grossesse n'utilisent pas de contraceptifs, selon l'OMS. Parmi ses nouvelles lignes directrices, l'OMS recommande, entre autre, que toute personne désirant utiliser des contraceptifs puisse avoir accès à des informations sur les différentes méthodes existantes.

[Avec l’AFP]

source: egora.fr.

b43 L'orgasme bientot boosté?

Des chercheurs américains viennent de mettre au point "une machine à orgasme" pour les femmes ayant des difficultés à atteindre ce plaisir ultime.
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Le progrès, ça a parfois du bon ! Des scientifiques viennent de faire breveter aux Etats-Unis une machine révolutionnaire pour la sexualité des femmes. Son concept : déclencher l'orgasme à un instant voulu, juste en poussant un bouton. "Je mettais des électrodes à une patiente et tout à coup elle a commencé à s'exprimer vigoureusement. Je lui ai demandé ce qu'il se passait et elle m'a répondu : "Vous allez devoir apprendre à mon mari à faire ça"" raconte le Dr Stuart Meloy, chirurgien en Caroline du Nord, à l'origine de la découverte de la "machine à orgasme".

Un implant sous la peau des fesses.

Le concept du médecin se compose d'un implant doté d'électrodes qui doit être posé lors d'une intervention chirurgicale, sous la peau des fesses d'une patiente par exemple. Relié à une télécommande, l'implant peut déclencher un orgasme à la simple pression d'un bouton. Dans une version plus avancée, il pourrait disposer d'un programmateur et entraîner un orgasme plusieurs fois par jour ou par semaine.

Désireux d'aider les femmes souffrant de dysfonction orgasmique, le médecin devrait commencer les essais cliniques de sa machine dans l'année avec la société Medtronic, basée à Minneapolis. Il envisage aussi de tester son concept sur les hommes. A suivre....

Source: medisite.fr.

b42 Endométriose et infertilité.

L'endométriose est une maladie méconnue et douloureuse qui peut rendre certaines femmes stériles. C'est le cas de notre contributrice Clotilde05, qui témoigne pour faire connaître le danger d'un diagnostic tardif.
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Témoignage de Clothilde05: J'ai 35 ans et je suis touchée par l'endométriose, une maladie méconnue. Elle se caractérise par la formation de cellules d'endomètre (muqueuse qui tapisse l'utérus) en dehors de la cavité utérine. Pour "faire simple", au fil des cycles menstruels, ces cellules se comportent comme l'endomètre, et saignent au moment des règles; cependant, comme elles sont hors de l'utérus, le sang ne peut s'évacuer: il se forme alors des kystes ou des adhérences sur/entre les organes. L'endométriose est l'une des causes d'infertilité chez la femme.

Si j'ai choisi de témoigner, c'est pour éviter que d'autres soient, comme moi, diagnostiquées si tard que leurs chances de pouvoir porter un enfant se seront envolées à jamais. Mon histoire commence avec mes premières règles, arrivées avec quelques douleurs. J'avais 14 ans. Au fil des mois, les douleurs ont été un peu plus fortes, accompagnées de vomissements. Rien d'anormal disait-on, ça passera avec l'âge, ou avec le premier enfant. Je passais souvent un ou deux jours au lit, et ça allait mieux. A 20 ans, de plus en plus malade, je demande à prendre la pilule, j'avais entendu dire que ça soulageait. Effectivement, plus de douleurs pendant des années, je revivais!

Ça n'a pas duré, j'ai changé de pilule, fait de l'acupuncture, et mon médecin de famille m'a parlé pour la première fois d'endométriose, un mot mystérieux à l'époque... J'avais 28 ans. Il m'a demandé de passer une échographie, que j'ai faite près de chez moi, ne sachant pas trop où aller, il faut dire que je n'étais jamais malade en dehors des douleurs menstruelles et je n'avais jamais mis les pieds dans un hôpital! Passons sur l'impudeur des médecins qui m'ont fait ma première échographie endo-vaginale, ils n'ont rien vu d'anormal. A force d'entendre que c'est "normal" pour une femme d'avoir mal au moment de ses règles, je ne cherche pas plus loin. Un peu avant mes 30 ans, avec mon amoureux, on commence "les essais bébé"...

Au départ, ça se passe sans trop de douleurs, mais au bout d'un an et demi, alors que nous faisons les examens de fertilité, tout s'enchaîne: des douleurs insoutenables, comme des millions d'aiguilles qui traversent mon ventre jusqu'à la poitrine, il me semble avoir un bloc de béton à la place des chairs, aucun antalgique ne me soulage, même me retourner dans mon lit exacerbe la douleur, je ne me lève, pliée en deux, que pour aller aux toilettes et vomir... plusieurs fois par jour... Impossible de manger, à peine boire, pendant une semaine minimum.... Ensuite, je peux me lever tant bien que mal pour aller travailler, et après 15 jours d'accalmie, tout recommence, toujours aussi fort, toujours aussi longtemps... Cette année-là, en 6 mois, j'ai perdu 12 kg...

Une maladie pas toujours simple à dépister

C'est lors d'un contrôle échographique que mon gynécologue voit deux kystes suspects sur les ovaires. Après un cycle de repos, nouvelle échographie qui confirme que ce ne sont pas des kystes fonctionnels. C'est la deuxième fois qu'on me parle d'endométriose. Lors de l'opération, difficile pour enlever ces kystes, le diagnostic tombe, sans appel: endométriose sévère et profonde... Mon gynécologue n'a même pas pu les ôter entièrement, tout était englué par des adhérences: ovaires, utérus, vessie, intestin grêle et tout ce dont je n'avais jamais entendu parlé et qui se loge dans le bassin. Il m'envoie alors vers un spécialiste parisien, qui confirmera la sévérité des atteintes, après examen, IRM et échographie faite dans son service. C'est à ce moment-là que je comprends la différence entre faire une écho par "le radiologue du coin" ou par des spécialistes qui connaissent bien la maladie.

Je sais maintenant de quoi je souffre depuis environ 16 ans. Après discussion avec le spécialiste, nous décidons de commencer les FIV pour espérer un bébé. La première tentative n'aboutira même pas sur une ponction: les kystes sont revenus, l'un d'eux mesure plus de 15 cm! Nouvelle discussion avec le spécialiste, nous choisissons de n'enlever que les kystes pour retenter rapidement une autre FIV, l'opération complète pour se débarrasser de toutes les adhérences étant très lourde, et nous demanderait d'attendre encore un an et demi avant d'envisager de reprendre les FIV, alors que ça fait déjà plus de 3 ans que nous essayons d'avoir un enfant... Les tentatives suivantes n'aboutiront pas, mes ovaires sont très abîmés, et mon utérus est aussi atteint par une endométriose interne (adénomyose) qui n'aide pas à la nidation des embryons obtenus. A bout de forces et d'espoir, nous renonçons à notre rêve d'enfant après 5 années.

Dans quelques jours, je serai de nouveau opérée, cette fois-ci pour enlever toutes les adhérences qui ont colonisé mon bassin, atteint la vessie, le rectum, un rein, mais aussi pour l'ablation de mes ovaires, de mon utérus, faisant définitivement de moi une femme sans enfant, à cause d'une maladie souvent ignorée, mal diagnostiquée, dont les conséquences sont sous-estimées, parce qu'en 2014, c'est encore considéré comme "normal" qu'une femme ait mal pendant ses règles.

source: lexpress .fr.

b41 Violences sexuelles dans l'armée.

Une enquête interne va être ouverte sur les violences sexuelles dont sont victimes les femmes dans l'armée française, la plus féminisée d'Europe.
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Jean-Yves Le Drian a réagi à la publication jeudi 27 février d'un livre intitulé La Guerre invisible qui évoque une quarantaine de cas de ce type survenus ces dernières années. Dans une lettre adressée à l'Inspection générale des armées et au Contrôleur général des armées, le ministre de la Défense a ordonné une enquête qui devra notamment "présenter et commenter les suites professionnelles, disciplinaires et judiciaires données notamment aux cas évoqués, tant du côté des agresseurs présumés que des victimes". Le rôle et la place des femmes dans les armées et au sein de la Défense constitue "un sujet d'intérêt majeur", a réaffirmé Jean-Yves Le Drian dans sa demande d'enquête.

Le constat dressé par Leila Minano et Julia Pascual, dans leur livre-enquête (Editions Les Arènes et Causette) est sévère. Humiliations, allusions sexuelles permanentes, beuveries, bizutages, violences... les deux journalistes décrivent, témoignages à l'appui, un milieu brutal où les femmes seraient souvent rejetées et soumises aux brimades de petits chefs.

Nombre de cas d'agressions et de harcèlement surviennent sous l'emprise de l'alcool. "Dans les grands moments d'ébriété, la cohésion se fait souvent aux dépens des femmes", écrivent Leila Minano et Julia Pascual. Elles dénoncent surtout une forme d'omerta au sein des armées, les victimes étant régulièrement dissuadées de se plaindre et parfois mutées pour éviter le scandale.

Les services concernés devront rendre leurs conclusions d'ici fin mars. Ils devront formuler des recommandations qui constitueront "un plan d'action vigoureux" pour combattre de tels agissements. La mise en place d'une organisation simple et efficace "pour améliorer la remontée d'informations complètes sur ces sujets et en assurer un suivi fiable" devra également être étudiée, en s'inspirant de ce qui se fait dans d'autres ministères.

[Avec l’AFP]

Source: egora.fr


Février 2014


b40 Une relation entre cancer du col et cancer pénien?

L’infection par le papillomavirus humain (HPV), et tout particulièrement par le HPV à haut risque (HPV hr) est responsable à la fois de cancers du pénis (KP) et du col utérin (KCU).
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Ces virus, et notamment le HPV-16 et HPV-18, sont détectés dans potentiellement tous les KCU. La prévalence des HPV est également très forte dans les KP, où ces mêmes 2 virus sont les plus souvent en cause (surtout HPV-16). La transmission par voie sexuelle de ces HPV étant démontrée, on a pu présumer que le comportement sexuel affectait le taux d’infection par le HPV.

Avant même l’identification des HPV, plusieurs travaux avaient suggéré une association entre KCU et KP à l’intérieur d’un couple, et en particulier l’incidence des KCU a été trouvée triplée chez certaines partenaires de patients atteints de KP. Par ailleurs, selon certaines études 2/3 des partenaires de femmes ayant un KCU souffriraient de lésions péniennes, dans lesquelles les prélèvements mettent souvent en évidence un HPV hr, et où l’anatomopathologie découvre dans 1/3 des cas des images de néoplasme intra-épithélial. Mais d’autres études n’ont nullement retrouvé ces notions. Or, si la vaccination contre le HPV est largement diffusée chez les adolescentes, la question de son opportunité n’est pas encore résolue chez les garçons.

Pour préciser la prévalence des néoplasies cervicales chez les partenaires de patients atteint de cancer pénien, RE De Bruijn et coll. ont formé une cohorte de 241 malades consécutifs avec KP primitifs vus entre 2004 et 2010, ayant des relations hétérosexuelles stables. A partir du programme de dépistage du cancer du col national, ils ont pu identifier 195 de leurs partenaires pour lesquels des données gynécologiques étaient disponibles.

Des frottis avaient été pratiqués dans 139 cas et 129 étaient normaux. Parmi les femmes avec des résultats anormaux, la colposcopie a identifié une néoplasie intraépithéliale (CIN3) chez deux patientes et un cancer invasif a été diagnostiqué chez une autre (survenu 8 ans avant le cancer du pénis du partenaire).

La prévalence des lésions cervicales prénéoplasiques retrouvée chez ces partenaires de patients avec cancer pénien ne diffère pas de celle constatée dans la population générale néerlandaise âgée de 30 à 60 ans.

Dr Jean-Fred Warlin

RÉFÉRENCES: De Bruijn RE et coll. : Patients with penile cancer and the risk of (pre)malignant cervical lesions in female partners: a retrospective cohort analysis. BJU International 2013; 112: 905-908.

Source: jim.fr.

b39 Relation patient-soignant: les attentes du premier.

Une étude, publiée dans la revue Patient Education and Counseling a vérifié l'effet de 3 questions posées à des médecins sur la qualité des informations fournies par ces derniers concernant les options de traitement.
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Deux actrices ont été entraînées à se présenter comme étant des patientes présentant une dépression légère à modérée. Elles ont pris un rendez-vous et se sont présentées chez 36 médecins de famille (omnipraticiens). L'une d'elle devait poser 3 questions pré-établies, tandis que l'autre n'avait pas reçu cette consigne précise. Les consultations étaient enregistrées afin d'être analysées.

Les trois questions pré-établies étaient :

- Quelles sont mes options ?

- Quels sont leurs avantages et leurs inconvénients ?

- Quels sont les probabilités de ces avantages et ces inconvénients ?

Le “patient” qui pose ces trois questions reçoit une meilleure information, et le médecin, qui a constaté une forte implication du malade, a pu mieux prendre en compte ses préférences. Ces questions peuvent favoriser la pratique d'une médecine fondée sur des preuves, renforcer la communication médecin-patient (facilitant ainsi la décision médicale partagée) et améliorer la sécurité et la qualité des soins, estiment les chercheurs.

Source: egora.fr.

b38 Insolite: priapisme chez une femme.

Une femme de 29 ans a été atteinte de priapisme pendant cinq jours après la prise de médicaments antidépresseurs lors d’un essai clinique, selon une étude de cas publiée dans le Journal of Sexual Medecine.
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Les participants de cet essai clinique prenaient des anti-dépresseurs Wellbutrin (Bupropion) et du Trazodone. La patiente de 29 ans a augmenté la dose juste avant de constater un gonflement des lèvres et une douleur lancinante dans sa région clitoridienne. Elle a arrêté la prise du médicament immédiatement mais la douleur n'a fait qu'augmenter au point de devenir invalidante. Elle était incapable de marcher, de s'asseoir ou de se tenir debout sans souffrir.

La femme a reçu un décongestionnant pendant trois jours. C'est le temps qu'il a fallu à son clitoris pour retrouver un aspect normal."Le priapisme féminin est une condition très rare", indiquent les chercheursdans le Journal of Sexual Medecine. "Cela peut être très gênant et très douloureux et doit être traité en urgence pour soulager les symptômes" ajoutent-ils.

Source: egora.fr.

b37 L'attrait pour le bondage mieux compris.

Bondage, punition, sadisme, masochisme... comptent parmi les pratiques sexuelles les plus violentes. Ce sont aussi les plus énigmatiques avec en, toile de fond, une interrogation......
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Bondage, punition, sadisme, masochisme... comptent parmi les pratiques sexuelles les plus violentes. Ce sont aussi les plus énigmatiques avec en, toile de fond, une interrogation: comment diable peuvent-ils aimer ça? C'est ce qu'a cherché à comprendre une équipe de chercheurs américains de l'université de Northern Illinois dont les travaux ont été repérés par le site LiveScience.

Car les pratiques sadomasochistes, mieux connues aujourd'hui, ne relèvent désormais plus du domaine des pathologies. Selon le DSM5, le manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux de l'Association Américaine de Psychiatrie, qui fait autorité en la matière, les pratiques BDSM sont simplement considérées comme des pratiques sexuelles sortant de la norme.

Encore plus étonnant: une étude américaine publiée en mai 2013 a montré que les adeptes de pratiques sadomasochistes avaient des relations sociales plus solides que les autres. Pis, ils seraient même plus détendus que le reste de la population. Comme si le SM leur faisait du bien.

Paradoxe.

"En apparence, cela peut paraître paradoxal", reconnaît James Ambler, diplômé en psychologie de l'université Northern Illinois University, alors pour comprendre ce paradoxe, le psychologue s'est livré à une véritable plongée dans le cerveau des pratiquants SM.

Pour ce faire, il a recruté une communauté de switchers, un terme qui désigne les individus qui donnent autant qu'ils reçoivent la douleur. Avant et après chaque expérience sexuelle, les volontaires ont dû effectuer un test cognitif appelé Stroop Test - dans lequel ils sont confrontés à des associations paradoxales comme le mot "bleu" écrit en rouge.

Parce qu'il est compliqué pour le cerveau de lire la couleur si elle est écrite dans une autre, il est considéré comme un bon moyen de mesurer les capacités cognitives des participants.

Les volontaires ont également dû remplir des questionnaires sur leurs sentiments à propos du "flux" durant leurs pratiques sadomasochistes. Le flux est un état de concentration et de jouissance que les individus éprouvent lorsqu'ils sont plongés dans ces pratiques.

Grâce à ces mesures, le chercheur a pu remarquer que les personnes qui reçoivent la douleur au sein d'une pratique SM ont obtenu les plus bas scores au Stroop Test, un résultat généralement associé à une diminution de l'afflux sanguin dans le cortex préfrontal. Or cette zone du cerveau essentiellement liées aux fonctions exécutives et à la mémoire vive.

En d'autres termes, les pratiques SM influenceraient l'irrigation du cerveau, et modifieraient par conséquent l'état de conscience de ceux qui se livrent à ces pratiques... et donc de comprendre pourquoi elles aiment ça. "Une des raisons pour lesquelles ces activités peuvent être aussi extrêmes est qu'elles sont très efficaces dans la redistribution et la fluidité du sang dans le cerveau d'un être humain", explique le chercheur.

Spirituel, pas sexuel.

Mais qui dit sadomachisme ne dit pas nécessairement pratiques sexuelles. Alors dans ce type de situation, que se passe-t-il exactement? Pour le comprendre, une seconde étude, conduite par Ellen Lee et Bred Sagarin, toujours à la Northern Illinois University, s'est intéressée à une pratique non-sexuelle mais extrêmement douloureuse du registre SM appelée "danse des âmes".

Ce rituel implique les piercings corporels des individus à travers lesquels des cordelettes sont attachées. Ces cordes sont reliées à celles de tous les autres participants ou à un objet lourd et fixé au sol. Pendant le rituel, elles sont tendues au rythme de la musique écoutée ou des battements d'une batterie.

Les chercheurs ont donc réalisé un sondage auprès de 22 personnes adeptes de ce rituel réunies recrutées à l'issue d'un événement SM en Californie. Cinq personnes qui portaient des piercings ont accepté de participer, ainsi que neuf supporters - ceux qui vérifient que le rituel se passe bien pour chacun des adeptes, mais aussi huit observateurs.

Ces individus ont répondu aux questions des psychologues concernant leur stress, leurs émotions, leurs sentiments lorsqu'ils pratiquent le sadomasochisme. Les chercheurs ont alors également prélevé un échantillon de la salive des questionnés pour évaluer leur taux de cortisol, l'hormone qui s'élève en cas de stress.

Résultat, lorsqu'une personne avait souffert pendant ce rituel, son taux de cortisol était sans surprise en hausse. Mais, étrangement, les participants ont tous avoué se sentir moins stressés. "Cela fait surement partie des effets de conscience que les personnes recherchent lors de ce genre d'actes sexuels", avoue Sagarin.

En clair, les pratiques SM qu'elles soient sexuelles ou non influenceraient l'irrigation du cerveau. Et c'est cette modification qui, en retour, modifie l'état de conscience des participants.

Les chercheurs vont d'ailleurs même jusqu'à affirmer que les effets du sadomasochisme se rapprocheraient de ceux procurés par le yoga, ou certaines pratiques de méditation. Bref, pour modifier son état de conscience, on a l'embarras du choix

Source: huffingtonpost.fr.

b36 La fellation est-elle une invention occidentale?

Dans La fabuleuse histoire de la fellation (Musardine, février 2014), Thierry Leguay revient sur les origines d’une pratique souvent condamnée qu’on observe de tout temps et à travers tous les continents.
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Pointée du doigt par le président ougandais, la fellation est présentée comme une perversion issue des pays occidentaux. Elle a pourtant été pratiquée à toutes les époques et sur tous les continents.
Malgré la mobilisation internationale, le président ougandais Yoweri Museveni a promulgué lundi une loi durcissant la répression de l’homosexualité. Les gays risquaient déjà la prison à vie, il devient désormais obligatoire de les dénoncer .

«Les étrangers ne peuvent pas nous donner des ordres. C’est notre pays», a-t-il expliqué. Ce n’est pas nouveau. Dans de nombreux pays africains , l’homosexualité est considérée comme une perversion venant de l’Occident. Dans ses dénonciations, le très pieux homme politique va plus loin. Il a ainsi fustigé le sexe oral, pratique elle aussi, selon lui, encouragée par le monde occidental. «La bouche sert à manger, pas pour le sexe. La bouche est conçue pour embrasser», a-t-il précisé aux journalistes. «On connaît l’adresse du sexe, cette adresse [la bouche] n’est pas pour le sexe. Vous posez la bouche là, vous récupérez des vers et ils entrent dans votre estomac parce que c’est la mauvaise adresse» .

