L'AIUS lance une enquête nationale, validée par le comité d'éthique en recherche en sexologie, sur les événements acceptables et inacceptables dans la relation patient-sexologue. Portée par Marie Chollier, Cécile Miele et Aurélie Maquigneau, cette recherche s'inscrit dans le chantier plus large actuellement mené par l'AIUS autour de la construction d'un code de déontologie pour la profession.
Une diversité de pratiques, un besoin de repères partagés
La pratique sexologique implique, par nature, un rapport direct à l'intimité et à la sexualité — une proximité qui expose les professionnel·les à des situations spécifiques, à connotation sexuelle, affective ou relationnelle, susceptibles de questionner les limites de l'exercice, la gestion du transfert et du contre-transfert, ainsi que les repères déontologiques mobilisables. En France, cette réalité de terrain se heurte à une absence de cadre réglementaire unifié de la sexologie et de référentiel éthique et déontologique consensuel partagé par l'ensemble des formations et des pratiques.
Dans le prolongement du mouvement #MeToo, l'émergence du hashtag #PatientsToo a contribué à rendre plus visibles, à l'international, les enjeux liés aux situations professionnelles ambiguës dans le champ du soin. Si plusieurs travaux se sont penchés sur ces questions à l'étranger, aucune étude n'avait à ce jour spécifiquement documenté ces situations dans le contexte français de la sexologie.
Une démarche exploratoire et collective
L'enquête, menée sous forme de questionnaire en ligne anonyme (20 à 30 minutes, via une plateforme sécurisée conforme au RGPD), s'adresse à l'ensemble des professionnel·les exerçant la sexologie en France, quel que soit leur parcours de formation initiale ou leur cadre d'exercice. Elle vise à recueillir, sur la base de leur expérience de terrain :
Une attention particulière a été portée à la distinction entre les vécus internes du praticien — attirance, fantasme, réaction contre-transférentielle, qui relèvent d'un travail clinique sur soi — et les situations concrètes rencontrées dans la relation avec le patient. Cette démarche est délibérément exploratoire et descriptive : il ne s'agit pas de poser un jugement depuis l'extérieur, mais de partir de ce que vivent et perçoivent les professionnel·les eux-mêmes, dans toute la diversité de leurs formations et de leurs contextes d'exercice, pour construire ensemble des repères qui correspondent réellement à la réalité clinique.
Cette enquête s'inscrit directement dans le chantier plus large porté par l'AIUS en faveur d'une meilleure structuration de la sexologie comme profession reconnue en France. En l'absence de code de déontologie partagé par l'ensemble des pratiques, chaque professionnel·le construit aujourd'hui ses propres repères, sans langage commun ni outil de réflexion collective.
Documenter empiriquement la manière dont les professionnel·les eux-mêmes perçoivent ces situations est une étape essentielle pour contribuer à une réflexion collective sur le cadre éthique de la pratique sexologique, dans une perspective de sécurisation à la fois des patient·es et des professionnel·les — et pour nourrir directement les travaux en cours sur le futur code de déontologie de la sexologie.
Vous exercez la sexologie en France ? Vous pouvez contribuer à cette recherche en répondant au questionnaire, grace a ce lien :
https://maquigneau.limesurvey.net/168615?lang=fr&newtest=Y
ou via ca QR Code

Pour toute question sur l'étude : aurelie.maquigneau@ap-hm.fr
L’AIUS est une Société Savante qui rassemble depuis 1983 tous les sexologues : universitaires, praticiens, médecins ou non médecins, enseignants et enseignés, unis par le même souci d’éthique, de pratique clinique, de recherche et de transmission d’un savoir.