Voeux du président

AIUS  -  le  4 janvier 2026

Chers membres de l’AIUS, chers amis de la sexologie 

Au nom du Conseil d’administration de l’AIUS, je vous adresse nos voeux pour une année 2026 heureuse et en bonne santé. Permettez-moi de les inscrire sous le regard de Gaston Bachelard : « L’opinion pense mal ; elle ne pense pas : elle traduit des besoins en connaissances ». Cette affirmation éclaire avec force notre responsabilité professionnelle et citoyenne. 

Aujourd’hui, la sexualité est devenue un champ privilégié de la désinformation. Parce qu’elle touche à l’intime, au genre, aux normes sociales et aux droits, elle est instrumentalisée par des discours simplistes, idéologiques ou complotistes qui fragilisent les savoirs scientifiques et alimentent la défiance. La viralité numérique, l’absence de régulation efficace et, plus grave encore, certaines censures institutionnelles contribuent à brouiller le réel. 

Les conséquences en sont déjà majeures : renoncements aux soins, atteintes au bien-être, aggravation des violences et des inégalités, en particulier pour les femmes, les jeunes et les minorités. Lorsque les faits deviennent optionnels et que la science est entravée, ce n’est pas seulement la santé qui est menacée, mais la démocratie elle-même. 

Dans ce contexte inquiétant, défendre une information fiable en santé sexuelle relève d’une responsabilité collective. Chaque sexologue formé, certifié et accrédité, peut déjà être à son échelle, un acteur de médiation de savoirs, contribuant à restaurer la confiance, l’autonomie et l’accès à des soins de qualité. La formation, l’éthique et la reconnaissance des compétences sont donc plus que jamais essentielles. 

La sexologie, discipline à la croisée du biologique, du psychique et du social, comporte en plus, une mission singulière : protéger ou réhabiliter la santé de l’intime et ses droits. Elle doit ainsi prendre soin des millions d’individus et de couples fragilisés dans leur intimité par l’ignorance, le vieillissement, la maladie, le handicap, la précarité socio-économique et désormais … par la désinformation. Lutter contre celle-ci relève de notre éthique professionnelle, mais aussi d’un engagement citoyen en faveur de la liberté, de la dignité et de la cohésion sociale. 

Pour 2026, je formule donc le voeu que nous répondions ensemble à cette crise de la connaissance et du sens. Défendre les savoirs fondés sur les preuves, restaurer la confiance et promouvoir un vivre-ensemble apaisé sont autant de leviers essentiels pour le bien-être et la santé globale et intime de nos concitoyens. 

Au plaisir de vous retrouver lors de notre prochain congrès annuel des JF3S, du 26 au 28 mars à Antibes. Très belle année 2026 à toutes et à tous. 

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