Yoweri Museveni se trompe doublement. S’il existe des risques liés à la pratique non-protégée du sexe oral, les vers n’en font pas partie. En outre, les caresses buccales ne sont absolument pas une invention de l’Occident.

Dans La fabuleuse histoire de la fellation (Musardine, février 2014), Thierry Leguay revient sur les origines d’une pratique souvent condamnée qu’on observe de tout temps et à travers tous les continents. «Au Ier siècle avant J.C., Cléopâtre fut réputée pour son tempérament luxurieux : elle était d’ailleurs surnommée la «Grande bouche» et aurait appris l’art d’aimer dans un bordel» , écrit-il. «On raconte même qu’elle aurait, un jour, exercé son talent buccal sur une centaine d’hommes de garde». Au temps des Romains, la fellation exprime un rapport de domination entre maître et esclave, vieux et jeune, homme et femme. On peut être sucé, mais il n’y a pas de plus grande honte, de perte de virilité, que de s’abaisser à le faire.

Chez les Incas, sur les pots à goulot, étudiés par le spécialiste de l’art précolombien Rafael Larco Hoyle, 15% des motifs représentaient une fellation. En Asie, « le plus célèbre récit érotique chinois, le Jin Ping Mei (Fleurs de prunier dans un vase d’or), au XVIIe siècle, présente diverses scènes de fellation, parfois étroitement mêlées à l’urolagnie », note Thierry Leguay. «A l’aube éveillée, la jeune fille reçut le membre éveillé dans sa bouche», peut-on lire par exemple . «Ta cinquième mère, lui dit Hsi-Mên, suce par exemple toute la nuit. Elle ne permet pas que je sorte du lit si j’ai envie de pisser, craignant que je prenne froid, et elle absorbe mon liquide. Quelle importance ? dit la belle, moi aussi je voudrais boire. Et Hsi-Mên pissait dans sa bouche ».

LA FELLATION MAL VUE

Mais il est vrai aussi que dans la culture des peuples africains, la fellation n’est pas une pratique courante. Pour la chercheuse et écrivaine Thérèse Kuoh-Moukouri, sont normalement bannis de toutes relations sexuelles «les organes et orifices que l’homme a de commun avec la femme et qu’elle a au même titre que l’homme, car même s’il donne du plaisir, il ne donne pas d’enfants».

« Il n’est que de relire les témoignages d’anthropologues, le très beau Eros noir de Boris de Rachewiltz (1), pour par exemple découvrir, en milieu africain traditionnel de brousse, que la sexualité orale n’était jamais de mise, la femme ne touchant le sexe de son mari qu’après le coït et pour le laver », confirme le psychiatre Philippe Brennot dans un post de blog de 2012 sur LeMonde.fr.

Si les textes érotiques et les fresques en parlent, la fellation a rarement été une pratique bien perçue. « Traditionnellement, et dans toutes les cultures, le sexe et la bouche ne devaient jamais se rencontrer, même dans les moments les plus intimes , écrit encore Philippe Brennot. Cet interdit était vraisemblablement lié à des mesures d’hygiène car dans ces deux extrémités, les infections sont généralement fréquentes, la conjonction des orifices facilitant amplement la chose et, chemin faisant, la contamination inter-individuelle ». On retrouve ici la peur des vers de Yoweri Museveni.

Comme l’onanisme ou la sodomie, la fellation a été une pratique condamnée par l’Eglise. Si elle peut être perçue comme un instrument de domination masculine, ce qui plaît dans les sociétés patriarcales, elle est aussi le risque que l’éjaculation ne serve pas à sa cause première, la reproduction. « Jusqu’en 2003, la fellation et la sodomie, même en privé entre adultes consentants et mariés, étaient pénalisées dans plusieurs Etats américains» , rappelle le philosophe Ruwen Ogien. La fellation n’était d’ailleurs perçue que comme une sorte de sodomie orale.

LA FAUTE DE L’AUTRE

Au grand concours des pudibonderies, il a toujours été de bon ton d’accuser l’autre, l’étranger. Dans le monde musulman, si elle est brièvement évoquée dans leBréviaire arabe de l’amour, au XVIe siècle, la pratique de la fellation est condamnée trois cents ans plus tard, au moment des premières phases de la colonisation. «L’onanisme proprement dit concerne toute action qui, avec la main, avec la bouche d’une femme, d’un eunuque ou d’un jeune garçon, a pour but de provoquer l’éjaculation du sperme, au détriment de l’acte naturel» , est-il écrit dans Les lois secrètes de l’amour en Islam, d’Omar Haleby, publié à Istanbul au XIXe siècle. Or, « l’onanisme buccal est très répandu chez les chrétiens», car ils se sont «éloignés des enseignements du prophète Jésus». L’auteur juge que ce «sont des pratiques barbares dont l’origine remonte à la nuit des temps», perpétuées par des croyants dévoyés.

A l’inverse, et à peu près à la même époque, le docteur François Lallemand, dans son ouvrage Des pertes séminales involontaires (1838) s’inquiète des tentations de l’Orient : « d’un côté polygamie, harems et sérails, d’où excès vénériens, sodomie […]. De l’autre côté, monogamie, austérité chrétienne». Ou l’art de se renvoyer la balle pour savoir qui sera le plus dépravé….

En 1893, dans un ouvrage ouvertement raciste, L’amour aux colonies, le docteur Jacobus dénonce le fait que les indigènes de Cochinchine, les Annamites, pervertissent les colons français. «Chez presque toutes les femmes et nays [des adolescents locaux, ndlr] se livrant à de telles pratiques [fellatoires], les lèvres sont généralement épaisses et déformées, surtout chez les jeunes», écrit-il. Et selon lui, cette fois-ci, c’est la faute des Chinois ! « Ce vice est un produit direct de la civilisation chinoise, passé dans les mœurs du peuple annamite, bien avant la conquête française. C’est le vaincu qui a corrompu l’Européen à son contact », défend-il.

Au fond, si les propos du président ougandais peuvent surprendre et paraître ridicules, ils s’inscrivent dans une triple logique historique et culturelle : une non mise en avant de cette pratique dans les tribus africaines, la morale chrétienne, et cette habitude partagée, pour exalter la pureté supposée de ses propres valeurs, de dépeindre l’étranger comme un barbare pervers obsédé sexuel.

Quentin GIRARD

source: next.liberation.fr.

b35 Nouvelle définition de l'Ejaculation Prématurée par l'ISSM.

La nouvelle définition prend enfin en compte l'éjaculation prématurée primaire ET secondaire.
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The International Society for Sexual Medicine (ISSM) Ad Hoc Committee for the Definition of Premature Ejaculation has agreed on an evidence-based, unified definition that describes both the acquired and lifelong forms of premature ejaculation (PE).

After reviewing scientific literature last spring, the committee unanimously agreed that both lifelong and acquired PE shared certain characteristics, such as short ejaculatory latency, reduced or absent ejaculatory control, and negative personal consequences.

Their unified definition for both conditions states that acquired and lifelong PE is "a male sexual dysfunction characterized by

  • ejaculation which always or nearly always occurs prior to or within about one minute of vaginal penetration from the first sexual experiences (lifelong PE), or, a clinically significant and bothersome reduction in latency time, often to about 3 minutes or less (acquired PE), and
  • the inability to delay ejaculation on all or nearly all vaginal penetrations, and
  • negative personal consequences, such as distress, bother, frustration and/or the avoidance of sexual intimacy.”

The committee's research will be published soon in the Journal of Sexual Medicine. Please click here for more details.

source: issm.info

b34 La contraception masculine.

Des chercheurs sont parvenus à rendre des souris infertiles en bloquant le fonctionnement de deux protéines intervenant dans l'acheminement du sperme.
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Des chercheurs australiens sont parvenus à rendre des souris mâles infertiles en bloquant le fonctionnement de deux protéines, franchissant ainsi une nouvelle étape pour la création d'une pilule contraceptive pour les hommes, selon une étude publiée mardi. Les chercheurs de l'université Monash ont modifié les gènes de souris mâles de façon à bloquer deux protéines dans des cellules musculaires permettant au sperme de voyager à travers les organes reproductifs de l'animal. Les souris ont continué d'être en parfaite santé et se sont accouplées avec des femelles, mais sans que ces dernières aient des petits, a déclaré Sabatino Ventura de l'université, basée à Melbourne.

"Nous avons montré que bloquer en même temps deux protéines qui permettent l'avancée du sperme pendant l'éjaculation provoque une infertilité totale", a-t-il ajouté. Et cela "sans affecter la viabilité à long terme du sperme ou la santé générale et sexuelle du mâle (...). Le muscle ne reçoit pas le message chimique lui indiquant de faire avancer" la semence, a encore dit le chercheur. L'étude a été publiée dans la revue américaine spécialisée Proceedings of the National Academy of Science.

L'équipe de Monash, qui a travaillé en collaboration avec les universités de Melbourne et de Leicester ( Grande-Bretagne), va à présent tenter de reproduire de manière chimique ce phénomène génétique, ce qui pourrait déboucher sur la création d'une pilule contraceptive masculine d'ici dix ans. "La prochaine étape est le développement d'un contraceptif oral masculin, qui soit efficace, sûr et aisément réversible", a souligné Sabatino Ventura. Les tentatives précédentes de mettre au point un contraceptif masculin étaient centrées sur les hormones, ou sur la production de sperme dysfonctionnel, mais ces méthodes peuvent avoir des effets sur l'activité sexuelle du mâle et réduire, voire détruire, sa fertilité sur le long terme. La méthode à laquelle travaillent Sabatino Ventura et ses collègues n'est pas hormonale et n'a pas d'impact sur le développement du sperme, a ajouté le chercheur interrogé par la télévision publique ABC.

source: lepoint.fr.

b33 Remboursement des psychothérapies?

Si l’assurance maladie remboursait  un certain nombre de séances de psychothérapie, à tous ceux qui sont atteints d’un trouble de santé mentale courant le gain serait considérable, autant pour la collectivité que pour ces personnes en souffrance.
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L’encre de la loi de financement de la sécurité sociale à peine sèche, la chasse au gaspillage est à nouveau ouverte. Bien sûr, tout le monde se réjouirait si une baisse des dépenses pouvait aussi correspondre à une amélioration objective des soins. Or, c’est tout à fait possible. Si l’assurance maladie remboursait même partiellement un certain nombre de séances de psychothérapie, environ une vingtaine (il en faut parfois beaucoup moins), à tous ceux qui sont atteints d’un trouble de santé mentale courant (dépression modérée à sévère, troubles anxieux), le gain serait considérable, autant pour la collectivité que pour ces personnes en souffrance. Nous voyons déjà s’écarquiller les yeux des lecteurs et, malheureusement, d’un trop grand nombre de décideurs publics. Car cinq idées fausses, hélas très enracinées, biaisent le débat. Un énorme corpus d’études, accumulées depuis plus de trente ans, vient heureusement les contredire, auquel s’ajoute notre travail récent, centré sur la France.

Premier préjugé : les psychothérapies ne seraient pas efficaces. C’est tout l’inverse ! Quand on applique à l’évaluation de ces traitements les méthodes de calcul appliquées en santé publique pour les cancers, ou les handicaps divers, etc. autrement dit, quand on rapporte l’efficacité clinique au poids morbide des symptômes (on chiffre le nombre d’années de vie gâchées par une dépression), le ratio qu’on obtient place les psychothérapies au premier rang des traitements les plus efficaces. Quantité de gestes chirurgicaux prescrits sans hésitation figurent loin derrière.

Deuxième préjugé : les psychothérapies ne seraient pas efficientes, autrement dit, ce qu’elles coûtent ne serait pas compensé par ce qu’elles permettent d’économiser. Encore faux ! Quand on inclut dans le calcul non seulement les arrêts de travail, mais les psychotropes inutilement prescrits (souvent pas ou mal consommés), les vaines consultations à répétition chez le généraliste, les complications somatiques, les effets sur l’entourage (arrêts de travail supplémentaires, troubles psychiques supplémentaires, etc.), la suicidalité, les économies sont énormes. Nos simulations montrent que pour un euro investi dans la prise en charge d’un adulte dépressif, elles se montent à deux euros. Il suffirait pour cela de rembourser à 60% une vingtaine de séances facturées chacune 40 euros. C’est avéré : un tel remboursement serait rentable à court terme.

Quant à l’idée, apparemment plausible, selon laquelle l’offre ferait exploser la demande, elle est démentie par les constats sur l’offre de psychothérapie gratuite : un patient sur cinq ne vient pas à son premier rendez-vous, et un patient sur deux dans les structures publiques ne vient qu’une seule fois. Le problème sera plutôt d’améliorer l’offre, en accessibilité et en qualité, pour tirer tous les avantages de ces traitements.

Troisième préjugé : ce serait rallumer la guerre bien française entre les partisans et les ennemis de la psychanalyse, comme en 2004, au moment du rapport Inserm sur les psychothérapies. C’est absurde. Car les études les plus fiables n’accordent désormais plus d’importance à l’école de psychothérapie testée. L’analyse «en facteurs communs», qui s’est imposée partout, évalue des facteurs qui ne sont spécifiques à aucune (psychanalyse ou thérapie comportementale). Il en ressort un enseignement capital : ce qui optimise l’efficacité d’une psychothérapie, c’est que les personnes qui y ont recours aient le libre choix et de la méthode et du thérapeute. Si on les prive de ce choix, l’efficacité de la technique, quelle qu’elle soit, s’effondre. En termes de santé publique, peu importe donc que vous vous confiiez à un freudien ou à un comportementaliste. En revanche, il est contre-productif de forcer les gens contre leurs préférences personnelles.

Quatrième préjugé : ce serait une lubie médico-sociale franco-française. Faux : au Royaume-Uni, les résultats du programme Improving Access to Psychological Therapies («améliorer l’accès aux psychothérapies») sont publics et largement discutés dans la littérature scientifique. Ils sont sans ambiguïté. En fait, partout où ce remboursement existe, même à moindre échelle, les effets sont positifs.

Cinquième préjugé : nous n’aurions pas les moyens humains pour mettre en place cette politique. Encore faux. Selon nos estimations, un million de gens sont susceptibles de consulter chaque année pour ces troubles courants. Or, il faudrait 14 000 psychothérapeutes à temps plein pour répondre à la demande. C’est ce dont nous disposons déjà en France.

Rappelons, d’autre part, que le législateur s’est entouré de précaution pour fixer les exigences de formation et pour donner un statut légal à ces spécialistes. Affirmons-le donc : en reculant devant une mesure de bon sens, nous privons nos concitoyens d’un soin efficace et nous faisons peser un poids économique indu sur la collectivité. A l’heure d’arbitrages difficiles dans le domaine de la santé, on aura bien du mal à trouver une situation où l’amélioration du service rendu marche à ce point main dans la main avec une réduction des coûts.

Pierre-Henri CASTEL Directeur de recherches au CNRS, épistémologue et historien des sciences, Xavier BRIFFAULT Chercheur au CNRS, sociologue et épistémologue, membre du Haut Conseil de la santé publiqueAnne DEZETTER Docteur en santé publique, économiste de la santé.

source: liberation.fr.

b32 Sexualité et santé cardiovasculaire.

La Fédération Française de Cardiologie (FFC) a profité de la Saint-Valentin pour alerter sur les méfaits de la solitude sur le cœur.
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Plusieurs études récentes ont en effet montré que l'isolement et la privation de relations sociales ont un impact sur la santé, en particulier cardiovasculaire.

La FFC indique ainsi que l'activité sexuelle est - du point de vue cardiovasculaire - une activité physique comme une autre. Un rapport d'intensité modérée "sollicite le muscle cardiaque, permet d'activer la circulation artérielle et veineuse, de muscler le cœur et de libérer des hormones de bien-être relaxantes" . Avoir au moins deux rapports sexuels par semaine réduit ainsi de 45 % le risque de développer une maladie cardiovasculaire, par rapport à ceux qui n'ont qu'un rapport une fois par mois.

L'augmentation du risque de mortalité causée par la solitude est comparable à celle des fumeurs. Le déficit de relations sociales réduit également les défenses immunitaires et augmente les inflammations.

Pour les célibataires, la FFC rappelle qu’il est déjà bon pour le cœur de se tourner vers les autres. Claire Mounier Vehier, première vice-présidente de la FFC explique que “le partage, la volonté d’améliorer le bien-être d’autrui comme le bénévolat, l’empathie… améliorent nettement la santé cardiaque. Ce sont des facteurs d’épanouissement, il est bon de se sentir utile”.

source: egora.fr.

b31 Sexualité et personnes âgées.

La vie sexuelle des seniors, si méconnue soit-elle, est une réalité. Dans les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad), le sujet est abordé depuis quelque temps, mais avec encore beaucoup de timidité.
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"Dans notre société, le vieux c’est toujours l’autre , rappelle Gérard Ribes, psychiatre, sexologue et auteur de plusieurs ouvrages sur la sexualité des seniors. Il y a quelques années, se souvient-il, j’animais une conférence en école d’infirmiers sur le thème de la sexualité des âgés, avec une collègue qui avait à l’époque 49 ans. À la fin de la conférence, une élève d’une vingtaine d’années nous interpelle. Elle reconnaît qu’il est très intéressant d’aborder ce sujet mais nous demande s’il est normal, passé 50 ans, d’avoir une vie sexuelle. Ma collègue lui répond alors : “Je vous remercie, vous me laissez encore un an pour en profiter”, ce qui a tout de suite fait réaliser à la jeune femme l’énormité de sa question".

"Nos Ehpad sont conçus sur un modèle hospitalier où la vie intime ne peut pas forcément s’exprimer."

D’après Gérard Ribes, la plupart des gens s’imaginent donc que vieillesse et sexualité sont antinomiques. Pourtant, les chiffres montrent que l’activité sexuelle ne disparaît pas avec l’âge, même si elle a tendance à diminuer. En 2007, une étude américaine menée auprès de 3 000 personnes, entre 57 et 85 ans, révèle notamment qu’un quart des 75-85 ans ont eu au moins un rapport sexuel dans l’année. Publiée par le New England Journal of Medicine, l’étude montre également que la moitié des 65-74 ans ont une activité sexuelle, et souligne que les femmes, plus nombreuses, ont une activité sexuelle moins importante que les hommes, car elles peinent à trouver des partenaires.

"La société, dans son ensemble, n’arrive pas à se représenter la sexualité des générations précédentes , explique Gérard Ribes. Pendant mes premiers travaux, il y a vingt ans, j’ai été traité de tous les noms, y compris de gérontophile, simplement pour avoir voulu aborder cette question ." L’étude américaine de 2007 révèle aussi que sur l’ensemble des personnes interrogées seulement 8 % de celles qui étaient placées en maison de retraite déclaraient avoir une activité sexuelle. "Ces établissements sont conçus pour les gens seuls, explique le sexologue . Quand des couples sont là ou se créent, ça dérange l’institution et les autres résidents. En particulier en France, nos Ehpad sont conçus sur un modèle hospitalier, très sanitaire, où la vie intime ne peut pas forcément s’exprimer. "

Un constat que partage Éric Seguin, directeur du Syndicat intercommunal à vocation unique des Rives de l’Elorn (Sivu Elorn), qui gère trois Ehpad non loin de Brest : "Le contexte institutionnel est le premier frein à l’expression de la sexualité en maison de retraite. Je fais une analogie avec l’hôpital : juridiquement, une personne hospitalisée a le droit de recevoir son compagnon ou sa compagne pendant le temps de son hospitalisation. Et, en théorie, elle a le droit de faire ce qu’elle veut. Mais dans les faits, personne n’a de relations sexuelles, ou très peu, à l’hôpital, à cause du poids de l’institution. En maison de retraite, c’est pareil, sauf que les gens y restent beaucoup plus longtemps. "

Pour Michèle Delaunay, la ministre déléguée chargée des Personnes âgées, la libre expression de la vie intime des résidents est pourtant une priorité : "Moi je ne dis pas sexualité, nuance la ministre, j e dis intimité, car justement je veux préserver le droit à la vie privée, qui est fondamental, et quand on parle de sexualité, c’est déjà intrusif. " Plusieurs solutions permettent selon elle de pallier la lourdeur institutionnelle qui pèse sur le quotidien des couples notamment.

"Il faut réfléchir d’ailleurs à une éducation sexuelle spécifique" .

"Il faut protéger l’accès aux chambres, ne pas entrer sans frapper, et, dans la mesure du possible, fournir une clé aux résidents. Un double peut être confié au personnel en cas d’urgence. Il faut également faciliter la possibilité de chambre à deux lits. Les lits deux places ne sont pas pratiques pour les soins et les toilettes, mais on peut très bien rapprocher deux lits simples, ou encore favoriser les chambres communicantes. L’objectif est de laisser, tant qu’on le peut, le libre choix à la personne, car un Ehpad est un lieu de vie, même médicalisé" , martèle la ministre.

Au-delà du poids de l’institution, plusieurs facteurs rendent difficile l’expression de la vie intime et sexuelle des résidents d’Ehpad. En premier lieu, la méconnaissance de la sexualité des seniors, qui n’est pas que la continuité de la sexualité adulte, comme l’explique Gérard Ribes : "Chaque étape de la vie sexuelle est différente. On a tendance à confondre sexualité et génitalité dans notre société. La sexualité, c’est aussi la sensorialité, et plus on vieillit plus elle prend le dessus par rapport à la génitalité. Il y a toujours désir du contact, du toucher, mais c’est moins centré sur la génitalité pure et simple. Les seniors eux-mêmes ne sont pas assez informés. Il faut réfléchir d’ailleurs à une éducation sexuelle spécifique, car leur corps change et ils doivent apprendre à le réintégrer. Quand on est jeune, le corps est là, mais on le laisse vivre sa vie ; quand on est âgé, le corps est là en permanence, parce qu’il est défaillant ou douloureux."

Ensuite, et c’est un point central, le personnel n’est pas toujours formé, ou pas suffisamment, pour savoir comment gérer la question de la sexualité des âgés. Pour Gérard Ribes, qui intervient régulièrement auprès des soignants en maison de retraite, la question centrale est celle de la représentation de l’autre: "Nous avons tendance à voir la vieillesse comme une maladie. Si on considère la personne comme malade, on aura du mal à l’envisager comme désirante, et on va lui renvoyer cette image. La personne elle-même aura donc du mal à exprimer ses désirs. Je me souviens par exemple d’une dame de 91 ans qui m’a confié de façon très honteuse qu’elle se masturbait, tout en considérant qu’elle ne devrait plus le faire à son âge" . Une autocensure qui apparaît notamment dans l’étude américaine de 2007, où seulement 22 % des femmes et 38% des hommes interrogés disent avoir abordé la question de la sexualité avec un médecin passé l’âge de 50 ans.

Les familles qui s'immiscent .

Face au même constat, Éric Seguin a décidé de mettre en place une formation pour le personnel employé dans les trois Ehpad qu’il gère. "Le but premier de cette formation, qui a duré deux ans, était de resituer la personne au centre de ses décisions, donc cela incluait la question de la sexualité. Elle devait répondre à la détresse du résident, qui ne savait pas comment exprimer certains désirs, et à celle du personnel, qui ne savait pas comment répondre à certaines attentes."

Parmi les anecdotes à partir desquelles a été élaborée la formation, le cas de cette dame, qui, pendant une douche, demande à pouvoir utiliser le pommeau pour se masturber ; ou encore le cas de cette aide-soignante qui fait la toilette à un résident et provoque une érection. La formation, primée par la Fondation de France, a notamment permis selon Éric Seguin de favoriser le dialogue et commence à montrer son efficacité.

Enfin, la censure exercée par les familles des résidents est sans doute le principal frein à l’expression libre de leur sexualité. Éric Seguin, souvent confronté aux réticences voire aux ordres des familles, qui s’immiscent dans la vie de leurs parents, choisit la fermeté. "Il faut que les gens prennent conscience du fait que vieillir ne veut pas dire perdre sa citoyenneté. Les enfants restent les enfants, moi je me sers du Code civil pour les remettre à leur place, ils ne peuvent pas décider de tout pour leurs parents, dès le moment où ceux-ci sont consentants. "

"Il y a quelque chose d’inadmissible pour les enfants, même âgés, à voir leur père ou leur mère avoir une relation, avec quelqu’un de nouveau notamment ", précise aussi Gérard Ribes. Le sexologue reste cependant confiant pour les années à venir : "La génération qui arrive en maison de retraite bientôt est celle du baby-boom ; elle s’est construite sur un modèle où la sexualité est partie prenante du développement personnel, et cela va, par la force des choses, faire évoluer notre vision de la sexualité des seniors" .

Sylvie, infirmière en Ehpad : "nous essayons de dédramatiser". .

"Il y a d’abord la question de la sexualité des résidents entre eux. Cela peut être une sexualité débridée dans la mesure où nous avons beaucoup de cas de démences frontales dans notre établissement. C’est par exemple le résident qui se jette sur sa voisine pour l’embrasser sans prévenir, ou encore ceux qui prennent la personne en face d’eux pour leur mari ou leur femme. Pour les gens qui ont un comportement normal, il peut y avoir un rapport de domination/protection, l’un va prendre l’autre sous son aile, sans sexualité derrière. Chez d’autres, la sexualité va entrer en ligne de compte, on les retrouve par exemple dans leur chambre en train de se caresser, avec parfois des conséquences extrêmes dans le cas où l’un des deux ferait une chute ou un faux mouvement. Le personnel soignant est aussi très souvent confronté à la question de la sexualité. Certains tripotent les soignants pendant les soins, d’autres font des réflexions déplacées. Dans ces cas-là, nous réagissons, mais c’est forcément au cas par cas, car tout dépend de l’état cognitif et physique du résident : avec une personne atteinte de maladie d’Alzheimer par exemple, on ne réagira pas de la même manière en cas de geste déplacé. Il ne faut pas la mettre en échec ou face à sa confusion pour éviter qu’elle ne devienne violente, donc on esquive simplement, alors qu’avec une personne non démente on verbalise le problème. Dans notre établissement, cette question n’est pas un tabou.

Source :www.egora.fr Auteur : Charlie Vandekerkhove.

b30 Cancer de la prostate N+: anti-androgènes?

Cancer de la prostate avec envahissement lymphatique : on peut épargner les anti-androgènes à certains…".
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La présence d’un envahissement lymphatique (N1) dans le cancer de la prostate (KP) a une signification péjorative, avec environ 1/3 de décès à long terme. Certains ont préconisé dans ce cas les anti-androgènes (AA), d’autres ne les réservant qu’à un sous-groupe de patients menacés de métastases. Les auteurs new-yorkais rapportent leur expérience de KP N1 traités par prostatectomie radicale (PR) sans AA.

Elle porte sur 369 hommes (âge moyen 62 ans) traités entre 1988 et 2010 par PR et curage lymphatique ayant révélé des N1 mais sans métastases à distance. Trente-sept hommes sont décédés à coup sûr de leur KP et 40 ont reçu secondairement des AA, de sorte qu’ils ont été sortis de l’étude.

L’indication en était en règle une récidive biologique (RB) définie par une ascension confirmée du PSA (antigène spécifique de la prostate) > 0,1 ng/ml.

Les malades ont été distingués selon le nombre de ganglions envahis (59 % n’en ayant qu’1, 19 % 2, et 22 % ≥ 3). Pars ailleurs, 87 % avaient une extension extra-prostatique du KP atteignant dans 43 % les vésicules séminales et 37 % les berges de résection. Quant au score de Gleason, il était ≥ 7 chez 98 % des sujets.

Si la survie globale calculée est de 91 % et 60 % à 5 et 10 ans, on s’aperçoit qu’un certain nombre de facteurs influent sur elle, et particulièrement un score de Gleason élevé, une extension extra-prostatique, et le nombre de ganglions envahis quand il dépasse le chiffre de 3 (doublement du risque de décès).

Des métastases sont survenues chez 70 malades, ce qui donne une survie sans métastases à 5 et 10 ans de 79 et 65 %. Ici aussi, l’existence d’un score de Gleason élevé, d’un envahissement des berges de résection, et d’un nombre de ganglions atteints ≥ 3 sont des éléments prédictifs de métastases.

Plus de la moitié des patients (201) ont eu une RB, la probabilité d’en être exempt à 5 et 10 ans tombant à 35 et 28 %. En revanche, en l’absence de récidive à 5 ans, le risque de RB n’est plus que de 19 % pendant les 5 années suivantes. Là encore, les mêmes facteurs (Gleason, nombre de ganglions atteints) influent sur le risque de RB.

Les malades avec un score de Gleason bas, des berges saines, et peu de ganglions envahis représentent un sous-groupe de pronostic favorable auquel on peut épargner l’hormonothérapie.

Dr Jean-Fred Warlin

RÉFÉRENCES :TOUIJER KA ET COLL. : LONG-TERM OUTCOMES OF PATIENTS WITH LYMPH NODE METASTASIS TREATED WITH RADICAL PROSTATECTOMY WITHOUT ADJUVANT ANDROGEN-DEPRIVATION THERAPY. EUROPEAN UROLOGY 2014; 65: 20-25

source: jim.fr.

b29 Frottis ou test HPV?

Le troisième Plan cancer dévoilé il y a quelques jours prévoit la mise en place d’un dépistage organisé du cancer du col de l’utérus. Il s’agira vraisemblablement de généraliser le dépistage cytologique par frottis cervical triennal.
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Des travaux récents tendent pourtant à démontrer que le dépistage basé sur la recherche du HPV (Human Papillomavirus) est plus performant que le frottis pour réduire l’incidence des lésions CIN 3 (néoplasies cervicales intraépithéliales) et détecte avant la cytologie les CIN de haut grade persistants. Il améliore ainsi la possibilité d’un traitement avant que la lésion ne devienne invasive. Quatre essais européens (Suède, Pays-Bas, Angleterre, Italie) ont obtenu des résultats concordants en ce sens. Ils n’étaient toutefois pas assez « puissants » pour déterminer si le dépistage basé sur le test HPV réduit aussi l’incidence des lésions invasives. Il s’agit pourtant bien là d’un objectif majeur du dépistage.

Les données de ces 4 essais ont été rassemblées et le suivi prolongé de 6,5 ans en moyenne, pour près des 180 000 participantes âgées de 20 à 64 ans. Elles étaient randomisées en 2 groupes, dépistées soit par frottis cervical, soit selon un protocole basé sur le test HPV. Durant cette période, 107 carcinomes invasifs ont été détectés.

Si l’on considère toute la durée du suivi, baser le dépistage sur le test HPV réduit significativement le nombre de cancers invasifs dépistés (0,60 ; intervalle de confiance à 95 % [IC] 0,40 à 0,89). A y regarder de plus près, la différence entre les deux groupes n’apparaît pas immédiatement.

Durant les 2 premières années, le nombre de carcinomes invasifs est en effetsensiblement le même dans les 2 groupes (rapport [ou Rate Ratio RR] des nombres de cancers invasifs dans le groupe HPV vs groupe cytologie 0,79 ; IC 0,79 à 1,36), mais la situation s’inverse ensuite et il apparaît alors une réduction de 60 à 70 % des cancers invasifs dans le groupe dépistés par le test HPV (RR 0,45 ; IC 0,25 à 0,81) par rapport à celui dépisté par frottis.

Les auteurs précisent que les protocoles basés sur le test HPV n’étaient pas les mêmes dans les 4 études, certains proposant une colposcopie systématique pour toutes les femmes testées HPV+, d’autres procédant à un triage par frottis préalablement à la colposcopie. Ils remarquent malgré cela une grande homogénéité dans les résultats. L‘analyse des données révèle aussi que le gain obtenu avec le dépistage basé sur le test HPV est au moins identique, voire supérieur, pour les femmes de 30-34 ans que pour les plus âgées.

Cette étude recèle enfin une autre information, concernant cette fois les intervalles de dépistage. En effet, l’incidence cumulative du cancer cervical est inférieure, 5,5 ans après un test HPV négatif, à celle observée 3,5 ans après une cytologie négative. Un intervalle de 5 ans entre chaque test paraît donc plus sûr que l’intervalle de 3 ans requis entre chaque frottis. Il s’agit là d’un argument de poids en cas de dépistage de masse et pas seulement d’un point de vue financier, mais aussi pour ce qui est de l’observance.

Dr Roseline Péluchon

RÉFÉRENCES: Ronco G et coll. : Efficacy of HPV-based screening for prevention of invasive cervical cancer :follow-up of four European randomized controlled trials. Lancet 2014; 383: 524-32.

Source: jim.fr.

b28 La prise en charge des délinquants sexuels s'améliore.

Très médiatisées, les affaires de récidive laissent un sentiment de prise en charge défaillante.
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Pourtant la France soigne de mieux en mieux les délinquants sexuels, malgré les disparités géographiques et l'insuffisance de la recherche. "On a beaucoup avancé depuis vingt ans, en quantité comme en qualité de soins. Mais ça peine à passer dans l'opinion", déplore la psychiatre Sophie Baron-Laforêt, qui a dirigé dès 1992 une consultation spécialisée à Paris et poursuit ce travail à Perpignan.

Chaque crime sexuel d'un récidiviste - comme Alain Penin, violeur et meurtrier de Natacha Mougel dans le Nord, ou le jeune Mathieu M., condamné à perpétuité pour l'assassinat d'Agnès Marin en Haute-Loire - semble désavouer les soins sous contrainte.
"Ces affaires très médiatiques sont l'exception. La plupart des délinquants sexuels agressent un proche, souvent dans le cadre familial", rétablit Philippe Pottier, directeur de l'Ecole nationale de l'administration pénitentiaire (Enap).
Dans les prétoires défilent les pères incestueux, les exhibitionnistes, les pédopornographes et les violeurs de tous profils, souvent décrits comme "dociles" face à l'autorité mais enclins à minimiser leurs actes.
Trois quarts d'entre eux, au minimum, ne recommenceront jamais: l'étude la plus alarmante sur ce sujet, menée par le Canadien Karl Hanson en 2008, évalue le taux de récidive à 24% sur 15 ans, contre les 3 à 13% sur 5 ans cités habituellement.

"Chiens dans un jeu de quilles"

Longtemps peu nombreux, les délinquants sexuels ont déferlé en prison à partir des années 1990, conséquence d'un durcissement des lois et de la libération de la parole des victimes, rappelle Ludovic Fossey, juge d'application des peines à Paris.
"Le paradoxe est que peu souffrent de réels troubles, à part quelques psychotiques et déficients mentaux. Pourtant la justice nous demande de les soigner", souligne Gabrielle Arena, responsable d'une consultation spécialisée à Noisy-le-Sec.
Comment traiter des malades qui le sont si peu ? En privilégiant la thérapie de groupe et en travaillant en équipe, préconisaient dès 1995 les psychiatres Claude Balier et André Ciavaldini, au terme d'une recherche nationale.
Sur ces bases sont nées les premières prises en charge dédiées, en prison et en milieu ouvert, avant que les "centres ressources" régionaux (CRIAVS), créés à partir d'un centre-pilote à Grenoble en 2005, ne forment plus largement les soignants.
Le paysage actuel mêle unités spécialisées à Bordeaux, Montpellier ou Paris, "équipes mobiles" reliant prison et milieu ouvert, à Lille, consultations généralistes des centres médico-psychologiques (CMP), et zones nettement plus démunies.
 
En février 2012, 17 départements restaient ainsi privés de "médecin coordonnateur", nécessaire aux injonctions de soins, notamment en Bretagne, Corse et dans le quart Sud-Est, recensait le rapport parlementaire Blanc-Warsmann.
Côté CMP, traditionnellement réticents à cette prise en charge, "les a priori des soignants diminuent", se réjouit le psychologue Olivier Vanderstukken, à Lille. Même si violeurs ou pédopornographes restent parfois "accueillis comme des chiens dans un jeu de quilles", observe sa consoeur nantaise Odile Verschoot.

"Elle n'aurait pas dû porter une jupe".

A tâtons, nouant des liens avec les Belges et les Canadiens, "les gens de terrain ont puisé à toutes les sources", selon l'expert-psychiatre Daniel Zagury, pour s'adapter à ces patients souvent "immatures", "égocentriques" et réticents à s'exprimer.
Jeux de rôle, thérapie familiale, thérapies cognitives, anti-dépresseurs, anti-androgènes... "Rien ne marche tout le temps et avec tout le monde", résume le psychiatre montpelliérain Mathieu Lacambre, balayant la chimère d'un traitement miracle.
Dans les consultations spécialisées, des "groupes thérapeutiques" sont apparus. Pour sortir les patients de leur mutisme, on y utilise parfois un jeu de cartes, le "Qu'en dit-on ?", qui met en scène des altercations tirées de la vie courante, sans les confronter directement à leur geste.

"On sent qu'ils progressent quand on arrive à les faire penser. Souvent, ils sont passés à l'acte sans réfléchir", constate Gabrielle Arena.
De plus en plus de soignants puisent aussi parmi les thérapies cognitives (TCC) anglo-saxonnes, à Bordeaux, Fresnes ou Lille, fixant aux séances des objectifs: la gestion des conflits, l'empathie ou la lutte contre les perceptions déformées.
"C'était de l'éducation sexuelle", "Elle n'aurait pas dû porter une jupe", "Une femme qui dit non pense oui"...

Désamorcer ces croyances est crucial chez des agresseurs qui s'estiment souvent "provoqués par leur victime", raconte Odile Verschoot.
Parallèlement, les conseillers d'insertion-probation développent leurs propres groupes de parole, inspirés d'une expérience menée à Angoulême dès 2002 et très axés sur le passage à l'acte.
"Quand un agresseur nous objecte que sa nièce était nue, on lui demande ce que lui faisait dans sa chambre à 22h30", illustre Philippe Pottier.

Dans le cerveau des pédophiles.

Pour atteindre le niveau du Canada, doté d'instituts de référence mêlant traitement et recherche à Montréal et Toronto, nombre de professionnels réclament un ciblage des "patients les plus à risque" et une recherche renforcée.
Evaluer rigoureusement l'efficacité des thérapies est impossible, pour des raisons éthiques. Aucune étude ne peut opposer un groupe d'agresseurs soignés à un "groupe témoin" sciemment privé de traitement, rappelait en 2010 l'Académie de médecine. br/> ""Mais on gagnerait à renforcer les liens entre soin, université et justice", estime Sophie Baron-Laforêt, citant une étude qualitative canadienne publiée fin 2009 dans la Revue internationale de criminologie.

Etonnamment, concluait l'article, reconnaître les faits influe peu sur la récidive. En revanche, développer une "sexualité tolérable" - adulte et consentie - s'avère déterminant, un constat qui valide les pratiques de nombreux thérapeutes. br/> ""On préconise depuis longtemps le travail avec un sexologue, notamment pour les pédophiles", explique Roland Coutanceau, à la Garenne-Colombes.

Creusant la piste des neurosciences, le chercheur de l'Inserm Serge Stoléru s'efforce de son côté de "cartographier le cerveau des pédophiles", dans une étude menée à Paris et Lyon qu'il compte publier cette année. Une précédente recherche, abandonnée faute de patients assez nombreux, devait affiner l'utilisation des thérapies chimiques.

"Les anti-androgènes apportent pourtant un réel soulagement aux patients débordés par leurs pulsions", observe l'endocrinologue lyonnais Michel Pugeat, racontant la demande de "castration chimique" d'un "grand-père brusquement attiré par sa petite-fille".
Dernière piste, négligée en France: la prévention, à l'image du programme "Dunkelfeld" mené en Allemagne. Depuis 2005, campagne d'affichage à l'appui, des soins gratuits y sont proposés par un hôpital berlinois aux hommes attirés par les enfants. br/> ""Les gens qui demandent de l'aide pourront être traités avant de passer à l'acte. C'est un enjeu de santé publique", plaide Serge Stoléru. Pédopsychiatre de formation, il s'est intéressé aux agresseurs après avoir constaté, pendant longtemps, "l'étendue des dégâts sur leurs victimes".

source: leparisien.fr

b27 Excision : des taux scandaleux persistent dans certains pays.

Le 6 février est depuis onze ans dédié à la lutte contre l’excision.
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En une décennie, des progrès importants ont été enregistrés dans de nombreux pays d’Afrique où sévit cette pratique. On relève tout d’abord qu’un nombre croissant d’états ont adopté des législations interdisant et punissant l’excision : en 2000, ils n’étaient que dix en Afrique à s’être dotés de telles lois, ils sont aujourd’hui plus de vingt. Ces évolutions sont importantes parce qu’elles contribuent à sensibiliser l’opinion publique. Les pays où l’arsenal législatif manque sont de fait souvent ceux où l’excision demeure fortement répandue (à l’exception de l’Egypte où en dépit d’une interdiction vieille de 20 ans, l’excision concerne encore une majorité de fillettes). Ainsi, au Mali en dépit d’initiatives locales remarquées, la part de jeunes femmes de 15 à 19 ans excisées dépasse les 88 % (soit un taux très proche de celui concernant la génération précédente). Les conférences médicale (animée par exemple par le chirurgien français Pierre Foldès à l’origine d’une technique de réparation des femmes excisées) et les déclarations politiques devraient ponctuer cette journée. Selon l’ONU, plus de 125 millions de filles et de femmes vivant dans 29 pays d’Afrique et du Moyen Orient ont été excisées.

Source:jim.fr

b26 Couple : le danger à 2 ans 1/2 !

Triste constat. Le pallier le plus dangereux à franchir pour un couple ne serait plus 7 ans mais 2 ans et 9 mois.
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Les coupables de cette baisse ? Les réseaux sociaux, selon les résultats d'un sondage mené par le site de vente "VoucherCodesPro.com". Leurs experts ont mené l'enquête auprès de 1953 personnes sans enfants, ayant connu une rupture au cours des 2 années passées. Parmi eux, 36% ont avoué avoir rencontré leur ex-partenaire sur Internet et 79% utilisaient activement les réseaux sociaux juste avant la fin de leurs couples. Plus de la moitié d'entre eux pensent que cela a joué un rôle important dans leur séparations. D'ailleurs 34% des participants ont quitté leur conjoint parce que ce dernier flirtait en secret sur des sites de rencontre .

Des engagements plus précipités

Les médias sociaux permettent en fait des rencontres plus faciles mais visiblement moins réfléchies. Un quart des participants ont avoué s'être lancés dans une relation en pensant connaître tout de l'autre grâce à son profil internet. Néanmoins Internet permet aussi d'ouvrir les yeux car 12% se sont rendus compte qu'ils n'étaient pas heureux en constatant le bonheur d'autres couples qui s'affichent sur la toile.

source: medisite.fr.

b25 Douleurs pelviennes  et agressions.

Un quart des patientes souffrant de douleurs pelviennes chroniques ont été victimes d’agression sexuelle ou de violence.
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On connaît les lourdes répercussions psychologiques d’une agression sexuelle dans l’enfance, mais aussi des violences subies à l’âge adulte. Des traumatismes qui se manifestent également par des symptômes somatiques divers, dont, selon certaines données, des douleurs pelviennes chroniques.

Pour évaluer l’association entre des antécédents d’abus sexuels, ce type de douleurs et un syndrome dépressif, une équipe de gynécologues, de psychologues et de spécialistes de la douleur de l’université du Michigan ont mené une étude auprès de patientes souffrant de douleurs pelviennes, d’étiologies variées, souvent mal précisées malgré des explorations antérieures et surtout rebelles aux traitements proposés.

Au total, 273 patientes consultant consécutivement au centre anti-douleur pour ce motif ont rempli un questionnaire complet sur l’intensité de leurs douleurs, le handicap en découlant, l’existence ou non de symptômes dépressifs et d’éventuels antécédents d’agression physique ou sexuelle.

Âgées de 35 ans en moyenne, ces femmes souffraient de douleurs pelviennes depuis plus de 5 ans. Un quart d’entre elles ont rapporté un antécédent d’abus sexuel ou de violence physique.

Aucune corrélation n’a été mise en évidence entre la sévérité du syndrome douloureux pelvien et un passé d’agression sexuelle ou physique dans l’enfance, résultat qui va à l’encontre de données antérieures, notent les auteurs.

En revanche, le handicap lié au syndrome algique est apparu significativement plus important chez les femmes qui avaient subi une agression sexuelle. Les femmes victimes de violence physique ou sexuelle, pendant l’enfance ou plus tard à l’âge adulte, présentaient en outre un taux nettement supérieur de syndromes dépressifs que celles consultant également pour des douleurs chroniques mais n’ayant pas ce même passé.

Les auteurs soulignent la forte prévalence des antécédents d’agressions sexuelles et/ou physiques chez ces patientes souffrant de douleurs pelviennes chroniques, et rappellent que les violences subies pendant l’enfance sont aussi à l’origine d’autres syndromes douloureux, notamment des céphalées et des douleurs musculosquelettiques.

Dr Marine Joras

RÉFÉRENCES: As-Sanie S et coll. History of abuse and its relationship and depression in women with chronic pelvic pain. Am J Obstet Gynecol., 2014; publication avancée en ligne le 9 janvier. :

Source: jim.fr.

b24 Fillettes et déja la chirurgie esthétique.

Une étude américaine révèle que, dès leur plus jeune âge, les fillettes sont soumises aux diktats de la minceur. Et aux Etats-Unis, elles sont chaque jour plus nombreuses à avoir recours à la chirurgie, de plus en plus tôt.
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Quarante fillettes entre trois et cinq ans ont été soumises au même exercice : choisir une poupée parmi trois poupons semblables. Même visage, mêmes vêtements, seule différence, leur gabarit. Les petites filles avaient, en effet, le choix entre un modèle mince, « normal » et plus rond. Stupeur, elles ont plébiscité à 70% la poupée la plus svelte. C’est ce que révèle l’enquête réalisée par des chercheurs de l’Université de Rutgers dans le New Jersey et publiée en décembre 2013 par la revue Body Image. Les petites ont même involontairement poussé le vice jusqu’à attribuer des valeurs positives à cette dernière. Plus jolie, elle serait heureuse, épanouie et posséderait un cercle d’amis ultra développé. Contrairement à la plus ronde qui elle, serait triste, fatiguée et souffrirait de solitude. Il est surprenant de constater que de telles associations peuvent se former si tôt dans l’imaginaire d’un enfant. Plus dramatique encore, les conséquences qui découlent de cette construction mentale de l’image de soi.

Barbie comme modèle

Discours médiatique et publicitaire, pression des aînés… Les causes de cette obsession sont multiples. A la maison, les plus jeunes sont susceptibles d’être exposés à un message négatif véhiculé par leurs parents. La représentation individuelle du corps est alors biaisée face aux plaintes de la mère devant son miroir : « Regarde-moi ces bourrelets » ou face aux critiques du père : « T’aurais pas pris un peu de poids, chérie ? ». C’est sans compter la pression exercée par les médias qui exhibent, autant sur le petit écran que sur papier glacé, des mannequins longilignes et retouchées à coups de Photoshop. Et, pour couronner le tout, la poupée Barbie qui est, depuis sa création en 1959, le jouet par excellence des fillettes, est loin de tomber en désuétude. Nul besoin de rappeler les mensurations de la blonde élancée, plus proche du numéro gagnant 90-60-90 que d’un généreux 40. Lorsque l’on sait qu’elle se vend à plus de 80 millions d’exemplaires par an dans le monde et qu’aux Etats-Unis, 90% des fillettes âgées de trois à dix ans en possèdent au moins une, les résultats de l’étude publiée par l’université de Rutgers sont tout de suite moins étonnants.

L’ensemble de ces raisons explique, au moins en partie, la construction mentale de certains stéréotypes et ce, dès la plus tendre enfance. Un sondage réalisé en 2009 par Harris Interactive pour Top Santé, révèle que 63% des jeunes femmes françaises âgées de 15 à 24 ans souhaiteraient modifier l’apparence de leurs cuisses. Un constat d’autant plus grave que des complexes à la volonté de se conformer à une image idéale, il n’y a qu’un pas.

 

Modifier son corps : de la pratique à la théorie

La volonté de transformer son image passe d’abord par un travestissement joyeux : maquillage, nouvelle garde-robe… En France, cela s’arrêtait souvent là. Mais depuis quelques années, la chirurgie esthétique progresse et séduit des femmes de plus en plus jeunes. L’augmentation des actes de chirurgie esthétique sur mineures aux Etats-Unis, 130 000 opérations recensées en 2012 selon The American Society For Aesthetic Plastic Surgery est évocateur. En 2009, l’American Society of Plastic Surgeons compte 12 000 injections de botox sur de très jeunes femmes entre 13 et 18 ans. Au pays de l’oncle Sam, cette pratique est monnaie courante, et est devenue le cadeau par excellence des ados qui fêtent leur seize ans. Ou comment faire du Sweet Sixteen un Trash Sixteen. Au Brésil aussi, offrir une nouvelle paire de seins à sa fille lors de la grande fête de ses quinze ans, qui symbolise le passage à l’âge adulte, est de plus en plus fréquent. L’Europe n’est pas en reste. En Espagne, la moitié des implants mammaires se font sur des jeunes filles de moins de 21 ans. En France, si la plupart des opérations de chirurgie effectuées sur mineures concernent encore des actes réparateurs (oreilles décollées, rhinoplastie…), les médecins voient aussi apparaître des « caprices » esthétiques.

L’opération subie à l’âge de seize ans, c’est celle que l’on regrette

« Ne cherchez pas de chiffres, les praticiens en France ne vous en donneront pas», assène le docteur François Perrogon, Président de l’Association pour l’Information Médicale en Esthétique. « Si le nombre d’opérations réalisées sur les adolescentes augmente, cela reste marginal » ajoute-t-il. En France, un(e) mineur(e) peut avoir recours à la chirurgie esthétique dès lors que ses parents en donnent l’accord au médecin qui l’opère. François Perrogon compte encore sur le discernement des parents pour éviter certaines interventions. Pour les autres, qui se font poser des implants mammaires par exemple, les risques encourus vont de l’allergie à un produit au décès sur la table d’opération. « A seize ans, la demande formulée par l’adolescente est celle qu’elle pourra regretter à vingt-cinq. Je connais une patiente qui a subi cinq interventions en huit ans, les quatre dernières visant à réparer la première », constate le médecin. En réalité, quand on pense à la chirurgie esthétique, il y a un problème d’estime de soi.

 

L’estime de soi en question

A seize ans, Emma a déjà subi une rhinoplastie et ne cache pas son attrait pour la chirurgie : « J’ai fait retoucher mon nez parce qu’il était vraiment proéminent et ça me gênait au quotidien. J’avoue que j’aurais sûrement pu m’en passer », confie la jeune fille. Et d’ajouter, « Sachant que cette opération a été un succès, c’est tentant de recommencer et de toucher à d’autres parties du corps comme ma poitrine, trop petite à mon goût ou mes fesses, trop volumineuses ». L’Association des Réussites et des Ratés de la Chirurgie Esthétique, (ARCHES), créée en 1995 par Muriel Bessis, orthophoniste de profession et son mari, psychologue, voit de nombreuses jeunes femmes s’inquiéter de leur apparence. « Une mineure accompagnée de sa mère m’a clairement demandé comment procéder pour subir une liposuccion», s’inquiète Muriel Bessis. « Il y a souvent une blessure narcissique qui émane des parents et l’analyse portée par l’adolescente sur son propre corps et souvent déformée par cette souffrance », constate-t-elle. Avant d’avoir recours à la chirurgie, il faudrait donc impérativement être pris en charge par un psychologue. « La première intervention peut se comprendre mais ne se justifie jamais vraiment, il y a un problème psychologique au départ », rappelle François Perrogon. Un problème qu’un encadrement législatif approprié serait susceptible de résoudre.

Toujours pas de loi en France

L’accès des mineures aux opérations de chirurgie esthétique a fait l’objet d’un projet de loi. Déposée en 2010 à l’Assemblée Nationale par la députée UMP Valérie Boyer, il ne vise pas à interdire ces actes car cela pourrait « engendrer le tourisme de ces opérations vers les pays qui les autorisent » mais plutôt à les contrôler. En réalisant, notamment, des consultations préopératoires avec un psychiatre et des examens supplémentaires avec un deuxième chirurgien. Aujourd’hui, seule la loi Kouchner de mars 2002 fait foi dans l’encadrement de la chirurgie esthétique. Les praticiens doivent impérativement être des médecins qualifiés spécialistes en chirurgie plastique, reconstructrice et esthétique et un délai minimum de quinze jours doit être respecté entre l’opération et le rendez-vous avec le chirurgien qui la réalise. Aucune disposition spécifique donc sur les mineurs qui pourtant, « constituent un public particulièrement exposé, fragile et vulnérable et que les parents n’arrivent pas toujours à comprendre, convaincre ou canaliser ».

Par Juliana Bruno
source: madame.lefigaro.fr.

b23 Trafic de pilules du sexe.

Le marché des contrefaçons de Viagra ou d'autres produits "dopants" ne cesse de progresser. Et Internet est le meilleur allié de dealers d'un nouveau genre. En France, plusieurs filières viennent d'être démantelées. Attention, danger!
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Quand il s'écroule, les policiers qui l'ont "serré" pensent que le jeune homme joue la comédie. Normal : Abdel vient d'être interpellé en flagrant délit de vente de "shit" dans un hall d'immeuble de cette cité de Seine-Saint-Denis. Et son malaise soudain peut passer pour un stratagème destiné à gagner quelques minutes, le temps que les renforts, ses copains du quartier, arrivent. Dehors, des jeunes commencent à se rassembler, une petite foule menaçante bloque la porte du bâtiment. "Comment sortir de ce piège ?" s'interroge le commandant qui mène l'opération.

Ce sont les pompiers qui vont forcer le blocus. Alertés par un témoin, ils déboulent toutes sirènes hurlantes et embarquent Abdel, dont l'état paraît de plus en plus sérieux, tandis que les enquêteurs en profitent pour se fondre dans l'obscurité de cet après-midi de novembre. Quelques minutes après son arrivée aux urgences, le jeune, supposé revendeur de cannabis, décède ; victime, l'autopsie le révélera, d'un arrachement de l'aorte. Il n'avait aucune chance de survivre...

Place Beauvau, au ministère de l'Intérieur, c'est la consternation. L'hypothèse d'une bavure est envisagée, même si les policiers assurent qu'aucune violence n'a été employée lors de l'interpellation. Le patron des flics de la Seine-Saint-Denis, le préfet Christian Lambert, met ses services en alerte. Les quartiers chauds du département vont-ils s'enflammer comme lors des grandes émeutes de 2005, après le décès au terme d'une course-poursuite de deux jeunes de Clichy-sous-Bois ?

Rapidement, la tension cède la place à l'étonnement. Les premiers résultats des investigations diligentées par le parquet de Bobigny viennent de tomber : le jeune homme n'a pas succombé sous les coups, il est mort d'une overdose de pilules contrefaites de Kamagra, un médicament indien copie du fameux Viagra .

Quelques heures avant son arrestation, Abdel a eu recours aux services d'une prostituée, racontent ses amis lors de leurs auditions. Pour préparer son rendez-vous galant, il a gobé l'une de ces "pilules chinoises" - leur appellation dans le quartier -, censée lui assurer la vigueur nécessaire pour rentabiliser son investissement.

De fausses pilules bleues hors circuit médical

Une pratique dont il semble coutumier, malgré les palpitations cardiaques qui l'inquiètent et pour lesquelles il a pris rendez-vous chez un médecin... "J'ai même découvert, à l'occasion de cette enquête, que certains jeunes avaient pris l'habitude de se bourrer les poches de ces "pilules chinoises" avant de partir en bordée dans les maisons closes belges ou allemandes", conclut un lieutenant de la PJ.

Ces loulous des cités ne sont pas les seuls à consommer des copies de la petite pilule bleue acquises en dehors des circuits médicaux. Le phénomène touche également des zones rurales, comme l'illustre une affaire qui a défrayé la chronique dans une bourgade du très chic Luberon, dans le Vaucluse.

Là, tout commence par un simple contrôle postal. Dans un centre de tri, des douaniers remarquent un paquet suspect expédié de la Thaïlande et adressé au patron d'une salle de musculation. Une perquisition est aussitôt organisée : elle permet de découvrir, derrière le comptoir d'accueil du club de gym, plusieurs centaines de cachets de nandrolone, un anabolisant qui favorise la croissance musculaire, ainsi que des paquets de pilules censées doper la vigueur sexuelle. Des produits évidemment destinés aux gros bras qui viennent "soulever de la fonte". Et qui ont perdu, à force d'ingérer des mixtures hormonales, tout appétit sexuel...

Le recours aux drogues sexuelles vendues sur Internet peut aussi avoir des causes intimes. Ainsi de ce M. Tout-le-Monde qui débarque aux urgences d'un hôpital de province pour un malaise cardiaque. Aux médecins qui l'interrogent, il répond avoir consommé un médicament pour lutter contre le "dysfonctionnement érectile", un produit acheté en pharmacie. Mais, après quelques heures, pressé de questions par les urgentistes, qui craignent une erreur de dosage du fabricant, le patient reconnaît avoir commandé sa pilule sur la Toile : il éprouvait de la honte à consulter son médecin habituel.

Analysé, le produit révèle une concentration cinq fois supérieure à celle admise par les laboratoires officiels... "La seule raideur qu'il aurait pu en tirer, c'est la raideur cadavérique", conclut un pharmacien.

812 300 médicaments saisis en moins d'une semaine

Ces trois faits divers ne suffisent certes pas à prouver l'existence d'un marché clandestin français. Mais cette hypothèse prend corps quand on examine les détails de l'opération anti-contrefaçons de médicaments "Pangea VI", dont L'Express a pu se procurer les conclusions, jusqu'alors inédites.

Tout commence le 18 juin 2013, dès 6 heures du matin. Dans les centres de tri postal où se concentre le courrier international, à Roissy ou à Marseille, des agents des douanes saisissent paquets et enveloppes et les glissent dans un scanner qui en révèle le contenu. Ces dizaines d'envois ont été ciblés. Les douanes ont, grâce aux organismes de paiement en ligne qui leur ont ouvert leurs fichiers, identifié les transactions passées avec les sites des contrefacteurs.

Des forums ont été infiltrés et des messageries, pourtant codées, ont révélé leurs secrets aux spécialistes de la gendarmerie. "C'est la plus grosse opération de ce type jamais menée", se félicite Aline Plançon, commissaire de police, responsable, pour Interpol, du dossier de la contrefaçon de médicaments.

Cette "razzia sur la chnouf" des temps modernes entraîne la saisie, en moins d'une semaine, de 812 300 médicaments, dont 668 700 à l'aéroport de Roissy. Plus intéressant, encore, ce coup de pied dans la fourmilière permet de savoir avec précision quels sont les médicaments achetés par les Français sur le marché clandestin. Et les analyses menées ultérieurement sur les saisies confirment que la grande majorité des commandes concernent les "médicaments érectiles".

Selon Nicolas Barraud, de la Direction générale des douanes et droits indirects, ces substances représentent 60,4 % des prises, contre 17,8 % pour les dopants musculaires, 3,8 % pour les amincissants, 2,4 % pour les médicaments utilisés comme stupéfiants, 1,6 % pour les crèmes blanchissantes et, enfin, 14 % pour les substances issues de la médecine chinoise.

Les sites Internet de La Poste et de FranceTélévisions piratés

Reste à savoir si les Français, gros consommateurs de médicaments "classiques" et accros aux anxiolytiques, ont un comportement comparable avec des dopants "interdits", ou bien s'ils sont victimes du marketing agressif des nouveaux dealers, qui multiplient les ruses pour vendre leurs produits contrefaits.

Outre la publicité sur les sites pornographiques dont ils sont souvent les fondateurs, les pionniers de ce commerce clandestin s'appuient sur de massives campagnes de spams, ces "pourriels" qui inondent les boîtes de courrier électronique. Mais des procédés bien plus sophistiqués viennent de frapper La Poste et, comme peut le révéler L'Express, France Télévisions.

Jusqu'à la mi-décembre, les internautes qui surfaient sur les pages "courrier international" du site de La Poste se voyaient, en effet, proposer du Viagra à 0,58 euro la pilule, ou du Cialis, à 0,40 euro... Selon les techniciens de l'entreprise publique, les pirates se sont emparés de pages Internet qui devaient être bientôt désactivées.

Ces repaires ont, depuis, été détruits par les informaticiens de La Poste, qui attendent désormais que Google efface les liens qui associent le nom de leur entreprise au commerce du Viagra ou du Cialis contrefaits. "Les responsables de Google sont sensibilisés au problème, cela ne devrait pas être difficile", assure un spécialiste du trafic de médicaments.

Même problème pour la chaîne de télévision France 5, dont l'émission Les Maternelles apparaît en tête de liste lors des recherches Internet destinées à dénicher un fournisseur de ces pilules copiées, le forum en ligne de cette émission étant truffé de messages de faux patients renvoyant tous à des sites de revente de contrefaçons. Alertée par L'Express, la direction de la chaîne a fermé les pages litigieuses.

Qui se cache derrière ces piratages informatiques ? Selon un spécialiste de la lutte contre le trafic chez Pfizer, le laboratoire américain créateur du Viagra, une dizaine d'organisations internationales se partagent le marché clandestin. Chacune de ces filières serait composée de financiers, vraisemblablement liés aux grands groupes mafieux ; de "nourrices" qui stockent les médicaments importés d'Inde ou de Chine avant de les réexpédier aux acheteurs, de préférence depuis une adresse européenne pour rassurer les consommateurs français ; et, enfin, de petits malins de l'informatique.

L'homme que les chasseurs de médicaments contrefaits reconnaissent comme l'un des maîtres des circuits clandestins s'appelle Igor Gusev. Ce Russe de 33 ans, recherché par la police de son pays et fiché à Interpol, serait l'un des acteurs majeurs des actuelles campagnes de vente en ligne de pilules du sexe. Déjà riche à millions grâce à de multiples opérations de "spamming", Gusev dirigerait toujours, dans l'ombre, un réseau de "franchisés" qui perçoivent un pourcentage sur chaque vente réalisée par le site dont ils sont responsables.

Quant aux produits expédiés, on y a, parfois, retrouvé de la mort-aux-rats ou de l'encre d'imprimante censée imiter le bleu du Viagra... "Certaines de ces pilules contrefaites sont simplement inefficaces, mais d'autres peuvent tuer, leur dosage en substance active étant aléatoire", insiste un technicien de la lutte antifraude. Il ne faut pas confondre le frisson de la roulette russe et les plaisirs du sexe...

Des faux médicaments très rentables

Protégée par son système de santé et son réseau de pharmaciens, la France doit pourtant affronter la menace grandissante du trafic de médicaments contrefaits. La vente en ligne par des sites illégaux qui assurent la livraison à domicile s'est imposée comme la principale filière, et l'attention des douaniers se concentre donc sur le fret express postal.

En 2012, 90 000 saisies de faux médicamentsont ainsi été effectuées, soit 299038 comprimés dépourvus d'autorisation de mise sur le marché (AMM) et 568 kilos de produits pharmaceutiques divers. La plupart des colis provenaient d'Inde, de Chine et de Hongkong, et contenaient des anti-inflammatoires, des antalgiques, des antiseptiques ou des dopants, ainsi que des copies de médicaments destinés à combattre les troubles de l'érection, en nombre sans cesse croissant. Une tendance confirmée par les résultats de l'opération "Pangea VI", qui a permis la saisie de 812300 médicaments au printemps 2013 .

A l'échelle mondiale, les bénéfices du trafic de médicaments sont estimés à 75 milliards de dollars. Cette contrebande est jugée, au minimum, dix fois plus rentable que le trafic de drogue.

Par Laurent Chabrun, publié le 31/01/2014

Source: lexpress.fr


Janvier 2014


b22 La circoncision, une “mutilation” ? Débat houleux au conseil de l’Europe.

La circoncision des petits garçons pour des motifs religieux est-elle une violation du "droit des enfants à l'intégrité physique" ?
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Cette question a donné lieu à un face-à-face tendu entre représentants juifs et musulmans d'une part et défenseurs de "l'intégrité physique des enfants" d'autre part, mardi 28 janvier au Conseil de l'Europe à Strasbourg. Ce débat faisait suite à la déposition d’une résolution controversée, déposée par la sociale-démocrate allemande Marlene Rupprecht et adoptée le 1er octobre dernier par l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE). Elle comparait circoncision et mutilations génitales féminines. L'audition, à laquelle ont également pris part des experts médicaux, a été marquée par des échanges parfois houleux.

Marlene Rupprecht a défendu le vote de l'APCE, arguant que l'organisation européenne - qui réunit 47 Etats et 800 millions d'habitants - avait pris ses "précautions" et formulé avec "prudence" le texte de la résolution en question. Le président de la Fédération des pédiatres allemands, Wolfram Hartmann, a insisté sur "la douleur ressentie" par les enfants après l'opération.v De leur côté, deux urologues, un Français et un Turc, ont défendu les bénéfices de cet acte médical qui réduirait notamment les risques d'infection.

Enfin, plusieurs rabbins et imams ont défendu le droit de perpétuer cette coutume en invoquant la "liberté de religion", garantie par la Convention européenne des droits de l'homme. Un représentant de la Conférence des rabbins européens (CER) a souligné que l'Allemagne avait récemment "légalisé" cette pratique, dans un cadre médical professionnel.

Source: egora.fr

b21 La sexualité expliquée par les étudiants en médecine de l’ANEMF.

Malgré la loi qui l’impose, l’éducation à la sexualité dans les établissements scolaires n’est pas toujours dispensée. Pour contrer ces disparités, l’Association nationale des étudiants en médecine de France (ANEMF) propose...
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...un programme d’éducation à la sexualité et à la vie affective dans les collèges et les lycées, mené pour et par les jeunes. L’éducation sexuelle est-elle indispensable ? La réponse est oui. En 2004, un article du code de l’éducation oblige les établissements scolaires primaires et secondaires à dispenser une éducation à la sexualité aux élèves à raison de 3 séances annuelles.Tandis qu’une autre loi de 2010 rappelle à ces mêmes établissements leur mission d’information sur les violences et d’éducation à la sexualité. Malgré ces obligations, la loi n’est que partiellement respectée.

Augmentation des IST et des IVG.

Une enquête réalisée par l’ANEMF révèle ces disparités : 1/4 des élèves de collège, et près de 30 % des élèves de lycée n’ont eu accès à aucune séance d’éducation à la sexualité. Fort de ce constat, les étudiants de l’association ont développé un programme d’éducation à la sexualité et à la vie affective dans les collèges et les lycées. Partant du principe que ce type de sujets est plus librement discuté entre pairs, l’ANEMF justifie l’intérêt d’une éducation dite populaire, effectuée pour et par les jeunes. C’est ainsi que l’association propose trois interventions annuelles monitorées par des étudiants en médecine.

Loin de relever de la simple obligation légale, leur motivation repose également sur l’inquiétante avancée des infections sexuellement transmissibles (IST), en constante augmentation depuis 2005 chez les moins de 25 ans (1). Tout aussi parlant, le taux d’IVGen France chez les mineures maintenu en 2011 autour de 10,5 jeunes filles sur 1 000 (2). D’où l’intérêt d’aborder ce type de sujets avec les élèves des collèges et lycées.

Une approche ludique pour désacraliser.

Jouant sur la proximité générationnelle, le programme d’interventions repose sur des outils ludo-éducatifs, repris des pratiques de l’ONUSIDA (branche de l’ONU) et des guides de l’INPES. « Nos séances sont prévues en petits groupes, avec un contenu adapté à l’âge et progressif d’une séance à l’autre » , précise Matthieu Levaillant, président de l’ANEMF. Il ajoute : « Il est évident qu’on ne va pas parler de la même chose avec des 6e qu’avec des terminales ».

Sans négliger l’aspect informatif et préventif des séances, des jeux interactifs comme le sexo bingo et le condom speed (déjà pratiqué aux Solidays) viennent déjouer les résistances et libérer la parole. « On veut désacraliser des mots comme bisexualité et fellation » explique le président de l’ANEMF. Mais pas seulement. Les interventions visent également un éveil au débat sur certains sujets d’actualité, comme l’IVG ou le mariage de tous. Pour que les jeunes puissent s’approprier la problématique et construire leur propre réflexion.

Encore des résistances.

Forts d’un travail en réseau avec la FAGE (Fédération des Associations Générales Étudiantes et l’IFMSA (International Federation of Medical Students Association), l’ANEMF espère même obtenir l’agrément national pour ce programme d’interventions. Car pour l’instant les obstacles restent présents. Certains rectorats étant encore résistants à ce genre de pratiques. Déjà en place dans certaines villes (Nantes et Grenoble entre autres), l’association espère bien développer son arsenal dans toute la France. Et réfléchit d’ores et déjà à intervenir dans l’enseignement supérieur.

Dr Ada Picard

Références:

  1. La santé des collégiens en France (2010), Données françaises de l’enquête internationale Health Behaviour in School-aged Children/INPES
  2. Les interruptions volontaires de grossesse en 2011/ DREES in Études et résultats, n° 843, juin 2013

Source: lequotidiendumedecin.fr

b20 Sexualité : le samedi à 19h37, vous savez ce qu'il se passe ?

Une nouvelle enquête menée par le site Lovehoney.com révèle que c'est le samedi à 19h37 que les couples font le plus l'amour !
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Selon 44% des couples interrogés par le site Lovehoney.com, le samedi est ainsi le jour idéal pour faire l'amour. Suivi du dimanche pour 24% des sondés et du vendredi pour 22%. Autre révélation intéressante : nous ne faisons pas l'amour au moment où notre désir [3] est le plus haut, c'est-à-dire vers 16h33 le samedi après-midi (toujours selon l'enquête) mais seulement trois heures plus tard... quand nous avons en fait un peu plus de temps pour nous laisser aller ! C'est donc à 19h33 qu'il y aurait un pic de rapports sexuels. Enfin, les saisons influeraient aussi sur notre libido. Deux tiers des répondants à l'enquête placent l'été comme saison idéale pour faire l'amour [4], suivi de l'hiver (16%), du printemps (14%) et de l'automne (4%).

Le sexe au planning !

Faire l'amour à chaque fois que l'on en a envie c'est bien beau en théorie mais en pratique c'est loin d'être aussi simple. La moitié des couples interrogés par Lovehoney.com déclarent être tellement occupés qu'ils doivent plannifier leurs rapports sexuels. Pour le co-fondateur du site, Richard Longhurst, l'idée n'est peut-être pas si mauvaise : "Cela peut sembler peu romantique mais faire l'amour régulièrement est la clé de satisfaction du couple [5] . Donc pourquoi ne pas programmer ?" Et puis ce n'est pas parce qu'on plannifie qu'on ne peut pas être imaginatif : nuit dans un hôtel romantique, dans un lieu insolite... Pensez-y !

Source: Dailymail by medisite.fr

b19 La sexualité, sujet tabou dans les hôpitaux psychiatriques.

Dans les institutions psychiatriques, la sexualité des patients fait l’objet d’un interdit tacite. Pourtant, elle existe, clandestine et dangereuse. Sujet tabou en France, moins en Suisse ou en Allemagne.
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« On a beaucoup discuté avec Sandra, maintenant on aimerait passer à la vitesse supérieure … Mais partager le même lit est interdit à l’hôpital », confie Malik (tous les prénoms ont été changés pour des raisons de confidentialité), la trentaine, les traits marqués mais le regard doux, un paquet de cigarettes dans une main, la main de son amie Sandra dans l’autre. Assis dans un coin de la cafétéria, le jeune couple boit un café. Sandra a gardé son bas de pyjama vert. Ils ont fait connaissance il y a trois mois à l’Etablissement public de santé mentale de Ville-Evrard (Seine-Saint-Denis), où ils sont toujours patients.
Sur le site principal de l'hôpital, les patients peuvent séjourner des mois, voire des années. Ils sont près de 200 à vivre dans des pavillons de deux étages répartis dans un parc de 70 hectares. Ils se retrouvent dans une cafétéria qui leur est réservée. La salle bariolée, décorée de leurs œuvres d’art, est pleine d’éclats de rire, de folie, de violence. Les relations s’y tissent.

Sexualité interdite.

Selon le rapport intitulé Prévention de la transmission du VIH en psychiatrie, synthèse d'une recherche menée sous la direction du Dr Christiane Charmasson en 1997 dans cinq établissements psychiatriques français, dont celui de Ville-Evrard, près des trois quarts du personnel interrogé disaient avoir eu connaissance de relations sexuelles entre patients au sein de l’hôpital. Une situation à laquelle ils doivent faire face sans avoir été formés et sans disposer de directive précise.

Pourtant, pour le psychiatre Daniel Zagury, chef de service dans cet hôpital, la situation est simple : « La sexualité est interdite dans mon établissement, elle n’a pas lieu d’être. Enoncer un interdit qui va de soi crée des problèmes. Or, nous ne devons pas susciter l’expression de la sexualité de nos patients, notre rôle est de les soigner et de les protéger. » Dans les faits, l’interdiction n’est inscrite nulle part. Rien dans les textes législatifs ne l’autorise. Le 18 janvier 2013, la cour administrative d’appel de Bordeaux a condamné l’hôpital psychiatrique de Cadillac (Gironde), pour avoir interdit les rapports sexuels à tous les patients d’une unité de soin. « Il n’existe pas de position officielle des professionnels de santé concernant la sexualité en hôpital psychiatrique. La question se pose régulièrement mais n’est pas tranchée »,explique Me Pierre Burucoa, l’avocat du requérant. Pour Jean-Marc Panfili, cadre supérieur de santé qui exerce depuis 25 ans en milieu psychiatrique dans le sud-ouest de la France, « la sexualité des patients est une réalité en psychiatrie mais elle est taboue. Dans les faits, c’est : pas vu, pas pris. »

« Pratiques un peu nauséeuses ».

L’interdiction, tacite ou pas, donne lieu à une activité sexuelle clandestine, les patients se cachent dans le parc et n’osent pas demander de moyens de contraception. Or, selon Sandra Fernandez, infirmière au Comité sida, sexualité et prévention de Ville-Evrard, « les malades psychiques font partie de ces publics fragiles, plus souvent atteints par le sida ». Impossible de savoir combien de patients sont touchés par cette maladie car tous ne sont pas dépistés lors de leur passage à l’hôpital.

Dérive extrême, une certaine forme de prostitution semble s’organiser. « Les patientes évoquent régulièrement le fait qu’elles rendent des petits services contre une cigarette », assure Sandra Fernandez. Lors d’une audition à l’Assemblée nationale, le 21 février, le contrôleur général des lieux de privation de liberté, Jean-Marie Delarue, a évoqué ces « pratiques un peu nauséeuses » d’échanges de faveurs contre des cigarettes et a ajouté vouloir « y mettre fin ».

A Ville-Evrard, le Comité sida, sexualité et prévention est le seul service de l’hôpital qui aborde officiellement la question de la sexualité avec les patients. Composé de psychiatres, de psychologues et d’infirmières, il mène des actions de prévention des risques liés aux pratiques sexuelles et intervient plus particulièrement, auprès de patients touchés par le VIH. « A chaque fois que l'on évoque les risques liés à la sexualité, les patients préservent leur intimité. Contrairement à ce que l'on pourrait imaginer, ils ne rentrent pas dans les détails. Ils en parlent cependant lorsqu'ils ont des problèmes de ce côté-là », explique l’infirmière Sandra Fernandez.

« En Suisse, la psychiatrie est prête à collaborer ».

C’est le cas de Jacques, un patient schizophrène qui revient régulièrement dans l’établissement. « J’étais tombé amoureux d’une belle femme avec qui j’ai dansé toute la nuit. Avant de la revoir, j'ai décidé d’arrêter de prendre mon traitement : quand je le prends, je n'ai plus d'érection », raconte-t-il, les yeux baissés. Après quelques jours sans médicaments, il a fait une crise et a repris le chemin de l’hôpital. Le taux de dysfonctionnements sexuels chez les schizophrènes est de l'ordre de 50 % contre 10 à 15 % dans la population générale. Ces dysfonctionnements sont souvent associés à la maladie ou à son traitement neuroleptique.

Dans d’autres pays, la sexualité des malades psychiques est beaucoup moins taboue. « En Suisse, la psychiatrie est très ouverte et prête à collaborer, estime Catherine Agthe-Diserens, sexo-pédagogue, spécialiste de la question du handicap et présidente de l’association suisse Sexualité et handicaps pluriels. Cette spécialiste intervient depuis vingt ans dans des institutions, auprès des familles et des soignants. Elle préconise souvent la mise en place d'ateliers de prise de parole et des séances de massages : « Il ne faut pas ignorer le corps et ne soigner que l'esprit », souligne-t-elle.

Elle recommande parfois l'accompagnement érotique, légal en Suisse depuis 2003 et également pratiqué en Allemagne, aux Pays-Bas et au Danemark. « Il arrive que des malades s'auto-mutilent en se masturbant. Or, quelqu'un peut leur apprendre à se masturber sans se blesser. On peut même envisager de leur fournir des gadgets sexuels », ajoute-t-elle. Mais, comme l'infirmière Sandra Fernandez, elle discerne avant tout, chez les malades psychiques, un désir d’aimer et d’être aimé.

« Réfléchis à ton état avant de faire un petit ».

Mona, ancienne patiente de Ville-Evrard, revient à la cafétéria saluer ses amis. Elle tient dans ses bras son bébé âgé de six mois. « Elle était très morbide et fumait beaucoup, raconte un aide-soignant. Le jour où elle est tombée enceinte, elle a repris goût à la vie et a cessé le tabac. Aujourd’hui, elle vit dans son appartement avec son ami, un ancien d’ici lui aussi. » Son arrivée fait réagir. « J’aimerais trouver un homme qui veut bien de moi avec tous mes médicaments et avoir un enfant », glisse Julia. « Réfléchis à ton état avant de faire un petit », lui conseille une patiente, « il sera sûrement malade et ils vont te l’enlever. »

Les inquiétudes autour de la parentalité des malades psychiques alimentent le tabou de la sexualité. Qu’adviendra-t-il du bien-être de l’enfant ? Les pouvoirs publics seront-ils prêts à le prendre en charge en cas de problèmes ? Ces questions trouvent des réponses au cas par cas mais ont, en réalité, ont bien peu l’occasion d’être abordées.

Lola Palmier (Monde Académie)

Source:mondeacsoc.blog.lemonde.fr

b18 Vaccin anti-HPV : le plus tôt sera le mieux.

Une étude canadienne publiée dans le « Journal of Clinical Oncology » confirme l’efficacité de la vaccination contre le papillomavirus lorsqu’elle est réalisée tôt.
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Les femmes qui avaient plus de 18 ans lors de leur vaccination anti-HPV ou dont l’examen cytologique donnait un résultat anormal courent le même risque de lésion intraépithéliale du col de l’utérus que celles qui sont non vaccinées. En revanche, quand la vaccination intervenait avant 18 ans chez une femme dont l’examen était négatif, le risque était diminué de 23 % par rapport à une femme non vaccinée.

Plus de 3 000 patientes.

Entre septembre 2006 et avril 2010, 3 541 patientes vaccinées ont été comparées à 9 594 femmes non vaccinées dans le cadre d’une étude cas contrôle. Les chercheurs ont calculé les risques relatifs d’apparition de cellules malpighiennes de signification indéterminée, de lésions intraépithéliales de bas grade et de lésions intraépithéliales de haut grade. En se basant uniquement sur l’âge, et pas sur les antécédents de cytologie anormale, la vaccination avant 18 ans était associée à un risque de lésion de bas grade diminué de 21 %, à un risque de lésion de haut grade diminué de 35 %, tandis que le risque de détection de cellules malpighiennes de signification indéterminée n’était pas significativement affecté.

Salaheddin Mahmud de l’université de Manitoba, à Winnipeg, et ses collègues estiment donc que la vaccination tétravalente procure d’autant plus de protection contre les lésions intraépithéliales et les dysplasies du col de l’utérus qu’elle est réalisée tôt, et si possible avant la première exposition au papillomavirus.

DAMIEN COULOMB

Source:lequotidiendumedecin.fr

b17 Problèmes d’érection, manque de libido chez les jeunes.

Selon une étude canadienne à paraître prochainement dans le Journal of Sexual Medicine, la moitié des jeunes de 16 à 21 ans qui ont déjà commencé leur vie sexuelle relationnelle rencontrent des difficultés. Il s'agirait aussi bien de filles que de garçons.
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Le Pr Lucia O'Sullivan et ses collègues de l'université du Nouveau-Brunswick ont interrogé anonymement, via internet, plus de 400 jeunes grâce à des questionnaires ayant fait leurs preuves chez les adultes pour identifier des difficultés sexuelles. Les deux tiers avaient déjà eu des rapports sexuels (vaginal, oral ou anal) et ce sont donc 114 garçons et 144 filles qui ont été inclus dans l'étude. Parmi eux, 87 % avaient eu des rapports oraux, 82 % une pénétration vaginale et 12 % une sexualité anale (mais seulement une fois pour les deux tiers d'entre eux). Les jeunes sexuellement actifs avaient eu en moyenne trois partenaires. On note aussi qu'une fille sur deux et un garçon sur quatre déclaraient avoir déjà vécu une sexualité contrainte.

Autre résultat de l’étude : les troubles de l'érection touchent plus d'un garçon sur quatre. Ils sont légers pour 16 %, modérés pour 9 % et sévères pour 2 %. Les garçons rencontrent également d'autres difficultés plus inattendues: manque de libido (23 %), problèmes d'orgasme (11 %), pénétration insatisfaisante (9 %) et finalement une insatisfaction sexuelle pour 18 % d'entre eux. Du côté des filles, le manque de libido (22 %) et les difficultés à avoir un orgasme (chiffres non communiqués) sont au premier plan.

Les auteurs remarquent que les filles qui sont engagées dans une relation amoureuse sont celles qui manifestent la plus grande satisfaction sexuelle. Chez les garçons aussi, la satisfaction sexuelle est plus grande pour ceux qui sont en couple. Les problèmes d'érection perdent en fréquence à mesure que l'expérience sexuelle augmente.

Source:egora.fr

b16 Homosexualité : des théories fumeuses.

S’il est des questions épineuses, celle des origines de l’homosexualité en est une!
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Il revient au chercheur néerlandais Dick Swabb d’avoir relancé ce houleux débat avec la parution de « Nous somme notre cerveau » (We are our brain en anglais dans le texte) dans lequel le scientifique (professeur de neuro-endocrinologie à l’université d’Amsterdam) étudie les répercussions des comportements maternels durant la grossesse sur la vie future de son enfant. Ainsi, il tente d’expliquer notamment en quoi le mode de vie de la femme enceinte influence le QI de sa progéniture, ou les maladies mentales futures. Par exemple, selon l’éminent professeur, la pollution a un impact sur la santé mentale du bébé : une mère trop exposée à la circulation ou à la pollution industrielle aurait des risques supplémentaires d'avoir un enfant autiste.

Il établit d’autre part un lien entre comportements à risque des adolescents et accouchements difficiles, rendus également (co)responsable de la schizophrénie de l’autisme ou de l’anorexie (rien que cela !).

Mais c’est sûrement (et déjà) sur la question de l’homosexualité que ce livre a été le plus remarqué notamment Outre-manche. En particulier la mise en lumière du "rôle" du tabagisme maternel dans cette orientation sexuelle !

Avant d’étudier les hypothèses émises à ce sujet dans cet ouvrage, attardons nous un instant sur le parcours de cet homme aux conceptions iconoclastes.

Ecce homo.

Swaab est principalement connu pour ses recherches sur l’impact des facteurs hormonaux et biochimiques sur le développement du cerveau fœtal. Il a également attiré l'attention de la grande presse par ses travaux sur les liens entre homosexualité et anatomie cérébrale.

Il avait ainsi déjà provoqué la controverse en suggérant des relations entre certaines variantes anatomiques et l'orientation sexuelle qui lui ont, selon lui, valu des menaces de mort.
Ainsi il avait, avec Michel A. Hofman en 1990, constaté que chez les hommes homosexuels, le volume du noyau suprachiasmatique de l'hypothalamus est presque le double de ce qu’il est chez les hétérosexuels, conclusion qui auraient été reproduites depuis par d’autres équipes.

J’habite seul avec maman et elle fume, est stressée, se drogue et a eu beaucoup de garçons !

Pour en venir au vif du sujet citons l’auteur: « Bien qu'il est souvent supposé que c’est le développement après la naissance qui décide de notre orientation sexuelle, il n'y a aucune preuve de cela ». Partant de ce présupposé, le Professeur Swaab estime que la sexualité de l'enfant est déterminée in utero.

Au total, pour lui, l’homosexualité est le résultat de co-facteurs agissant durant la grossesse.

Ainsi il n’hésite pas à clamer dans la presse britannique : « L'exposition prénatale à la nicotine et aux amphétamines augmente la probabilité d'avoir une fille lesbienne » !

Plus généralement ses recherches l’auraient amené à conclure que c’est l’exposition in utero à des hormones dont le taux serait influencé par différents facteurs qui déciderait de l’orientation sexuelle de l’enfant à naître.

Ainsi, il avance que le fait de donner naissance à plusieurs garçons augmenterait la probabilité d’avoir un fils homosexuel, parce « qu'après avoir donné naissance à plusieurs garçons, le système immunitaire des mères résiste davantage aux hormones masculines ».

Le stress de la mère serait aussi une des causes de l’homosexualité du fœtus (puisqu’il s’agit de cela) : "Les femmes exposées au stress ont une probabilité plus forte d'avoir des enfants homosexuels d'un sexe ou de l'autre en raison de leur niveau élevé de cortisol, l'hormone du stress, qui affecte la production fœtale d'hormones sexuelles", vulgarise-t-il ainsi auprès du Sunday Times.

Pour étayer ses thèses il rapporte que les femmes qui ont pris des œstrogènes de synthèse pour diminuer le risque de fausse couche entre 1939 et 1960 auraient eu davantage de progénitures bisexuelles ou lesbiennes que les autres.

Quoi qu’on puisse penser de ces conclusions, il est n’en est pas moins manifeste que le neuroendocrinologiste s’égare lorsqu’il avance par exemple comme argument majeur que les enfants élevés par des lesbiennes ne sont pas plus susceptibles d'être homosexuels, ce qui écarte pour lui définitivement l’idée d’une homosexualité d’origine « culturelle ».

Ecce hetero.

Et qu’en disent les hétéros (au sens étymologique du terme : les autres) ?

Du cotés des associations se présentant comme défendant les intérêts des homosexuels on reste circonspect : Ben Summerskill, directeur général de Stonewall (une organisation gay américaine) a ainsi déclaré: « Il ne semble pas y avoir la moindre preuve pour soutenir l'idée que la vie de la mère change la sexualité de l'enfant ».

«Notre sentiment est que la sexualité est déterminée génétiquement, mais ce n’est pour l’instant qu’une opinion », déclare quant à lui Peter Tatchell, un militant d’une autre association, qui salue par ailleurs le livre de Dick Swabb car il y voit « une gifle pour les homophobes. Si l'homosexualité est entièrement ou essentiellement déterminée par des facteurs biologiques avant la naissance, il est immoral de condamner ou de discriminer les lesbiennes et les gays ».

Outre ces réactions à chaud, rappelons (succinctement) les différentes théories qui ont germé au cours du siècle écoulé sur l’« étiologie » de l’homosexualité.

Œdipe et son cerveau sans-gêne.

Ce fut d’abord l’explication psychologisante qui domina pendant la majeure partie du siècle dernier et notamment les conceptions freudiennes.

Ainsi pour résumer (à l’extrême) la pensée freudienne sur l’homosexualité, conception qui eut cours au moins jusqu’aux années 70 « l'homosexuel (homme ou femme) se retrouve, pour nous psychanalystes, avec un complexe d'Oedipe inachevé, [...] il restera donc le « pervers polymorphe ».

La fin du 20ème siècle fit par contre la part belle aux explications neurologiques et biologiques (notamment par le même Swabb).

Des études (qui ont fait grand bruit) menées sur les jumeaux ont fait évoquer une influence génétique : ainsi si un jumeau est homosexuel, son jumeau monozygote aurait environ 52 % de possibilité de l'être contre 22 % pour les jumeaux dizygotes. D’autre part, des expériences suggèrent l'existence d'une orientation sexuelle biologique déterminée par des caractéristiques anatomiques et fonctionnelles de l'aire préoptique médiane.

Notons enfin (bien sûr) que beaucoup avancent que ce sont les facteurs culturels qui font choisir à l’homme telle ou telle orientation sexuelle sans notion de prédisposition ou d’événements déclenchant. Mieux, l’homme, naturellement bisexuel, ne choisirait l’hétérosexualité qu’en raison de la pression sociale.

Pédale douce.

Mais toujours selon le chercheur (adoucissant quelque peu ses conceptions), le mode de vie maternelle n'est qu'un facteur parmi d'autres (mais prédominant) pour expliquer l’homosexualité. Ainsi la génétique aurait également un rôle, même si, pour lui, il apparaît désormais clairement que le développement de la sexualité du fœtus est d’abord lié à l'environnement dans lequel évolue sa génitrice.

De plus ses dires seraient selon lui plutôt en faveur d’une acceptation de l’homosexualité, celle-ci étant ramenée à un phénomène biologique scientifiquement explicable (mais est-ce le commencement d’un argument scientifique ?).

Mais si Swabb a raison pour les liens entre tabagisme maternel et homosexualité, une question reste en suspens, les mères d’Alexandre le Grand, d’Hadrien ou de Leonard de Vinci fumaient-elles ?

Frédéric Haroche

Source: jim.fr

b15 À quoi sert l'orgasme féminin ?

Sous-produit de l'orgasme masculin ? Héritage culturel ? Le mystère de la jouissance de la femme reste entier malgré la publication d'une récente étude.
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C'est une des questions les plus brûlantes de la science actuelle : quelle est l'utilité de l'orgasme féminin ? Pourquoi l'évolution a-t-elle cru bon de gratifier la femme d'un petit (ou grand) plaisir ? La question peut paraître triviale et même sexiste. Pourtant, depuis des décennies, les experts sont incapables d'y apporter une réponse claire et nette, malgré d'innombrables préliminaires scientifiques. La seule chose certaine, c'est que si l'homme a besoin de jouir pour éjaculer, en revanche, la femme n'a nul besoin de se pâmer pour enfanter. Du reste, c'est le cas de nombre d'entre elles, par la faute ou non de leur partenaire, mais cela est une autre histoire...

Voilà quelques années, dans un livre qui a fait beaucoup de bruit, la philosophe-biologiste Elizabeth Lloyd a recensé une vingtaine de justifications à l'orgasme féminin avancées par les biologistes. Par exemple, l'orgasme féminin pourrait renforcer la solidité du couple. En effet, l'homme s'attacherait davantage à une femme qui lui donne l'impression d'être plus "experte". L'orgasme servirait donc aux femmes à retenir l'homme au foyer pour qu'il s'occupe mieux des enfants. Une deuxième explication avance qu'un formidable orgasme féminin encouragerait le mâle à remettre immédiatement le couvert, ce qui augmente la probabilité pour la femme de tomber enceinte d'un homme de forte valeur, dans la mesure où il est capable de doubler la mise... Troisième explication, plus glaire à glaire : les tremblements de l'utérus durant l'orgasme créeraient un effet de succion qui aiderait ces flemmards de spermatozoïdes à se frayer un chemin vers l'ovule.

Cadeau de l'autre sexe.

Après avoir passé en revue toutes ces explications, Elizabeth Lloyd n'est finalement convaincue par aucune. Elle n'y voit que des hypothèses sans véritable fondement. Comment expliquer, par exemple, que 10 % des femmes sont frigides si l'orgasme est aussi important ? Par ailleurs, de nombreuses femmes parviennent mieux à l'orgasme en stimulant elles-mêmes leur clitoris plutôt qu'en subissant le va-et-vient poussif de leur partenaire. Aussi, la philosophe fait remarquer que les sexes masculins et féminins ne sont pas vraiment conçus pour permettre une stimulation du clitoris durant la pénétration. Elle en conclut donc que l'orgasme féminin n'est qu'un sous-produit de celui de l'homme. Une sorte de cadeau de l'autre sexe. Bref, l'orgasme serait à la femme ce que le téton est à l'homme : un accessoire sans réelle utilité. Autant dire que Lloyd ne s'est pas fait que des amies parmi la gent féminine.

Pour tenter d'en savoir un peu plus, le psychologue Brendan Zietsch (université du Queensland) et le biologiste Pekka Santtila (université d'Âbo Akademy) ont interrogé quelque dix mille frères et soeurs, jumeaux (vrais et faux), finnois sur leurs pratiques sexuelles. Leur questionnaire portait sur la durée de l'orgasme pour les hommes et sur la fréquence et la facilité à atteindre la jouissance pour les femmes. Leur étude vient d'être publiée dans la revue Animal Behavior(Elsevier). Leur idée est que si l'orgasme féminin n'est qu'un sous-produit de l'orgasme masculin, cela implique qu'ils sont tous deux sous la dépendance du même groupe de gènes.

Processus sélectif.

L'étude établit que les vrais jumeaux partagent des orgasmes davantage similaires que les faux jumeaux (de même sexe) et que des frères entre eux (ou des soeurs, entre elles). À première vue, ce résultat prêche donc en faveur d'un contrôle génétique de l'orgasme et, par conséquent, d'une jouissance féminine "sous-produit". Néanmoins, aucune corrélation n'a pu être décelée entre la façon de jouir de jumeaux de sexes opposés et celle de simples frères et soeurs. Cela semblerait indiquer une indépendance génétique concernant l'orgasme entre les hommes et les femmes. Donc échec à la théorie du "sous-produit". Les deux scientifiques en tirent la conclusion que la femme éprouve probablement un orgasme grâce à une homologie physiologique et anatomique avec l'homme, mais que celui-ci s'est maintenu grâce à son propre processus sélectif, indépendant de celui de l'homme.

Si les militantes Femen peuvent sabler le champagne à l'écoute de cette conclusion, nous n'en savons pas plus sur le rôle joué exactement par l'orgasme féminin. Zietsch et Santtila reprennent l'idée que celui-ci serait plutôt un héritage de nos lointains ancêtres qui vivaient une grande promiscuité sexuelle. Et de rappeler que, chez les espèces de singes vivant en communauté comme les chimpanzés, les bonobos et les macaques, les femelles savent jouir, alors ce n'est pas le cas chez les gibbons vivant en couple. Autre observation à méditer : chez le macaque japonais, l'orgasme féminin est d'autant plus élevé que le mâle appartient à un rang élevé. Mais faut-il en tirer une conclusion concernant l'espèce humaine ? Un président donne-t-il plus de plaisir à une femme qu'un simple citoyen ? Le sujet mérite encore de nombreuses recherches.

Par FRÉDÉRIC LEWINO

Source:lepoint.fr

b14 Après une chute de vélo, il connaît une érection de sept semaines.

Un Irlandais âgé de 22 ans a connu, après une mauvaise réception lors d'une figure freestyle en vélo, une érection qui a duré... sept semaines.
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En essayant de réaliser un wheelie (pédaler sur la roue arrière) en vélo, le jeune homme tombe sur la barre transversale de celui-ci. Il s'en tire alors sans blessures particulières, excepté la présence de bleus et de contusions aux jambes.

C'est seulement cinq semaines après sa chute que le biker décide d'aller consulter un médecin pour un autre problème survenu après l'accident: cela fait cinq semaines qu'il a une érection permanente. Le docteur lui explique que c'est le périnée qui a été touché lors de la chute. Mais il se retrouve dans une impasse pour expliquer les causes de cette érection continue.

Une blessure "très rare".

Pris en charge à l'hôpital Tallaght de Dublin, on teste alors une "compression manuelle", afin de gérer l'afflux de sang dans le pénis du jeune homme. Aucun résultat. On lui place ensuite des pansements compressifs autour du pénis. Toujours pas de résultat.

Finalement, une solution est trouvée, rapporte The Irish Medical Journal. D'après les radiographies, l'accident a provoqué une irrigation inhabituelle du pénis. Pour y remédier, un chirurgien urologue insère alors au jeune homme du gel et des écarteurs entre une artère principale et une veine du pénis, afin de modifier l'afflux sanguin à l'organe. Problème enfin résolu.

Le chef du département d'urologie s'est dit "heureux et soulagé par le résultat de l'intervention". C'était une grande première pour cet hôpital irlandais, qui a qualifié cette blessure de cas "très rare".

Source: www.huffingtonpost.fr

b13 Vulvodynies, plus de femmes qu’on ne croit…

Une vaste enquête réalisée aux Etats-Unis a mis en évidence la fréquence des vulvodynies, ces douleurs ou brûlures vulvaires persistantes, au cours ou au décours de rapports sexuels, en l’absence d’anomalies objectives, telles qu’une infection ou une dermatose.
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Elle a porté sur 5 540 femmes âgées de 18 à 40 ans vivant à Boston ou dans ses environs et 13 681 résidentes de la région de Minneapolis et Saint Paul de la même tranche d’âge. Elles ont complété un questionnaire sur leurs antécédents de douleurs ou de brûlures vulvaires ayant duré au moins trois mois et empêchant ou limitant leurs relations sexuelles, ainsi que leur recours ou non aux services de santé pour ces troubles et les modalités de leur prise en charge.

Sept à 8 % des femmes participantes ont déclaré avoir souffert d’au moins un épisode de vulvodynie ayant duré 3 mois ou plus.

Le premier épisode est survenu le plus souvent avant l’âge de 25 ans, l’incidence de l’affection décroissant ensuite jusqu’à 35 ans et augmentant à nouveau à l’approche de la quarantaine. La fréquence de ces vulvodynies s’est révélée sensiblement identique dans les deux régions où a été menée l’étude, avec une prévalence plus importante chez les femmes hispaniques que chez les participantes d’autres origines.

La prise en charge est apparue très insuffisante : la moitié des femmes de la région de Minneapolis et 30 % de celles vivant dans l’agglomération bostonienne ont déclaré ne pas avoir consulté pour ces troubles malgré leur persistance et leurs conséquences pour leur sexualité. Et pour celles qui ont consulté un médecin, dans la moitié des cas, celui-ci n’a pas posé de diagnostic précis et, par conséquent, n’a proposé aucune mesure thérapeutique.

Pour les auteurs, cette étude met en lumière la forte prévalence des vulvodynies et l’insuffisance de leur prise en charge, des résultats qui justifient une meilleure formation des praticiens pour que ces troubles soient mieux détectés et mieux traités.

Dr Marine Joras

Références: Harlow BL et coll. : Prevalence of symptoms consistent with vulvodynia : population based estimates from 2 geographic regions. Am J Obstet Gynecol., 2014; 210: 40.

Source: jim.fr

b12 Le syndrome MRKH, cause relativement rare d'absence congénitale d'utérus.

Neuf jeunes femmes, nées sans utérus mais ayant des ovaires fonctionnels, ont été greffées à l’hôpital Sahlgrenska (Göteborg, Suède).
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Ces utérus greffés provenaient de donneurs vivants. Prochaine étape, cruciale, avant de conclure à un éventuel intérêt de cette technique expérimentale : l’implantation d’embryons afin de tenter d’obtenir une grossesse viable. L’absence d’utérus empêche, par définition, une grossesse. Or, des milliers de femmes présentent un Syndrome de Mayer-Rokitansky-Küster-Hauser (MRKH), qui se caractérise par une absence congénitale, totale ou partielle, de l’utérus et des deux tiers supérieurs du vagin. Les trompes et les ovaires sont par contre normaux et fonctionnels.Selon Orphanet (portail des maladies rares et des médicaments orphelins), "ce syndrome affecte au moins 1 femme sur 4500".

La greffe d’un utérus fonctionnel pourrait permettre à ces femmes (et à d’autres n’ayant pas cet organe pour cause de cancer précoce, malformation, etc.) d’avoir un enfant malgré leur anomalie, sans recourir à l’adoption ou à la Gestation pour autrui (GPA, ou "mères porteuses").

Greffe d'utérus réussie chez neuf jeunes Suédoises.

Mats Brännström et son équipe ont donc annoncé à The Associated Press avoir greffé un utérus à neuf femmes âgées d'une trentaine d'années, dont ni l’identité ni la pathologie causale (MRKH ? Autre ?) n’ont été révélées.

La première greffe a été réalisée le 15 septembre 2012. A cette occasion, l’hôpital a mis en ligne un reportage réalisé avec Mats Brännström et son équipe, en anglais. Une dixième greffe était prévue, mais a été annulée pour raisons médicales (état de santé de la receveuse).

L’utérus greffé provenait de donneurs vivants et de la même famille (mères des patientes, ou parents proches), afin de diminuer les risques de rejet. Les opérations se sont bien passées, sans complication majeure, a précisé Mats Brännström. La plupart ont eu leurs règles 6 semaines après la greffe, ce qui laisse espérer un bon fonctionnement.

Prochaine étape : la fécondation in vitro.

Les femmes greffées ont donc un utérus qui semble fonctionnel et des ovaires produisant des ovules, mais une grossesse simple n’est pas possible, car l’utérus greffé n’a pas été relié aux trompes.

Avant l’intervention chirurgicale, des ovules ont donc été prélevés. Une fécondation in vitro de ces ovules a été effectuée et les embryons obtenus ont été congelés.

Ces derniers seront bientôt implantés dans l’utérus de ces jeunes femmes pour, peut-être, aboutir à des grossesses et à l’accouchement de nouveaux-nés en bonne santé.

De nombreuses questions restent en suspens...

Rien n’est acquis pour le moment : l’utérus restera-t-il fonctionnel ? Le traitement anti-rejet permettra-t-il un bon déroulement de la grossesse ? En ce qui concerne la tolérance de ce traitement, le suivi de femmes enceintes après avoir reçu une greffe rénale est plutôt rassurant, même si les risques sont augmentés (Wyld ML et coll., 2013).

Si ces grossesses aboutissent, cela ouvrirait de nouvelles perspectives pour des milliers de jeunes femmes sans utérus. Cela soulèverait également une question éthique : est-il envisageable de donner, de son vivant, un organe non vital pour la personne receveuse, sachant que cela fait encourir des risques au donneur comme au receveur ?

Jean-Philippe Rivière

Sources et ressources complémentaires :

Plus d'informations à vidal.fr

b11 La première carte corporelle des émotions.

Des chercheurs finlandais ont détaillé les effets physiques du bonheur, de la peur, de la tristesse et d'autres sentiments.
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«La peur au ventre», «sentir monter la colère», «la tristesse me serre le cœur». La langue française attribue depuis des siècles une manifestation physique à chacune de nos émotions, et les recherches scientifiques menées ces vingt dernières années ont montré que cela n'avait rien d'une croyance populaire. Dernière preuve en date: la «carte corporelle des émotions » établie par des chercheurs finlandais. Leurs travaux, publiés fin décembre dans les Comptes rendus de l'Académie des sciences américaine (PNAS), confirment notamment que les principales émotions humaines que sont la peur, la tristesse ou le bonheur sont ressenties physiquement de la même façon pour tous, quelle que soit la culture d'origine de l'individu.

L'équipe du Dr Lauri Nummenmaa, de la faculté des sciences d'Aalto, s'est appuyée sur les témoignages de 701 volontaires à qui étaient présentées des images ou vidéos éveillant une émotion spécifique. Les participants devaient représenter sur une silhouette humaine les parties de leur corps qui se trouvaient suractivées, ou, au contraire, dont l'activité diminuait. «Nous avons été surpris de constater qu'à chaque émotion correspondait une combinaison précise de sensations, et que celle-ci était reproduite spontanément par la majorité des participants, qu'ils viennent de Finlande, de Suède ou de Taïwan», explique auFigaro le Pr Nummenmaa.

Une interface entre le corps et le cerveau.

À la plupart des émotions dites «primaires», comme la colère, la peur ou la surprise, était ainsi associée une augmentation de l'activité au niveau de la poitrine, «caractérisant vraisemblablement une accélération des rythmes respiratoires ou cardiaques», notent les auteurs. À l'inverse, la tristesse se distingue par un affaiblissement de l'activité des membres supérieurs. Les sensations gastro-intestinales et de la gorge sont propres au dégoût. À noter: le bonheur est la seule émotion à se traduire par une élévation de l'activité de l'ensemble du corps. «En regardant la silhouette cartographiée, on pense effectivement à l'expression «rayonner de bon­­heur»», s'amuse Jean-Louis Millot, professeur en neurosciences à l'université de Franche-Comté.

Pour le spécialiste, cette topographie inédite pourrait faire avancer la recherche dans la compréhension des mécanismes émotionnels encore mal connus. «La méthode pourrait par exemple être appliquée à des anorexiques, dont on sait qu'ils souffrent d'une perception perturbée d'eux-mêmes.»

«Quelle que soit l'émotion que l'on ressent, elle n'est pas anodine pour le corps », ajoute Henrique Sequeira, professeur en neurosciences affectives à l'université de Lille (I et II). «Les émotions sont une véritable interface entre le cerveau et le corps. » Elles induisent des réactions musculaires, hormonales, neurologiques et immunitaires. «C'est d'ailleurs ces liens qu'explore la médecine psychosomatique, selon laquelle «des émotions répétées peuvent avoir, chez certains individus prédisposés, un impact positif (guérison plus rapide d'un cancer) ou négatif (vulnérabilité cardio-vasculaire, asthme) sur la santé, en frappant de façon répétée et inutile sur le même organe», explique-t-il. Il reste désormais à définir pour chaque «carte émotionnelle» des indicateurs physiologiques précis qui pourraient être mesurés de façon objective et permettraient de repérer d'éventuels dysfonctionnements émotionnels.

Source: sante.lefigaro.fr

b10 20 minutes pour détecter une infection à Chlamydia trachomatis.

Responsable de la majorité des infections sexuellement transmissibles (IST) d'origine bactérienne,Chlamydia trachomatis affecte en moyenne de 5 % à 10 % de la population et est particulièrement répandue chez les jeunes en âge de procréer.
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Source d’infections qui peuvent être sévères, c’est une cause majeure d’infertilité. La fréquence du portage asymptomatique avec persistance d’une infection à bas bruit pose un véritable problème de santé publique. La détection du germe utilise classiquement des techniques basées sur la PCR (polymerase chain reaction) avec amplification d’un gène de l'ADN chromosomique de la bactérie, de l'ARN ribosomique, ou d’une séquence spécifique de l'ADN extrachromosomique. Très sensibles et spécifiques, les techniques d'amplification génique ont l’inconvénient de nécessiter un laboratoire central possédant des automates d'amplification et de détection coûteux et du personnel formé.

Une équipe de chercheurs a mis au point une méthode rapide et sensible utilisable sur échantillon urinaire permettant de s’affranchir de l’étape de purification de l’ADN et ne nécessitant pas d’équipement spécialisé. En alternative à la PCR, elle fait appel à une méthode d’amplification isotherme de l’ADN, la RPA (recombinase polymerase amplification) directement à partir d’échantillons d’urine lysés.

Amplification par recombinase polymérase.

La RPA est une technique récente qui couple un amorçage spécifique utilisant un complexe recombinase à une synthèse d’ADN par déplacement de brin. Les réactions sont sensibles, spécifiques et rapides et fonctionnent à basse température. La méthode décrite a une limite de détection de 5 à 12 agents pathogènes par test, du même ordre que les autres techniques basées sur l’amplification génique, et permet en 20 minutes une détection à partir d’urine non purifiée.

La RPA utilise cinq ingrédients principaux: un échantillon de l'ADN à amplifier, un complexe amorce-recombinase, qui déclenche le processus de copie ; les nucléotides à partir desquels se forment les nouveaux brins ; une polymérase qui les assemble dans le bon ordre, et des protéines de liaison à l'ADN simple brin, qui contribuent à maintenir l'ADN d'origine tandis que le nouvel ADN est en cours. Le complexe amorce-recombinase est en mesure de se fixer à l'ADN double brin, ce qui élimine la nécessité du chauffage. Une fois le complexe en place, il se désassemble, permettant à l'ADN polymérase de commencer la synthèse d'un nouveau brin d'ADN complémentaire, tandis que les protéines de liaison attachent et stabilisent le brin déplacé. Dans des conditions précises, le processus se répète automatiquement, entraînant une augmentation exponentielle de l’ADN.

Validation chez 70 patients.

Pour l’identification et l’amplification par RPA, les chercheurs ont sélectionné un fragment du gène CDS2 conservé dans les souches de C. trachomatis sexuellement transmissibles. Le plasmide est présent en multiples copies par génome bactérien.

La méthode est testée chez 70 patients de 18 à 25 ans d’une clinique estonienne (51 femmes et 19 hommes) adressés par leur médecin pour des tests de dépistage d’IST, qui fournissent un échantillon d’urines du premier jet. Les lysats utilisés pour la RPA sont préparés par chauffage de l’échantillon pendant cinq minutes à 90°C. Pour comparaison les échantillons sont aussi testés par une méthode usuelle validée sur automate.

Dans la RPA, jusqu’à 5 µL d’urine peuvent être utilisés sans inhibition de la réaction d’amplification et la détection nécessite un minimum de 0,05 µL d’urine traitée par la chaleur. Le processus complet prend moins de 20 minutes : les 5 minutes d’incubation à 90°C sont suffisantes pour relarguer tout l’ADN des cellules, et l’amplification nécessite 10 minutes à 38°C. Cinquante-huit échantillons sont négatifs par les 2 méthodes, soit une spécificité de 100 % pour l’essai RPA (Intervalle de confiance 95 % :92 %-100 %). Sur 12 échantillons d’urine positifs selon la méthode usuelle (dont 3 correspondant à des cas symptomatiques), 10 sont positifs par RPA et 2 sont négatifs, en utilisant 5 µL de lysat urinaire. La sensibilité de la méthode est ainsi estimée à 83 % (IC 95 % : 51 %-97 %).

Au final, cette procédure simple ne nécessite ni thermocycleur ni appareil coûteux et a l’avantage de pouvoir être réalisée rapidement sur place avec de bonnes spécificité et sensibilité.

Dominique Monnier

Références:Krõlov K et coll. Sensitive and Rapid Detection of Chlamydia trachomatis by Recombinase Polymerase Amplification Directly from Urine Samples. J Mol Diagn., 2014; 16: 127-35.

Source: jim.fr

b9 Violences sexuelles : les cinq graves erreurs à ne pas commettre.

Que vous le sachiez ou non, quelqu'un de votre entourage a, un jour, été victime de violences sexuelles. Peut-être même vous-même. Environ un homme sur six et une femme sur quatre sont victimes de telles violences dans leur vie, des dizaines de milliers d'enfants tous les jours.
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Par Violaine Guérin, Présidente de l'Association « Stop aux Violences sexuelles », Médecin, endocrinologue et gynécologue

Parler de violences sexuelles, c'est travailler avant toute chose à la protection de l'enfance, car les violences sexuelles débutent dès ce stade. Cette violence engendre de nombreux maux, conscients ou inconscients, le plus souvent non ou mal traités. Ces violences sont bien souvent la racine d'autres violences.

La violence sexuelle tue, directement ou à petit feu... et son potentiel infectant peut être dirigé contre la victime ou contre un tiers. C'est donc une véritable épidémie qui s'étend, ce d'autant plus qu'enfants et adolescents ont leurs repères perturbés par l'hypersexualisation et la pornographie qui envahissent tous les supports audio-vidéo. C'est aussi la pérennisation de nombreux cas d'incestes qui touchent toutes les couches de la société, par manque d'éducation à la sexualité, manque de repère, manque de prévention à tous les niveaux.

Les violences sexuelles sont un fléau camouflé : par les victimes elles-mêmes, qui n'osent pas parler, que l'on ne veut pas écouter, qui ont refoulé très loin dans leur mémoire les violences vécues tellement elles sont douloureuses, à qui on demande de requalifier des viols en agressions. Et par une omerta multifacettes qui touche tous les secteurs, par méconnaissance, manque de formation, insuffisance de savoir-faire et de moyens dans la gestion du problème, voire par malveillance.

Pour lutter contre ce fléau, voici les 5 graves erreurs à ne pas commettre :

  1. Méconnaître les dégâts d'un attouchement.
    Un attouchement conduit très souvent aux mêmes dégâts qu'un viol. Il n'est pas légitimede différencier viol et attouchement, et pour ces deux types d'agressions, la tolérance zéro doit s'appliquer, comme de nombreux pays l'ont maintenant bien compris et mis en place.

  2. Méconnaître l'ampleur des dégâts de la violence sexuelle.
    La violence sexuelle réalise des dégâts colossaux, aux facettes multiples, conduisant en général à la mort physique et/ou psychique, rapide ou à petit feu. Elle conduit au meurtre de l'âme et impacte négativement la vie des êtres humains qui en sont victimes ; c'est un véritable crime contre l'Humain et contre l'Humanité étant donné son ampleur. C'est aussi pour cela que la tolérance zéro doit s'appliquer aux violences sexuelles.

  3. Méconnaître le refoulement et les délais d'émergence du traumatisme.
    Le principal mécanisme de protection psychique est le refoulement du/des traumatismes. Il est l'une des principales raisons des prises de conscience tardives chez la plupart des victimes. C'est pourquoi la tolérance zéro qui doit s'appliquer aux violences sexuelles doit inclure l'imprescriptibilité sur le plan juridique. Cette imprescriptibilité est également un des outils de prévention utiles de par sa dimension de dissuasion.

  4. Faire des violences sexuelles un problème essentiellement féminin.
    La violence sexuelle concerne hommes et femmes dans des proportions très proches. Les racines de la violence sexuelle se trouvent dans les agressions sexuelles faites aux enfants, garçons et filles.

  5. Méconnaître la nature d'un agresseur.
    Les agresseurs sont le plus souvent des victimes d'agressions sexuelles, vécues en général dans l'enfance. Un agresseur enfant envers un enfant a souvent une mauvaise définition des limites, peut vouloir tester ce que lui a été fait, peut exprimer sa colère et sa haine, peut vouloir agresser pour se venger. Un agresseur adulte, ancienne victime, est un malade qui exprime sa colère et sa haine, peut agresser pour se venger.
Si de nombreuses personnes, groupes, associations essayent d'agir, force est de constater que le fléau est toujours là, et que notre pays est en échec sur la gestion des violences sexuelles. Notre analyse de cet échec concerne l'angle d'attaque du problème : la majorité des acteurs intervenant en matière de violences sexuelles agissent dans une stratégie de « lutte » là où il convient d'avoir une stratégie « d'éradication ». La deuxième raison de cet échec est le manque de communication transversale entre tous les acteurs impliqués. Nous avons la conviction que remobiliser tous les intervenants sur une stratégie d'éradication, basée sur le modèle d'une stratégie vaccinale, devrait être réellement efficace.

Il est temps que les choses changent, que la planète et notre pays en particulier disent Stop aux violences sexuelles, de façon déterminée, avec une vraie stratégie d'éradication, et prennent soin des personnes en souffrance pour les conduire à la guérison, une vraie guérison grâce à des protocoles de soins pertinents.

Les premières Assises Nationales* « Stop aux violences sexuelles » se tiendront au Sénat, le lundi 13 janvier 2014.

Programme des Assises sur www.stopauxviolencessexuelles.com
Source: www.egora.fr

b8 La testostérone n’aggrave pas les symptômes de prostatisme.

L’insuffisance gonadique (IG) est en pleine extension touchant respectivement 20 % des sexagénaires et 50 % des nonagénaires. Un traitement par la testostérone (TT) peut y remédier significativement.
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Une testostéronémie basse s’accompagne en règle de baisse de la libido, de troubles érectiles, donc d’humeur dépressive et aussi de sarcopénie. Mais, si le TT améliore toutes ces pathologies, il est susceptible d’effets secondaires, notamment en cas d’hypertrophie bénigne de la prostate (HBP), car il est réputé pouvoir donner des symptômes de prostatisme (STP), voire une obstruction urétrale, encore que ceci ne soit pas prouvé.

Ces auteurs américains ont étudié la relation entre symptômes de prostatisme et TT, en incluant tous les patients qui présentaient une insuffisance gonadique, documentée par une testostéronémie < 300 ng/dl, qui ont reçu alors un TT, sauf les porteurs de cancer de la prostate. Tous ont eu, avant et pendant le TT, une évaluation trimestrielle de leurs symptômes de prostatisme, basée sur un questionnaire permettant de les quantifier (index des symptômes de l’Association Américaine d’Urologie ou AUASI), un examen clinique soigneux (toucher rectal) et des dosages d’antigène spécifique de la prostate (PSA), tout en s’enquérant de toutes nouvelles médications (a-bloqueurs, anticholinergiques, etc.). Etaient également rapportés les cas où l’aggravation des symptômes de prostatisme avait conduit à un geste (résection transurétrale, par ex.).

La majorité des 120 hommes étudiés avaient des symptômes de prostatisme modérés (AUASI à 11) et la moitié prenaient un traitement médical pour les atténuer. Le TT a été administré par voie transdermique, orale, ou intramusculaire, pendant 2 ans en moyenne.
Les chiffres de l’AUASI se sont parfois modifiés au cours du traitement, allant d’une aggravation de 15 points à une amélioration de 19 points, mais la majorité des hommes n’ont vu leurs chiffres varier que de 0 à 1. Plus les chiffres de départ étaient élevés, plus ils avaient tendance à s’améliorer sous TT, parallèlement à la qualité de vie, alors que les AUASI initialement bas avaient tendance à s’aggraver. Les 9 hommes qui ont dû au cours du TT prendre un traitement médical (anticholinergiques, inhibiteurs de la 5-a réductase) ou les 4 qui ont eu recours à la résection transurétrale de prostate, sont à l’évidence ceux dont l’AUASI s’est le plus aggravée, mais aucun n’a interrompu le TT et tous ont vu leur testostéronémie augmenter massivement (doubler en moyenne).

Au total, le risque d’aggravation des symptômes de prostatisme sous traitement androgène et faible, les symptômes étant même souvent améliorés.

Dr Jean-Fred Warlin

références: PEARL JA ET COLL.: TESTOSTERONE SUPPLEMENTATION DOES NOT WORSEN LOWER URINARY TRACT SYMPTOMS. J.UROL. 2013 ; 190: 1828-1833.

Source: jim.fr

b7 Faites l’amour, pas la guerre.

L’amour est en effet un antidote à une violence qui semble bien inscrite dans la nature humaine au vu de son ubiquité.
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Toutefois, les effets bénéfiques de l’amour sur la prévention des conflits n’avaient jusqu’à présent pas fait l’objet d’études scientifiques. Quels pourraient notamment être les mécanismes cérébraux sous-tendant l’influence éventuelle des pratiques amoureuses sur la diminution de l’agressivité des mâles ? Des chercheurs ont essayé de les identifier dans des modèles animaux plus simples à étudier que l’homo sapiens.

Récemment, une équipe américaine s’est ainsi penchée sur les conséquences des caresses chez la mouche à fruit (drosophile)….L’agressivité entre les mâles d’une même espèce est un élément important pour la sélection et est généralement déclenchée par une compétition pour une femelle.

Cette équipe a démontré que cette agressivité était diminuée lorsque les mâles avaient été déjà en présence avec des mouches femelles. Dans cette expérience, les mouches mâles en contact pendant 24 h avec des femelles, n’exprimaient plus le comportement agressif habituel envers les autres mâles, déclenché par la vision d’une mouche femelle.

Les auteurs ont ensuite exploré les mécanismes susceptibles d’expliquer la différence de comportement selon que la mouche mâle a un contact chronique ou un premier contact avec la mouche femelle. Cette inhibition n’est pas liée à l’acte de copulation mais à un contact physique, une « caresse » entre les mouches de « sexe opposé ». Elle est médiée par l’action de phérohormones agissant sur des neurones GABAergiques particuliers. De manière élégante, Yuan et son équipe ont finalement identifié une population de 20 neurones jouant un rôle significatif dans cette inhibition.

Ce travail fondamental conduit chez la mouche montre comment les circuits neuronaux peuvent influencer des comportements sexués. L’extrapolation à l’être humain n’a pas été faite par les auteurs. Mais, ces nouvelles neuroanatomie et neurochimie comportementales pourraient aider à comprendre certains comportements comme la violence et éventuellement avoir des conséquences thérapeutiques. En ce début d’année où les échanges de vœux affluent sur nos boîtes mails, il paraît utile, à la lecture de cet article, de rappeler l’importance des contacts physiques « aimables » pour des relations sociales apaisées.

Dr Christian Geny

Références: Yuan Q et coll. : Female contact modulates male aggression via a sexually dimorphic GABAergic circuit in Drosophila.Nat Neurosci., 2014; 17: 81–88.

Source:jim.fr

b6 Pilule du lendemain: La perte d'efficacité à partir de 75 kg.

La perte d'efficacité de la pilule du lendemain Norlevo, et de ses génériques, chez les femmes pesant 75 kg et plus sera mentionnée «avant la fin de l'année» sur la notice de ce contraceptif d'urgence, selon l'agence du médicament ANSM.
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L'ANSM «recommande aux femmes souhaitant une contraception d'urgence et dont le poids est supérieur à 80 kg de consulter le plus rapidement possible leur médecin afin d'utiliser une autre méthode de contraception d'urgence» : stérilet cuivre (Dispositif Intra-Utérin au cuivre) ou Ellaone (ulipristal), adaptée à leur cas.

Cette modification de la notice a été demandée par le laboratoire HRA Pharma sur la base de deux larges études cliniques et soumise à une évaluation européenne qui a conclu à une «efficacité contraceptive réduite chez les femmes dont le poids était supérieur ou égal à 75 kg et que le lévonorgestrel (nom technique international du produit, ndlr) n'était plus efficace chez les femmes dont le poids était supérieur à 80 kg», note l'ANSM en ligne.

L’information mentionnée avant la fin de l’année.

Cette pilule du lendemain est autorisée à la commercialisation en France depuis 1999. Norlevo agit en retardant l'ovulation. Elle doit être prise le plus rapidement possible, idéalement dans un délai de 12 heures et sans dépasser 72 heures après un rapport sexuel non ou mal protégé. En France, cette pilule du lendemain peut être obtenue en pharmacie sans ordonnance ou délivrée dans les centres de planning et d'éducation familiale notamment. Pour les mineures en situation d'urgence, elle est donnée de manière anonyme et gratuite.

L'information sera mentionnée «avant la fin de l'année» dans les notices destinées aux professionnels (dite «Résumés des caractéristiques du produit (RCP)») et dans celles pour les utilisatrices de Norlevo et de ses génériques, précise l'agence sanitaire française. La demande du laboratoire HRA Pharma remonte à décembre 2012, mais l'évaluation européenne a été finalisée le 10 novembre 2013.

Source:www.20minutes.fr

b5 Quatrième plan de prévention et de lutte contre les violences faites aux femmes : peut toujours mieux faire.

Le 25 novembre dernier, à l’occasion de la journée internationale pour l’élimination des violences faites aux femmes,...
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Par le Docteur Violaine Guérin, Présidente de l'Association Stop aux Violences Sexuelles, médecin, endocrinologue et gynécologue.

...le quatrième plan interministériel dédié à ce problème majeur de société et de santé publique a été présenté.Ce programme a décliné trois axes prioritaires : la nécessité de répondre à toutes les violences déclarées, la formation des professionnels et la mise en place d’une réponse spécifique, aux urgences, aux cas de viols. Il s’appuie sur des objectifs chiffrés (telle la création de 1 650 solutions nouvelles d’hébergement d’urgence et l’intégration de 350 intervenants sociaux dans les commissariats d’ici 2017) et bénéficie d’un budget fortement augmenté (puisque doublé). La plupart des associations d’aides aux victimes de violences ont salué des propositions innovantes et se sont félicitées de la hausse des moyens.

Cependant, les critiques n’ont pas été totalement absentes. Elles concernent tout aussi bien le diagnostic établi par les pouvoirs publics, l’appréciation réelle de la situation que les moyens disponibles. Le docteur Violaine Guérin, Président de l’Association Stop aux Violences Sexuelles évoque ainsi plusieurs manques prégnants.

Madame Najat Vallaud-Belkacem, Ministre du Droit des Femmes, a présenté le 4e plan interministériel (2014-2016) de prévention et de lutte contre les violences faites aux femmes.

L'Association Stop aux Violence Sexuelles ne peut que se réjouir de la volonté affichée de faire bouger les choses ainsi que de la tendance à l'augmentation des moyens mis à disposition en cette période de crise. Ce plan, qui inclut le terme "prévention", appelle cependant plusieurs commentaires.

La réelle prévention des violences faites aux femmes, celle qui a de vraies chances d'être efficace, n'est pas abordée : l'éradication des violences sexuelles faites aux enfants. Il convient de rappeler que la violence sexuelle n'est pas un problème de femmes, c'est un problème de femme, d'homme et surtout d'enfant. Méconnaître les racines de la violence sexuelle, c'est vouer tous les plans à l'échec.

Quand l'auteur est un enfant.

La violence sexuelle est avant toute chose intra- ou péri-familiale, elle est perpétrée par des hommes mais aussi très souvent par des femmes et occulter ces données est une des raisons de la perpétuelle dégradation de la situation, à laquelle s'ajoute la violence perpétrée directement par les enfants sans aucun contrôle. De plus en plus de mineurs sont en effet auteurs de violences sexuelles dans l'indifférence totale, sans accompagnement et sans obligation de soins, et cette violence qui sévit tous les jours dans la plupart des établissements scolaires est le vivier des futures violences de l'adulte.

C'est aussi pour cette raison que les mesures de protection des mineurs dans le cadre des violences conjugales sont très insuffisantes, et que s'il paraît évident à tout le monde de protéger une femme ou un homme victime des coups de son conjoint, de très nombreux enfants sont autorisés à séjourner chez le parent violent dans la plus grande indifférence. Ce n'est qu'en prenant le sujet dans sa globalité sans isoler femme, homme et enfant, que les bonnes décisions seront prises, décisions non facilitées par la dichotomie française qui fait relever les enfants de l'aide sociale à l'enfance et non d'un pôle global famille.

Des violences trop souvent oubliées.

Le deuxième point important est la méconnaissance de l'existence de trois situations en matière de violences sexuelles : l'aiguë (l'infraction vient de se produire), la subaiguë (la violence a moins de 18 mois), la chronique (la violence est ancienne, voire très ancienne et le lien avec ses conséquences n'est le plus souvent pas fait). La situation chronique est quasiment occultée dans notre pays, comme dans beaucoup d'autres, même si les prises de conscience se font jour. Pourtant c'est la plus fréquente, et là encore elle renvoie la plupart du temps aux violences de la petite enfance.

Quand on prend en compte ce type de violences, ce ne sont pas "moins d'une victime sur cinq qui se déplacent à la gendarmerie" comme dans le cas des violences conjugales mais plus de 95 % des violences qui ne seront jamais déclarées (nous présenterons à ce sujet une étude pendant les Premières Assises Nationales sur les Violences Sexuelles qui se dérouleront le 13 janvier prochain au Palais du Luxembourg).

Des chiffres faux.

Les chiffres des violences sur lequel ce plan repose sont faux, ce qui ne permet pas à ce plan d'être dimensionné correctement. Les chiffres disponibles dans notre pays sous-estiment l'ampleur des violences car la parole n'est pas donnée aux mineurs en matière de statistique de violence sexuelle, parce que les refus d'enregistrement des plaintes ont encore existé en 2013, les requalifications des faits ont été monnaie courante, et parce que toutes ces statistiques n'intègrent pas cette violence chronicisée et souvent occultée de la conscience de tous, y compris parfois des intéressés.

La consultation du généraliste doit être revalorisée pour lui permettre de jouer son rôle.

Alors, comment dimensionner un tel plan correctement ?

En tant que médecin, je ne peux que saluer l'attention qui va être portée à l'amélioration de la formation des étudiants en médecine et apprécier la mention "un consensus existe sur le fait que la consultation médicale chez le médecin généraliste est un outil précieux pour rompre le cycle de la violence". Néanmoins dans le contexte actuel d'une consultation du médecin généraliste à 23 euros (charges non déduites) je ne vois pas comment les médecins pourront prendre le temps d'une telle consultation qui doit accueillir outre une phase de soins, un très grand temps de parole et de réconfort, ainsi que bien souvent la mise en place d'une logistique pour le patient.

Il en est de même des consultations d'obstétrique où les équipes vigilantes au dépistage des violences ont des statistiques plutôt proches des 20 % que des "3 à 8 % des grossesses" énoncées dans le plan.

Nous en revenons encore et encore à des problèmes de moyens, dont on s'étonne que la valorisation de plusieurs milliards d'euros de dégâts annuels n'engendre pas le déblocage de fonds de prévention plus importants, en particulier par le ministère de la Santé.

Le point crucial en matière de violences sexuelles est que les personnes qui en sont victimes témoignent, car ce n'est que par cette parole que l'ampleur des dégâts pourra être correctement mesurée et que les médecins exercent un dépistage actif des dégâts chroniques et en témoignent à leur tour.

L’oubli fâcheux de la prostitution.

Enfin, de nombreuses associations ont regretté que la prostitution soit écartée du plan d'action.
La prostitution a bien sûr toute sa place dans le cadre des violences faites aux femmes, mais aussi aux hommes et aux enfants, dont on aimerait qu'ils aient également des interlocuteurs à l'écoute.

Il convient de rappeler aux signataires des diverses pétitions soutenant ou ne voulant pas condamner la prostitution qu'il n'existe pas une personne au monde faisant acte de prostitution volontaire dans le cadre d'un consentement éclairé, à savoir un consentement non manipulé ou suscité par des obligations diverses, un consentement donné après un travail thérapeutique en profondeur qui la plupart du temps aura révélé des violences dans l'enfance, violences qui auront précisément fait le terrain de la mise en situation de prostitution.

Tout ceci rappelle à chacun d'entre nous à quel point il est important de remettre le respect de chaque être humain au centre de notre société !

Source:jim.fr

b4 IVG : l’Europe suivra-t-elle la voie espagnole ?

Jusqu’en 2010, l’interruption volontaire de grossesse (IVG) n’était possible en Espagne qu’à trois conditions : avant 12 semaines d’aménorrhée en cas de viol, avant 22 semaines si une malformation fœtale était dépistée et jusqu’à la fin de la grossesse.
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si la santé physique ou psychique de la mère semblait en jeu (et en cas de malformation fœtale engageant le pronostic vital). Cette notion de danger pour la santé psychique de la mère connut au fil des ans une interprétation de plus en plus large, si bien que l’Espagne présenta bientôt un taux d’avortement comparable aux pays européens autorisant cette pratique sans restriction (si ce n’est de délai). Par ailleurs, certaines IVG se pratiquaient très tardivement (au-delà des cas de malformation fœtale engageant le pronostic vital), soulevant régulièrement l’émotion de la population. La loi portée par le gouvernement socialiste de Zapatero contribua à mettre fin à cette hypocrisie en autorisant pleinement l’avortement jusqu’à 14 semaines d’aménorrhée et ne le permettant jusqu’à vingt-deux semaines qu’en cas de malformation du fœtus ou de danger pour la santé de la mère. Cette législation eut un effet contraire à l’explosion du nombre d’IVG tant redoutée par ses détracteurs: on compta 5 % d’avortement en moins sous son égide !

Des interruptions médicales de grossesse pour malformations du fœtus très restreintes.

Cependant, le débat restait vif en Espagne et longtemps après l’adoption de la loi libéralisatrice de 2010 le sujet demeurait au cœur des préoccupations politiques. L’engagement de revenir sur la législation de Zapatero compta même parmi les propositions phares les plus discutées du parti populaire aujourd’hui au pouvoir. Le gouvernement de Mariano Rajoy n’a pas oublié sa promesse de campagne : vendredi, il a adopté en conseil des ministres son projet de loi de réforme de la loi autorisant l’avortement. S’il est adopté, l’IVG ne sera désormais plus possible qu’en cas de viol et si la santé mentale et physique de la mère est en danger. Afin d’éviter les dérives observées avant la loi de Zapatero, la menace psychique devra être attestée par l’avis concordant de deux psychiatres n’ayant aucun lien avec la clinique où aura été déposée la demande d’avortement. Concernant les malformations du fœtus, elles ne pourront donner lieu à une interruption médicale de grossesse que s’il s’agit d’une maladie mortelle à très court terme.

Un exemple pour l’Europe ?

La majorité parlementaire étant acquise au parti populaire, l’adoption du texte fait peu de doute. Les appels du parti socialiste contre le texte ont en effet peu de chance d’être entendus, même chez les élus de droite peu favorables au texte qui ne prendront pas le risque de désavouer le gouvernement sur un des engagements les plus marquants de son programme. Cette victoire annoncée du parti populaire n’empêche pas les opposants de se mobiliser activement. Les manifestations sont nombreuses dans la rue et sur internet (où l’on scande «plus jamais ça » en présentant des images de cintre ou d’aiguille à tricoter) et dépassent les frontières espagnoles. Outre la solidarité exprimée par les groupes féministes du monde entier, ces actions témoignent d’une crainte que cette loi espagnole initie un mouvement de retour sur les lois favorables à l'IVG dans l’Europe entière. Telle est d’ailleurs la volonté du gouvernement espagnol lui-même. « Nous avons fait la première loi qui reflète l'opinion majoritaire des citoyens européens (…) et je suis convaincu que cette initiative aura des prolongements dans les Parlements d'autres pays européens » a ainsi déclaré le ministre de la Justice espagnol, Alberto Ruiz-Gallardon qui a indiqué qu'il se rendrait à Bruxelles en février pour présenter le texte. Le ministre espagnol espère s’inscrire dans le sillage du rejet par le Parlement européen, il y a quelques semaines, du rapport du député portugais Edite Estrela qui souhaitait obtenir une reconnaissance européenne de la liberté de choix des femmes et plus largement du droit à l’IVG.

Une évolution contraire...en Irlande.

Le vote très serré du Parlement européen (334 voix contre 327) révèle les tensions qui existent encore sur ce sujet au sein de l’Europe. Pour les associations telle que le Planning familial, l’année 2013 a d’ailleurs été marquée par le durcissement de plusieurs lois encadrant l’IVG. Son accès a ainsi été restreint en Biélorussie et en Macédoine. Par ailleurs, dans les pays où il est autorisé, les conditions sont souvent difficiles : en Hongrie, il n’y a désormais plus aucune clinique pratiquant gratuitement l’avortement médicamenteux, tandis qu’en Italie plus de 85 % des médecins font jouer leur clause de conscience pour refuser de pratiquer des avortements. Le Planning familial voit également comme un signe inquiétant le fait que la Suisse doit se prononcer en février 2014 sur un projet de loi d'initiative populaire, demandant l'arrêt du remboursement des IVG. Faut-il y voir une réelle menace sur le droit à l’avortement en Europe ? Ces craintes sont récurrentes mais ne doivent pas faire oublier certains mouvements contraires. Ainsi, en Irlande, qui connaît la législation la plus stricte en la matière puisque l’avortement n’est possible qu’en cas de danger pour la santé de la femme, le décès de Savita Halappanavar, une jeune dentiste morte de septicémie faute d’avoir vu sa grossesse interrompue alors qu’elle était en train de faire une fausse couche, a relancé le débat.

Aurélie Haroche

Source: jim.fr.fr

b3 Tu te laisses aller.

Une « étude » menée par une société britannique spécialisée dans les régimes et dont les résultats ont été publiés par le Daily Mail confirme ce dont on se doutait : le mariage fait grossir !
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Le sondage mené auprès de 1 000 personnes nous apprend en effet que les époux prennent en moyenne 4 livres (environ 1,8 kg) la première année de leur union et 6,3 kg au bout de 4 ans.

En détail (ou plutôt en gros) 40 % des couples ont admis avoir pris 1,8 kilos un an après leur mariage et près de 20 % assurent avoir pris 6 livres (soit 2,7 kilos) sur la même période. Seul 18 % des personnes interrogées affirment que leur mariage n'a eu aucune incidence sur leur corpulence.

Enfin, 54 % des couples ont concédé s’envelopper conjointement ! Les femmes en particulier ont indiqué ressentir moins de gêne à prendre du poids si leur compagnon en prends également.

Pour le quotidien britannique, la principale raison de cet embonpoint serait que les couples passent beaucoup plus de temps à grignoter devant la télévision que les célibataires (?). Une autre explication donnée par le journal parait plus probante : les couples nouvellement installés ressentiraient moins de pression à rester mince, n'étant plus à la recherche d'un partenaire (72 % des personnes interrogées ont ainsi estimé avoir plus perçu la nécessité de garder la ligne lorsqu'ils étaient seuls).

Aznavour avait déjà pressenti ces résultats dans une chanson de 1960 et proposait ce conseil de bon sens : « pour maigrir, fais un peu de sport, arrange-toi devant ta glace » !

Source:jim.fr

b2 Elle tombe enceinte après un rapport buccal.

Le site internet Science et avenir vient relayer l’affaire d’une adolescente de 15 ans en 1988 née sans vagin et qui serait tombée enceinte après un rapport buccal.
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C’est un cas clinique des plus rares que rapporte Science et avenir. En 1988, une adolescente de 15 ans née avec une malformation au vagin aurait accouché d’un petit garçon. Elle serait tombée enceinte après un rapport buccal. Admise à l’hôpital pour des douleurs au ventre arrivant par intermittence les médecins lui ont annoncé qu’elle était en train d’accoucher. Ils ont alors pratiqué une césarienne. Les analyses des médecins avaient pourtant révélé auparavant qu’elle n’avait pas de vagin, une malformation appelée "aplasie vaginale distale".

Les spermatozoïdes ont traversé ses plaies.

Comment est-ce possible ? Neuf mois auparavant la jeune fille avait dû être soignée pour une blessure à l’arme blanche après une bagarre entre deux prétendants. Avant cette bagarre la jeune fille aurait eu un rapport buccal avec l’un des deux hommes. Les spermatozoïdes dans l’estomac seraient donc passés à travers les plaies de sa blessure leur permettant donc d’atteindre l’un des deux ovaires de la jeune fille. L’estomac ayant été vidé au cours de son hospitalisation, il ne contenait pas de Ph acide ce qui aurait permis la survie des spermatozoïdes et leur développement.

Source: www.medisite.fr

b1 On ne parle pas suffisamment de sexualité avec leurs patients adolescents.

Selon une étude, les médecins semblent ne pas profiter des consultations qu'ils ont avec les adolescents pour aborder le sujet de la sexualité....
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...et leur transmettre des informations sur ce thème. Cette étude publiée le 30 décembre 3013 dans la revue JAMA Pediatrics observe que moins des deux tiers des médecins et des adolescents échangent à propos de la sexualité ou des rencontres amoureuses durant les visites annuelles et que si ces discussions existent elles durent généralement moins d'une minute en moyenne.

Selon l'auteur principal, Stewart Alexander, Psychologue et professeur associé de médecine à Duke "il paraît très difficile pour des médecins d'arriver à soigner des adolescents et de leur permettre des faire des choix éclairés en ce qui concerne la sexualité s'ils n'engagent pas ce type de conversations". " pour les adolescents qui tentent de mieux comprendre la place de la sexualité et sa place dans la vie d'un individu, ne pas parler des relations sexuelles peut se révéler dommageable pour ces patients".

Au cours des visites annuelles, le praticien peut éduquer et orienter son patient vers des comportements plus sains en abordant par exemple des thèmes tels que le tabagisme, l'alcoolisme ou le port de la ceinture de sécurité. La sexualité est un autre domaine que l'Académie américaine de pédiatrie recommande d'aborder avec les jeunes. Bien que ces conversations puissent parfois se révéler inconfortables, tant pour le patient que pour le clinicien, elles représentent une réelle opportunité d'aborder les thèmes du développement psycho sexuel, des infections sexuellement transmises et des moyens de contraception envisageables.

Un temps de face à face confidentiel devrait pouvoir permettre de telles discussions sensibles. Ces échanges confidentiels conforteront de plus l'établissement d'une réelle relation thérapeutique entre le professionnel de santé et son ou sa patiente, créant ainsi les bases d'une confiance améliorée chez ces derniers qui seront alors plus à même de venir se confier. Des études antérieures sur les entretiens portant sur la sexualité durant les visites médicales se basaient sur les données déclarées soit par les praticiens soit par les patients au décours des consultations. Afin de mieux appréhender les conversations spontanées sur ce thème, les chercheurs de Duke se sont basés sur des enregistrements audio de visites médicales annuelles, y compris celles destinées à la délivrance de certificats médicaux pour aptitude au sport ou au séjour en colonie de vacances, réalisés auprès de 253 adolescents. Ces patients, âges de 12 à 17 ans, consultaient soit des pédiatres soit leur médecin traitant répartis sur 11 cabinets médicaux de Caroline du Nord.

Les chercheurs s'intéressaient essentiellement dans les enregistrements aux mentions faites à propos de l'activité sexuelle, de la sexualité ou des rencontres amoureuses. Leurs observations montrent que les praticiens amenaient la discussion sur ces sujet dans 65% des consultations et que ces discussions duraient en moyenne 36 secondes. Les 35% de visites restant ne faisaient aucune mention à la sexualité. Aucun des adolescents étudiés n'aborda spontanément les thèmes portant sur la sexualité, montrant tout l'intérêt que le thérapeute soit à l'initiation de telles conversations.

"Nos observations nous ont montré que les praticiens passaient en moyenne 22,4 minutes dans la salle d'examen avec leur patient. Même lorsque lorsque une discussion sur le thème de la sexualité s'instaurait, moins de 3% de la durée de la consultation y était consacré. Ces échanges somme toute très limités semblent peu propices à l'établissement d'un programme de prévention et de santé sexuelle chez les jeunes patients".

Les adolescentes parlaient potentiellement deux fois plus longtemps sur les thèmes ayant trait à la sexualité que les garçons. Bien que les jeunes filles aient plus matière à discuter de ces thèmes notamment à propos de la contraception, ces observations mettent l'accent sur la perte d'opportunité pour de nombreux garçons d'aborder ces sujets avec un clinicien au cours des visites annuelles.

"Les conséquences pour les garçons pourraient être problématiques d'autant qu'ils consulteront de moins en moins régulièrement un praticien au fur et à mesure de leur avancée en âge, en dehors des consultations pour aptitude sportive". "La visite annuelle représente ainsi un temps essentiel et parfois la seule opportunité pour les praticiens d'aborder le thème des comportements sexuels chez l'adolescent". Les chercheurs ont également observé que les adolescents les plus âges parlaient plus facilement de sexualité que les patients plus jeunes lors de ces visites annuelles, même si les directives actuelles préconisent d'aborder le thème de la sexualité avant que cette dernière ne se mette en place. "On dit souvent qu'il vaut mieux parler de ces thèmes deux ans trop tôt qu'un jour trop tard" rapporté 'Alexander. " 'si on s'y intéresse avec un jour de retard les adolescents se seront peut-être déjà engagés des comportements sexuels à risque".

Le mise en place de consultations plus longues et d'un espace de confidentialité durant cet entretien augmentent les chançes que le thème de la sexualité soit abordé. Seuls 31% des consultations comportent une discussion sur des sujets intimes entre le patient et son thérapeute, mais lorsqu'elle est présente le thème de la sexualité à 4 fois plus de chance d'être abordé. "Bien que les adolescents aient accès, par divers moyens, à de nombreuses informations sur la sexualité, elles ne remplaceront jamais l'apport d'un clinicien dans le développement de comportements sexuels sains chez les ados" rapporte 'Alexander. "Amorcer la discussion sur ce thème permet de désacraliser le sujet et montrer ainsi à l'adolescent que parler de sexualité peut faire partie d'un examen de routine tout en ouvrant la voie vers des discussions polis approfondies si nécessaire".

Les chercheurs analysent actuellement le contenu des conversations sur la sexualité, ce qui pourrait contribuer à des futures recommandations concernant les entretiens portant sur la santé sexuelle. Par ailleurs, un entraînement des praticiens à la gestion de ce type de consultation pourrait les aider à mieux diriger des entretiens pouvant parfois leur paraître plein d'embûches.

Reference: Stewart C. Alexander, J. Dennis Fortenberry, Kathryn I. Pollak, Terrill Bravender, J. Kelly Davis, Truls Østbye, James A. Tulsky, Rowena J. Dolor, Cleveland G. Shields. Sexuality Talk During Adolescent Health Maintenance Visits. JAMA Pediatrics, 2013; DOI: 10.1001/jamapediatrics.2013.4338

Source: www.sciencedaily.com


Mise à jour le 12/05/2018